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Pour l’industrie agroalimentaire et les faiseurs de pub, l’enjeu des enfants est en fait bien plus important que quelques milliers de spots télévisés. Carol Herman, vice- présidente de l’agence publicitaire Grey Advertising, a sincèrement défini son ampleur : « Ce n’est pas suffisant de faire de la publicité à la télévision. Pour réussir, vous devez atteindre les enfants tout au long de la journée. À l’école, alors qu’ils font des courses au centre commercial, lorsqu’ils vont au cinéma… Pour gagner, vous devez devenir une part intégrale de la construction de leurs vies ».

Ces propos sont d’autant plus terrifiants qu’ils ne relèvent pas de la science-fiction mais de la réalité actuelle. Prenez Internet. Eh bien, il est devenu le nouvel eldorado des vendeurs de hamburgers, de sodas et de sucreries. Là, ils échappent aux réglementations américaines sur la publicité. Mieux encore, comme le raconte Vicky Rideout, auteur d’une étude sur les sites Internet de l’industrie agroalimentaire conçus pour les enfants, « ceux-ci sont des outils marketing bien plus puissants que ce que la télévision a toujours rêvé d’être. Les sites des marques alimentaires sont conçus pour impliquer l’enfant sur une longue période. Les opportunités pour le jeune visiteur d’interagir dans un environnement ludique avec des barres chocolatées, des céréales ou des snacks sont permanentes ». Les recherches de Rideout se sont focalisées sur 77 sites chargés de promouvoir des produits alimentaires dont la plupart sont sans grande vertu nutritionnelle. Ses choix ont uniquement été fondés sur le pouvoir d’attraction des sites en question. Au total, durant les trois mois qu’a duré son enquête, son panel a enregistré les visites de 12,2 millions d’enfants entre deux et onze ans.

Si tous les sites optent pour le jeu afin d’attirer le jeune chaland, certains poussent la formule à son paroxysme. Ainsi, 64 % d’entre eux utilisaient le marketing viral, encourageant les enfants à devenir, malgré eux, les ambassadeurs des produits proposés sur le site. Pis, plus d’un tiers des sites auscultés par Rideout proposaient des jeux bonus dont l’accès était rendu uniquement possible en indiquant des codes relevés sur les emballages. Comme l’écrit le chercheur, il s’agissait « d’inciter l’enfant à acheter ou à faire acheter certains produits et à le récompenser par un accès privilégié au site ».

Internet n’est pas le seul nouveau territoire que l’industrie agroalimentaire tente de conquérir. Et les États-Unis ne sont pas le seul pays visé par cette course à la part de marché « jeune ».

Actuellement, en Allemagne, The Coca-Cola Company teste un nouveau type de distributeurs de boissons conçu pour attirer la clientèle adolescente. La machine « intelligente » utilise un écran interactif afin d’arriver à ses fins. Le consommateur peut regarder de courtes publicités qu’il lui est loisible de personnaliser. Et l’achat d’un Coke lui donne accès, via le distributeur, à la possibilité de télécharger sur son téléphone portable des jeux, des fonds d’écran et des sonneries.

Coca-Cola, décidément, est un nom qui revient souvent lorsqu’on se penche sur le problème de la pandémie d’obésité… De fait, ce livre n’est pas né uniquement au lendemain d’une rencontre sur un trottoir de Paris : il a commencé à mûrir lors de ma précédente enquête consacrée à cette marque.

Au-delà du rôle joué par Coke dans l’obésité mondiale, une incroyable histoire me ramenait invariablement sur le campus de l’université d’Emory, là même où j’avais trouvé les dernières pièces du puzzle formant le plus grand secret de la Compagnie.

 

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Après les Etats-Unis et la Chine, le régime du Dr Dukan cible désormais la Russie et le Brésil.

Mardi 14 mai 2013, Pierre Dukan président et fondateur du groupe DUKAN, était à Moscou pour lancer la version russe de son site de coaching en ligne. « Nos attentes sont colossales, ça fait plus d’un an qu’on y travaille », a assuré à l’AFP le directeur général du groupe, Philippe Mascaras. En Russie, « 30% de la population est concernée » par le surpoids et la page Vkontakte (le Facebook local) compte quelque 400.000 fans, affirme-t-il.

Le lancement du coaching en ligne a été précédé par la diffusion du livre-mode d’emploi du Dr Dukan, vendu en Russie à 450.000 exemplaires. « Les livres de Pierre (Dukan) sont déjà traduits en plus de 25 langues » a indiqué M. Mascaras. Au total, 11 millions d’ouvrages ont été écoulés à travers le monde, dont 5 millions de livre-phare, « Je ne sais pas maigrir » (paru en 2000), selon les chiffres communiqués par le groupe qui a réalisé un chiffre d’affaires de 38 millions d’euros en 2012 et qui emploie aujourd’hui 90 personnes en France et une trentaine dans le monde.

La recette éprouvée en France à partir de 2007, s’est rapidement étendue depuis plus de quatre ans au reste de l’Europe: l’Espagne, le Royaume-Uni, puis l’Italie, la Pologne et l’Allemagne. Des sites de coaching ont été ouverts « aux Etats-Unis en avril 2012, la Chine juste après et plus récemment, en juillet, on a continué avec le Brésil », a poursuivi Philippe Mascaras.

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Extrait de Toxic, le livre passionnant de William Reymond :

« Le 29 septembre 2006, l’Union fédérale des consommateurs-Que Choisir partait en guerre contre les « fabricants d’obésité ». Les propos d’Alain Bazot, son président, étaient sans équivoque : « Les publicités télévisées pour enfants influent sur les comportements alimentaires des enfants. […] Nous ne pouvons plus admettre le discours de l’industrie agroalimentaire qui a tendance à botter en touche, se dégageant de ses responsabilités en prônant plus de sport pour les enfants ou bien en culpabilisant les familles qui laissent les enfants regarder la télévision ».

Et pour étayer sa déclaration, Bazot citait les résultats d’une enquête réalisée par l’association de consommateurs. « Sur les 217 spots alimentaires ciblant les enfants, relevés pendant quinze jours sur les plus grandes chaînes de télévision à l’heure des émissions enfantines, 89 % concernent des produits très sucrés ou gras ! » Et d’ajouter : « Globalement, les publicités participent activement à la construction de « l’idéal alimentaire » des enfants. Entre les repas, 60 % d’entre eux sollicitent viennoiseries, confiseries, gâteaux gras ou sucrés, et au petit déjeuner, 64 % réclament des céréales très sucrées, des viennoiseries, gâteaux et confiseries, produits qui font l’objet de l’investissement publicitaire le plus massif ». Des déclarations vigoureuses suivies d’une conclusion de l’UFC- Que Choisir des plus intéressantes : « En concentrant sa puissance de feu publicitaire destinée aux enfants sur des produits manifestement déséquilibrés, l’industrie agroalimentaire participe à l’augmentation alarmante de l’obésité infantile ».

La conférence de presse d’Alain Bazot était à peine terminée que déjà tombait une dépêche AFP reproduisant la réponse des publicitaires. Forcément, ils étaient outrés. « Dire que la publicité est à l’origine de l’obésité est totalement faux », protestait Régis Lefèbvre, directeur associé de Publicis Conseil. Réfutant les propos de l’UFC, il soulignait plutôt « une corrélation très forte entre la pauvreté et l’obésité », citant une enquête Obepi 2006 publiée une semaine auparavant, et selon laquelle la fréquence de l’obésité restait inversement proportionnelle aux revenus. Seuls les produits de marque font de la publicité, assurait en outre M. Lefèbvre, assénant : « Ce sont les personnes à faibles revenus qui achètent des produits premiers prix, souvent plus gras, plus sucrés, et qui sont obèses. La publicité n’est donc en rien responsable de la progression de l’obésité ».

Dans son roman pamphlet consacré à la publicité, Frédéric Beigbeder a de nombreuses formules virulentes lorsqu’il s’agit de décrire son ancien métier. Parmi celles- ci, j’en retiens une : « Pour réduire l’humanité en esclavage, la publicité a choisi le profil bas, la souplesse, la persuasion ». Les mots de Beigbeder s’avèrent en dessous de la vérité. Nier l’influence de la publicité dans la pandémie d’obésité est une hérésie. Comme de prétendre qu’il s’agit seulement d’un problème de classe. Certes, en France comme aux États-Unis, les premiers touchés sont les plus pauvres. Mais, a contrario, voit-on le pouvoir d’achat épargner les autres ? Évidemment non. Si le terme pandémie a été utilisé durant la conférence de Sydney, c’est bien parce que justement toutes les tranches d’âges et de classes sont confrontées à ce mal. Si les plus pauvres sont les plus atteints, c’est parce que leur accès à une nourriture plus saine et à des infrastructures sportives est limité.

En vérité, la publicité conditionne le consommateur à se tourner vers des familles de produits. Et son achat se voit ensuite lié à l’épaisseur de son porte-monnaie : s’il n’a pas les moyens d’acquérir le produit vanté par un spot, il optera pour son équivalent portant le label d’une marque de distribution.

Au lieu d’affirmer que ces produits-là sont plus mauvais pour la santé que ceux arborant un label connu (et donc un budget publicitaire), Régis Lefèbvre aurait dû s’inspirer des remarques de Jean-Michel Cohen et Patrick Serog et se révolter face à l’injustice qu’ils décrivent : « Accepter qu’un produit vendu moins cher, coûtant donc moins cher à fabriquer, soit d’une moins bonne valeur nutritionnelle relève de l’inadmissible. […] Conclure que quelqu’un qui n’a pas d’argent mange moins bien que quelqu’un qui en a demeure plus que troublant. Cependant, un constat choquant est là : on ne vend pas à quelqu’un qui dépense peu une aussi bonne alimentation qu’à quelqu’un qui dépense beaucoup ».

Pour tout dire, la position du directeur associé de Publicis Conseil ne m’étonne guère. L’un des avantages lié au fait de vivre aux États-Unis est d’être souvent confronté à certains phénomènes avant qu’ils ne débarquent ailleurs. Et comme l’Amérique est le foyer originel de la crise d’obésité, cela fait déjà quelque temps que les effets néfastes de la publicité sur les comportements des enfants y sont dénoncés. Des accusations balayées d’un revers de la main par les représentants du métier. Face au même type de reproches que ceux vilipendant les « écrans plats pour ventres ronds », se sont élevées les mêmes voix scandalisées des professionnels de la pub. Tout aussi agacés par ce type d’assaut que les publicitaires français, leurs réponses furent néanmoins plus élaborées. En 1997, les publicitaires définirent en effet leur mission comme un travail d’éducation de la jeunesse : « Faire de la publicité en direction des enfants […] n’est rien d’autre que de l’éducation primaire dans un environnement commercial […] Un passeport pour une forme de sagesse utile. Au lieu d’être restreinte, comme certains le suggèrent, cette véritable leçon éducative devrait recevoir un plus grand soutien, être encouragée et élargie ». La parade était habile : essayer de se substituer aux services officiels et aux familles pour « vendre », il fallait quand même oser.

Un peu plus tard, changement de fusil d’épaule. Le registre de la publicité comme source de savoir n’ayant pas marché, les génies de la « pub » font machine arrière. Ils en viennent, cette fois, à mettre en doute les vertus de leur « art ». À les en croire, celui-ci serait loin de fonctionner et de conditionner les consciences comme d’aucuns l’affirment : « En réalité, il n’existe pas de preuve que la publicité soit une source d’influence majeure sur les choix alimentaires des enfants. Il existe même plutôt des preuves substantielles du contraire. Que ce sont d’autres facteurs, notamment les préférences en termes de goût et l’autorité parentale, qui sont les sources d’influence principales».

La litanie des postures destinées à désamorcer les critiques n’a pas cessé depuis. Tour à tour, on a entendu les instances corporatives affirmer que la publicité des groupes agroalimentaires à destination des enfants était l’expression d’un droit fondamental à la liberté d’expression, puis un moteur essentiel de l’économie, mais aussi un divertissement sans conséquence, et même une manière d’exprimer sa confiance envers l’aptitude à prendre des décisions intelligentes de la jeunesse du pays.

Ce dernier argument a le don de faire exploser certains nutritionnistes américains. « D’un côté, notre société reconnaît que les enfants ne sont pas assez mûrs pour effectuer des choix raisonnables et donc, nous contrôlons la promotion de l’alcool, des armes à feux et du tabac, rappelle l’un d’eux, Walter Willett. Mais de l’autre, nous considérerions que ces mêmes jeunes enfants pourraient faire des choix rationnels concernant la nourriture. Or ces décisions ont des conséquences sanitaires graves. Et nous les exposons à un intense marketing en faveur de produits largement privés de valeur nutritionnelle et saturés de calories ».

Mais avant de condamner, il faut au moins accorder le bénéfice du doute. Et répondre rapidement à deux questions majeures : la publicité pour les enfants a-t-elle vraiment une influence sur eux ? Et si oui, a-t-elle sa part de responsabilité dans la pandémie d’obésité ?

Qui serait prêt à consacrer 15 milliards de dollars par an, année après année, à une expérience sans succès ni retour sur investissement ? Évidemment personne. Or c’est le budget de la publicité à destination des enfants aux États-Unis. À lui seul, ce chiffre démontre l’efficacité des spots. Autre preuve de leur impact, les publications consacrées à ce secteur en pleine croissance se multiplient et ont des titres sans équivoque. N’existe-t-il pas une revue intitulée Selling to Kids, « vendre aux gamins » ?

Le genre a même un vocabulaire spécifique, codifié et théorisé en 1992 par James McNeal, professeur de marketing à l’université Texas A&M. Où il est question du « pouvoir des petites pestes » et du nag factor, autrement dit de l’« élément caprice ». McNeal, reprenant les règles du métier, décortique précisément les différents types de pression qu’un enfant peut exercer sur ses parents. Et liste les cibles préférées des gourous du marketing. À savoir les parents divorcés, plus aisément sujets à la culpabilité, et ceux d’enfants en bas âge dont les cris et les pleurs constituent les meilleurs arguments d’achat. Selon l’universitaire texan, la loyauté d’un enfant envers une marque s’établit vers l’âge de deux ans. Le vecteur de choix afin d’arriver à une telle mainmise ? La télévision, évidemment, et ses spots publicitaires. D’où le conseil, suivi à la lettre par les groupes de l’agroalimentaire, d’investir massivement dans la publicité diffusée au moment où le petit tyran se trouve devant son petit écran.

L’enjeu est d’importance. En 2004, les enfants et adolescents contrôlaient un pouvoir d’achat s’élevant à 600 milliards de dollars. Finalement, les 15 milliards investis en publicité paraissent être une bonne affaire !

« La publicité ne marche pas », prétendent certains de ses pontes. D’accord, alors comment expliquer que sur les 600 milliards évoqués, la jeunesse américaine achète surtout des produits estampillés « vus à la télé » ? Et comment justifier que, comme par hasard, ce soit cette même industrie qui en récupère la plus grosse part ? En 1997, les adolescents ont dépensé pas moins de 58 milliards de dollars dans l’achat de snacks ! Un chiffre auquel il faut ajouter les 3 milliards des six-douze ans. Sur lesquels se greffent encore les 9 milliards directement liés à la consommation de sodas.

Directement ? Oui, car la martingale du nag factor ne se satisfait pas du marché des enfants ; elle déborde sur les achats des parents. Ainsi 60 % des plats préparés achetés pour la consommation de la famille l’ont été suite à un « choix » de l’enfant. Cette prescription concerne aussi 50 % des céréales, 25 % des snacks et 40 % des pizzas surgelées. L’enfant est devenu prescripteur pour l’ensemble des acquisitions familiales, d’où l’obligation pour les publicitaires et les industriels de le séduire le plus tôt possible.

Malgré les dénégations des géants du secteur, la publicité en direction des enfants fonctionne, on le voit. Mais, quid de sa responsabilité dans l’explosion de l’obésité ?

Là encore, le fait que la jeunesse américaine consacre une part essentielle de son pouvoir d’achat et de prescription à l’acquisition de snacks, sodas et autres sucreries devrait suffire à établir le lien entre pub et obésité. Mais pas à un publicitaire, dont la survie économique dépend de sa capacité à « vendre » une histoire. Confronté à cet argument, il trouve toujours la même parade : même sans spot, les enfants privilégieraient les produits sucrés et gras.

Sauf que tout est question d’éducation. Le message d’un parent ne peut résister à un raz-de-marée d’arguments publicitaires. C’est pour cela, d’ailleurs qu’un enfant ne parvient pas à faire la différence entre la réalité et un discours commercial. En fait, de nombreuses études prouvent que, jusqu’à huit ans, celui-ci ne comprend même pas que le but d’une publicité est de lui vendre un produit. Or, comme le dévoilait James McNeal, sa loyauté envers une marque s’est alors déjà fixée depuis… six ans.

Ce brouillage n’est pas récent. En 1978 déjà, une étude citée par une publication consacrée au marketing démontrait que 70 % des enfants de six à huit ans pensaient que la nourriture des fast-foods était plus saine que celle qu’ils mangeaient chez eux.

Plus de deux tiers des enfants considéreraient donc qu’un menu choisi chez un vendeur de hamburgers est meilleur pour la santé qu’un repas préparé par leurs parents. Face à ce constat, il est difficile de ne pas songer à l’accord signé entre McDonald’s et Disney. Nous allons voir pourquoi.

La synergie entre les deux compagnies mériterait en vérité un ouvrage entier. D’autant que Walt Disney et Ray Kroc partagent une histoire commune : les deux hommes, originaires du même État, se sont en effet rencontrés pour la première fois en 1917 en… France, où ils faisaient partie du même corps expéditionnaire engagé dans la Première Guerre mondiale.

Si l’empire Disney a été le premier à se construire, Kroc et ses Big Macs ont vite appliqué les mêmes recettes, dont l’une en particulier, imparable : afin de faire ouvrir le porte-monnaie des parents, il est plus facile de séduire les enfants.

Une vérité qu’il était encore bon de répéter voilà peu, comme l’attestent des mémorandums confidentiels publiés par Eric Schlosser dans son livre de référence, Fast Food Nation. Dans l’un de ces documents, Ray Bergold, inquiet de la mauvaise image de sa marque, écrivait : « Le challenge de la prochaine campagne publicitaire est de faire croire aux consommateurs que McDonald’s est un « ami de confiance » ». Puis, évoquant l’alliance avec Disney, le responsable du marketing du fabricant de hamburgers poursuivait : « Cette union est notre outil le plus important car il améliore l’image de la marque McDonald’s ». Un lien d’autant plus nécessaire qu’il justifie qu’un parent amène son enfant dans un McDonald’s : « Un parent veut que ses enfants l’aiment […] Venir chez McDonald’s lui permet d’avoir le sentiment d’être un bon parent ».

Les liens entre les deux enseignes se sont formalisés en 1996, quand Disney et McDonald’s ont signé un contrat exclusif de dix ans. L’accord, estimé à 1 milliard de dollars de revenus pour Disney, prévoyait que McDonald’s verse 100 millions de dollars rien que pour l’usage de la marque Disney. Dans le même document, la chaîne de fast-food s’engageait à mettre sur pied onze campagnes promotionnelles annuelles en faveur de produits Disney. Essentiellement sous la forme de jouets offerts dans les menus enfants. Des menus estimés à 670 calories, comportant plus de 30 grammes de graisse. Et dont les ventes triplèrent à chaque promotion offrant un jouet Disney. De son côté, Disney ouvrait ses parcs d’attraction au géant de l’hamburger-frites, permettant aux enfants de profiter de la magie des manèges et des spectacles avec un hamburger et un soda en main.

Mais voilà, en 2006, Disney a vécu une révolution interne. Steve Jobs, le président d’Apple, est devenu, via l’acquisition de Pixar, l’actionnaire principal du groupe. Sa première décision ? Mettre fin à l’accord unissant les deux géants. Pour Jobs, même si l’alliance avait une « valeur économique, elle renfermait d’autres préoccupations à mesure que notre société devient de plus en plus consciente des implications [sur la santé] des fast- foods ».

Traduction en langage plus direct, provenant d’une source haut placée chez Disney et citée par le New York Times : « La société veut prendre ses distances avec l’industrie du fast-food à cause de ses liens avec l’épidémie d’obésité frappant les enfants ».

Voilà qui, venant d’où on ne l’attendait pas, réduit à néant les assertions de certaines chaînes de restauration rapide et de leurs publicitaires quant à l’inefficacité de leurs messages commerciaux et l’innocuité des repas qu’ils vendent. Si cela ne suffisait pas, une étude publiée en 2005 par le National Bureau of Economic Research (NBER3) pourrait peut-être convaincre définitivement les derniers sceptiques. Chou Shin-Yi et Inas Rashad ont en effet quantifié mathématiquement les liens entre la publicité et la crise d’obésité chez les enfants. Selon eux, si, demain, la diffusion de spots consacrés à la malbouffe cessait, le nombre d’enfants en surcharge pondérale âgés de trois à douze ans diminuerait de 10 % ! Cette proportion grimperait même à 12 % chez les adolescents, là où la prochaine bataille contre l’obésité est en train de se jouer. »

la suite ….. demain.

 

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L’obésité et la disparition du concept de vie privée seront à ce siècle ce que la cigarette était au siècle dernier.

Coca Cola, PepsiCo, Nestlé, McDonald’s et consorts, qui tirent leur chiffre d’affaires de produits à forte teneur en sucre ou en matière grasse, ainsi que les sociétés du type Facebook, Google ou Twitter, dont l’activité repose sur la collecte de données personnelles auprès des internautes pour les revendre à des publicitaires, seront confrontés à des problèmes comparables à ceux de l’industrie du tabac.

Le monde est en proie à une pandémie d’obésité. Cinq cents scientifiques issus de cinquante pays ont publié un rapport intitulé The Global Burden of Disease, qui révèle qu’entre 1990 et 2010, l’obésité a explosé de 82% dans le monde et de 100% dans les pays du Proche-Orient!

Aujourd’hui, aux Etats-Unis, un adulte sur trois et un enfant sur cinq sont cliniquement obèses. Les entreprises qui nous font grossir plus que jamais soutiennent que le surpoids n’est pas lié à nos habitudes alimentaires, mais à divers facteurs. Elles citent notamment la télé, les jeux vidéo ou encore le mode de vie urbain qui influent davantage, selon elles, sur la prise de poids que la consommation de leurs produits.

Les vrais responsables dans le déni.

Au siècle dernier, les cigarettiers ont réussi à empêcher, et ce pendant plusieurs décennies, que l’on établisse une corrélation entre le fait de fumer et le développement de cancers. En 1957, le directeur scientifique du conseil pour la recherche sur le tabac (CTR) écrivait ceci:

«La cause de n’importe quel type de cancer est compliquée et difficile à analyser (…) Malgré toute l’attention portée sur l’accusation que fumer provoque le cancer du poumon, personne n’a prouvé que la fumée de cigarette ou un de ses composants est à l’origine du cancer.»

Aujourd’hui, nous savons que cette affirmation est fausse, et qu’en 1957, l’industrie du tabac le savait déjà.

Selon Michael Mudd, un ancien dirigeant de Kraft, les fabricants de produits alimentaires affichent la même attitude. Bien qu’il reconnaisse que les responsables de l’augmentation de l’obésité sont nombreux, il estime que ces groupes en sont les champions. Ils ne se contentent pas de satisfaire la demande des consommateurs, met en garde Michael Mudd. Ils déploient d’immenses efforts très efficaces pour nous inciter à manger plus souvent et en plus grande quantité. Et d’ajouter:

«De la même façon que le lobby américain des armes montre du doigt les maladies mentales et les jeux vidéo violents pour détourner l’attention du danger que représentent les armes à feu, l’industrie alimentaire fait porter le chapeau de l’obésité au mode de vie sédentaire et à la télévision. Il ne faut pas vous laisser berner.»

Certains Etats ont fini par réglementer la consommation de tabac, poussant les cigarettiers à se tourner vers les marchés plus souples d’Asie, notamment, pour maximiser leurs profits. Il n’est donc pas impossible que l’on assiste, tôt ou tard, au même phénomène s’agissant des entreprises qui vendent des produits gras et sucrés.

Plus de données, plus de profit, moins de vie privée

Un phénomène similaire, mais plus complexe encore, concerne les sociétés du Web qui nous séduisent avec des produits attractifs –contenus, «solutions», recherches ou «communautés»– accessibles gratuitement! Autant d’éléments qui leur permettent de savoir qui nous sommes, où nous nous trouvons, ce que nous faisons, ce qui nous plaît ou nous intéresse et qui sont nos amis. Parfois, elles nous «demandent l’autorisation» de recueillir nos informations et elles nous invitent à accepter leurs conditions (mais qui de vos connaissances lit les conditions d’utilisation de ces entreprises, de longs textes en petits caractères, avant de les accepter?). En outre, elles nous surveillent sans notre accord.

Naturellement, ces informations sont précieuses pour des entreprises ou d’autres types d’organisations qui souhaitent nous vendre un produit, une idée, un conseil ou un candidat. Les progrès technologiques permettent de collecter de plus en plus de données sur nous au moyen de téléphones mobiles, de capteurs distants, de caméras de sécurité, de dispositifs de reconnaissance faciale, etc. Et grâce au Big Data, ces nouvelles techniques qui servent à extraire des informations utiles à partir d’immenses volumes de données, on peut désormais transformer plus facilement la masse d’informations amorphe –le «bruit» comme on dit– en rentrées d’argent.

Nous devrons réagir pour endiguer les forces qui mettent à bas les barrières qui nous protègent contre l’obésité et nous permettent d’avoir une vie privée.

 

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Extrait de Toxic, le livre de Willam Reymond :

« Une fois de plus, Bill Clinton avait trouvé la formule qui fait mouche. C’était au début d’un discours en 1998. « Lorsque ma fille a commencé l’école, on lui a souvent demandé quel était le métier de son père. Sa réponse ? Que je travaillais chez McDonald’s. »

Six ans plus tard, l’ancien président des États-Unis était admis aux urgences et subissait un quadruple pontage coronarien. Le coupable ? Une alimentation trop grasse et sucrée. Depuis, devenu adepte d’une nourriture saine et d’une activité physique régulière, Clinton s’est associé avec Mike Huckabee pour tenter d’éviter l’obésité à leurs petits compatriotes.

Oubliée donc, aujourd’hui, son ancienne réponse à des écoliers lui demandant de montrer l’exemple en évitant les fast-foods. Président en exercice, il avait en effet répondu qu’il ne considérait pas McDonald’s comme un temple de la malbouffe. Et qu’au contraire, ses visites dans les fast-foods lui permettaient de mieux comprendre le pays. Des étapes si fréquentes qu’en 1992, le magazine spécialisé Advertising Age affirmait que la « loyauté affichée par le nouveau président a offert à McDonald’s des millions de dollars de publicité gratuite ».

Rappeler cette anecdote n’a pas pour objectif de faire le procès de Bill Clinton – qui, pour la petite histoire, se faisait apporter clandestinement dans le Bureau Ovale des pizzas de chez Domino’s par une stagiaire nommée Monica Lewinsky -, mais d’illustrer un changement sociétal profond.

Si la pandémie d’obésité est multifactorielle, deux raisons principales semblent expliquer son origine comme son essor. La première, nous venons de l’observer, est la surconsommation de nourriture. Qu’il s’agisse de la multiplication des snacks, des repas pris à l’extérieur ou de l’augmentation de la taille des portions, l’ensemble de ces facteurs constituent la moitié de ce « Big Two », le gros deux, comme le surnomment les chercheurs américains.

La seconde part englobe une série d’évolutions vécues et souvent déclenchées par notre société, un vaste ensemble dans lequel les propos de Bill Clinton ont leur place. En se transformant malgré lui en porte-parole d’un des représentants les plus emblématiques de la malbouffe, le président américain normalise la consommation de celle-ci. En refusant d’en évoquer les dangers, et ce malgré les questions d’un groupe d’élèves, il perpétue l’idée – fausse – que ce qu’on avale dans un fast-food est aussi sain qu’ailleurs. Or, la seconde moitié du « Big Two » ne tourne pas exclusivement autour de la portée des paroles et des actes de l’ex-président des États-Unis. Réunie sous la généreuse appellation de « sédentarité », elle regroupe de nombreux éléments auxquels il faut s’intéresser.

La Maison-Blanche n’a pas toujours défendu le droit des Américains aux hamburgers et au Coca-Cola. Bien avant Bill Clinton, John F. Kennedy avait alerté ses compatriotes sur les risques qu’encourait un pays en train de s’endormir. C’était en mars 1961 et JFK, face aux défis du monde et plus particulièrement de la guerre froide, avait insisté sur la nécessité de créer des générations d’adolescents en pleine forme. « Nous ne voulons pas que nos enfants deviennent une nation de spectateurs, proférait-il. À la place, nous souhaitons que chacun d’eux mène une existence vigoureuse. »

Avec 25 millions d’enfants obèses ou en passe de le devenir, la crainte de JFK est hélas une réalité. Et on le constate plus encore si l’on considère le travail de James Hill, directeur du Centre de recherches sur la nutrition de l’université du Colorado. Celui-ci estime en effet que les chiffres avancés actuellement sont bien en dessous de la réalité. « Le gouvernement américain se refuse à utiliser le terme « obèse » pour certains enfants : leur condition n’est pas définitive, argue-t-il, mais en réalité, c’est triste à dire, très peu s’en sortiront. Alors, notre administration préfère employer le terme plus correct « d’enfants à risques ». Mais quand on ajoute les enfants en surcharge pondérale à cette dernière et nouvelle catégorie, on arrive à 60 % de la jeunesse américaine. Avec un tiers d’enfants qui, quoique prétendent nos gouvernants, sont déjà obèses ! »

Pour lui, le concept kennedyien d’une nation de spectateurs est malheureusement dépassé. Le chercheur estime qu’il en va désormais du futur du pays. Pour lui comme pour d’autres, les coupables sont connus depuis longtemps. Ils peuplent les dossiers spéciaux de l’ensemble des supports médiatiques. Dans le désordre, il pointe alors la télévision, l’Internet, les consoles de jeux, la modernisation, les femmes au travail, la voiture, l’insécurité…

Commençons donc par la grande fautive, celle qui est montrée du doigt en permanence sans vraiment que cela change quoi que ce soit. Aux États-Unis, la télévision est allumée en moyenne près de huit heures par jour. Et, sans surprise, ce sont les enfants qui y passent le plus de temps. Sans limite d’âge. Les moins de six ans restent collés à l’écran plus de deux heures. Le ministère de la Santé a beau calculer qu’un enfant et un adolescent en pleine croissance ont besoin d’au moins soixante minutes d’activité physique quotidienne, la télévision – à laquelle est de plus en plus souvent raccordée une console de jeux – absorbe tout ce temps. Résultat : 15 % des plus de douze ans confessent ne pratiquer aucun sport.

Ce temps gaspillé devant le petit écran a forcément des conséquences physiques. L’université de Harvard a établi que les risques d’être touché par le diabète de type 2 sont multipliés en proportion des heures dévouées à un écran, qu’il soit d’ordinateur ou de télévision. D’après ce rapport publié en 1999, la probabilité est même doublée lorsqu’on consacre plus de vingt et une heures par semaine à ces appareils. La même étude démontre en outre que le risque d’obésité chez l’enfant est accru de 31 % s’il possède un téléviseur dans sa chambre.

La télévision aux États-Unis n’a rien de comparable à ce que l’on voit en Europe. Et la regarder confine à entamer une aventure qui donne tout son sens aux propos tenus voilà quelque temps par Patrick Le Lay.

En 2004, le président-directeur général de TF1 avait suscité la polémique en expliquant sa conception de la télévision dans le livre Les Dirigeants face au changement en ces termes : « Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective « business », soyons réalistes : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. […] Or, pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible ».

Pour tout dire, j’avais trouvé la tempête soulevée par ces phrases disproportionnée. Les dirigeants, qu’ils soient politiques ou d’entreprises, sont des habitués de la langue de bois. Et là, pour une fois, avec une honnêteté peut-être trop abrupte, l’un d’entre eux osait briser le tabou. Entendons-nous bien, il ne s’agit pas chez moi d’émettre un jugement de valeur sur le fondement des paroles du grand patron de TF1. Non, je trouve simplement sa déclaration proche de la vérité. En tout cas, de ma vérité américaine. Passer ici quelques heures devant le petit écran donne tout son sens au « métier » de TF1 tel que Patrick Le Lay l’évoque. Car la publicité est omniprésente et les programmes de toute évidence formatés autour d’elle.

Les trois plus gros acheteurs d’espaces publicitaires télévisuels sont les constructeurs automobiles, les marques de bière et la restauration.

L’Américain moyen arrivé à soixante-cinq ans en 2006 a déjà ingurgité plus de 2 millions de spots.

Mais on estime que les enfants,eux, en voient près de 400 000 par an ! Un chiffre phénoménal, porteur d’un véritable enjeu. Et qui soulève une interrogation inévitable. Plus que le fait de regarder la télévision, la publicité serait-elle responsable d’une part non négligeable de la pandémie d’obésité ?

En Australie, la publicité pour la nourriture représente un tiers de la totalité des spots. Et, dans cette catégorie, 81 % mettent en avant les produits des chaînes de fast-food. Or 25 à 30 % des enfants sont obèses ou en surpoids. »

la suite …… demain.

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Plus de 900 personnes viennent d’être arrêtées en Chine pour de graves fraudes alimentaires, dont la vente de viande de rats ou de renards présentée comme du bœuf ou du mouton.

Selon le ministère de la Sécurité publique, « 382 cas de viande coupée avec de l’eau, de faux mouton ou bœuf, de viande avariée et de produits contenant de la viande toxique et dangereuse » ont été découverts en Chine. « 904 suspects ont été arrêtés, plus de 20.000 tonnes de produits carnés frauduleux ou de qualité inférieure » ont été saisis.

Dans la province du Jiangsu (est), des détaillants vendaient du « mouton » fait à partir de viande de rat et de renard, additionné de produits chimiques. D’autres, dans le Guizhou (sud), mélangeaient une solution à base de péroxyde d’hydrogène à des pattes de poulet, une gourmandise chinoise.

Le ministère de la Sécurité publique a souligné que l’opération s’inscrivait dans une enquête plus large sur la sécurité alimentaire, incluant la découverte en mars 2013 de milliers de cochons morts flottant dans le fleuve de Shanghai ou la vente d’huile de cuisine recyclée.

 

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Extrait de Toxic, le livre de William REYMOND :

Malgré des millénaires d’évolution, l’espèce humaine reste habitée par ses origines animales. Aussi, notre vie se voit-elle guidée par deux facteurs incontournables : le sexe et la nourriture. Le premier assure notre reproduction. Le second, notre existence. Ensemble, ils garantissent la survie et la transmission de nos gènes.

La surabondance d’aliments dans les assiettes américaines repose sur les mêmes principes. Pour Eric Asimov, critique culinaire au New York Times, l’explosion de la taille des portions suscite chez les consommateurs la pulsion de plus manger et répond à une recommandation enfantine bien connue : « Les gens ont le sentiment de désobéir à leur mère s’ils ne finissent pas leurs plats». L’idée est amusante et doit certainement jouer. Mais au-delà de l’autorité maternelle, certains chercheurs sont persuadés que notre vocation à terminer une assiette est, une fois de plus, inscrite dans nos gènes. Brian Wansink, de l’université de Cornell, affirme ainsi que les grosses portions de nourriture agissent sur notre inconscient en dégageant un message qu’il résume par un très clair « Mange moi ! ». Un ordre si puissant qu’il annihile tout appel à la raison.

Barbara Rolls fait, elle, partie de ces universitaires convaincus que cette attirance relève d’un réflexe vieux comme nos origines. Habitué à craindre les périodes de famine, l’homme serait programmé pour emmagasiner de la nourriture lorsqu’elle est disponible.

Afin de prouver sa théorie, cette chercheuse conduit depuis plusieurs années une série de travaux au sein de l’université de Pennsylvanie. Qui attestent que, systématiquement, ses « cobayes » mangent plus lorsqu’ils sont confrontés à de plus grosses portions. Elle estime même que cette surconsommation suit une règle précise puisque, en moyenne, les sujets confrontés à des assiettes plus grandes mangent 30 % de nourriture supplémentaire.

L’industrie agroalimentaire rejette en bloc toute idée de responsabilité dans la pandémie d’obésité. Et considère sans fondement les travaux de Rolls. La vocation de ces entreprises étant de satisfaire le consommateur, comme c’est lui qui réclame plus, elles le satisfont.

Wansink, rebondissant sur l’axe de défense des restaurateurs et des fabricants de nourriture, a de son côté poursuivi ses recherches, s’intéressant cette fois-ci non plus au contenu mais au contenant. Ses découvertes sont simples à résumer : plus le contenant est important, plus l’être humain mange. Qu’il s’agisse du volume d’un paquet de chips, de la circonférence d’une assiette ou de la profondeur d’un plat, l’appétit s’adapte. L’exemple le plus parlant est celui des M&M’s. Confronté à un sac de 500 grammes de ces bonbons pas franchement diététiques, un « cobaye » de Wansink en avale 80 dans un laps de temps limité imposé par le chercheur. Plus tard, quand on lui présente un paquet d’un kilo, c’est 112 M&M’s qu’il ingurgite dans le même délai !

Il ne fait donc aucun doute que la taille des portions contribue à l’étendue de la pandémie. Ce que confirme l’American Institute for Cancer Research, lorsqu’il estime que 67 % des Américains terminent leur assiette quel que soit le volume de nourriture servi. En continuant, pourrait ajouter Eric Asimov, à faire plaisir à leur maman !

Autre certitude, l’explosion des portions fausse la perception du consommateur, qui ignore désormais ce que recouvre une quantité raisonnable. L’USDA – le ministère de l’Agriculture américain – précise par exemple que des menus de taille dite normale dans certaines chaînes de fast-foods sont en fait jusqu’à trois fois plus caloriques que ce que préconisent les normes diététiques. Cette absence de repères communs crée même une sorte d’incompréhension internationale, comme l’a constaté Eric Asimov : « Je ne compte plus le nombre de personnes qui viennent me voir pour se plaindre de la taille des portions lorsqu’elles voyagent en France ou au Japon. Ces gens ont moins de nourriture que ce qu’ils ont l’habitude de recevoir et éprouvent, à l’étranger, le sentiment de se faire arnaquer ».

La comparaison, intéressante, pourrait expliquer pourquoi le reste de la planète n’atteint pas encore les taux d’obésité constatés aux États-Unis. Ainsi, en 2003, Paul Rozin a mené une étude mesurant les portions en France et en Amérique du Nord. Les conclusions de ce chercheur en nutrition donnent le tournis. Dans les restaurants américains, la quantité de nourriture servie est au moins supérieure de 25 % à ce que l’on constate dans l’Hexagone.

Pour les établissements yankees, cette surenchère est d’autant plus facile à pratiquer que la part alimentaire ne compte que dans un cinquième des frais de fonctionnement de la restauration aux États-Unis. Les prix bas d’achat de nourriture permettent aux restaurateurs d’en servir plus, tout en continuant à présenter des tarifs compétitifs.

Autre découverte de Rozin, cette fois dans les allées des supermarchés : les plats individuels s’avèrent en moyenne 37 % plus grands aux USA.

Le plus étonnant, à mon avis, reste toutefois une dernière trouvaille de l’universitaire : comparant les mêmes livres de recettes dans les deux pays, il s’est rendu compte que, pour le même plat, l’édition américaine recommandait systématiquement une plus grande quantité d’ingrédients !

L’explosion de la taille des portions pourrait apparaître comme un phénomène purement américain, au diapason du gigantisme du pays. En réalité, il n’en est rien. Ainsi, dans l’édition 2006-2007 de leur guide Savoir manger *, les nutritionnistes Jean-Michel Cohen et Patrick Serog ont constaté l’émergence de ce phénomène en France. Pis, ils ont révélé une tendance inquiétante : « À l’heure actuelle, la valeur nutritive des aliments ne cesse d’augmenter. Ainsi on peut constater que la valeur moyenne de l’ensemble des yaourts, qui était il y a quelques années de 70 kcal aux 100 g, atteint aujourd’hui 80 kcal. Que celle des pains, qui étaient à 250 kcal, est désormais à 275… »

La suite ….. tout aussi passionnante……. demain.

 

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Une obésité installée tôt dans la vie, dès la vingtaine, double le risque de mourir avant l’âge de 55 ans, selon une étude publiée dans le British Journal Medicine.

Plus de 6 500 jeunes hommes danois âgés de 22 ans en 1955 ont été suivis pendant 33 ans et parmi eux, 97 (soit 1,5 %) étaient obèses. À l’âge de 55 ans, près de la moitié de ce sous-groupe a présenté différents accidents ou pathologies en rapport avec le surpoids, tels que le diabète, l’hypertension artérielle (HTA), des thromboses ou un infarctus du myocarde (IDM), voire un décès. Ces jeunes hommes obèses ont eu 8 fois plus de risque de développer un diabète et 4 fois plus de risque d’avoir une thrombose veino-artérielle. Le risque d’HTA, d’IDM et de décès avant l’âge de 55 ans était doublé.

Chaque point supplémentaire d’indice de masse corporelle (IMC) augmentait de 5 % le risque d’IDM, de 10 % celui de thrombose et de 20 % celui de diabète.

AFP. BMJ Open, publié en ligne le 30 avril 2013.

 

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Vous allez aujourd’hui vous régaler avec l’extrait du jour de Toxic, le livre de William REYMOND :

« L’industrie agroalimentaire a parfaitement compris l’intérêt du dilemme de l’omnivore.

Transformant un sens inné en argument commercial, les fabricants de nourriture ont opté pour le gras et le sucré. Il n’y a pas là de dessein machiavélique, de conspiration orchestrée afin de faire disparaître le genre humain, mais simplement une logique entrepreneuriale au credo basique : il est toujours plus aisé de vendre ce qui correspond au goût de son public. Si les préférences de l’homme le conduisaient naturellement vers une nourriture plus saine, Mars, McDonald’s ou Coca-Cola répondraient à cette attente. Certes, on pourrait arguer que face à la pandémie actuelle d’obésité, ces entreprises devraient effectuer des choix citoyens. Mais ne nous leurrons pas : fondamentalement, elles estiment ne pas être là pour ça et, quand elles avancent sur ce terrain, c’est seulement dans la perspective de retombées financières.

Il existe en revanche, et plus particulièrement aux États-Unis, une autre tendance, toujours pilotée par l’exploitation commerciale de nos gènes, qui s’avère bien plus condamnable et semble être une cause importante de la crise d’obésité : le bigness ( contraction de big et de business).

En 2000, l’industrie automobile américaine a annoncé en fanfare un changement majeur sur l’ensemble de ses modèles. Il n’était pas ici question de sécurité, de pollution ou de confort, mais de la taille des porte-boissons. Embrassant l’ère du bigness, General Motors, Ford et consorts se sont mis au goût du jour, en permettant désormais de caler en toute sécurité et à portée de main un « gobelet » – un petit seau, plutôt – pouvant contenir plus d’un litre de soda.

Aux États-Unis, le supersizing cher à Morgan Spurlock est un véritable phénomène de société dépassant le seul cas de la nourriture. Ici tout est plus grand. Les voitures, les routes, les maisons, les vêtements. La tendance n’a pas échappé aux spécialistes du marketing. Dans USA Today, Irma Zall, experte en marketing destiné aux adolescents, confiait ainsi que « la notion de bigness fonctionne aussi bien parce qu’elle tourne autour du concept de pouvoir. […] Cette impression de pouvoir qu’elle offre à ceux qui choisissent plus grand ».

Si le bigness atteint désormais différentes strates de l’économie américaine, le concept est, à son origine, lié à la nourriture. Et, sans surprise, il est né dans l’Etat qui affiche son gigantisme comme une raison d’être ( Tout est plus grand ici, le slogan du Texas.).

Autrefois, David Wallerstein avait en charge l’expansion de la chaîne de cinéma Balaban & Katz au Texas. Sa mission, au milieu des années 1960, était simple à définir : augmenter les profits des salles obscures. Or, l’économie de l’exploitation cinématographique tourne autour d’une idée étonnante : la vente de tickets, aux marges limitées, ne compte que pour une fraction dans les bénéfices du gérant. Les profits les plus solides proviennent de la commercialisation de pop-corn et de soda. En réalité, le film relève du produit d’appel, assurant la présence de consommateurs captifs avant et pendant la durée de la projection.

La mission texane de Wallerstein consistait donc à convaincre les clients des cinémas Balaban & Katz d’ingurgiter plus de pop-corn arrosé de Coca-Cola. Mais voilà, sa tâche semblait herculéenne car les recettes traditionnelles de vente ne fonctionnaient pas : Wallerstein avait beau multiplier les offres type « deux pour le prix d’un » ou accorder 20 % de réduction pour la première séance de la journée, rien n’y faisait. Cet échec l’obsédait. Car au fond de lui, après avoir passé des heures à observer ses consommateurs, il était convaincu qu’un rien les inciterait à consommer plus. Et, pour preuve, après chaque séance, Wallerstein exhumait les emballages abandonnés par les spectateurs vidés de leur contenu jusqu’à la dernière miette.

Les clients de Wallerstein voulaient davantage mais, pour une raison qu’il ignorait, n’osaient pas. Et si, justement, l’idée résidait dans cette hésitation ? Et si les spectateurs, craignant le regard des autres et freinés par une éducation religieuse plaçant la gourmandise au rang des péchés capitaux, n’osaient tout simplement pas acheter un deuxième Coke ou un autre gobelet de pop-corn ? L’équation venait d’évoluer. Si l’intuition de Wallerstein s’avérait juste, la solution était enfantine. Pour vendre plus, il suffisait d’accroître la taille des portions.

De la théorie à la pratique, il franchit le pas. Et le succès fut immédiat. Rapidement, la vente des portions élargies dépassa celle des parts traditionnelles. Plus important encore, le coût supplémentaire de production d’un grand pop-corn ou d’un Coca-Cola géant était minime. Ce qui incita les cinémas Balaban & Katz à vendre leurs nouveaux contenants à peine plus chers que la taille originale. Sans vraiment s’en apercevoir, le client, décomplexé et conforté par le sentiment de réaliser une économie, consommait donc plus. Beaucoup plus.

Le principe du glouton était prêt à conquérir l’Amérique.

Le coup de génie texan de Wallerstein, conforme à la philosophie du « everything is bigger here », le propulsa à la tête de la compagnie, au sein de la maison mère située à Chicago.

Mais en 1968, il quitta Balaban & Katz pour entrer dans une autre compagnie de l’Illinois qui cherchait à accroître ses ventes. Ray Kroc s’était lui-même chargé de convaincre ce prodige des salles obscures à le rejoindre. Il attendait maintenant qu’il répète le miracle texan en multipliant le chiffre d’affaires de sa société. Son nom ? McDonald’s.

La transition ne fut pas aussi évidente que prévu. Notamment parce que Kroc n’était pas convaincu par le « principe du glouton ». Malgré l’insistance de Wallerstein, il ne souhaitait pas se lancer dans la production de portions de différentes tailles. Pour Kroc, le concept était simple : si le client voulait manger plus, il n’avait qu’à commander un second hamburger, une autre portion de frites ou un Coca-Cola supplémentaire.

David Wallerstein savait qu’il lui faudrait plus que des mots et des statistiques pour convaincre le fondateur de McDonald’s. Aussi eut-il une idée aussi simple que révolutionnaire : installer une caméra de surveillance dans l’un des restaurants de Chicago pour filmer les consommateurs.

Les images parlèrent d’elles-mêmes. La plupart des clients de McDonald’s voulait plus. Il fallait les voir retourner leur petit sac de frites pour récupérer le moindre bout de pomme de terre, même carbonisé. Ou se tordre la nuque en arrière afin de gober la dernière goutte de leur Coca-Cola.

En découvrant le film, Ray Kroc fut sidéré. David Wallerstein avait donc gagné. Nous étions en 1968 et le principe du glouton put entrer dans sa deuxième phase : se préparer à dévorer et à contaminer l’Amérique.

La vague initiée par David Wallerstein a tout dévasté sur son passage. Après les cinémas et l’industrie du fast- food, les restaurants ont adopté à leur tour ce principe. Et si personne n’ignore qu’une taille normale de frites aujourd’hui était une grande portion voilà trente ans, ses ravages dans la cuisine plus classique sont impressionnants. Ainsi, selon le National Heart, Lung and Blood Institute1, entre 1985 et 2005, la taille moyenne d’un café-crème a doublé. Pis, ses calories sont passées de 45 à 350 ! Même tendance pour la pizza. Voilà trente ans, deux parts de pizza aux pepperoni représentaient 500 calories. Aujourd’hui, elles en contiennent 850. Hommage direct à Wallerstein, la taille normale du pop-corn vendu en cinéma a été multipliée par trois depuis 1985. Et par six depuis le début des années 1970 et l’âge d’or de la chaîne Balaban & Katz.

Le succès du principe du glouton est fondé sur différents mécanismes. Celui de la honte tel que défini par Wallerstein est évidemment primordial. Le message inconscient reçu par un homme dévorant deux portions de frites et celui d’un autre engouffrant la même quantité mais dans un seul contenant est complètement différent. Comme l’expliquait Irma Zall, le bigness offre une illusion de pouvoir. Et les vendeurs de bouffe l’ont compris, qui se sont précipités dans une surenchère « virile ». Ainsi, la chaîne Del Taco, spécialiste de la cuisine rapide tex-mex, a commercialisé en 2000 le Macho Meal. Un plat pesant plus de deux kilos. Le phénomène a atteint son paroxysme l’année dernière avec le lancement du Monster Thickburger chez Hardee’s. Le « monstre » en question « pèse » ni plus ni moins 1 420 calories et « offre » 107 grammes de lipides. Il se vend le plus souvent accompagné de sa frite moyenne et d’un Coke. Résultat ? Un menu dépassant les 2 300 calories. Un chiffre qui dépasse l’apport calorique quotidien recommandé chez l’adulte !

Le Macho Meal, le Thickburger ou encore le Triple Whooper spécial King-Kong de chez Burger King figurent évidemment parmi les premiers suspects de la pandémie d’obésité. Pour certains médecins et responsables d’associations luttant contre l’obésité, ces nouveaux concepts de hamburgers géants s’apparentent à du food-porn, de la nourriture à caractère pornographique. L’étiquette pourrait gêner l’Amérique puritaine, mais elle génère au contraire une certaine publicité non reniée par les fabricants eux- mêmes. Hardee’s affirme ainsi que « la mauvaise publicité autour du Thickburger a entraîné une augmentation des ventes de 8 % ». Pis, Andrew Puzder affiche clairement, et avec provocation, la position de la compagnie dont il est le P-DG : « Ce n’est pas un burger pour tapette. C’est un hamburger pour des mecs jeunes et affamés qui veulent un bon gros et décadent hamburger juteux. Que les autres continuent à faire de la promotion pour leurs produits bons pour la santé. De notre côté on va continuer à faire de la publicité pour nos gros hamburgers si délicieux ».

La bravade affichée par le patron de Hardee’s n’est en rien isolée. En ces temps de pandémie, on affiche une certaine fierté à affirmer son attachement à manger gros et gras. Un peu comme ceux qui, en plein cœur de l’épidémie de sida, défendent avec la même inconscience des rapports sexuels non protégés.

Cette attitude est parfaitement illustrée par l’explosion médiatique dont l’IFOCE, la Fédération internationale des mangeurs de compétition, a fait l’objet ces deux dernières années. Elle organise dans l’ensemble du pays des épreuves « sportives » de dégustation. À Dallas, il s’agit d’avaler le plus de piments possibles afin de remporter 4 000 dollars. À Atlantic City, pour 1 000 dollars de plus, ce sont des boulettes de viande qu’il faut ingurgiter. Il y a aussi les côtes de porc à Las Vegas, les saucisses italiennes dans l’Utah, les pattes et les cuisses de dinde à New York. Mais le grand prix, sponsorisé par Krystal, une chaîne commercialisant des hamburgers carrés, s’élève, au bout d’un véritable championnat, à 30 000 dollars. Pour remporter cette somme, il faudra dévorer plus de… 97 hamburgers en huit minutes chrono ! C’est en tout cas le record détenu par Takeru Kobayashi, un Japonais spécialiste aussi de la descente de hot-dogs (53 3/4 en douze minutes), de saucisses (58 en tout juste dix minutes), de cervelles de vache (un quart d’heure pour 57 exemplaires). Kobayashi est une légende vivante parmi les membres de l’IFOCE. Il figure d’ailleurs en bonne place dans la liste des records validés par la fédération. Un classement où l’on peut noter aussi la présence de Sonya Thomas. En dix minutes, cette Américaine a réussi l’incroyable exploit d’engouffrer 7 Thickburgers de chez Hardee’s !

Depuis 2005, les compétitions présentées par la fédération ont droit à l’attention des médias. ESPN, la chaîne sportive, ne saisissant apparemment pas l’ironie de la situation, diffuse même chaque année plusieurs de ces épreuves.

Même David Wallerstein aurait du mal à le croire. En 2006, alors que l’Amérique étouffe sous sa graisse, le principe du glouton est devenu une compétition passant en prime-time à la télévision. »

la suite ….. demain

 

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Selon une étude menée par des chercheurs américains, obliger un enfant à finir son assiette augmenterait les risques d’obésité infantile…

Une étude menée par des chercheurs de l’Université du Minnesota montre qu’obliger un enfant à finir son assiette augmenterait le risque l’obésité infantile. Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques ont ainsi observé les comportements de 2200 enfants et 3500 adultes à ce sujet.

Résultats : le risque d’obésité infantile serait en effet plus présent dans les familles où les parents mettent la pression à leurs enfants pour qu’ils finissent leur assiette, souvent trop remplie, rapporte le Daily Mail. Les enfants mangent donc plus que ce dont ils ont besoin. Kathie Loth, diététicienne et auteur de cette étude, remarque que les papas incitent plus leurs enfants à finir leur assiette, plutôt que les mamans.

 

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