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obésité et comorbidités

L’obésité ne recule pas chez les très jeunes Américains depuis une dizaine d’années. Selon les chercheurs, le taux d’enfants obèses est quasiment inchangé par rapport à 1999.

Contrairement à ce qu’indiquaient récemment les autorités fédérales, l’obésité n’enregistre pas de recul chez les très jeunes Américains depuis une dizaine d’années. Cette étude révèle également l’accroissement de l’obésité extrême.

« Hormis une augmentation de l’obésité extrême, la prévalence de l’obésité n’a pas vraiment changé au cours des 14 dernières années », conclut le Dr Asheley Cockrell Skinner, de la faculté de médecine de l’université de Caroline du Nord et principal auteur de la recherche publiée dans le « Journal of the American Medical Association ».

Augmentation de jeunes extrêmement obèses.

Selon les chercheurs, 17,3% des jeunes Américains étaient obèses en 2012, un taux quasiment inchangé par rapport à 1999. Toutefois la proportion des jeunes extrêmement obèses a doublé sur cette période, passant de 0,9% à 2,1%.

Ces résultats sont basés sur une analyse portant sur 26690 enfants de 2 à 19 ans entre 1999 et 2012.

 

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Beaucoup de nos patients habitent assez loin de Béziers. De ce fait, ils ne peuvent pas facilement venir autant de fois qu’ils le souhaiteraient à notre rencontre.

Nous avons donc mis en place une éducation thérapeutique à distance.

Celle-ci sera accessible à partir du 15 mai 2014.

Les différents modules ont été conçus par le Dr BUENOS (coordinateur et chirurgien du réseau ROSA), Marie Laure MABILAT (diététicienne référente du réseau ROSA) et Nicolas PABA CAMPI (coach sportif du réseau ROSA).

Ces modules ont été créés pour vous faire connaître et acquérir les bases de la prise en charge pratiquée au sein du réseau ROSA.

Comment faire pour accéder à ces modules d’e-learning (fomation à distance) :

Vous devez vous rendre dans un premier temps sur le site www.boutiquerosa.fr pour pouvoir acheter un module d’éducation thérapeutique à distance.

L’achat de ce module vous permettra de recevoir par email un identifiant et un mot de passe qui vous donneront accès à la plateforme moodle http://rosattitude.fr/educationtherapeutique .

Vous pourrez progresser à votre rythme, communiquer avec les autres apprenants et avec vos formateurs grâce aux outils mis en place dans cette plateforme.

L’argent récolté grâce à ces modules de formation à distance sera reversé intégralement à l’association PECOS 34 (prise en Charge de l’Obésité et du Surpoids dans le 34) pour la réalisation des projets du réseau ROSA.

Une précommande avant le 15 mai 2014 vous permet de bénéficier de tarifs réduits. Mais attention, l’accès aux formations à distance ne se fera qu’à partir du jeudi 15 mai 2014 à 19 heures.

 

Par ailleurs, afin de répondre aux nombreuses interrogations et questions suscitées par  » la seconde peau » que nous utilisons dans le réseau ROSA afin de minimiser les séquelles esthétiques d’un amaigrissement massif. Un dvd a été conçu pour en expliquer le principe, les differentes actions et résultats qu’on peut en attendre si on la porte régulièrement.Ce DVD contient un chapitre pratique sur la façon de prendre les mesures et la possibilité de prise en charge éventuelle par la Sécurité Sociale.

Ce DVD sera en vente sur le site de la boutique ROSA www.boutiquerosa.fr et commencera à être expédié à partir du 15 mai 2014. 

Une précommande à tarif préférentiel est possible dès à présent sur le site www.boutiquerosa.fr

 

 

 

 

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Les personnes obèses ou en surpoids auraient un risque augmenté de décès, même en l’absence de problème de santé apparent. La polémique continue.

Les kilos en trop ont toujours un impact sur la santé, même quand on ne souffe ni d’hypertension, ni de diabète ou ni d’autre problème métabolique. D’après des chercheurs canadiens qui publient leurs résultats dans Annals of Internal Medicine, l’idée que l’on puisse être obèse et en bonne santé relèverait bien du mythe. Une étude qui va alimenter la polémique parmi les chercheurs.

Certaines personnes obèses ne souffrent ni d’hypertension, ni d’hyperglycémie, ni de maladie chronique. Elles pourraient paraître en bonne santé.

Une polémique à ce sujet oppose depuis l’hiver dernier le Pr Walter Willett, de l’Ecole de santé publique de Harvard, à Katherine Flegal, une épidémiologiste au Centre national de statistiques de santé à Hyattsville, (Maryland). Flegal a publié le 2 janvier 2013 une méta-analyse de 97 études portant sur 2,88 millions de personnes, dans le Journal de l’American Medical Association. Selon cette méta-analyse, les personnes en surpoids seraient moins susceptibles de mourir (-6%) que celles ayant un poids «normal».

Réplique inhabituellement cinglante de Willett le 20 février dans l’auditorium de Harvard : «Cette étude est vraiment un tas d’ordures, et personne ne devrait perdre son temps à la lire. » Malgré tout, de nombreux chercheurs ont pris le parti de Flegal, qu’ils considèrent comme une illustration fidèle du « paradoxe de l’obésité ».

Etre en surpoids augmente le risque de diabète, de maladies cardiaques, de cancer et d’autres maladies chroniques. Mais selon ces chercheurs, certaines personnes – en particulier celles qui sont d’âge mûrs, ou déjà malades – peuvent bénéficier d’un peu de poids supplémentaire. De son côté, Willett estime que les données sont faussées par la présence dans ces cohortes de personnes ayant perdu du poids du fait de leur maladie, et qui sont donc plus susceptibles de mourir. Dans une étude, les chercheurs de Harvard ont en effet montré que lorsqu’on exclut les femmes fumeuses et celles qui sont mortes au cours des quatre premières années de l’étude il existe une relation linéaire directe entre l’indice de masse corporelle et le risque de décès.

Pour approfondir cette question très controversée, les chercheurs ont passé en revue 8 études qui ont comparé la santé de personnes obèses ou en surpoids et de personnes plus minces. Ces études ont inclus plus de 61 000 personnes en tout, suivies pendant 10 ans ou plus. Même sans hypertension, diabète ou autres problèmes métaboliques, les personnes obèses et en surpoids avaient des taux plus élevés de décès, de crises cardiaques et d’AVC par rapport à des personnes de poids normal : leur risque augmentait de 24 %.

Ceci va à l’encontre de l’idée que l’on puisse être obèse ou en surpoids et en bonne santé. En effet, au cours du temps, les facteurs de risque peuvent s’aggraver et des problèmes peuvent apparaître à long terme : on ne peut donc pas être en bonne santé avec un surpoids.

Un des problèmes liés à l’obésité est que les graisses qui touchent le foie sont particulièrement nocives ; elles interfèrent avec la fonction du foie et la sensibilité à l’insuline, ce qui contraint le pancréas à augmenter sa production d’insuline. Or des niveaux élevés d’insuline affectent d’autres hormones en cascade, ce qui cause l’inflammation. La solution : perdre du poids pour améliorer son état de santé général à long terme.

Source:

Caroline K. Kramer, Bernard Zinman, Ravi Retnakaran. Are Metabolically Healthy Overweight and Obesity Benign Conditions?A Systematic Review and Meta-analysis. Annals of Internal Medicine. 2013 Dec;159(11):758-769.

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Une analyse de données portant sur 650 000 adultes montre une association linéaire entre tour de taille et mortalité.

Quand vous prenez des centimètres autour de la taille, vous perdez un peu d’espérance de vie… C’est la conclusion d’une étude américaine portant sur 650 000 personnes qui a été publiée dans Mayo Clinic Proceedings.

Généralement, on utilise la mesure de l’indice de masse corporelle (IMC) pour définir l’obésité. L’IMC correspond au poids en kilo divisé par le carré de la taille en mètre. Une personne est considérée obèse si son IMC est supérieur à 30, une corpulence normale se situant entre 18,5 et 25.

L’objectif de cette étude était d’évaluer l’effet du tour de taille sur la mortalité. En effet, les chercheurs pensent que l’utilisation de l’IMC comme indicateur de l’obésité a ses limites, car cet indice ne fait pas la différence entre la graisse abdominale et les autres zones de dépôt graisseux. Or, selon leur localisation, les graisses n’ont pas les mêmes conséquences pour la santé. Le tour de taille est spécifiquement lié à l’obésité abdominale (et au risque cardiovasculaire) et rendrait mieux compte de la répartition des graisses dans l’organisme.

Pour obtenir un vaste échantillon de population, les chercheurs ont regroupé les résultats de 11 études comprenant 650 386 adultes âgés de 20 à 83 ans. Les chercheurs ont restreint leur analyse à des participants de même origine ethnique et exclu ceux qui avaient un IMC inférieur à 15 ou supérieur à 50, un tour de taille inférieur à 51 cm ou supérieur à 190 cm.

Au cours du suivi, 78 268 personnes sont décédées. Après avoir ajusté les résultats en fonction de différents facteurs (âge, IMC, tabagisme, consommation d’alcool, activité physique), les chercheurs ont trouvé une association entre tour de taille et mortalité toutes causes confondues :

Pour les hommes, le fait d’avoir un tour de taille supérieur à 110 cm était lié à une augmentation de 52 % du risque de décès par rapport à un tour de taille de moins de 90 cm ; 5 cm d’augmentation de tour de taille correspondaient à 7 % de risque de décès supplémentaire.

Chez les femmes, celles qui avaient un tour de taille supérieur à 95 cm augmentaient de 80 % leur risque de décès par rapport à celles qui faisaient moins de 70 cm de tour de taille ; une augmentation de 5 cm de tour de taille se traduisait chez elles par 9 % de mortalité supplémentaire.

Le tour de taille était plus fortement associé à la mortalité par maladie cardiovasculaire ou respiratoire que par cancer.

De plus, l’espérance de vie diminuait de 3 ans pour les hommes et de 5 ans pour les femmes lorsqu’on comparait les groupes à tour de taille les plus élevés et les plus faibles. ce qui semble corroborer des résultats récents sur l’espérance de vie des personnes obèses.

En conclusion, un tour de taille plus élevé est associé une mortalité plus forte chez des adultes dont l’IMC est compris entre 20 et 50. Pour les chercheurs, le tour de taille devrait être mesuré régulièrement et pris en compte comme l’IMC, et les patients devraient être incités à réduire leur tour de taille même s’ils ont un IMC « normal ». L’exercice physique et une alimentation saine pourraient permettre d’atteindre ces objectifs.

 Source:

James R. Cerhan, Steven C. Moore, Eric J. Jacobs, Cari M. Kitahara, Philip S. Rosenberg, Hans-Olov Adami, Jon O. Ebbert, Dallas R. English, Susan M. Gapstur, Graham G. Giles, Pamela L. Horn-Ross, Yikyung Park, Alpa V. Patel, Kim Robien, Elisabete Weiderpass, Walter C. Willett, Alicja Wolk, Anne Zeleniuch-Jacquotte, Patricia Hartge, Leslie Bernstein, Amy Berrington de Gonzalez. A Pooled Analysis of Waist Circumference and Mortality in 650,000 Adults. Mayo Clinic proceedings. Mayo Clinic 1 March 2014 (volume 89 issue 3 Pages 335-345 DOI: 10.1016/j.mayocp.2013.11.011)

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Chez les prédiabétiques, une bonne hygiène de vie suffit à diminuer de moitié le risque de développer un diabète.

Le diabète de type 2 est une maladie silencieuse qui progresse sans signes apparents. C’est pourquoi, sur plus de 3 millions de diabétiques en France, 700.000 ignorent leur état. «Lors du diagnostic, nous détectons des complications dans 10 à 20 % des cas. Cela signifie que le diabète est présent depuis sept ou huit ans », précise le Pr Jean-François Gautier, coprésident du congrès de la société francophone du diabète 2014 . Or, lorsque les complications surviennent, elles sont irréversibles et leurs conséquences se révèlent dramatiques. Le diabète est en effet la première cause de cécité, d’insuffisance rénale ou d’attaques cérébrales. Des complications pourtant évitables si la maladie est prise en charge très tôt, avant même son apparition.

Pour les spécialistes, il s’agit d’intervenir au stade appelé «prédiabète», «zone grise » entre l’état normal et le diabète. Mesuré à jeun, le taux de sucre dans le sang est normal en dessous de 1 g/l et, au-delà de 1,25 g/l, il confirme le diabète. Une glycémie entre 1 g et 1,25 g/l indique un état prédiabètique. «Cela signifie que votre pancréas ne fonctionne déjà plus très bien », explique le Pr Bernard Charbonnel, endocrinologue au CHU de Nantes. Le prédiabète est donc bien souvent la première marche avant l’apparition du diabète. «Ce sont vers ces prédiabétiques qu’il faut orienter nos efforts de prévention », insiste le Pr Charbonnel.

Obésité et tour de taille doivent alerter.

De nombreuses études l’ont prouvé : chez les prédiabétiques, une bonne hygiène de vie diminue de moitié le risque de développer un diabète. Perdre du poids et pratiquer une activité physique régulière de 30 minutes par jour ramènent la glycémie à un niveau normal. «Une réduction de 5 % du poids, ce qui n’est pas spectaculaire, a une efficacité sur le contrôle glycémique aussi importante qu’un médicament », explique le Pr Michel Krempf, chef du service d’endocrinologie du CHU de Nantes. Ces mesures relativement simples à mettre en place retardent de plusieurs années l’entrée dans la maladie, voire l’éloignent définitivement.

Encore faut-il repérer les personnes à risque. L’on sait par exemple que les obèses ont plus de risques. «C’est sans doute la maladie la plus fréquemment associée à l’obésité. Quand l’IMC est supérieur à 30, le risque de devenir diabétique est multiplié par 20 ou 30», souligne le Pr André Scheen, président de la société francophone du diabète. Un risque qui augmente aussi avec la taille du ventre. Ainsi, le risque est élevé avec un tour de taille de plus de 80 cm chez la femme et de 94 cm chez l’homme, et très élevé au-delà de 88 cm chez la femme et de 102 cm chez l’homme.

L’impact de l’hérédité.

Toute personne obèse ne deviendra pas pour autant diabétique. Car l’hérédité entre en jeu. Pour être diabétique, il faut que le pancréas fonctionne mal, avec des cellules bêta qui ne secrètent plus assez d’insuline pour combattre l’insulino-résistance provoquée par l’obésité. Certains naissent avec de très bonnes cellules bêta et ne deviendront pas diabétiques. «Si vous avez un parent diabétique, vous avez quatre chances sur dix de le devenir et six chances sur dix lorsque vos deux parents sont diabétiques », explique le Pr Gauthier.

Autre signe d’alerte : un diabète gestationnel, qui apparaît pendant la grossesse et disparaît ensuite, ou un bébé de plus de 4 kg à la naissance.

«Les facteurs de risque sont connus. Les sujets concernés doivent donc avoir un dépistage régulier à partir de 45 ans, avec une glycémie à jeun tous les ans ou au moins tous les trois ans », estime le Pr Scheen. L’objectif étant de repérer la maladie au stade le plus précoce. «Car le jour où vous êtes diabétique, vous l’êtes pour toujours. On ne guérit pas du diabète, au mieux on le contrôle », met en garde le Pr Michel Krempf.

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En moins de 10 ans, le nombre de chirurgies de l’obésité en France aurait triplé, passant de 13 600 interventions en 2006 à 44 000 en 2013.

“Il y a eu 44 000 opérations en France l’année dernière, c’est le plus grand nombre d’interventions en Europe. On était à 39 000 en 2012 et 30 000 en 2011. D’après les données du Programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI), il y a eu en 2013, 24000 Sleeves, 13500 By-Pass, 5900 poses d’anneaux et 6000 anneaux enlevés.”

Les études se multiplient révélant des effets positifs collatéraux en dehors de la perte massive de poids. Réduction des cancers utérins, bénéfices sur d’autres cancers, notamment hormonaux dépendants, comme le cancer du sein, de la prostate ou du côlon, impact positif de cette chirurgie sur le syndrome d’apnée du sommeil ou encore sur le risque d’infarctus et d’AVC et surtout réduction du diabète…

 

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L’obésité est considérée comme le principal facteur de risque du cancer de l’endomètre (= du corps de l’utérus) qui affecte la muqueuse interne de l’utérus.

Les chercheurs américains de la San Diego School of Medicine (Californie) ont découvert que la chirurgie bariatrique était capable de réduire de 71 % les risques de cancer de l’endomètre chez les femmes en situation d’obésité sévère. « Une femme qui a un IMC de 40 présente 8 fois plus de risques d’avoir un cancer de l’endomètre qu’une personne dont l’IMC est de 25« , justifie Kristy Ward, auteure de l’étude.

« L’obésité est la seconde cause de mortalité évitable. Cette étude confirme que la réduction de l’obésité réduit le cancer. Nous avons besoin de trouver des solutions pour aider les femmes à maigrir et la chirurgie bariatrique fait partie des options ».

Les résultats ont porté sur une cohorte de plus de 7 millions de patients. Ils ont été publiés dans la revue Gynecologic Oncology.

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Pourtant efficace et sûre, la chirurgie bariatrique ou chirurgie de l’estomac a concerné jusqu’ici moins de 5% des patients sévèrement obèses.

Le Lancet Diabetes & Endorcinology publie une série d’articles sur la chirurgie bariatrique ou chirurgie de l’estomac, présentée par le journal médical comme « le traitement le plus efficace de l’obésité ». Un traitement sûr et efficace, mais encore peu répandu.

L’obésité est à l’origine de nombreux problèmes de santé dont le diabète, les maladies cardiovasculaires, certains cancers, l’arthrose, l’apnée du sommeil et les troubles respiratoires. Selon le Lancet, 44% des diabètes de l’adulte et 23% des maladies cardiovasculaires sont liées à l’obésité.

La chirurgie bariatrique permet de perdre du poids mais elle améliore aussi le statut métabolique : les diabétiques peuvent espérer une rémission de la maladie et les organes endommagés peuvent même retrouver un état normal.

Selon l’enquête OBepi de 2012, près de 7 millions de Français seraient obèses (IMC supérieur ou égal à 30 kg/m2). En France, la chirurgie bariatrique est généralement réservée aux personnes sévèrement obèses (IMC supérieur ou égal à 40), qui sont plus de 550000 dans notre pays. Pourtant, moins de 5% de cette population a bénéficié d’une opération même si le nombre d’actes a été multiplié par 7 entre 1997 et 2006.

L’enquête OBepi 2012

Selon le Lancet, la chirurgie bariatrique devrait être proposée plus systématiquement et plus largement ne serait-ce que parce qu’elle entraînerait une réduction de 30% des coûts de santé chez un obèse.

Deux diététiciennes-nutritionnistes, Elodie Sentenac et Magali Walkowicz, auteur du Guide de la chirurgie de l’obésité répondent aux questions sur cette procédure.

LaNutrition.fr : Il faut attendre 3 à 6 mois avant de subir une chirurgie bariatrique. Pourquoi ?

Magali Walkowicz : Le bilan médical avant l’intervention doit être très précis afin de prévenir les complications médicales. En gros, il s’agit de « mettre sur une balance » les indications et les contre-indications. Du point de vue purement diététique, on va chercher à savoir s’il y a bien une hyperphagie, s’assurer que le comportement alimentaire ne souffre d’aucun trouble majeur et commencer à rééquilibrer l’alimentation pour apprivoiser le futur alimentaire. Si ce laps de temps est nécessaire à la réflexion du patient c’est parce que cela est avant tout une chirurgie et qu’elle est irréversible pour certaines procédures. La culture alimentaire du patient, qui est profondément ancrée en lui, va être inexorablement ébranlée et il doit être sûr de l’accepter.

La chirurgie peut-elle échouer ?

Elodie Sentenac : Il peut y avoir une ou des complications liées à la chirurgie elle-même (reflux, dilatation) mais le plus souvent il s’agit d’une reprise partielle ou totale du poids à cause de problèmes alimentaires qui ressurgissent (grignotages, compulsions, difficultés à gérer les émotions).

M. W. : D’où l’intérêt de bien se préparer à l’intervention et de déceler et régler les troubles du comportement alimentaire avant de se faire opérer. Même sans grignoter, simplement ne pas consommer de repas équilibrés est aussi un problème. Les règles diététiques doivent être suivies au quotidien. L’opération agit sur la quantité, pas sur la qualité.

Quelle aide apportez-vous dans le cas d’un échec ?

M. W. : Lors de consultation, on diagnostique le problème. Si le problème touche à l’équilibre alimentaire, on rééduque le patient sur ce point. On repart à zéro, on souligne et on explique les erreurs. Si on sent qu’il a besoin d’être vraiment encadré, on peut au départ lui établir des menus, lui faire sa liste de courses et on le rencontre plusieurs fois, jusqu’à ce qu’il soit autonome. Si on décèle un trouble compulsif alimentaire, on apporte certes une réponse diététique mais on incite fortement le patient à consulter également un psychologue, voire un psychiatre. Il y a alors urgence car il y a un risque de décompensation psychique en plus.

Existe-t-il des carences suite à une chirurgie bariatrique ?

E. S. : Oui, cela arrive lorsque les patients ne se font pas suivre correctement. En pré-opératoire, lorsqu’on les prépare à de nouvelles habitudes alimentaires, ils ne sont pas toujours suffisamment attentifs. Ils écoutent mais n’entendent pas car ils ne sont pas encore dans la réalité post-opératoire. Une fois opérés, ils ne suivent pas les recommandations et n’éprouvent en plus pas le besoin de revenir en consultation. Il y a alors des anémies sévères, des dénutritions protéino-énergétiques, des asthénies… Il est très important d’avoir un suivi diététique régulier en post-opératoire.

Sur quels critères avez-vous élaboré vos recettes ?

E. S. : Les personnes opérées peuvent manger les mêmes plats qu’avant l’opération. À condition, bien sûr, que ce soit des recettes bien équilibrées. Nous avons donc misé sur des recettes originales. Le but étant de leur donner de nouvelles idées de menus. Nous avons aussi tenu compte de la facilité d’élaboration. Elles sont bien entendu très diététiques tout en étant savoureuses.

M. W. : Nous avons sélectionné des aliments de base ayant une forte densité nutritionnelle. Les associations ont été faites de manière à garantir un certain équilibre alimentaire, un faible apport calorique, un index glycémique le plus bas possible y compris pour les desserts et un rapport oméga 3/6 intéressant. Ainsi elles sont intéressantes à la fois pour participer à la perte de poids, pour répondre aux besoins de l’organisme, pour s’assurer une bonne santé cardiovasculaire et éviter les pics glycémiques d’après repas. Et toute la famille peut en profiter.

Pour en savoir plus : Le guide de la chirurgie de l’obésité par Elodie Sentenac et Magali Walkowicz

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Un rapport complet du ministère de la Santé pour 2013 parle de « l’épidémie en surpoids » dont souffre Israël.

50%  de la population adulte dans le pays est en surpoids ou obèse .

Le taux d’embonpoint est 50% plus élevé chez les hommes .

 

Chez les hommes juifs , les taux d’obésité et de surpoids sont les plus élevés dans le groupe des 45-64 ans , où ils atteignent 70 % de la population . 64%  des femmes juives âgées de 65 ans et plus sont en surpoids ou obèses .

L’ obésité et le surpoids diminuent en fonction du niveau d’éducation. Le taux d’obésité chez les Israéliens qui ont suivi un enseignement supérieur est de 24% inférieur à celui des Israéliens d’un niveau d’éducation moyen et 51 % plus faible que chez les Israéliens d’un faible niveau d’éducation.

L’obésité est un sujet sensible chez les enfants aussi, avec une augmentation progressive de l’ampleur du phénomène chez les enfants de 5 à 11 ans. D’autre part , une baisse modérée a été enregistrée chez les 9-12 ans . Le plus haut taux de surpoids et d’obésité a été trouvé chez les 13-15 ans , qui atteint 30,7 %.

Les résultats ont démontré, que les enfants issus de famille ultra-orthodoxes et bédouines seraient en sous poids et présenteraient de réels problèmes de croissance. Les chercheurs trouvent une explication à cela et rappellent que ces deux populations sont les plus pauvres d’Israël. Ce sont aussi celles où l’on trouve le plus grand nombre d’enfants par famille. Ils soulignent par ailleurs que  »le nombre élevé d’enfants dans la famille et les écarts d’âge entre frères et sœurs peuvent affecter la croissance des enfants ».

Outre les différences de mode de nutrition, les chercheurs évoquent les conditions de vie des enfants bédouins et haredi. Moins sédentaires, ils passent moins de temps devant leurs écrans de télévisions et d’ordinateurs et privilégient les déplacements à pieds plutôt que d’utiliser les transports.

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Aux Samoa américaines, la prévalence de l’obésité et du surpoids atteint des niveaux records. Les travaux du chercheur Stephen McGarvey tentent d’expliquer les raisons de ce phénomène.

Îles Samoa américaines, dans le Pacifique Sud, quelque part entre la Nouvelle-Zélande et Hawaï. Décor idyllique, mer turquoise, plages de sable blanc… et population en danger pour cause d’excès alimentaires. Presque 95 % des adultes de ce petit archipel de 55 000 habitants sont en surpoids, les trois quarts sont obèses. Des chiffres parmi les plus élevés au monde : par comparaison, en 2010, le taux d’obésité chez les hommes était selon l’OMS de 9 % en France et de 44 % aux États-Unis.

Même les enfants sont touchés par le phénomène : d’après une étude de la Brown University, environ 20 % des bébés samoans pèsent plus de 4 kg à la naissance (contre environ 7 % en France).

À 15 mois, 23 % des garçons et 17 % des filles sont obèses. L’omniprésence du surpoids et de l’obésité aux Samoa américaines entraîne une forte prévalence des maladies chroniques : une personne sur cinq y souffre de diabète de type 2, par exemple.

Un phénomène aux explications multiples

Depuis des années, l’anthropologue et biologiste américain Stephen McGarvey cherche à comprendre les raisons de l’ampleur prise par l’épidémie d’obésité dans ce petit archipel du Pacifique. Il a présenté ses recherches le 16 février à Chicago lors de la rencontre annuelle de l’American Association for the Advancement of Science.

Pour lui, plusieurs facteurs peuvent expliquer la situation particulière des Samoa américaines. Le premier d’entre eux pourrait être une prédisposition génétique à l’obésité chez les habitants de ces îles. Mais il faut manier ce genre d’explication avec précautions, avertit l’anthropologue : si la génétique peut avoir joué un rôle, elle n’a pu seule générer le phénomène.

Des facteurs environnementaux, et notamment culturels, ont également leur importance. Les Samoans ont en effet connu de brusques changements dans leurs conditions d’existence durant la seconde moitié du XXe siècle : entre 1961 et 2007, l’occidentalisation des modes de vie a fait croître leur ration alimentaire moyenne de 900 calories par jour et par personne.

La géographie a aussi pu avoir une influence sur l’expansion de l’épidémie : dans une petite population et sur un petit territoire, les modifications des habitudes nutritionnelles se sont diffusées extrêmement rapidement.

Les Samoa, avant-garde de l’épidémie mondiale d’obésité ?

C’est d’ailleurs la vitesse de l’expansion de l’épidémie d’obésité qui fait des Samoa américaines un cas intéressant, d’après Stephen McGarvey. Pour lui, la situation dans ce petit archipel pourrait bien préfigurer ce qui se passera bientôt dans le reste du monde.

Et si les Français, abrités derrière leurs traditions culinaires, croient que les Samoa américaines ne doivent leur triste situation qu’à leur proximité culturelle avec le pays de McDonalds, ils se trompent : en Polynésie française, 4 adultes sur 10 sont déjà obèses…

 

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