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Extrait du livre TOXIC FOOD, de William Reymond :

 » Les fermiers de la péninsule de Bjare, au sud- ouest de la Suède, n’avaient jamais rien vu de semblable. En septembre 1997, d’étranges phénomènes touchaient les animaux d’élevage. Le taux de mortalité des poissons élevés en bassins de culture s’affolait tandis que de nombreuses vaches mouraient brutalement après avoir subi une paralysie.

Rapidement, l’attention des habitants de la région se porta sur l’immense chantier de construction du tunnel ferroviaire de Hallandsâs. Une intuition correcte. Confrontée à de nombreuses fuites d’eau, la multinationale Skanska, en charge de l’ouvrage, avait utilisé plus de mille quatre cents tonnes de Rhoca-Gil, produit scellant destiné à rendre les voûtes étanches. Or le produit avait fui à son tour, polluant vingt-cinq réserves aquifères, contaminant l’eau de la région et, en bout de chaîne, empoisonnant le bétail.

Fabriqué par Rhône-Poulenc, le Rhoca-Gil avait déjà été évoqué comme responsable dans un incident similaire survenu quelques mois plus tôt en Norvège, lors de la construction de la ligne Gardermoen. Et le gouvernement norvégien avait décidé de bannir le scellant français.

Du côté de Bjare, avant même que l’enquête aboutisse, le groupe chimique français prit les devants et, le 22 octobre 1997, annonça qu’il cessait « la production et la commercialisation du Rhoca-Gil ».

Ce geste de bonne volonté avait-il été motivé par la colère des Suédois et notamment d’Anna Lindh, ministre de l’Environnement, décidés à poursuivre devant les tribunaux les responsables de cette catastrophe écologique ? D’aucuns l’avancent. D’autant qu’au début de l’affaire Rhône-Poulenc avait rejeté la responsabilité de cette pollution sur la multinationale Skanska et ses ouvriers suspectés de n’avoir pas respecté les instructions lors du mélange.

Quoi qu’il en soit, après cinq années d’instruction et d’expertises multiples, les tribunaux condamnèrent les deux compagnies. Le gouvernement suédois avait en effet réussi à prouver que le géant français de la chimie n’avait pas respecté le Lagen om kemiska produkter(« Loi sur les produits chimiques ». Loi votée en 1985), SFS 1985 : 4262, n’accompagnant pas son produit d’instructions mentionnant les dangers liés à son utilisation, dont certaines répercussions sur le système nerveux périphérique.

Quel est le rapport entre un tunnel en Suède, le Rhoca-Gil et la nouvelle malbouffe ?

Un produit chimique, utilisé dans l’industrie des plastiques et présent dans la formulation de la plupart des scellants. À savoir le 2-propénamide, dont la formule brute est C3H5NO et le nom usuel acrylamide. Or l’acrylamide apparaît dans de nombreux aliments.

C’est sous cette appellation qu’il figure dans les conclusions du comité mixte FAO/OMS, groupe d’experts étudiant les additifs alimentaires (JECFA) qui, en 2005, déclarait que cette molécule présentait un risque pour la santé humaine et jugeait l’acrylamide cancérigène.

Mais pour comprendre la portée de ces conclusions au quotidien, il faut retourner en Suède.

En mars 1999, avant même d’être condamné, Skanka a versé plus de 30 millions de couronnes à des ouvriers contaminés par le Rhoca-Gil.

Margareta Tômqvist est l’une des chercheuses les plus réputées du département de chimie environnementale de l’université de Stockholm. À ce titre, en 1998, le gouvernement suédois lui a demandé de mesurer le taux d’acrylamide contenu dans le sang des ouvriers œuvrant sur le tunnel de Hallandsâs.

Utilisant la spectrométrie de masse, elle n’eut guère de difficulté à établir sa présence. Ce qui l’intrigua, ce fut une autre découverte. Voulant étudier en parallèle les taux de cette même substance sur un panel neutre car composé de sujets n’ayant pas été exposés aux émanations de Rhoca-Gil, elle entama des comparaisons. Et eut la surprise de voir ce second groupe présenter également de l’acrylamide dans son sang.

À des quantités suffisamment importantes pour que Tômqvist débouche sur l’hypothèse lui paraissant la plus probable : la source d’intoxication devait résider dans l’alimentation.

Poursuivant cette piste, elle publia, en juin 2000, une étude complémentaire aux conclusions dérangeantes.

Partant du principe que l’acrylamide peut se former spontanément lorsque la température de cuisson dépasse les 120 °C\ son équipe avait nourri des rats uniquement de nourriture frite. Ensuite, en comparant le taux d’acrylamide de cet échantillon avec un autre nourri d’aliments non cuits, les chercheurs avaient pu émettre des conclusions sans appel. La présence d’acrylamide dans le sang des rongeurs nourris à la friture était telle que la scientifique estima que « la quantité ingérée [était] associée à un risque considérable de cancer ».

Décidée à en savoir plus quant aux bombes à retardement dissimulées dans notre alimentation, l’équipe de Tômqvist poussa son enquête et mesura le taux d’acrylamide dans différents aliments. Des découvertes qui, publiées en 2003 et 2004, ont permis de dresser une liste précise et facilement mémorisable des dangers qui nous menacent.

Les recherches ont révélé que l’acrylamide se forme lors-que des aliments riches en glucides sont chauffés au-delà de 120 °C, par exemple si l’on fait griller du pain, torréfier du café ou frire des pommes de terre.

Les études menées par la Suédoise établissent que l’acrylamide se forme lorsqu’on cuit à haute température des aliments riches en hydrate de carbone, donc en amidon et en sucres comme la pomme de terre. En clair, les chips et les frites sont les plus exposées à une contamination à l’acrylamide. Mais ils ne sont pas les seuls puisque de nombreux produits apéritifs style crackers, ainsi que les biscuits et certaines pâtisseries figurent en haut de cette liste.

Les céréales du petit déjeuner et les chips à base de maïs présentent quant à elles un risque médian, tandis que les aliments bouillis et à base de viande, même frits, font courir un danger plus négligeable.

Les chips et les frites…

Le rapport entre un tunnel en Suède, le Rhoca- Gil et la toxic food était donc établi.

Résumons-nous.

Entre 2000 et 2003, une équipe de scientifiques suédois menée par Margareta Tômqvist a publié une série d’études démontrant que la préparation de divers aliments comme les frites entraînait la formation d’un cancérigène, l’acrylamide. Cancérigène que l’on trouvait ensuite en grande quantité dans l’organisme d’un animal nourri avec ces produits.

Que s’est-il passé depuis ?

D’abord, suivant de près les travaux de Tômqvist, le Livsmedeîsverket, organisme gouvernemental en charge de la sécurité alimentaire en Suède, a effectué ses propres recherches. Et publié des résultats qui confirment ceux de la chercheuse. Non seulement dans le processus de formation de l’acrilamyde lié aux hautes températures de cuisson mais aussi dans l’ordre de concentration par produits. Aussi, le Livsmedeîsverket a-t-il édicté que, puisque la consommation d’aliments frits représentait déjà en soi un risque cardiovasculaire, mieux valait éviter d’en manger.

Et en Europe ? Suite aux conclusions de Tômqvist, la Commission a « entamé (en 2002) le recueil des données d’occurrence de taux d’acrylamide dans les aliments, tâche ensuite confiée à l’EFSA (en 2006), en collaboration avec les États membres ».

Toujours en 2002, le comité mixte FAO/OMS d’experts des additifs alimentaires (JECFA) via son président, le docteur Dieter Arnold, déclarait : « Après avoir examiné les données disponibles, nous avons conclu que ces nouveaux résultats révélaient un problème sérieux. Mais nos connaissances actuelles ne nous permettent pas de répondre aux questions posées par les consommateurs, les responsables de la réglementation et les autres parties intéressées. »

En mars 2005, après une série d’études complémentaires, le Comité publia un document de cinq pages au titre on ne peut plus clair : « L’acrylamide dans les produits alimentaires est un danger potentiel pour la santé. »

De son côté, l’EFSA diffusa une liste de conseils pratiques destinés à éviter, dans nos cuisines comme au niveau industriel, l’augmentation de cette substance cancérigène dans les aliments. Parmi lesquels, après l’habituelle mise en garde contre les dangers d’un excès de nourriture frite pour le cœur, l’EFSA recommandait de ne pas garder les pommes de terre au réfrigérateur ni utiliser celles ayant germé ou verdâtres – conditions d’accélération du processus de formation de l’acrylamide -, de réduire le temps de friture et d’éviter les aliments carbonisés au cours de la cuisson.

En plus de cette fiche, l’EFSA valida, entre 2007 et 2009, la nécessité de surveiller chaque année, dans vingt et un pays, le taux d’acrylamide.

De son côté, Santé Canada, après avoir ajouté l’acrylamide à la liste des substances toxiques en août 2009, lança un mois plus tard une campagne de surveillance de son taux dans la nourriture semblable à celle suivie par l’EFSA.

Enfin, le 2 septembre 2009, l’Agence européenne des produits chimiques mit en ligne une nouvelle liste de quinze substances potentiellement très préoccupantes proposées par les États membres et la Commission européenne. Où figure l’acrylamide.

Et ensuite ? Eh bien… c’est à peu près tout ! »

La suite (après cet épisode navrant) …………… demain

 

 

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Extrait de Toxic Food, le livre de William Reymond :

« Revenons au professeur Campbell et à sa métaphore du gazon. Et plus particulièrement à la première phase durant laquelle les substances chimiques s’implantent dans notre organisme.

Nous venons de le voir, les nitrites – via la charcuterie industrielle et certains plats destinés aux bébés – sont l’un de ces carcinogènes. Et les pesticides utilisés pour les fruits et légumes par l’agriculture intensive un autre. Mais il ne faut pas oublier la viande industrielle, du poulet au bœuf, autre vecteur de transmission non négligeable.

Comme je l’ai raconté en détail dans Toxic, les conditions d’élevage lamentables de ces animaux ont de nombreux effets sur notre environnement et notre santé. Or l’un d’eux correspond parfaitement à la description des carcinogènes faite par le chercheur américain.

Des analyses menées par l’USDA ont en effet démontré que le gras animal des viandes conservait lui aussi une partie des substances cancérigènes auxquelles l’animal a été exposé en élevage. Parmi lesquelles des scientifiques du département de l’Agriculture ont mis au jour des pesticides, des fongicides – ils sont présents dans la nourriture et le bétail en est copieusement arrosé -, des hormones, des antibiotiques et même de l’arsenic. Un cocktail hautement toxique à potentiel cancérigène que nous ignorons avaler à chaque bouchée. En somme, sans nous en rendre compte, en mangeant nous payons un lourd tribut humain uniquement pour obtenir un steak à bas prix.

Il est évidemment impossible d’établir ici une liste complète des carcinogènes et de leurs vecteurs. Comme il est impossible de les éviter au quotidien tant ils font partie de notre environnement.

Il faut en revanche garder à l’esprit que nombre d’entre eux sont des composants essentiels de la toxic food. Et donc, en théorie, parfaitement évitables si on modifie nos choix alimentaires. L’ennui, c’est que le consommateur ignore la présence de ces éléments cancérigènes dans sa nourriture. Comme il a longtemps ignoré la présence et le rôle néfaste des acides gras-trans. Car, évidemment, l’huile partiellement hydrogénée n’est pas le seul élément de la cuisine industrielle qui pose problème.

Plus qu’à un consommateur forcément impuissant, la responsabilité du recours à ces substances et ingrédients incombe donc bien aux industriels qui les choisissent, aux publicitaires qui les rendent attrayants et aux politiques qui préfèrent détourner le regard.

Alors qu’entre certitude de la toxicité d’un produit et doute sur son rôle sanitaire on devrait recourir au concept si répandu du principe de précaution, on ne fait rien.

Pourquoi ? »

La suite (cette excellente question restera t’elle sans réponse?) ………….demain.

Dr BUENOS : Au niveau du réseau ROSA de Béziers, nous conseillons à nos patients (et nous essayons de nous l’appliquer à nous même) de consommer de la viande issue d’un élevage bio traditionnel, c’est pourquoi nous conseillons l’élevage de la source de l’Orb pour sa viande de veau et de boeuf ….(qui est autrement plus goûteuse, en plus de ne pas concentrer dans son gras autant de carcinogènes que la viande industrielle)

 

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Extrait de Toxic Food, le livre de William Reymond :

 » L’intention se veut rassurante. Lorsque les représentants de l’industrie chimique et de l’agriculture intensive sont montrés du doigt, leur réponse sur les doses de pesticides est toujours la même : vu les quantités utilisées, « il est prouvé » que leurs produits ne sont pas dangereux.

Que dire ?

D’abord, que lorsqu’un test a effectivement été effectué – ce qui n’est pas toujours le cas -, la méthode utilisée est au mieux incomplète, au pire faussée. Je ne vais pas ainsi m’étendre sur le fait que les autorités gouvernementales, dépassées par le coût financier de telles études, se contentent fréquemment d’approuver un produit à partir des dossiers fournis… par le fabricant. En revanche, il est important de s’arrêter sur quelques vices de forme de ces expérimentations.

Ainsi, dans la majorité des cas, les doses validées sont celles que l’on estime inoffensives pour un homme adulte dans la fleur de l’âge. Un vieillard, une femme, un enfant ou un bébé peuvent donc souffrir de cette subtile différenciation.

Les tests en laboratoires se concentrent globalement sur les répercussions éventuelles d’un seul ingrédient, personne ne semblant s’intéresser aux dégâts nés de la « synergie » entre différents ingrédients cancérigènes, même à faibles dosages (effet cocktail). Comme si notre exposition au risque se limitait à l’un d’eux et pas à la combinaison de tous. Un « isolement » d’autant plus absurde que la plupart des pesticides, herbicides et fongicides croisent les ingrédients dangereux. Et que notre mode de vie et d’alimentation lui- même crée ce cocktail dont nous n’avons aucune idée des conséquences à long et moyen termes.

Personne ne semble s’intéresser non plus au fait que, contrairement aux tests in vitro, nos organismes accumulent ces produits cancérigènes depuis l’âge embryonnaire. Si l’un peut ne pas être dangereux dans un dosage établi en laboratoire, qu’arrive-t-il lorsque, mélangé à d’autres, il agit pendant des décennies dans le corps et connaît, en outre, des renforts fréquents d’autres agresseurs ? Et bien les rares études entreprises sur le sujet n’apportent pas de bonnes nouvelles puisqu’elles démontrent un rôle prépondérant de la durée d’exposition dans la prolifération de certains cancers et de maladies neurologiques.

Quoi qu’il en soit, il apparaît comme un devoir de citoyen de faire de cet axe de recherche une priorité des années à venir.

Concernant l’environnement et les risques toxiques, les années 1970 représentent un tournant majeur.

Après des décennies d’excès et de complète « liberté chimique », poussés par les pionniers du mouvement écologiste et une prise de conscience des citoyens choqués par une série de catastrophes industrielles, les hommes politiques se décident à intervenir et à réglementer ce secteur. Et, en 1976, le Congrès vota le Toxic Substances Control Act (TSCA)1.

Vous l’ignorez sûrement mais cette loi américaine, que l’on vive à Marseille ou à Québec, à Séoul ou à Rome, nous concerne tous. Pour le meilleur et pour le pire.

Le meilleur d’abord. Avant ce scrutin historique obtenu après six années de combat politique acharné, les pays occidentaux ne disposaient pas du moindre texte régulant la création, la production et l’usage des produits chimiques. Née avant la Seconde Guerre mondiale, bénéficiant d’un essor sans précédent depuis la fin du conflit, l’industrie chimique pouvait agir en toute liberté, lançant près de 62 000 substances différentes sans la moindre obligation de les tester au préalable ! Or, inspirés par le texte américain et le vote du TSCA, les pays d’Europe de l’Ouest – dont la France – suivirent le mouvement et adoptèrent, à leur tour, des lois similaires dont le principal mérite était d’exiger le recours à des tests de dangerosité pour chaque nouveau produit.

Mais voilà, le TSCA de 1976 souffre d’une énorme faille. Une faille monumentale creusée au burin du lobbying par l’industrie chimique elle-même. Profitant du fait que le Congrès et la Maison-Blanche avaient annoncé que la future loi serait écrite en accord avec l’industrie pour ne pas entraver la croissance économique, les géants du secteur ont inséré dans le texte une véritable bombe à retardement.

S’ils acceptaient que chaque nouveau produit soit testé, en échange ils exigeaient que le texte ne puisse être rétroactif, donc ne concerne pas les substances et ingrédients déjà sur le marché. De quoi permettre qu’on y recoure comme avant.

En clair, cela signifie globalement que, sur les 82 000 produits chimiques commercialisés en 2009, 62 000 n’ont jamais été testés !

Comme l’Europe s’inspira du TSCA, la même disposition se retrouva dans les réglementations, évitant aux fabricants d’avoir à fournir les moindres données de sûreté relatives aux substances vendues avant 1981.

L’entrée en vigueur, en juin 2007, d’une nouvelle réglementation chimique baptisée REACH était censée combler la faille. Et n’y parvint en rien. D’abord parce que l’enjeu humain et le coût financier qu’exigeaient des tests pratiqués sur les produits antérieurs à 1981 ont empêché de revenir en arrière. Ensuite parce qu’on limita son champ d’action aux seules substances « extrêmement préoccupantes », à l’exclusion des… pesticides relevant d’autres législations. Bref, dans ces conditions, parler de produits testés reste un mensonge qui a encore de beaux jours devant lui.

Dès lors, on ne peut qu’être d’accord avec ce que déclarait le 21 octobre 1976 Russel E. Train.

Ignorant la disposition libérant de toute obligation d’information l’industrie chimique, pensant que le TSCA permettrait ces nouvelles batteries de tests, l’administrateur de l’Environmental Protection Agency (EPA), équivalent américain de notre ministère de l’Environnement, exprimait sa fierté en ces termes : « Cette loi est l’un des gestes les plus importants de « médecine préventive » jamais votés. » Revenant sur les 62 000 produits commercialisés sans aucun contrôle, ignorant l’ironie future – et terrible – de ses propos, il avait conclu – et c’est là que je le rejoins : « Nous en savons peu – abyssalement peu – sur ces produits chimiques. Nous ne savons presque rien de leurs effets sur notre santé, et plus particulièrement en cas d’exposition minime mais à long terme. Nous en savons fort peu sur le nombre d’êtres humains exposés à ces produits. Ni comment ils le sont et jusqu’à quel degré. Nous ne savons même pas précisément combien de produits chimiques – et encore moins précisément lesquels – sont créés chaque année et mis sur le marché. »

Or, trente ans après, en savons-nous beaucoup plus ? »

La suite (après cet effrayant coup de projecteur sur les dispositions législatives qui encadrent la toxicité potentielle des produits chimiques) ………….. demain.

 

 

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Extrait de Toxic Food, le livre de William Reymond :

 » Le professeur T. Colin Campbell use d’une analogie efficace lorsqu’il s’agit de décrire les trois phases du cancer.

Pour ce scientifique américain, un cancer « pousse » comme du gazon : « L’initiation correspond à l’ensemencement, la promotion à la germination et à la pousse, et la progression à la prolifération de l’herbe qui envahit l’allée, la rocaille et le trottoir. »

Or, dans deux de ces étapes, la toxic food tient un rôle essentiel.

L’« initiation » correspond en somme au moment où, telle une graine, le cancer s’implante dans l’organisme. L’Américain explique : « Les substances chimiques responsables de ce processus sont appelées des carcinogènes. Ces substances sont le plus souvent des dérivés de procédés industriels […] Ces carcinogènes transforment génétiquement (font muter) les cellules normales en cellules prédisposées au cancer. Une telle mutation cause une altération permanente des gènes de la cellule, ce qui endommage l’ADN. »

ADN endommagé et cellules génétiquement transformées…

Voilà deux résultantes de l’intrusion de carcinogènes dans l’organisme qui ont un écho familier. Et pour cause, ce sont exactement les termes utilisés par le professeur Mirvish de l’Université du Nebraska pour évoquer les effets des nitrites contenus dans les saucisses de hot-dogs en particulier et la charcuterie industrielle en général ; conclusions que la « machine à détruire » de l’agroalimentaire avait voulu broyer.

Mirvish, preuves à l’appui, démontrait que le processus industriel de fabrication des spécialités à base de viande entraînait la formation de nitrosamine suite à l’union des nitrites et amines. Or les nitrosamines, que l’on trouve par exemple dans la fumée du tabac, sont des substances chimiques classées cancérigènes par l’Organisation mondiale de la santé. Dès lors, il ne fait aucun doute que les nitrites permettant de conserver le saucisson industriel ou de procurer un bel éclat rosé à des tranches de jambon sont l’un des carcinogènes décrits par Campbell.

Un, mais malheureusement pas le seul. Car lorsque le professeur américain précise qu’il s’agit « le plus souvent de dérivés de processus industriels », il précise aussi que la source principale de la pollution de l’organisme n’est pas l’air respiré mais la nourriture ingérée. À ce titre, en plus des nitrites, on peut citer les pesticides présents sur les fruits et légumes issus de l’agriculture conventionnelle, fruits que, suivant les préceptes gouvernementaux, nous essayons de consommer de plus en plus souvent.

Ainsi nombre de ces produits sont considérés comme cancérigènes. Parfois, les plus dangereux, après des décennies d’usage intensif, sont interdits sur nos territoires. L’ennui, c’est que, même après cette éviction, leur présence dans l’environnement persiste(c’est le cas du DDT dont l’utilisation est interdite depuis 1972 mais que, test après test, génération après génération, nous continuons à « porter » dans nos organismes). Pire, il n’est pas rare que les fabricants de produits interdits continuent à en produire à destination des pays à législation plus souple. Parmi eux, la presque totalité des Etats d’Amérique du Sud et d’Amérique latine ainsi qu’une partie de l’Asie et l’Afrique. Résultat ? Les produits interdits ici reviennent par leur intermédiaire dans nos assiettes afin, in fine, d’empoisonner nos organismes. Les fruits et légumes importés sont souvent dangereux. Consommer le plus possible des aliments issus de l’agriculture biologique et locale n’a donc jamais eu autant de sens.

Et puisque j’évoque les effets cancérigènes des pesticides, autant en profiter pour tordre définitivement le cou à un mensonge colporté depuis des années par les gardiens de l’agriculture industrielle. »

Lequel …………….. Vous le saurez demain.

Dr BUENOS : Dans le réseau ROSA Béziers, nous vous poussons à devenir des locavores de fruits et légumes bio de saison et de proximité en vous donnant les coordonnées de Thierry Colignon (Jardin de la plantation) à Villeneuve les Béziers.

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Extrait de Toxic Food, le livre de William Reymond :

 » Ma plongée dans les eaux sombres de la toxic food n’était pas pour autant terminée. J’étais même loin de la pointe visible de l’iceberg, à savoir la pandémie d’obésité. Mais j’étais au moins parvenu à l’endroit où, dans son appétit destructeur, la nouvelle malbouffe nous visait tous.

Les cancers du sein, de la prostate, du côlon… en train de se multiplier constituaient autant de preuves semées accidentellement par l’assassin.

Avant de quitter cette scène de crime, il me faut donc définitivement clore le dossier.

On trouve dans les premières pages d’Anticancer, le livre de David Servan-Schreiber, un paragraphe résumant les données du problème : « En Asie, les cancers qui affligent l’Occident – comme le cancer du sein, le cancer du côlon ou de la prostate – sont de sept à soixante fois moins fréquents. Chez les hommes asiatiques qui décèdent de causes autres que le cancer, on trouve pourtant autant de microtumeurs précancéreuses dans la prostate que chez les Occidentaux. Quelque chose dans leur façon de vivre empêche ces tumeurs de se développer. En revanche, chez les Japonais installés en Occident, le taux de cancer rattrape le nôtre en une ou deux générations. Quelque chose dans notre façon de vivre empêche notre corps de se défendre efficacement contre cette maladie. »

Vous l’avez maintenant compris : personnellement, quand j’envisage les responsables possibles de ces cancers, je préfère évoquer la manière dont nous nous nourrissons plus que notre façon de vivre. Mais puisque l’art de manger est un art de vivre, ne s’agit-il pas, après tout, de la même chose ?

Mais revenons aux propos de Servan-Schreiber. Se fondant sur d’innombrables travaux réalisés depuis des décennies sur la répartition géographique des cancers, il démontre, par exemple, que si, génétiquement, un Asiatique court les mêmes risques de développement d’un cancer de la prostate qu’un Occidental, son mode de vie l’en préservera. Et qu’en revanche, immergé dans nos sociétés et adoptant notre façon de manger, il deviendra malade. Ce qui atteste combien le problème se niche au fond de nos assiettes.

De multiples expériences et constatations confirment cette thèse, sans que les géants de l’agroalimentaire ne s’en préoccupent. Ainsi, les Aborigènes d’Australie sont malades lorsqu’ils s’installent dans les grandes villes, mais guérissent en retournant à une existence en accord avec la nature. Une réalité constatée aussi chez les Indiens Mi’kmaq de l’île Unama’ki dans la région de Nova Scotia au Canada. Résultat, adopter un mode de vie « occidentalisé » conduit à une évolution sanitaire identique : la maladie.

Mieux, une récente étude consacrée aux Inuits du Groenland a comparé les taux et genres de cancers entre les individus restés dans leur milieu d’origine et ceux ayant émigré au Danemark.

Mais avant de détailler ces découvertes, deux mots s’imposent sur d’autres Inuits, ceux du Canada et de l’Alaska. En 1935, après cinquante ans de tenue des registres médicaux, on constatait que la peuplade indienne avait connu un seul cas de cancer. Aujourd’hui, après un premier pic survenu dans les années 1970 puis une nouvelle augmentation apparue au milieu des années 1980, on a mis au jour un taux de cancer équivalant à celui des États-Unis et du Canada. Pas de doute : voilà ce que l’on appelle payer le prix du progrès !

Mais revenons à l’étude de Trine Boysen et Jeppe Fribord. Analysant l’état sanitaire de 77 888 Inuits sur une période vingt ans, soit entre 1973 et 2003, l’équipe de scientifiques danois a conclu que si les risques de cancers dits génétiques étaient identiques entre l’Inuit ayant rejoint la société moderne et celui demeuré au Groenland, il n’en allait pas de même pour d’autres formes de cette maladie. « Les Inuits ayant immigré au Danemark sont exposés de manière significative à un risque plus élevé de développement d’un cancer de la vessie, du sein, de la peau, de la prostate, du côlon et de l’estomac», indique le rapport.

Malgré eux, en venant s’installer dans nos sociétés modernes et en adoptant notre mode de consommation, les Inuits ont donc prouvé que la probabilité de contracter un cancer de « type occidental » n’était pas une question de naissance mais une affaire d’alimentation.

La suite me semblait logique : je devais comprendre pourquoi le recours à la toxic food se transformait en cancers.

La suite (de cette enquête passionnante) ……………demain.

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Extrait de Toxic Food, le livre de William Reymond :

 » Je souhaite évoquer un aspect du cancer du sein que, j’en suis certain, beaucoup d’entre vous ignorent.

Mais, rassurez-vous, vous n’êtes pas les seuls puisque les médecins de la victime que je vais évoquer n’en avaient pas entendu parler non plus.

Il aura fallu vingt années, des dizaines de consultations inutiles et, surtout, une volonté de fer pour que, à trente-quatre ans, Dave Lyons apprenne que la grosseur découverte sur le côté droit de sa poitrine était bien un cancer du sein.

Avant d’aller plus loin, il convient d’emblée de préciser à ceux que son prénom fait hésiter, que Dave est bien un homme. Un survivant du cancer, père de deux garçons qui, aujourd’hui, vit avec sa femme Teresa du côté de Portland dans l’Oregon.

Le chemin de croix de Dave débuta à l’adolescence. À treize ans, il signale à son médecin de famille la présence d’une grosseur près de son mamelon. Le docteur le rassure alors, expliquant qu’il s’agit d’un kyste, phénomène normal lié à la puberté. Et précise que l’anomalie disparaîtra naturellement.

Ce qui n’est toujours pas le cas lorsque, en 1986, âgé de vingt-trois ans, il effectue une visite prénuptiale avant d’épouser Teresa. Quand il signale au médecin la présence depuis dix ans de la grosseur, celui-ci lui conseille de ne pas s’inquiéter.

Quatre ans plus tard, alors qu’il vient d’être père pour la première fois, Dave est victime d’un désagrément pénible. Régulièrement, sur son mamelon droit, perlent des gouttelettes de sang.

Évidemment, il retourne consulter. Mais, là encore, on lui explique que c’est un phénomène naturel lié à son kyste et qu’il convient juste de faire preuve de patience.

Un diagnostic que Dave, durant les sept années suivantes vécues au rythme de déménagements et de changements de médecins – pour des raisons d’assurance -, va entendre chaque fois qu’il signale le problème.

Et puis, comme annoncé, les pertes de sang disparaissent, Dave cesse de s’inquiéter.

Jusqu’à un jour de 1997 où, s’amusant à « la bagarre » avec ses deux garçons, l’un d’eux lui frappe accidentellement la poitrine. D’un coup, la douleur est fulgurante. Pire, dit-il qu’un coup de pied reçu dans les testicules.

Cette fois, face – encore – à un médecin rassurant, Dave ne lâche pas. Il veut une ordonnance pour consulter un spécialiste.

Après une mammographie et la décision d’ôter la tumeur mise au jour, on rassure à nouveau Dave. Le chirurgien en est convaincu : la grosseur ne sera pas cancéreuse.

Quelques jours avant Noël, la mauvaise nouvelle tombe : non seulement Dave Lyons est atteint d’un cancer du sein mais la maladie s’étend à l’ensemble des tissus de sa poitrine.

En urgence, le 29 décembre, Dave subit une mastectomie radicale modifiée.

Radicale…

Il n’existe aucune manière d’habiller la formule pour qu’elle sonne mieux.

Radicale…

Cela signifie que le chirurgien ne peut se satis¬faire d’une ablation totale du sein droit et doit retirer les ganglions lymphatiques axillaires ainsi que les tissus recouvrant les muscles pectoraux du quadragénaire.

Pire, pendant cinq ans Dave doit prendre du Tamoxifen alors qu’il souffre des effets secondaires psychologiques liés à ce médicament et a développé un lymphœdème entraînant un gonflement exagéré et douloureux de son bras droit.

Mais pour lui, l’essentiel est ailleurs. Il est vivant, peut voir grandir ses enfants et prouve au monde entier que le cancer du sein touche aussi les hommes.

Même s’il est rare, le cas de Dave Lyons ne relève pas de l’exception. Pour autant, avant de comprendre comment – et pourquoi – les cancers du sein chez les hommes se développent à leur tour, il faut revenir sur la double faillite de notre société que son histoire dévoile.

La première, poussée à l’extrême dans son cas, est celle du corps médical refusant de reconnaître les symptômes d’un cancer attribué d’ordinaire aux femmes. La Fondation John W. Nick, du nom d’une victime moins chanceuse de la maladie, se bat précisément pour attirer l’attention sur cet aspect méconnu. Et rassemble des volontaires ayant connu les mêmes déboires qui offrent de leur temps pour alerter l’opinion. Notamment sur l’importance d’un dépistage précoce.

Si, en moyenne, le taux de survie sur cinq ans est identique pour l’homme et la femme, on constate que le cancer du sein masculin est détecté dix-huit mois plus tard. Un écart énorme qui peut faire la différence entre la vie et la mort. (Les chances de survie à cinq ans d’un cancer du sein détecté précocement sont de 90%. Elles tombent à deux sur dix lorsque la maladie a commencé à s’étendre.)

La seconde faillite tient à la perception collective de ce mal méconnu. Non seulement le cancer du sein est ignoré chez l’homme, mais quand on le met au jour il s’accompagne d’un très fort sentiment de honte chez sa victime. Pensant être atteint d’un mal exclusivement féminin, l’homme malade voit bousculée sa virilité. Et le vit mal. Un sentiment d’exclusion qu’attisent, en outre, certaines femmes.

En 2000, Dave Lyons voulut participer, en famille, à une course à vocation caritative dans les rues de Portland. L’événement, qui se déroulait dans plusieurs villes des États-Unis et rassemblait 33 000 femmes ayant survécu au cancer du sein, avait pour but de montrer que l’on pouvait terrasser le mal, de collecter des fonds et d’offrir une tribune à la cause.

Seulement voilà : ces beaux principes se heurtèrent au mur des sexes. Parce que Dave est un homme, les organisatrices de la course refusèrent son inscription ! Et il lui fallut passer sur les ondes d’une radio locale afin d’évoquer cette étrange discrimination pour les voir revenir sur cette exclusion.

Durant la compétition, David dut affronter la même intransigeance et il fut même pris à parti à plusieurs reprises par des femmes courant à ses côtés. Dans une malsaine déformation de la cause féministe, elles lui reprochèrent de venir voler aux femmes une maladie qui n’appartenait pas aux hommes.

Les habitudes médicales et le regard porté par la collectivité sur les hommes atteints d’un cancer du sein doivent rapidement changer puisque, comme pour l’ensemble des cancers modernes, le nombre de cas progresse.

Certes, en valeur absolue, il demeure rare qu’un homme se voit touché par cette forme de cancer. On estime ainsi qu’elle représente 1 % de la totalité des cancers du sein aux États-Unis. Mais, comme le précise un chirurgien de Portland, les dernières années ont vu une brusque augmentation des opérations de mastectomie radicale modifiée. Entre 1973 et 1998, en données corrigées, le nombre d’Américains victimes a augmenté de 26 %. Une tendance qui s’est accélérée. Si, en 1996, les malades étaient seulement 1 300, quatre ans plus tard, on en comptait 1 600. Mais, en 2007, ils étaient 2 400 et 3 000 aujourd’hui. Autrement dit : en à peine dix ans, le nombre d’hommes malades du cancer du sein a plus que doublé.

En France aussi, la maladie est présente. On estime – les travaux de recherches sont, hélas !, rares – que, chaque année, 250 Français apprennent qu’ils sont touchés par ce cancer. Comme il n’y a aucune raison de penser que la France suit un développement à part, il y a fort à parier qu’on va assister à un accroissement de ce nombre.

Pire. Grâce au site courageux tenu par un ancien malade ou au forum mis en place par France 2 à l’occasion de l’émission Le Cancer sort de l’ombre\ on constate que les victimes rencontrent les mêmes difficultés que celles de leurs homologues américains, les mêmes ostracismes, discriminations et incrédulités médicales. Le mal est donc bien présent.

Il reste à comprendre pourquoi de plus en plus d’hommes sont victimes d’un cancer jusque-là estimé réservé aux femmes.

Je viens de l’écrire, les recherches sur le sujet sont extrêmement rares. Pour autant, quelques données sont analysables. On estime par exemple que 15 à 20 % des cas sont liés à l’hérédité génétique, la mère ou la sœur d’un malade du cancer du sein ayant elle-même développé des métastases. Soit deux malades sur dix. Et les autres alors ?

La réponse apportée est une nouvelle fois la même : les fameux facteurs environnementaux.

Dès lors, pourquoi ne pas appliquer à ce cancer masculin les explications que j’ai avancées pour comprendre la progression de la maladie chez les femmes ?

Dans tous les cas, c’est la piste étudiée par les médecins et chercheurs du MD Anderson Cancer Center de l’université du Texas à Houston. En août 2007, constatant un accroissement du nombre de patients mâles atteints, le centre a conclu que l’« exposition, en perpétuelle augmentation, à la nourriture semblait jouer un rôle ».

La toxic food frappe donc où on ne l’attend pas. Et ce ne sont ni Dave Lyons ni ces hommes victimes d’une « maladie de femme » qui chercheraient à me contredire. »

 

 

 

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Extrait de Toxic Food, le livre de William REYMOND :

 » Le dernier élément du trio des cancers modernes est celui qui bénéficie de la médiatisation la plus importante : il s’agit évidemment du cancer du sein.

Dont, là encore, la progression est phénoménale. Aux États-Unis, alors qu’une femme sur vingt était atteinte en 1960, la proportion est passée aujourd’hui à une sur trois ! Une tendance qui frappe l’Europe occidentale et l’ensemble des pays riches. En France, sa croissance annuelle depuis 1980 s’élève à 2,4 %. Un pourcentage qui s’accélère malgré « une légère pause depuis deux ans due à un moindre recours aux hormones de la ménopause », révision du protocole médical décidée après découverte que les traitements à base d’hormones de substitution pouvaient entraîner des effets secondaires, dont le cancer du sein. Malgré cette stagnation, chaque année presque cinquante mille femmes découvrent néanmoins qu’elles sont touchées par ce mal.

Il convient de s’interroger sur la portée de ces chiffres. Et de se demander si les campagnes sanitaires sont efficaces. Loin de moi l’idée de condamner la recherche, les traitements et les campagnes de dépistage précoce, mais force est d’admettre qu’aucune des politiques engagées n’est parvenue à stopper l’extension de la maladie dans l’Hexagone, au Québec, aux États-Unis comme dans l’ensemble des pays développés. Cela ne signifie-t-il pas, à nouveau, qu’il est nécessaire de mettre l’accent sur la prévention ? Car même si les cancers sont des maladies complexes dépendant de multiples facteurs, il est scientifiquement établi que la plupart tiennent à notre mode de vie. Donc qu’ils sont évitables. Voici, selon moi, l’un des défis majeurs du siècle, un défi que les pouvoirs publics ne peuvent se permettre d’ignorer. Comme je l’ai souvent entendu de la bouche de chercheurs et de malades découvrant d’où venaient les cancers, la solution réside dans la prévention !

Je viens de l’écrire : le cancer du sein est une maladie complexe. Aussi, pendant de nombreuses années, le monde scientifique a rencontré des difficultés pour en expliquer les raisons. Durant des décennies – les questions de vos médecins sont encore teintées de cette croyance-là -, on a pensé qu’il relevait d’une sorte de fatalité génétique transmise de mère en fille, génération après génération. En réalité, on s’est aperçu que la transmission génétique comptait pour très peu. Ainsi en 1993, les professeurs Graham A. Colditz et Walter Willet – celui des acides gras-trans et des vitamines – ont établi que seulement 2,3 % d’entre eux pouvaient être attribués à des antécédents familiaux !

Même si, depuis, d’autres études ont affiné ce chiffre en le relevant légèrement, la vérité est là : l’héritage génétique n’est pas – et de loin – la cause principale de ce fléau.

Alors, quelle est-elle ?

L’un des éléments de réponse, souligné par David Servan-Schreiber, tient à la nature même du sein. Le chercheur en neurosciences écrit ainsi : « C’est dans la graisse que s’accumulent de nombreux cancérigènes, y compris ceux émis par la fumée de cigarette – comme le hautement toxique benzo-[a] – pyrène, un des cancérigènes les plus agressifs que l’on connaisse. Parmi les cancers qui ont le plus augmenté en Occident depuis cinquante ans, on retrouve surtout les cancers des tissus qui contiennent ou qui sont entourés de graisse : le sein, les ovaires, la prostate, le côlon, le système lymphatique… »

La graisse agit donc comme une sorte d’aimant à substances cancérigènes, les attirant dans l’organisme, les y emprisonnant avant qu’elles n’entreprennent leur travail morbide et commencent à le détruire. Voilà qui s’avère effrayant si l’on songe à la double malédiction qu’endurent les victimes de la pandémie d’obésité. Non seulement elles souffrent mentalement et physiquement de leurs kilos en trop mais, en plus, accumulant du poids, elles offrent, en quelque sorte, aux cancérigènes le… gîte et le couvert.

Si la piste évoquée par David Servan-Screiber explique pourquoi certains cancers se développent et pas d’autres, elle ne remonte malheureusement pas aux racines mêmes du mal.

À cette énigme, la communauté scientifique répond fréquemment par un terme fourre-tout : « les facteurs environnementaux ».

Qui signifie, notamment, que la pollution ou des produits utilisés au quotidien par l’industrie chimique sont à l’origine de la maladie. Reste que, comme le rappelle sans cesse le professeur Campbell, après quarante années de recherches la première source de pollution des organismes est bel et bien l’alimentation moderne. Le scientifique fait notamment référence à la présence de pesticides dans les fruits, légumes et l’eau que nous buvons. Des engrais chimiques aux herbicides, les pesticides contiennent en effet des ingrédients reconnus comme cancérigènes.

La pollution, qu’elle soit environnementale ou contenue dans les aliments, constitue donc l’un des facteurs d’explication envisagés. Mais, une fois encore, voilà qui est bien insuffisant pour expliquer la brusque prolifération des cancers du sein.

Le premier élément d’appréciation réside dans la répartition géographique du mal. Or on constate que ce sont les pays dits riches qui sont en priorité atteints par cette maladie. Des nations où l’essentiel de la nourriture est constitué de toxic food.

Accuser la nourriture industrielle d’être coupable d’une partie des cas répertoriés est confirmé à travers une vaste étude entreprise en 2004 au Japon. En comparant des données remontant à 1959, les scientifiques japonais ont pu constater la récente augmentation des cancers du sein mais aussi, et c’est le plus important, déterminer quand, précisément, cette tendance a débuté.

La réponse est – tristement – sans surprise. Comme s’il existait un mimétisme parfait avec la pandémie d’obésité, ils ont vu que le nombre de cancers du sein avait explosé au Japon à partir du milieu des années 1980, âge d’or de la colonisation de nos assiettes par la nouvelle malbouffe !

Une autre étude, plus importante encore, est à même d’emporter la conviction des plus sceptiques et de ceux qui ne sentent pas concernés. Une étude effectuée en France.

En avril 2008, L’American Journal of Epidemiology publie les conclusions du suivi médical et scientifique réalisé pendant treize ans sur 19 934 femmes françaises. Ce travail, entrepris par des chercheurs de l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif et de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), est une première. En effet, désireux de comprendre les raisons présidant à l’explosion du nombre de cancers du sein, les scientifiques ont mesuré le rôle joué par différents ingrédients alimentaires.

Leurs conclusions dénoncent la toxic food. Et plus particulièrement l’un de ses ingrédients phares : l’acide gras-trans !

En 2007, plusieurs pages de Toxic étaient consacrées aux dangers de l’huile partiellement hydrogénée. En partant de l’exemple américain, où elle est mise souvent à l’insu du consommateur dans plus de 40 % des produits constituant la nouvelle malbouffe, j’avais démontré que l’Europe en général et la France en particulier subissaient à leur tour l’invasion. N’en voyait-on pas la trace dans les plats préparés, les biscuits, les barres chocolatées, les céréales, les pâtes à pizza, les viennoiseries, les soupes déshydratées… ? Une extension d’autant plus déplorable que, depuis 1994, le rôle mortel des acides gras-trans a été établi de manière formelle en Amérique du Nord où ils tuent chaque année près de 100 000 personnes.

Cependant, la nouveauté de l’étude française ne réside pas dans le fait de se pencher sur le rôle de l’huile partiellement hydrogénée dans les accidents cardio-vasculaires, mais d’y voir un facteur de risque du cancer du sein. Or les résultats obtenus sont implacables. Primo, la probabilité de contracter un cancer du sein augmente en cas de consommation d’huile partiellement hydrogénée. Et ce, secundo, dans des proportions considérables. Ainsi, les femmes adeptes de la nourriture industrielle, principale source d’acides gras-trans, courent-elles deux fois plus de risques d’être atteintes de ce mal.

Une découverte qui incite l’équipe française à conclure : « Nous ne pouvons que recommander une diminution de la consommation des produits contenant des acides gras-trans d’origine industrielle. Les acides trans devraient être clairement indiqués sur l’étiquetage des produits qui en contiennent. »

Si, une fois encore, je peux comprendre la prudence de langage affichée par le corps scientifique – surtout, comme c’est le cas ici, dans la mesure où il est rattaché à un établissement public de recherche -, je ne suis pour ma part tenu à aucun devoir de réserve.

Or que constate-t-on : qu’un produit dont la toxicité est établie de manière officielle depuis maintenant quinze ans continue d’être commercialisé.

Qu’on s’en souvienne, cette année-là, suivant les conclusions du professeur Willett, la très prestigieuse National Academy of Sciences devait recommander aux Américains de ne pas consommer d’huile partiellement hydrogénée. Mieux, dorénavant, nous savons qu’en plus d’une responsabilité majeure dans les accidents cardio-vasculaires ce produit augmente considérablement les risques de cancer du sein. Un rôle qui ne paraît pas se cantonner à cette seule forme de maladie puisque, depuis la parution du rapport français, d’autres scientifiques étudient les effets des acides gras-trans dans des cancers différents, certaines conclusions préliminaires tendant à prouver que le produit phare de la nourriture industrielle fait vraiment office de multiplicateur de risques.

Et bien, malgré ces accusations, malgré sa responsabilité attestée dans la pandémie d’obésité, les maladies cardio-vasculaires et maintenant les cancers, rien ou presque n’a été entrepris pour limiter sérieusement le recours aux huiles partiellement hydrogénées.

Que dire de l’étiquetage alors ?

La suggestion de l’équipe de chercheurs français va dans le sens des conclusions d’un rapport de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) dont je fustigeais déjà la mollesse dans les pages de Toxic. Car l’étiquetage, solution appréciée par l’industrie agroalimentaire puisque moins contraignante, n’a quasi aucun effet sur les consommateurs !

Il s’agit d’un coup d’épée dans l’eau en vérité, tant les géants de la nouvelle malbouffe ont trouvé le moyen de contourner ce mince obstacle. D’abord, ils peuvent se cacher derrière les « erreurs de calcul » et les « marges d’erreurs », officiellement tolérées et qui permettent à un produit d’afficher qu’il ne contient pas d’acides gras-trans dès lors… qu’il en contient moins de 3 %. Et puis, il y a le fameux astérisque qui signifie qu’un aliment en contient peu – ou pas – par portion. Or, comme chaque fabricant est libre de déterminer la taille de ses portions, il arrive qu’un repas préparé pour une personne soit présenté comme l’équivalent d’un tiers de portion réelle. Le consommateur, rassuré par l’étiquette, avalera donc le contenu de son assiette sans inquiétude alors qu’elle recèle trois fois 3 % d’huile partiellement hydrogénée.

Résultat ? Aux États-Unis, ce système a été mis en place depuis plus de quatre ans mais la Federal Drug & Administration (FDA) estime que la mention indiquée sur un produit sauve seulement « entre 250 et 500 vies par an ». Une goutte d’eau lorsqu’on sait que le nombre global de victimes de l’huile partiellement hydrogénée s’élève – hors cancer ! – à 100 000 personnes chaque année.

Le Canada a été le premier pays au monde à adopter l’étiquetage obligatoire des gras-trans.

Reste la solution généralement préconisée par les pouvoirs publics : « Encourager les industriels à diminuer les teneurs en acides gras dans leurs produits. »

Au lieu de poursuivre dans cette voie, l’Europe et la France – où, selon les chiffres de l’AFSSA, les adolescents consomment autant d’acides gras- trans que le teenager américain – feraient bien de prendre note du récent échec d’une telle méthode au Canada.

En juin 2007, Tony Clement, ministre de la Santé du Canada, lançait un plan fédéral contre les gras-trans d’origine industrielle présents dans la chaîne alimentaire du pays. Et, à ce titre, invitait l’industrie agroalimentaire à bannir l’huile partiellement hydrogénée d’ici 2009.

Cet appel au volontariat fut une surprise puisque le rapport de recherches sur lequel le ministre fondait son plan « l’avait rejeté catégoriquement […] » citant l’exemple du Danemark où les gras- trans n’avaient, en pratique, été éliminés de l’alimentation qu’à partir du moment où une réglementation contraignante avait été adoptée, après des « années de vœux pieux ».

Mais voilà, le ministre canadien avait été sensible aux sirènes de différents lobbies, dont les pressions du gouvernement des États-Unis parce que son industrie alimentaire risquait de connaître des problèmes si le « remplacement des gras- trans était rendu obligatoire ».

Deux ans plus tard, il est temps de dresser un bilan.

Celui de Georges Honos est on ne peut plus clair. Le cardiologue et porte-parole de la Fondation des maladies du cœur réclame « devant le peu de progrès réalisé […] l’adoption d’une réglementation par le gouvernement fédéral ». Et, selon la presse, il demande que la présence de « gras-trans soit clairement identifiée sur les emballages et que le niveau acceptable pour chaque aliment soit déterminé. Il désire également que des pénalités soient prévues pour punir les compagnies qui contreviendraient à la réglementation. »

« Devant le peu de progrès réalisé… », l’expression a le mérite de la franchise.

De Montréal à New York en passant par Copenhague, le refrain est donc toujours le même. S’ils ne sont pas contraints, par un cadre de loi restrictif, à changer, les géants de la toxic food continuent à nous empoisonner.

Dès lors, l’huile partiellement hydrogénée, que nous consommons tous les jours sans même nous en rendre compte et dont le rôle comme facteur de risques de l’obésité, des maladies cardio-vasculaires et du cancer du sein est prouvé, ne doit pas attendre de notre part la moindre mansuétude. Il faut l’interdire. »

La suite ……….. demain.

Dr BUENOS :  Je suis d’accord pour demander l’interdiction d’utiliser des huiles partiellement hydrogénées au moins pour certaines catégories d’aliments. Cette interdiction peut elle voir le jour, si les consom-acteurs que nous sommes ne se mobilisent pas ? C’est peu probable compte-tenu des intérêts qui sont en jeu.

 

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Extrait du livre de William Reymond, TOXIC FOOD :

 » Le deuxième membre de ce fatal trio me touche personnellement. En quelques mois, fidèle à sa réputation de « cancer tueur », je l’ai en effet vu terrasser et emporter mon grand-père paternel.

Le cancer colorectal – que l’on désigne souvent sous le terme de cancer du côlon, même s’il peut toucher le rectum – est une des formes les plus fatales de la maladie. Et, désormais, l’une des plus fréquentes. Ainsi, aux États-Unis, il est le deuxième type de cancer rencontré. Concrètement, il touche 6% de la population, taux en augmentation depuis trois décennies.

Oui, vous avez bien lu : un peu plus de 18 millions d’Américains sont atteints d’une forme de cancer colorectal. 18 millions ! Une statistique atroce, coût humain à payer faramineux parce que ce pays a voulu remporter le titre de champion du monde de la toxic food.

Si ce taux est extrême de ce côté de l’Atlantique, on constate une tendance similaire dans l’ensemble des pays occidentaux.

Citant différentes études, le professeur Campbell écrit d’ailleurs que « l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Australie et les pays d’Asie les plus fortunés (Japon, Singapour) affichent un très haut pourcentage de cancers colorectaux, alors que l’Afrique, l’Asie, la plus grande partie de l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud ne connaissent qu’un faible taux de cette forme de cancer. »

Voulant illustrer cette fracture, le chercheur compare le taux de mortalité de ce cancer en République tchèque, où il « se situe à 34,19 pour 100 000 hommes » à celui du Bangladesh : « 0,63 pour 100 000 hommes».

Un contraste saisissant qui, une nouvelle fois, comme avec les cancers de la prostate, met en évidence la frontière invisible entre deux mondes. Dont l’un, le nôtre, développe de nouveaux cancers à mesure qu’il se nourrit presque exclusivement d’alimentation industrielle.

Le plus révoltant, c’est que cette vérité n’est pas récente.

Ainsi, en avril 1975, Bruce Armstrong et Richard Doll publiaient les conclusions dune longue étude menée dans trente-deux pays. Les conclusions des deux chercheurs relatives au cancer du côlon étaient implacables : « Le régime alimentaire [est] fortement lié à son apparition », disent-ils. Et de conclure que les pays avec une présence importante de ce cancer étaient à l’alimentation trop riche en viande rouge, en gras et en sucres… Les piliers de la nouvelle malbouffe.

Je viens de l’écrire : les découvertes d’Armstrong et Doll ont plus de trente ans ! Mais, les ignorant, nous avons continué à suivre un mode alimentaire périlleux et, comme si cela ne suffisait pas, avons même augmenté la quantité de toxic food engouffrée.

Peut-être, cette étude oubliée est-elle trop ancienne pour convaincre ? Peut-être faut-il en mettre une en avant plus récente ?

Celle publiée en 2005 par The American Cancer Society (ACS) est effectivement plus contemporaine. Elle a également, aux yeux des scientifiques, deux atouts d’envergure : son ampleur et sa durée.

Entre 1982 et 2003, 149 000 Américains ont, à étapes régulières, rencontré les chercheurs de l’ACS pour établir un bilan de leur régime alimentaire et de leur santé. Michael Thum, l’un des coauteurs du rapport final, raconte : « Notre étude nous a permis de différencier les risques associés à la consommation de viande des autres facteurs affectant les risques de cancer colorectal, et plus spécialement, l’obésité et l’inactivité physique […]. En conclusion, il existe maintenant des preuves substantielles qu’une consommation de viande importante et à long terme augmente les risques de cancer du côlon. »

Comme si ce propos ne suffisait pas, dans le corps du rapport se trouvent des informations très importantes. D’abord – et cela en rassurera certains -, il existe une réelle différence en matière de risque entre les consommateurs de viande rouge et ceux qui préfèrent les volailles et poissons. Les risques sont plus élevés à mesure que la taille de l’animal augmente. Ou, dit autrement, suivant les préceptes du rapport de l’ACS, il est préférable de trouver ses protéines dans « des haricots, du poisson ou du poulet » que dans un steak de bœuf. Non seulement le facteur de risque est quasi nul mais il semblerait que la consommation de viande blanche et de poisson ait un effet positif atténuant certains facteurs déclenchant un cancer colorectal.

L’équipe de scientifiques de l’ACS propose d’ailleurs une sorte de palmarès des dangers où, produit par produit, pour les hommes et les femmes, est détaillé à partir de quelles quantités quotidiennes on met en péril son organisme.

Ainsi, un homme courra plus de risques s’il consomme presque chaque jour « approximativement la quantité de viande contenue dans un grand hamburger ». Une échelle à réduire presque de moitié chez une femme.

Ne se contentant pas d’étudier les effets de la viande rouge, l’ACS s’est penché sur les risques de cancer colorectal associés à la consommation de charcuterie. Et pas n’importe laquelle : celle préparée de manière industrielle.

Comme on pouvait s’y attendre, les résultats sont effrayants. Ainsi, on découvre les taux de risques les plus élevés chez les hommes consommant deux à trois tranches de salami par jour, cinq à six fois par semaine. À nouveau, la quantité consommée par les femmes est plus faible.

Pire, le rapport évalue que la consommation quotidienne de 50 grammes de charcuterie augmente le risque de cancer colorectal de 21 %. A titre d’information, c’est à peu près le poids d’une tranche de jambon vendue sous cellophane dans n’importe quel supermarché.

Effaré par ce résultat, Thun écrit : « Le but de cette étude n’était pas de découvrir ce qui, dans la viande rouge, peut influencer les risques de cancer. Mais pour les charcuteries, le sel, les résidus de fumée, le gras et les nitrites peuvent jouer un rôle. »

Peuvent…

Dans Toxic, j’ai évoqué les stratégies adoptées par l’industrie agroalimentaire pour ébranler les découvertes du même ordre faites en 2006 par Sydney Mirvish, chercheur de l’université du Nebraska. Aux yeux des représentants de la nouvelle malbouffe, ce scientifique avait eu le tort de prouver, sans l’ombre d’un doute, les dégâts suscités dans l’organisme par les nitrites. Ces substances présentes dans la charcuterie industrielle parce qu’elles garantissent la couleur et la bonne et longue conservation, mais qui entraînent une mutation de l’ADN et multiplient les risques de cancers colorectaux.

En bon scientifique tentant de rester dans le périmètre de ses travaux, Michael Thun a préféré user de prudence, mieux, utiliser le conditionnel. Mais, aujourd’hui, le temps n’est plus à la mesure ni à la probabilité.

De Armstrong et Doll à Thun en passant par Mirvish, l’ensemble de ces travaux, souvent ignorés du grand public, prouve encore et encore la même vérité : nous sommes ce que nous mangeons et payons le prix sanitaire de notre accoutumance à la toxic food. »

La suite …………..demain.

Dr BUENOS : Dans le réseau ROSA, nous sommes très agressifs dans le dépistage du cancer colo-rectal chez les patients obèses.

 

 

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Extrait de Toxic Food, le livre de William Reymond :

 » Prostate, côlon et sein, tel est le terrifiant tiercé des cancers du XXIe siècle.

Si, comme pour l’obésité, un cancer peut s’expliquer par différents facteurs, comment ne pas déceler les traces de la nouvelle malbouffe derrière l’essor de ces maladies ? Le professeur émérite T. Colin Campbell, spécialiste de la nutrition et du cancer, est sur ce point formel. Après avoir passé quarante ans à étudier la question, il affirme que le régime alimentaire occidental est désormais la première source de développement du cancer. Et lorsque ce scientifique émérite évoque notre mode de consommation, lui que des études étayées ont converti aux bienfaits de l’agriculture biologique et du végétarisme, c’est bien de la toxic food dont il parle.

Avec une augmentation de 286 % ces vingt dernières années, le cancer de la prostate est devenu l’une des formes de la maladie qui touche le plus les hommes américains. À lui seul, « il représente environ 25 % de toutes les tumeurs ». (NB :Cancer « extrêmement répandu, il se développe également très lentement. Uniquement 7 % des hommes chez qui le cancer de la prostate a été diagnostiqué mourront dans les cinq années qui suivent »).

Cette fréquence est une particularité du monde occidental. Et, d’après Campbell, le premier indice incitant à désigner comme responsable notre mode alimentaire. Pourquoi ? Parce que le cancer de la prostate est quasiment inconnu des pays où la nouvelle malbouffe n’a pas encore commis ses ravages. Mais aussi parce que – de quoi attester qu’il ne s’agit pas d’une spécificité génétique – « le cancer de la prostate touche plus les hommes des pays en voie de développement qui adoptent les habitudes alimentaires des Occidentaux ou partent vivre dans des pays occidentaux ».

Voici un élément à charge majeur contre la toxic food. Comme lors de la pandémie d’obésité, la soudaine augmentation des cancers s’est produite sous nos yeux sans que nous en réalisions l’importance. Dès lors, les chercheurs n’ont pas pu étudier la crise au moment même de son éclosion. En suivant l’évolution sanitaire de peuplades adoptant notre mode de vie, donc transformées en cobayes malgré elles, nous obtenons nombre de données éclairant la nature des facteurs environnementaux responsables des maladies modernes. Dans cette optique, découvrir qu’un immigré venu d’un pays en voie de développement « adopte » immédiatement nos maux à mesure que se fait son intégration en dit beaucoup sur l’étendue du problème.

En plus du rôle joué par l’alimentation dans le développement du cancer de la prostate – une alimentation, rappelons-le, constituée à 80 % de produits industriels -, Campbell met en avant deux études récentes démontrant la culpabilité de la toxic food. Deux recherches qui « laissent peu de place à une opinion différente [car se fondant] sur l’analyse d’une douzaine d’études individuelles, rassemblant une quantité impressionnante d’arguments irréfutables ».

La première, effectuée à Harvard en 2001, établit un lien entre les produits laitiers et le cancer de la prostate : « Les études précisent que le risque du cancer de la prostate double chez les hommes qui consomment une plus grande quantité de produits laitiers et que leur risque de cancer de la prostate métastatique ou fatal quadruple par rapport aux hommes qui en consomment peu. »

La seconde, datant de 1998, apporte des conclusions similaires, ajoutant la trop grande consommation de viande à celle des produits laitiers.

Le lait et la viande ! Comment ces deux produits que l’on pourrait croire loin d’entrer dans le cercle de la nouvelle malbouffe peuvent-ils se retrouver là ?

Une nouvelle fois, comme dans le cas des fruits et légumes issus de l’agriculture moderne, cela tient au fait qu’ils sont victimes de cette industrialisation. Je ne vais pas le répéter, mais j’ai raconté dans Toxic les conditions déplorables de l’élevage à grande échelle et ses conséquences sur la qualité sanitaire, gustative et nutritive des « produits » qui en sont issus. Or il ne faut pas chercher plus loin pour comprendre comment cette viande et ce lait mis à « la sauce industrielle » sont, aujourd’hui, devenus des vecteurs du développement des cancers de la prostate. »

La suite …………….demain.

 

 

 

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Une étude récente a démontré que le manque de sommeil conduirait à manger davantage et à faire augmenter le taux d’obésité

Le manque de sommeil peut provoquer des changements dans l’activité du cerveau, conduisant à manger davantage, selon une étude publiée dans la revue scientifique Nature Communications.

Des perturbations dans le cortex

Des études avaient déjà trouvé une corrélation entre la diminution de la durée du sommeil et l’augmentation rapide de l’obésité dans les pays industrialisés, mais les scientifiques étaient jusqu’à présent incapables d’expliquer pourquoi. En utilisant des appareils IRM (imagerie par résonance magnétique), une équipe de l’Université de Californie a étudié le cerveau de 23 personnes privées de sommeil. L’activité du cerveau de ces personnes a été examinée à deux reprises, après une nuit complète de sommeil et après une nuit pendant laquelle ils n’avaient pas pu fermer l’oeil. Chez les personnes privées de sommeil, des perturbations ont été observées dans les régions du cortex évaluant la satiété, parallèlement les zones associées aux envies irrésistibles étaient fortement stimulées.

Les aliments les plus caloriques recherchés

« Nous avons fait une autre découverte intéressante, c’est que les aliments les plus caloriques étaient particulièrement recherchés par les personnes privées de sommeil » précise Matthew Walker, l’un des coauteurs de l’étude. « Toutes ces découvertes peuvent potentiellement expliquer le lien entre le manque de sommeil, le gain de poids et l’obésité » a-t-il ajouté, avant d’estimer qu’un sommeil suffisant « pourrait permettre de mieux contrôler son poids, par le biais des mécanismes cérébraux régissant des choix alimentaires appropriés« .

 

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