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Une étude britannique révèle qu’il vaut mieux se faire opérer un lundi afin de réduire les risques. Le week-end, les risques de décès augmentent même de 82%.

Si vous avez une opération planifiée dans les prochains jours, regardez bien votre calendrier, car le jour de la semaine compte ! Des chercheurs de l’Imperial College à Londres ont on effet analysé 4,1 millions interventions chirurgicales ayant eu lieu dans des hôpitaux britanniques entre 2008-2009 ainsi que les décès de 27.582 patients dans les trente jours après l’opération. Résultat, le risque de décès augmente au fur et à mesure que la semaine avance.

Les scientifiques ont constaté que le lundi, le taux de mortalité était le plus bas avec 5,5 décès pour 1000 interventions. Et au cours de la semaine, ce chiffre atteint 8,2 décès sur 1.000 opérations, « une augmentation de 44% », précisent les chercheurs. E les choses se compliquent en fin de semaine. « Si les interventions ont lieu le week-end, les risques de décès augmentent même de 82% par rapport au lundi », affirme dans The Guardian, Paul Aylin, le chercheur à la tête de l’équipe.

Ce dernier souligne aussi que, « c’est la première fois qu’une étude britannique suggère un risque plus élevé du taux de mortalité lors d’interventions chirurgicales à mesure qu’avance la semaine ». Tout en précisant que « d’autres études avaient déjà démontré cet effet lors des week-end aux services d’urgence ».

« Nous n’avons pas de certitude quant à l’explication, reconnaissent les auteurs de l’étude, mais il n’est pas impensable que les soins soient moins efficaces le week-end. Cela peut aller d’un manque de personnel soignant à un manque de médecins expérimentés ».

 

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Extrait de Toxic, le livre de William Reymond :

« L’histoire se répétait. Car cent ans avant Earl Butz, l’Amérique croulait déjà sous le maïs. En 1875 et 1876, des conditions météorologiques très favorables avaient donné des récoltes extraordinaires. Le prix du boisseau s’était effondré et les fermiers avaient dû trouver un moyen de gagner de l’argent et de se débarrasser des stocks. La solution ? Un breuvage nouveau. Si les Américains ne pouvaient manger plus de maïs, il suffisait de leur en faire boire.

Le whisky de maïs contenait 80 % de céréales diluées dans de l’alcool. Un produit facile à fabriquer en contrebande. Son prix permettait de dégager un profit conséquent et ses effets se révélaient pour le moins… assommants. Le succès fut immédiat, et toucha rapidement l’ensemble du pays. La « République des alcooliques » venait de naître. Évidemment, cette liqueur bon marché fit des ravages, mais globalement les autorités laissèrent faire, ne souhaitant pas susciter de révoltes des fermiers en fermant la seule porte de sortie possible. Il fallut donc attendre la seconde moitié de la décennie 1880, et la pression des ligues de tempérance, pour que la contrebande ralentisse. Ironiquement – et nous en mesurerons pleinement la cocasserie plus tard – c’est cette révolte contre l’alcool qui incita John Pemberton à transformer son vin de cola en Coca-Cola.

Moins d’un siècle plus tard, l’idée était similaire. Si l’Américain ne pouvait ingurgiter les stocks liés à la politique d’Earl Butz, on allait les lui faire boire. Pas en mettant au point une cuvée Nixon du whisky de maïs, bien sûr, mais en rendant populaire une invention née dans les laboratoires d’une compagnie céréalière de l’Iowa.

Depuis le milieu des années 1950, les chimistes de la Clinton Corn Processing Company (CCPC) travaillaient sur un concept censé leur ouvrir de nouveaux débouchés. Ils souhaitaient réussir une hydrolyse de l’amidon du maïs pour obtenir du sirop de glucose. En cas de succès, à terme, les céréaliers seraient alors en mesure de concurrencer les importateurs de sucre, dont la consommation et le prix n’avaient cessé de grimper depuis la fin de la guerre. L’Amérique importait en effet l’essentiel de la production de canne à sucre et dépendait de la stabilité politique d’autres nations. Une incertitude dangereuse. De fait, la situation de Cuba, où les troupes de Fidel Castro affrontaient celles de Batista depuis décembre 1956, inquiétait les spécialistes.

Au même moment, dans l’Iowa, les chercheurs de la CCPC avaient donc découvert une enzyme permettant d’hydrolyser le glucose en fructose. Leur solution, qui contenait 42 % de fructose, possédait un pouvoir sucrant égal à celui du saccharose. Le HFCS1 42 présentait deux autres avantages : il était technologiquement plus intéressant que le sucre grâce à sa conservation plus longue et à son aptitude aux mélanges supérieure, mais surtout il était moins cher à produire.

A contrario, il pâtissait d’un défaut majeur : l’enzyme isolée par les scientifiques de la CCPC nécessitait pour son emploi le recours à un produit toxique, l’arséniate, qui rendait la mouture finale dangereuse à consommer.

Le HFCS, à la grande déception des céréaliers, fut donc un produit mort-né. Nous étions en 1957. Dix ans plus tard, le salut vint du Japon. Un laboratoire, qui avait repris les travaux de la CCPC, parvint en effet à isoler une autre enzyme autorisant, sans danger cette fois, l’hydrolysation du glucose en fructose : il n’était plus nécessaire d’utiliser un cofacteur toxique. De 1967 à 1971, le HFCS fut développé et testé avec succès. Il restait à le lancer sur le marché américain. La Clinton Corn Processing Company, propriétaire du premier brevet, représentait évidemment le partenaire idéal. D’autant qu’en cette fin d’année 1973, grâce à Earl Butz, la compagnie de l’Iowa gérait des milliers de silos regorgeant de grains de maïs ne coûtant pas grand-chose.

Les deux premières années d’exploitation du HFCS furent un franc succès. Comme avec l’alcool de maïs, le sirop permettait en effet aux céréaliers d’écouler leurs grains à un tarif supérieur au prix de la vente en l’état. La CCPC eut alors encore plus faim de dollars. Comment faire ? Une solution s’imposa : vendre les droits d’utilisation du brevet. Dès lors, de multiples accords furent signés.

Revers de la médaille, en 1976, on parvint à une surproduction de HFCS. La poule aux œufs d’or risquait d’étouffer. Mais un certain Dwayne Orville Andreas eut une idée qui allait changer fondamentalement la donne. »

la suite ….. demain. L’auteur nous fait découvrir en détail une intrigue réelle qui va déboucher sur …… (ça vous le découvrirez bientôt.)

 

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Et si à haute dose le café était nuisible pour la ligne ? C’est ce que suggère une étude australienne.

L’excès de caféine est soupçonné de créer des problèmes d’insomnie, des maux de tête, et de la tachycardie. Des chercheurs australiens pensent que cette hyperconsommation pourrait aussi surexposer au diabète, au surpoids voire à l’obésité. C’est à partir de 5 tasses de café par jour que l’on augmenterait les risques.

Cette nouvelle étude, publiée dans le Journal of Agricultural and Food Chemistry, prend à contrepied de précédents travaux qui vantaient les bienfaits du petit noir pour réduire le risque de diabète. Le polyphénol était supposé profiter aux cellules en augmentant leur sensibilité à l’insuline, limitant l’hypertension et réduisant l’accumulation de gras. Sauf que, selon les chercheurs australiens, ces bénéfices sont valables jusqu’à un certain seuil. Ils s’inversent à haute dose. « Les effets sur la santé du café dépendent de la dose consommée. Jusqu’à trois à quatre tasses par jour, on conserve encore ce côté protecteur contre les maladies cardiovasculaires et le diabète« , explique Vance Matthews, du Western Australian Institute for Medical Research et co-auteur de l’étude. Mais les bénéfices s’arrêtent à partir de cinq à six tasses par jour, comme l’ont montrées les souris qui ont servi de cobayes pour la démonstration. Les polyphénols contenus dans le café n’ont plus joué leur rôle quand les souris consommaient l’équivalent de cinq à six tasses de café. Elles ont stocké plus facilement les graisses et ont affiché plus de difficultés à réguler l’insuline dans le sang.

 

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Extrait du livre Toxic de William REYMOND :

« Butz avait multiplié les revenus mais aussi les… calories. En 1978, quatre ans après l’accord signé avec les Russes, la quantité de nourriture produite quotidiennement pour un Américain s’était accrue de 500 calories. Et ce en moins de dix ans. Désormais chaque habitant disposait de 3 200 calories pour satisfaire son appétit. En 2000, poursuivant la tendance, ce chiffre atteignit 3 900. L’appareil de production alimentaire américain « fabriquait » donc le double des besoins de sa population actuelle. Le double !

Même si une partie de cette surproduction est gaspillée – les économistes estiment que la part non utilisée représente 300 calories par jour -, le reste est bien englouti, avalé, ingurgité par l’Amérique. Ce qui signifie que les fabricants de produits industriels ont trouvé le moyen de briser la prétendue non-élasticité de nos estomacs.

Les méandres de mon enquête m’avaient conduit à ce constat. D’une idée initiale simple – découvrir les racines de la pandémie d’obésité – j’étais parti à la recherche d’explications en croyant les dénicher, comme beaucoup, dans notre frénésie à engloutir et notre refus de l’activité physique. Puis j’avais découvert un pays profondément atteint. Et, plus inquiétant encore, j’avais vu les symptômes du mal gagner le monde.

Ensuite, j’avais suivi les traces des méfaits de la civilisation moderne, de l’utilisation massive de la voiture à l’augmentation des portions dans les restaurants. En Géorgie, je m’étais confronté au futur et aux techniques de neuromarketing.

Mais, à force de kilomètres et de rencontres, j’avais peu à peu acquis une autre certitude. L’obésité et ses conséquences, du diabète au cancer, n’étaient en rien une banale question de volonté et de discipline. D’autres « agents », comme aurait dit le professeur Bray, constituaient les véritables coupables.

Et cette fois, j’étais devant une nouvelle réalité : ce que nous mangeons aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec ce que l’homme consommait avant Earl Butz. L’idée n’était peut-être pas extraordinaire en apparence, mais ses conséquences sur l’humanité s’avéraient dramatiques. »

La suite …. demain. L’auteur va explorer en détail cette piste très intéressante.

 

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Selon une étude, les enfants ayant des parents mariés ont moins de risques d’être en surpoids ou de devenir obèse que les autres enfants.

Le mariage influe sur le poids de nos bambins. D’après une étude menée par la Rice University et l’Université de Houston, les enfants ayant des parents mariés sont moins exposés aux risques liés au surpoids. La structure familiale traditionnelle, (sous-entendu avec des parents mariés) contribuerait à maintenir un régime alimentaire sain, varié et équilibré.

Les enfants aux parents mariés ont une prévalence de l’obésité de 17%, alors que les enfants vivant avec des parents concubins ont une prévalence de 31%.

Le taux d’obésité chez l’enfant est de 23% lorsqu’il vit dans une famille recomposée ou avec une mère célibataire.

Le taux est de 29% lorsque l’enfant grandit avec un proche parent adulte.

L’enquête montre également que les enfants vivant avec leur père seul ont un taux d’obésité de 15%, soit moins qu’un enfant ayant des parents mariés.

 

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Extrait de Toxic, le livre de William Reymond:

« Le commerce de la nourriture est dépendant de règles économiques spécifiques. En effet, la consommation d’aliments n’augmente pas parallèlement au pouvoir d’achat. Être plus riche n’incite pas à dépenser davantage pour s’offrir une plus grande quantité de mets. Les spécialistes estiment même qu’une fois le consommateur arrivé au sommet de la pyramide alimentaire, autrement dit l’achat de viande, ses habitudes ne changent plus guère. En tout cas pas suffisamment pour que le producteur puisse espérer augmenter considérablement ses revenus à mesure que ses clients accroissent les leurs.

Afin d’atteindre cette limite maximale de consommation, une marque doit donc investir massivement dans la publicité. Ou, comme nous l’avons vu du côté d’Emory, dans de nouvelles techniques destinées à encourager cet achat. Mais puisque cette capacité possède un plafond, une fois celui-ci atteint, pour augmenter ses profits, le producteur doit diminuer ses coûts et accroître la valeur ajoutée d’un produit. Un exemple ? Les coûts de production d’un œuf sont difficilement compressibles. Pour l’obtenir, il faut une poule que l’on nourrit. Une volaille impossible à remplacer par une machine. Et une fois pondu, l’œuf reste… un œuf. Du producteur au consommateur, il est donc pratiquement impossible de lui ajouter quoi que ce soit. Or, dans n’importe quel produit industriel composé d’une multitude d’ingrédients, tout s’ajoute. Il y a « parfois jusqu’à cinquante [composants] que l’on peut substituer les uns aux autres, explique Jean- Michel Cohen. Et l’ordre des ingrédients laisse la possibilité de privilégier l’ingrédient le moins cher au détriment du plus cher ». En clair, à la différence de l’éleveur de poules pondeuses qui n’a presque aucune marge de manœuvre, l’industriel qui fabrique des produits transformés a la possibilité de recourir à des ingrédients peu chers pour diminuer son prix de revient. Et de multiplier les combinaisons à l’infini pour augmenter parallèlement ce qu’on appelle sa valeur ajoutée. Le produit final peut jouer la carte pratique, en devenant un plat surgelé, en se dotant d’un emballage facile à emporter, en se faisant préparation en conserve ou en inventant une forme nouvelle de nourriture, comme le nugget de poulet. L’essentiel du prix payé par le consommateur ne relèvera plus des ingrédients de base, mais plutôt des ajouts imaginés par l’industriel.

Dès 1971, avec la multiplication à l’extrême des plants de maïs, on offrit donc à l’industrie agroalimentaire la mainmise sur la première partie de l’équation. Le prix de la matière première venant de chuter, entraînant dans son sillage les coûts de production, il convenait désormais de trouver un moyen de faire exploser la marge de la valeur ajoutée. Et de contourner une autre règle, celle qui prétend, en théorie, que l’estomac des consommateurs n’est pas élastique. »

La suite …….demain.

 

 

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Une étude sur 28 000 adultes européens trouve une association entre consommation de boissons gazeuses sucrées et incidence du diabète de type 2.

Des travaux conduits en Amérique du Nord ont déjà montré que la consommation de boissons gazeuses sucrées augmente de 25 % environ l’incidence du diabète de type 2. Des chercheurs britanniques ont voulu savoir si les Européens qui consomment ces boissons courent les mêmes risques.

Pour cela, ils ont analysé la consommation en jus de fruits et sodas de 28000 adultes issus de 8 pays européens et recrutés dans le cadre du programme EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition), une grande étude prospective européenne dirigée par le Centre International de Recherches sur le Cancer à Lyon. Ces travaux ont été publiés en avril 2013 dans la revue Diabetologia.

Résultat : dans cette population européenne, la consommation quotidienne de 33 cl de boisson gazeuse sucrée est associée à une augmentation de 22 % du risque de diabète de type 2. Or, cette augmentation du risque n’est pas seulement due à l’obésité : lorsque ces résultats sont ajustés en fonction de l’indice de masse corporelle, l’augmentation du risque se maintient à près de 20% (18% exactement). En revanche, aucune association entre consommation de jus de fruits et de nectars, et diabète de type 2 n’a été observée.

Comment les boissons sucrées pourraient-elles favoriser diabète de type 2 ? Au-delà de la prise de poids, ces boissons ont un impact sur la glycémie. Elles génèrent des pics de glucose et d’insuline qui pourraient progressivement causer l’apparition d’une résistance à l’insuline, un mécanisme qui conduit progressivement au diabète.

Source

The InterAct consortium. Consumption of sweet beverages and type 2 diabetes incidence in European adults: results from EPIC-InterAct. Diabetologia, 26 avril 2013.

 

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Extrait de Toxic, le livre de William Reymond. Nous allons enfin commencer à faire le lien entre la politique américaine des années 70 et la pandémie d’obésité.

 » La crise offrit à Butz l’opportunité de mettre en œuvre sa vision. Celle qu’il prônait depuis vingt ans et où se bousculaient production massive, modernité, consolidation, concentration et centralisation.

Butz avait été clair. Si elle voulait survivre, l’agriculture américaine devait entamer une profonde mutation. Mettant à terre cinquante ans de contrôle de la production, des stocks et des prix, le patron de l’USDA souhaitait que les fermiers américains se lancent dans l’agriculture de masse. Une nouvelle donne où le petit propriétaire n’aurait plus sa place. Il fallait « devenir gros ou disparaître ». Pour Butz, l’agriculture du XXe siècle s’apparentait à des champs uniformes, cultivés au maximum de leurs capacités, dont le rendement serait poussé grâce aux techniques modernes, allant du tracteur hautes performances à l’usage massif d’herbicides, pesticides et autres engrais chimiques. Cette modernisation forcée s’avérait financièrement insupportable pour la majorité des agriculteurs, mais peu lui importait : à ses yeux, seul comptait le sort de l’Amérique. Et puis, si les fermiers ne pouvaient pas assumer les changements nécessaires, les grands groupes agroalimentaires seraient ravis de prendre la relève.

En 1960, l’Amérique comptait 5,4 millions de propriétés agricoles d’une superficie moyenne de 216 acres. En 1974, un an après le déclenchement du plan Butz, alors que la superficie moyenne doublait, on n’en dénombrait plus que 2,3 millions. Et aujourd’hui, on frôle la barre des 2 millions, la majorité n’hébergeant plus des fermiers mais des « opérateurs », employés smicards de grands groupes qui pratiquent une monoculture intensive.

En 1970, 9 % des Américains produisaient de la nourriture pour le reste de leurs concitoyens. En 2005, la même tâche occupe 2 % de la main-d’œuvre nationale.

Les effets de la révolution initiée par Butz se mesurent dans tous les secteurs. La moitié de la production de volailles, des œufs à la viande, appartient à quatre groupes, qui centralisent 80 % de celle-ci dans deux États, la Pennsylvanie et le Texas. Quatre autres compagnies, DuPont, Dow Chemical, Novartis et Monsanto, contrôlent, elles, 75 % des ventes de graines de maïs.

Enfin, seulement six compagnies monopolisent la presque totalité de la production de grains, du maïs au soja, en passant par le blé.

Finalement, le raz-de-marée déclenché par Butz pouvait paraître pour le moins cocasse. Comme s’il s’était inspiré de la centralisation communiste, à laquelle il aurait ajouté un solide parfum de capitalisme, il avait élaboré un système confiant l’appareil de production alimentaire à une poignée de sociétés. Mais en agissant ainsi, il s’était débarrassé de l’incertitude : les stocks ne dépendraient plus de millions de petits agriculteurs, des conditions météorologiques ou des capacités financières de chacun à acheter suffisamment de pesticides. Non, en offrant le futur de la nourriture à quelques puissantes sociétés, il avait garanti au pays la certitude d’aliments toujours disponibles et à bas prix. Plus jamais une mère de famille ne serait obligée d’acheter de la viande au marché noir ; plus jamais l’Amérique ne se coucherait le ventre creux. La production de masse garantissait l’abondance à bon marché. Et les milliards de dollars de subventions assureraient que cet état de fait dure longtemps.

Earl Butz était en somme un génie dans son genre. Grâce à lui, l’Amérique se précipita dans ses supermarchés. La machine se mit à tourner à plein régime et les stocks atteignirent des sommets jamais atteints. Il restait toutefois un problème à élucider : qu’allaient devenir ces millions de tonnes de grains supplémentaires à bas prix ?

Dans la réponse se dissimule le secret de la pandémie d’obésité. »

La suite ….. demain.

 

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Les sodas comme le cola favorisent la formation de calculs rénaux, alors que d’autres boissons (thé, café…) ont un effet protecteur.

Dans une étude publiée dans le Clinical Journal of the American Society of Nephrology, des chercheurs italiens et américains montrent que la consommation de sodas est associée à un risque supérieur de calcul rénal. (1)

Les calculs rénaux se forment par l’accumulation de sels minéraux bloquant les voies urinaires. Particulièrement douloureux, ils provoquent les coliques néphrétiques. En France, les calculs rénaux touchent environ 10 % de la population, les hommes étant deux fois plus atteints que les femmes. En général, les médecins recommandent à leurs patients de boire beaucoup pour éviter les récidives. Mais toutes les boissons se valent-elles pour prévenir les calculs ? C’est ce qu’ont voulu savoir les auteurs de cette étude.

Les chercheurs ont analysé des données provenant de trois cohortes : HPFS (Health Professionals-Follow-Up Study), et NHS I et II (Nurses’Health Study I et II), regroupant 194 000 personnes. Les participants ont rempli des questionnaires sur leur parcours médical et leur mode de vie, pendant une durée médiane de plus de 8 années.

Résultats : Les participants qui consomment au moins un cola sucré par jour présentent un risque augmenté de 23 % de développer des calculs, par rapport à ceux qui en boivent moins d’un par semaine. Ce risque est également augmenté pour d’autres boissons sucrées comme le punch. En revanche, les auteurs ont constaté des risques réduits de calcul rénal associés à la consommation de café, thé, vin, bière et jus d’orange.

En conclusion, une consommation élevée de boissons sucrées est associée à une incidence plus élevée de calculs rénaux. Donc pour prévenir les calculs rénaux, il faut certes boire beaucoup, mais certainement pas de sodas, sucrés ou édulcorés

Voilà une autre bonne raison d’éviter ces boissons qui sont aussi associées à un risque accru de développer un diabète insulino-dépendant.

Sources

(1) Pietro Manuel Ferraro, Eric N. Taylor, Giovanni Gambaro, and Gary C. Curhan. Soda and Other Beverages and the Risk of Kidney Stones. Clinical Journal of the American Society of Nephrology. 15 mai 2013.

 

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Extrait de Toxic, le livre de William Reymond. Nous poursuivons aujourd’hui l’explication historique concernant la politique américaine des années 70. Cette politique a et aura d’énormes conséquences au niveau mondial, mais ça nous le verrons au fur et à mesure.

« Les premières mesures de Butz n’eurent rien de spectaculaire. L’USDA actionna les mécanismes du marché afin de tenter de faire remonter le prix du grain. Quelques terrains supplémentaires furent déclarés impropres à la culture, afin de limiter la production et, grâce à des millions de dollars, le gouvernement tenta de maintenir un prix plancher acceptable… mais artificiel. En coulisses, Butz préparait pourtant un coup d’éclat. Depuis des semaines, en pleine guerre froide, il menait des négociations secrètes avec son homologue soviétique. L’URSS de Gromyko n’avait pas été épargnée par les mauvaises conditions climatiques et manquait de blé. Le cours du dollar était attractif et, surtout, le gouvernement de Nixon prêt à tout afin d’apaiser la colère de ses agriculteurs. On pouvait donc discuter avec le « diable communiste ».

Les discussions avaient débuté dans la plus grande discrétion en mars 1972. Le 2 juillet, les acheteurs soviétiques se trouvaient à Washington, paraphant un document historique. . Entre juillet et août 1972, les États-Unis vendirent 440 millions de boisseaux de blé à l’Union soviétique. La transaction portait sur 700 millions de dollars, soit « plus que la totalité des exportations commerciales de blé pour les douze derniers mois. Les ventes équivalaient à 30 % de la production annuelle américaine […] et plus de 80 % du blé utilisé pour la consommation des ménages sur cette période. La vente impliquait une série de transactions subventionnées puisque le gouvernement américain avait mis à la disposition de la Russie un crédit de 750 millions de dollars ».

Le deal avait de quoi donner le tournis. Butz venait de vendre la presque totalité du blé américain propre à la consommation aux ennemis de longue date, les Russes. Et le contribuable devait payer la note en attendant un remboursement de Moscou pour le moins hypothétique. Mais il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. Le patron de l’USDA, le sourire aux lèvres, ne se voulait-il pas rassurant ? À l’entendre, l’agriculture moderne devait jouer sur deux fronts : l’importation et l’exportation. Et, avec Butz aux commandes, rentrait de plain-pied dans l’ère de la mondialisation.

Le 5 juillet 1972, la première cargaison de blé américain arriva à Moscou. Et immédiatement, comme prévu par Butz, le prix du blé aux États-Unis se mit à monter. Mieux, il entraîna dans son sillage celui du maïs, du soja et du bétail.

À la Maison-Blanche, Nixon savourait sa manœuvre. D’ici la fin de l’année, les agriculteurs américains constateraient un substantiel accroissement de leurs revenus.

En vérité, tout était plutôt une question de perspective. Car les éleveurs de porcs, eux, voyaient par exemple d’un mauvais œil cette soudaine flambée de la principale source d’alimentation de leur bétail. Ce qui les conduisit à augmenter le prix de leur viande. Autre répercussion dramatique, celle qui toucha les fermiers spécialisés dans les volailles. En septembre, deux mois après l’annonce de la transaction, quelques agriculteurs préférèrent en effet abattre la totalité de leurs poulets plutôt que de continuer à les nourrir à perte.

Mais puisque Butz avait opté pour ce que l’on n’appelait pas encore la mondialisation, il fallait en payer les conséquences. Le cours du dollar étant au plus bas, il fut impossible d’empêcher les autres puissances de faire leur marché dans les stocks de grain américains, ce qui mit assez vite en péril les réserves destinées à la population. Une catastrophe n’allant jamais seule, des aléas climatiques au Pérou vinrent se greffer à la crise. La production de poissons d’élevage, source de protéines du bétail américain, fut largement réduite par les conditions météorologiques. Les éleveurs des États-Unis durent se rabattre sur le maïs, qui devint hors de prix et, bien évidemment, essayèrent de se rattraper sur le prix de la viande. La transaction de Butz avait donc déclenché un cycle infernal. « À la fin de l’année 1972, les prix de la nourriture avaient fortement augmenté. Le prix du blé avait presque triplé durant les douze mois précédant août 1973. Le prix du maïs et du soja plus que doublé. Le prix du bovin, du porc et de la volaille augmenté, eux, respectivement de 55, 102 et 153 %. »

En bout de course, c’est le consommateur américain qui réglait l’addition : 29 % de hausse des prix de la nourriture en un an ! La presse américaine se déchaîna évidemment contre le gouvernement Nixon : « Les consommateurs ont une excellente raison d’être en colère. L’accord a entraîné une pénurie de grains aux États-Unis qui entraîne à la hausse le prix du pain, de la viande, du beurre et des laitages ».

Nixon désirait un an plus tôt éviter la colère des agriculteurs, mais maintenant, il lui fallait affronter celle de tout un pays. D’est en ouest, les mères de famille américaines manifestaient devant les supermarchés. Les rayons vides se multipliaient. La valse des étiquettes persistait. Pour la dernière fois de leur histoire, les États- Unis vivaient une crise alimentaire.

Devant la menace de la rue, le président exigea des réactions rapides. Une nouvelle fois, Butz détenait la solution. Elle était radicale et révolutionnaire.

La suite ……demain.

 

 

 

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