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obésité et comorbidités

« Première rencontre avec cet énième médecin nutritionniste

J’ai attendu 3 mois pour avoir ce rendez-vous… Silence… C’est long. Je pensais avoir un rendez-vous plus rapide avec vous… Silence…

Bon, docteur, je viens vous voir car il faut que je perde du poids. Vous avez fait perdre 20 Kg à ma copine ! Je ne me supporte plus. J’ai fait plein de régimes, à chaque fois j’ai perdu beaucoup de poids. Et je ne comprends pas pourquoi, dès que j’arrête, je regrossis davantage. Je ne sais plus quoi faire. La dernière fois que j’ai consulté mon médecin, je suis sortie en larmes de chez lui. Il m’a dit que mon poids était grave, que je risquais gros pour ma santé, et surtout mes genoux, mon dos, mon cœur… Que c’était de ma faute si j’étais devenue comme ça ! Silence… Vous pensez que c’est vrai ?

Et bien, vous avez eu un sacré courage de venir à nouveau consulter un médecin.

Je vous félicite de ne pas être restée sur un échec.

En fait, il n’avait pas tort. Je le sais que je risque gros pour ma santé, je sais lire ce qu’ils écrivent sur Internet. En plus, je ne peux même pas m’habiller, tous les vêtements s’arrêtent à la taille 44. Vous imaginez ? La honte ! La dernière fois que j’ai voulu acheter un pantalon, je n’ai pas pu rentrer dans la taille la plus grande du magasin. La vendeuse m’a regardée avec un air de dédain, presque de dégoût. Je me suis sentie mal et je suis vite partie. Du coup, je mets toujours ce même jean infâme et ce pull qui me cachent le corps. C’est quoi ces boutiques où l’on ne peut même plus s’habiller ? Pour les couturiers, on n’existe pas. Évidemment, ils font défiler des gamines de 15 ans, maigrelettes, de vrais squelettes !

Il faut aussi que je vous dise que mon compagnon n’arrête pas de me dire de maigrir. C’est vrai qu’il aimerait que je sois plus mince, plus coquette. Je vois bien qu’il ne me regarde plus comme avant. Et je ne vous dis pas, mes parents, comme ils me harcèlent pour que je perde du poids. Oh, mais vous ne pouvez pas comprendre, vous, docteur, vous êtes toute mince, comment faites-vous, hein ?

Madame, qu’attendez-vous de moi exactement ?

Ben, vous êtes nutritionniste, me faire maigrir, évidemment ! Je veux avoir un indice de masse corporelle (IMC) normal !

Je vous dis tout de suite que j’ai déjà consulté plein de vos confrères, ils m’ont tous donné un régime. J’en ai fait un où il fallait manger comme un roi le matin, comme un prince à midi et comme un pauvre le soir. J’ai tenu 6 mois, mais c’était dur de ne pas manger en famille le soir. Ensuite, j’ai fait la soupe au choux, le régime dissocié, celui de la chronobiologie, j’ai fait aussi les sachets de poudre, le jeûne, le diet IOLU, le slim fruit… mais ça marche de moins en moins. À chaque fois, je grossis davantage. Vous croyez que je vais arriver à maigrir docteur ? Je ne peux pas rester comme cela, vous avez vu comme je suis ? C’est la honte ! En plus, je sais ce qu’il faut manger !

Seulement, à force de me gaver de légumes et de fruits, plus que les 5 qu’ils disent à la télévision, et de yaourts à 0 %, je m’en suis dégoûtée à vie ! Et ne me dites pas qu’il faut que je fasse du sport ! Mon médecin traitant

n’arrête pas de me rabâcher : « pour maigrir, il faut bouger, il n’y a que ça qui marche ». Comme si je ne le savaispas ! Oui, il faut bouger. Mais comment je fais moi ? Alors que je crache mes poumons au bout de 5 minutes de marche ? Que mes genoux me font mal dès que je pose le pied par terre ? Que je transpire au bout de 3 secondes ?

Il faut que ça s’arrête, je ne me supporte plus, je ne peux pas rester comme cela, je n’en peux plus de mon poids. Je veux maigrir vite, au moins 30 kg en 3 mois. Vous êtes mon dernier espoir. Docteur, qu’est-ce que je dois faire ?

• La consultation démarre fort !

Le médecin… Il n’a pas intérêt à faillir ! Investi par la patiente d’une toute puissance de la sauver, tel le messie, il va falloir qu’il assure.

Cela tombe bien, il n’a pas envie d’échouer. C’est probablement ce pourquoi il a choisi ce métier, pour soigner, pour soulager la souffrance d’autrui, pour guérir. Il est prêt à tout mettre en œuvre pour y parvenir. Il connaît l’être humain. Il l’a longuement étudié, en long, en large, en travers, en diagonale, en dedans, en dehors. Les progrès de la science lui permettent d’aller toujours plus loin dans la connaissance de l’homme, d’avancer dans ce voyage en terre de moins en moins inconnue, de l’infiniment petit, de la cellule à l’acide aminé, de l’hormone à son récepteur, de l’ADN à ses milliers de gênes qui le composent. Il peut reculer les limites du temps, de la maladie, de la vie : clinique, biologie, radiodiagnostic, imagerie interventionnelle, endoscopie, médecine nucléaire, anatomopathologie, immunologie, exploration du génome… Mais a-t-il seulement le pouvoir de guérir toutes les maladies de l’homme ?

Quant à Véronique, aura-t-elle tout de suite la réponse à sa demande urgente ? On pourrait croire que oui, tant sa souffrance est lourde, tant elle est épuisée de porter des poids lourds en s’imaginant pouvoir s’en débarrasser chez le médecin, comme on jette à la poubelle des paquets encombrants. Le médecin, investi comme un « sauveur », pourrait tomber facilement dans le piège : son IMC est en obésité, elle veut maigrir, alors pourquoi ne pas lui donner ce qu’elle est venue chercher, un autre régime amaigrissant, une autre méthode, et le tour est joué !

Mais le problème est beaucoup plus compliqué qu’il n’y paraît. Et si sa demande de maigrir cachait en réalité un « gros » tas de souffrances, autant de couleuvres avalées qu’elle « vomit » sur un mode désespéré, dans le cabinet du médecin ? Son poids lourd apparaît comme un arbre qui cache une forêt, et sa forêt semble bien opaque.

Lui donner un énième régime amaigrissant en l’état serait une mauvaise réponse aux vrais problèmes. Véronique serait à nouveau en échec, accélérant encore et toujours l’engrenage du yo-yo pondéral et de sa détresse. Ce serait jeter de l’huile sur le feu. L’accalmie serait donc de très courte durée. Pour le moment, seul le médecin le sait. Il va lui falloir approfondir la demande de Véronique, prioriser, trier ce qui relève du plus urgent à traiter et de ce qui peut attendre, retracer la genèse de la surcharge pondérale, en comprendre l’histoire, ses causes, ses souffrances, évaluer son retentissement sur la santé physique, psychologique et sociale, évaluer la capacité du corps à maigrir ou à résister à l’amaigrissement. Il va devoir aider Véronique à chercher en elle ses propres solutions, ses possibilités de s’alléger. Tout cela va demander du temps pour, ensuite, proposer le meilleur traitement.

Et le temps, Véronique semble ne pas en avoir.

La consultation démarre mal !

Sur le plan des émotions, c’est la totale ! Véronique agresse la secrétaire parce que le délai pour obtenir son rendez-vous a été trop long ; elle semble mettre en doute les capacités du médecin nutritionniste à écouter sa plainte, la juge mal placée pour l’aider à la vue de sa corpulence normo-pondérale, critique les autres médecins déjà consultés en les accusant d’incompétence, exige une solution immédiate, ordonne, menace presque et, après elle, point de salut !

Être agressé par un patient, le médecin, lui qui n’a de cesse que de soulager au prix de consacrer beaucoup de son temps et de son énergie, il n’aime pas du tout ! Quel thérapeute ne s’est jamais senti sur ses gardes face à ce type de demande et d’attitude péremptoire, autoritaire, exigeante, d’un patient qui l’investit massivement d’une mission dans laquelle il n’a pas le droit – ni l’envie – de décevoir ?

Quel médecin ne s’est pas senti en échec, voire en colère, lorsqu’à la consultation suivante, le même patient n’a pas du tout fait ce qu’il lui avait dit. Alors qu’il avait pris beaucoup de temps et de soin à expliquer, ordonnances à l’appui, en débordant quelquefois sur le temps de consultation réservé au patient suivant ?

Pour le médecin, la pilule a du mal à passer. Apparaissent les stigmates d’une mésalliance entre le médecin qui, naturellement, voudra faire passer ses messages, les martèlera avec force, fermeté, voire autorité, si ce n’est avec de l’agressivité, et un patient qui, ayant le sentiment d’être dirigé dans une direction qu’il n’a pas envie de prendre, fera de la résistance en adoptant des comportements comme de l’opposition, de la méfiance, de l’agacement, de la colère parfois, ou, à l’inverse, des attitudes de soumission, de culpabilité, de honte, de gêne, autant d’émotions qui ne facilitent pas l’échange.

Le cercle vicieux ainsi engagé risque de transformer la consultation en un véritable bras de fer entre les 2 individus, où le gagnant n’est pas toujours celui que l’on croit. Cette tension entre les protagonistes peut aboutir à des situations qui, dans le meilleur des cas, s’arrangent progressivement grâce à des temps de bonne communication et de réflexions, ou, au pire, se concluent par le découragement du thérapeute qui « abandonne » son patient au lieu de le soigner, et la fuite du même patient qui finit par ne plus venir aux consultations suivantes, faute d’avoir été entendu et compris. La pire des situations !

La consultation va se révéler être un véritable échec, alors que ni patient ni médecin ne voulaient en arriver là.

• Et si tout partait d’un malentendu ?

 

 

 

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Mon compagnon n’arrête pas de me fliquer lorsque je mange : « et mange pas ci, et mange pas ça », comme si j’avais 2 ans. S’il savait que, de toute façon, je fais ce que je veux et que plus il me dit cela, plus je mange… C’est nul ! Je le hais !

Et ma collègue de travail, « mince comme un coucou », qui ne cesse de se plaindre toute la journée de son poids, de sa cellulite, de son ventre soi-disant « flagada », alors qu’elle est super-mince, super-canon, super-musclée, super-belle, super… Elle vient de perdre 10 kg en 3 mois et se vante à qui mieux mieux de les avoir perdus facilement grâce à un « petit » régime. Mon œil ! Mais que doit-elle penser de moi, avec toute cette graisse qui déborde ? J’ai honte. Je la hais !

Quant à mon médecin, celui-là, je le retiens. À chaque fois que je vais le voir pour un problème de santé, il ramène tout à mon poids. Lui aussi s’y met : c’est à cause de mon poids que j’ai mal au dos, que je dors mal, que j’ai un rhume… Et si je maigrissais, tout cela s’arrangerait. Comme si je ne le savais pas ! À l’entendre, pour perdre du poids, il suffit d’un peu de volonté. Si je le voulais, je le pourrais ! Et il me donne un nouveau régime, alors que j’ai passé ma vie à faire des régimes, à me priver, à épuiser ma santé et mon moral dans des centres d’amaigrissement et autres séjours minceur, à me ruiner en crèmes minceur, en soins amaigrissants, en compléments alimentaires et diètes écœurantes, jusqu’à prendre quelquefois des coupe-faim ? Et, au bout du compte, j’ai perdu, pris, reperdu, repris, re-reperdu et re-repris le double de mon poids à chaque fois.

Je le hais.

Je n’y arrive plus.

Je suis nulle.

Je suis moche.

Je suis grosse.

Je n’ai pas de volonté.

Je me hais !

Bon, ne te laisse pas aller ma fille, faut faire quelque chose. Ils ont tous raison, je sais que c’est pour mon « bien » qu’ils me disent tout cela. Je ne sais pas si tous leurs discours m’aident, j’aimerais qu’ils me « lâchent » avec ça, mais bon… Ma collègue m’a donné l’adresse d’un médecin nutritionniste. Il paraît qu’elle ne donne pas de régimes mais apparemment ça fonctionne pour maigrir. Je n’ai pas bien compris sa méthode mais bon, sur ma collègue qui a pas mal « galéré » comme moi, ça a marché ! De toute façon, au point où j’en suis, qu’est-ce que je risque ? Allez, il me faut un rendez-vous rapidement. Demain, je l’appelle. »

 

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« Quand je regarde mes photos de jeunesse, je réalise que, finalement, je n’étais pas si grosse que ça. Moi qui me vivais comme un monstre immonde ! Si j’avais su, je n’aurais même pas dû faire tous ces régimes !

Je me souviens, je devais avoir 8 ans, ma mère me traînait tous les mois à l’hôpital pour consulter le spécialiste du poids. Je voyais tout un tas de gens en blouse blanche, qui me déshabillaient, me pesaient, me mesuraient, me pal¬paient, me posaient plein de questions auxquelles je répondais toujours oui, par peur d’être punie, et surtout pour ne pas décevoir ma mère, complètement désespérée. Enfin, je rencontrais « le » docteur qui, me fixant d’un regard que je recevais comme accusateur, donnait à ma mère des instructions carrées sur ce que j’avais le droit de manger ou pas. Ordonnance que ma mère, inquiète et coupable d’avoir un enfant dont le poids n’était pas dans la norme, s’évertuait à appliquer scrupuleusement une fois à la maison.

C’est bien simple, je n’avais plus droit qu’à de la nourriture allégée, spéciale enfant gros, sans sucre, sans gras, tout vapeur, tout dégoûtant ! Elle en pas¬sait du temps à cuisiner, un menu pour moi, un menu pour mon frère et mon père qui, eux, pouvaient manger comme 4 sans prendre 1 gramme ! Je n’avais définitivement plus le droit de manger comme tout le monde, ni celui de me régaler. Je me sentais la paria de la famille, le vilain petit canard noir de l’his¬toire. Qu’avais-je donc fait de si mal pour vivre ainsi à l’écart des miens, ne pouvant plus partager les bons petits plats bien goûteux parce que gras ? Ces plats traditionnels, qui embaumaient la maison, n’étaient plus que pour les autres.

Je reconnais que ma mère m’accompagnait dans « mon régime ». Mais elle, c’est elle. Moi, c’est moi ! Pourquoi cette punition, pourquoi cette injustice ? Pourquoi moi ? Et mon frère, qui prenait un malin plaisir à se gaver de chocolat devant moi alors que je n’y avait pas droit et que mon goûter ne se résumait qu’à un fruit et un yaourt maigre ! Beurk !

S’ils savaient combien je leur en ai voulu, à tous ! S’ils savaient que je ne pensais qu’à me venger en mangeant en cachette. C’était facile, à la sortie de l’école, il y avait « la » boulangerie, une vraie caverne d’Ali-Baba remplie de tout ce que j’aimais et qui me manquait parce que l’on m’en privait : les bonbons, les gâteaux, le chocolat, les pains au chocolat… Le paradis ! Les quelques sous que je pouvais économiser étaient consacrés à l’achat de ces aliments interdits. À l’école, les rares copines qui avaient pitié de moi me donnaient de temps en temps un peu de leur alléchant goûter. Personne n’a jamais su mes activités coupables. Personne. Bien que le spécialiste de l’hôpital, ne voyant pas ma courbe de poids évoluer dans le bon sens, me soupçonnait de tricherie. Au grand dam de ma mère qui s’estimait déshonorée dans son rôle de mère nourricière, refusant d’être accusée de non-assistance à personne en danger de surpoids, et répétait avec grande conviction qu’elle faisait tout ce que le docteur lui disait pour que je maigrisse.

J’entends encore toutes les réflexions que j’ai « avalées » depuis mon enfance :

« Ne te ressers pas, tu n’as plus faim. Fais attention »

« Arrête de manger autant que ça, ce n’est pas comme cela que tu vas maigrir ! »

« Bouge-toi, fais du sport »

« Dis donc, tu n’aurais pas encore grossi toi ?

Mais jusqu’où vas-tu aller comme ça ? »

« Fais quelque chose, tu ne peux pas rester comme cela, réagis ! »

« Regarde ton frère, il est mince, lui ! Tu ne veux quand même pas être malade plus tard, être en fauteuil roulant ? Encore faudrait-il qu’il en existe un à ta taille ! »

« Regarde ton ventre, tu n’as pas honte ? »

Et vous, vous vous êtes vus ? Qu’est-ce que j’y peux, moi, si dans ma famille, les filles ont toujours été bien portantes ? Sauf maman.

Oui, car il faut savoir que ma mère est constamment au régime. Elle veut plus que tout être mince, et elle y arrive… au prix de restrictions alimentaires intenables pour moi. Quelquefois, je la surprends en train de craquer. Alors elle accuse d’une voix en colère tantôt ses grossesses de lui avoir déformé le corps (merci maman), tantôt sa glande thyroïde de lui jouer des tours, ou bien alors mon père, de manger sous son nez du chocolat ou autres gâteaux alléchants. Comme prise au piège, elle enchaîne en m’accusant d’être grosse – comme si je ne le savais pas moi-même – que je n’ai pas de volonté, qu’elle a quelquefois honte de moi (merci pour le quelquefois) et qu’il faudrait que je mange mieux parce qu’elle s’épuise à me faire des repas légers et que je n’y mets pas de bonne volonté.

1. D’abord, je n’ai rien demandé.

2. Ensuite, ce n’est pas ma faute si je ressemble à mamie Jeanne, sa mèèère.

3. Enfin, je la hais !

Mon père, à part me dire – encore à mon âge – que j’ai de grosses fesses, qu’il faut que je fasse quelque chose pour maigrir, que c’est de ma faute si j’en suis là et que je devrais me bouger davantage (alors que lui est avachi devant sa télévision, plus pantouflard que lui, tu meurs !), c’est fou ce qu’il sait faire. Bref, d’après lui, je ne fais aucun effort et si je continue comme ça, je suis condamnée à avoir, au mieux du diabète, au pire un accident vasculaire cérébral et une paralysie avant la mort. Et comment fera-t-on pour me mettre dans un cercueil qui n’existera pas à ma taille ? Merci papa ! Reçu 5 sur 5. Je le hais !

 

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Extrait du livre TOXIC, de William REYMOND :

« Le voyage touchait à sa fin. Pour être honnête, mes pas m’avaient conduit à prendre des chemins de traverse, dont j’ignorais jusqu’à l’existence en entamant mes recherches. Par moments, j’avais même craint de m’y perdre. En fait, mon sujet m’avait dépassé. Ou, plus exactement, il avait dépassé les limites de mes croyances. Je m’étais engagé sur cette route dans l’espoir de remonter aux racines de la pandémie d’obésité, et j’avais découvert que cette dernière relevait en fait du symptôme. Celui, de plus en plus visible, de l’industrialisation de la nourriture.

Une révolution s’était jouée, qu’au plus grand bénéfice de certaines compagnies nous avions complètement ignorée. Pis, à force de matraquage et de manipulations médiatiques, l’industrie agroalimentaire avait réussi à nous faire croire que nous étions les seuls responsables de nos dérives alimentaires.

Le plus cocasse dans tout cela, c’était de m’être engagé dans un cercle vicieux. Alors que je croyais m’éloigner de mon sujet, je m’en rapprochais en vérité. Comme si les portions géantes, les sodas, les lagons, les pesticides et les acides gras trans ne faisaient qu’un, je revenais sur la définition même de l’obésité. Et, une fois encore, les réponses demeuraient à Bâton Rouge.

La prochaine étape me paraît évidente. La France et l’Europe, refusant de suivre l’exemple danois, opteront pour le modèle américain. À savoir, celui de l’étiquetage. Les produits porteront un jour, c’est sûr, leur taux d’acides gras trans. Comme aux États-Unis où, depuis le 1er janvier 2006, cette « information » est obligatoire.

Mais cet étiquetage n’a pas grand effet. C’est d’ailleurs pour cela qu’il ne gêne pas tellement l’industrie agroalimentaire. La preuve ? On la décèle dans le communiqué triomphant de la FDA, qui se félicite justement de l’efficacité de l’étiquetage de trans fat : « La FDA estime que trois ans après le début effectif, en janvier 2006, de l’étiquetage des acides gras trans, il devrait prévenir annuellement entre 600 et 1 200 crises cardiaques et sauver entre 250 et 500 vies ».

Entre 250 et 500 vies ? Mieux que rien, certes, mais une goutte d’eau. Car si, dans trois ans, la mention de la présence d’acides gras trans sur les étiquettes devrait sauver entre 0,25 % et 0,5 % des futures victimes de l’huile partiellement hydrogénée, autant jouer au loto.

Face au risque mortel des acides gras trans, il n’existe qu’une position acceptable à mes yeux : l’interdiction.

Les exemples du Danemark et bientôt de New York montrent qu’une fois contraints, les industriels s’adaptent, sans même augmenter le prix de vente de leurs produits.

La réponse n’est ni individuelle ni industrielle, mais politique. Et, de fait, le vainqueur de l’élection présidentielle d’avril 2007 en France devra faire un choix moral. Sous peine de voir la jeunesse française continuer à être la première victime d’un empoisonnement alimentaire fatal, connu et, jusqu’à présent, toléré.

En traitant la pandémie pour ce qu’elle était, autrement dit une épidémie à l’échelle mondiale, George Bray avait élargi le cadre de ma réflexion. Il avait démontré, comme d’autres, que la crise avait été si soudaine que la surconsommation et la sédentarisation ne parvenaient pas à l’expliquer, et qu’une fois débarrassés du dogme du « Big Two », il convenait de comprendre l’obésité comme le résultat d’une interaction entre l’homme et son environnement. Mon enquête avait tenté d’établir combien celle-ci était toxique et, de fait, dangereuse pour le genre humain.

En suivant les traces du sirop de fructose-glucose et en apprenant ses dégâts sur le cerveau humain, je m’étais approché du modèle proposé par Bray. Celui où un agent contaminant propage l’épidémie dans l’organisme.

Lorsqu’en épidémiologiste, Bray avait tenté d’établir la liste des différents agents responsables, il avait évoqué deux autres pistes. Et il fallait les explorer.

« De nombreux médicaments peuvent causer une prise de poids. Qui incluent une variété d’hormones. » Le scientifique de Bâton Rouge n’avait pas été seul à évoquer le rôle de certains médicaments dans le processus d’obésité. À Birmingham, Scott Keith, lui aussi peu convaincu par la théorie du Big Two, les avait cités dans les possibles coupables. Mieux, il avait remarqué que l’utilisation de ceux entraînant des prises de poids avait augmenté ces trente dernières années.

Bray émettait toutefois une réserve. Il ne pensait pas, sauf pour les corticoïstéroïdes, que cette consommation justifiait l’ampleur de la pandémie. Keith, lui, ne s’embarrassait pas de cette prudence.

Les deux chercheurs dressaient en tout cas la liste des produits aux effets les plus évidents. En tête, les stéroïdes, les hormones et les corticoïdes. Autant de substances injectées aux animaux élevés industriellement dont les résidus se retrouvent dans notre alimentation. Les porcs, poulets et vaches étant dorénavant les premiers consommateurs de ce type de produits, avec, par exemple, une consommation d’antibiotiques huit fois supérieure à celle des citoyens américains, on a de quoi s’inquiéter. L’explosion notée par Keith est donc liée à la naissance de l’élevage industriel. Et de fait, la présence de ces substances dans les assiettes confirme, une nouvelle fois, le rôle d’agent de propagation des bêtes qui se retrouvent sur nos tables.

George Bray, sous le terme générique de « toxines », réunit l’ensemble des produits chimiques conservés par l’organisme. Or, et c’est particulièrement terrible, les cellules de graisse sont de formidables réserves d’éléments toxiques. Où, selon ce chercheur, on a trouvé des révélateurs de goût comme le glutamate monosodique (E621) « dont les recherches animales en laboratoire ont démontré qu’il produit de l’obésité », des résidus chimiques souvent issus des pesticides utilisés dans l’agriculture moderne, voire des édulcorants intenses comme l’aspartame et différents conservateurs d’aliments.

Le constat de Bray était on ne peut plus honnête : « Distribuer des conseils de régime est insuffisant et ne devrait pas être encouragé. […] Croire que cela peut être [un problème] réglé par l’individu, c’est passer à côté de l’argument démontrant combien ces facteurs environnementaux […] produisent l’actuelle épidémie d’obésité ».

La pandémie d’obésité, et les effets dramatiques l’accompagnant, n’est cependant en rien une fatalité. Son éradication ne passera assurément pas par un appel aux vertus individuelles. Même si « manger moins et bouger plus » relève du conseil plein de sens, ce dernier est éminemment insuffisant pour répondre à la crise.

La priorité, désormais, est de traiter le cœur du problème : comment vivre et que faire d’un monde devenu toxique ?

Cela tombait bien, mon étape suivante me conduisait à y répondre. »

Lasuite …..demain

 

 

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Extrait du livre TOXIC, de William Reymond :

 » Le 4 avril 2005, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) publiait un impressionnant rapport de 216 pages consacré aux « Risques et bénéfices pour la santé des acides gras trans apportés par les aliments ». Et proposait des recommandations sur ce sujet dont les médias français commençaient enfin à se faire l’écho.

Cette étude fourmillait d’informations capitales. On y apprenait par exemple que le taux d’acides gras trans dans les aliments français contenant de l’huile hydrogénée pouvait grandement varier pour un même produit d’une marque à l’autre. Ainsi, en 1999, certaines céréales contenaient 2 % de trans lorsque d’autres atteignaient un taux de 52,1 % ! Et le même genre d’écarts se constatait dans le pain, les viennoiseries, les pâtes à pizza, les crackers, les gâteaux, les soupes déshydratées…

On découvrait aussi que, dans des proportions inverses à celles des États-Unis, la première source d’acides gras trans s’avérait de source naturelle, provenant à 60 %, des produits laitiers et de la consommation de viande rouge.

Corroborant les craintes de Willett, l’AFSSA précisait en outre que les trans fat avaient dorénavant gagné l’ensemble de l’alimentation européenne. Et que si la France se trouvait au niveau de l’Allemagne, les Pays-Bas étaient le premier pays consommateur et l’Espagne et l’Italie les derniers.

Bien évidemment, l’AFSSA confirmait leur toxicité : « L’état actuel des connaissances nous enseigne que la consommation des acides gras trans à des niveaux qui dépassent 2 % de l’apport énergétique total est associée à une augmentation significative des risques de maladies cardio-vasculaires ».

Pourtant, l’intérêt du rapport résidait ailleurs. Et concernait directement nos enfants.

Si, en France, la consommation des trans représente en moyenne 3 % des apports lipidiques et 1,3 % de l’apport énergétique total (noté AET), certaines catégories de consommateurs en absorbent beaucoup plus. Ainsi « pour les forts consommateurs de matières grasses (définis ici comme les 5 % de la population ayant la plus forte consommation), les apports en poids sont doublés : pour le sexe masculin ils sont proches de 6 g/j, pour le sexe féminin de 5 g/j (soit 2 % des AET) ». Et d’ajouter : « La tranche d’âge la plus consommatrice est celle des garçons de douze-quatorze ans avec une moyenne de 3,5 g/j et des forts consommateurs à un niveau d’apport de presque 8 g/j, soit 2,5 % de l’AET ».

En somme des adolescents qui, sans que nous ne nous en soyons rendu compte, ont réussi l’impensable : devenir malgré eux de petits citoyens américains, puisque l’AFSSA précisait que ces valeurs correspondaient aux « niveaux moyens de consommation évalués aux États- Unis ».

Et quand l’AFSSA élargit son échantillon démographique à l’ensemble des garçons entre trois et quatorze ans,elle dévoila un pourcentage qui dépassait celui « associé à une augmentation significative des risques de maladies cardio-vasculaires » !

Les principaux coupables ? Les huiles partiellement hydrogénées utilisées par l’industrie agroalimentaire dans les produits destinés aux enfants et aux adolescents. L’AFSSA précisait même que « les produits de panification industrielle, viennoiseries industrielles et biscuits, sont placés en seconde position parmi les aliments contributeurs : ils apportent […] près de 30 % » des trans totaux chez l’enfant.

Voilà qui est effrayant. Car ce rapport dessinait, il y a presque deux ans, une tendance réellement inquiétante. Celle d’une jeunesse française qui avait rattrapé les habitudes de consommation du Fat Land, ce pays où l’huile partiellement hydrogénée constitue un facteur d’obésité, de maladies cardio-vasculaires et de cancer. Ce pays où le trans tue entre 30 000 et 100 000 personnes par an.

Il ne restait donc plus qu’à se précipiter sur les recommandations concluant ce rapport alarmant… et à constater comment l’industrie agroalimentaire avait remporté une nouvelle victoire.

La suite ………….(navrante)..demain.

 

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Extrait de Toxic, le livre détonnant de William REYMOND :

« En 1994, l’étude de Walter Willett débutait par une présentation historique des acides trans gras. Où le chercheur remarquait que la « consommation d’huile partiellement hydrogénée avait énormément augmenté aux États-Unis » durant la deuxième moitié du XXe siècle. Il notait même – nous étions en 1994, rappelons-le – l’émergence d’une tendance inquiétante : « Les pays du tiers-monde connaissent actuellement une augmentation importante de l’utilisation d’huile partiellement hydrogénée […] En Inde, par exemple, une matière grasse d’origine végétale contenant 60% de trans est utilisée. […] Ces produits [sont même] devenus des ingrédients basiques de la nourriture ». Or que sait-on douze ans plus tard ? Que New Delhi connaît un taux record de crises cardiaques chez les moins de cinquante ans.

L’acide trans gras n’a pas seulement gagné le tiers- monde. Il s’est également imposé dans l’alimentation européenne.

Dans l’édition 2006 du guide Savoir manger, les docteurs Cohen et Serog notent à plusieurs reprises la présence accrue d’huile partiellement hydrogénée dans les biscuits, les pâtisseries et les pâtes à tartiner vendus en France. Ils dénoncent également le soi-disant recours bénéfique des fast-foods à l’huile de colza, en expliquant que « cette huile est hydrogénée et contient beaucoup de ces acides gras trans qui augmentent le taux de mauvais cholestérol et diminuent le taux de bon cholestérol sanguin ». À leur énumération inquiétante, il convient hélas d’ajouter d’autres produits comme les barres chocolatées, ainsi que la majorité des plats préparés, tous fortement soutenus commercialement par des campagnes publicitaires.

En fait, seuls le Danemark et le Canada paraissent avoir pris la mesure du risque. Ainsi, en 2003, le Danemark a été le premier pays à bannir l’usage de l’huile partiellement hydrogénée. Une restriction qui ne touche pas les acides gras trans issus des produits laitiers, même si le gouvernement local recommande plutôt la consommation de lait écrémé ou demi-écrémé. Hélas, malgré les tentatives de Copenhague d’obtenir l’adhésion des autres pays de l’Union à sa politique anti-trans, l’Europe ne suit pas.

En 2004, dix ans après Willett, l’Autorité européenne de sécurité des aliments émettait en effet un avis où, si elle confirmait le risque, on se contentait de recommander une baisse individuelle de la consommation.

Cette mollesse est particulièrement révoltante.

À quoi tient-elle ? Pour partie, aux pressions exercées sur les organismes de régulation, aussi bien par les politiques que les industriels. L’exemple de l’OMS est, à ce sujet, frappant. Depuis des années, l’Organisation tente de placer l’élimination des huiles partiellement hydrogénées dans le Codex. Le Codex, créé en 1963 par l’OMS et le FAO, « élabore des normes alimentaires, des lignes directrices et d’autres textes » utilisés par plus de cent cinquante pays dont les États-Unis. Mais, à cause de la Maison-Blanche, cette recommandation n’arrive pas à passer. En janvier 2004, le secrétaire à la Santé, Tommy Thompson, avait même fait le voyage à Genève, siège de l’OMS, en compagnie de représentants de l’industrie américaine, pour s’assurer que l’on ne restreigne pas les activités commerciales du secteur. À la place, le gouvernement américain préfère mettre en avant – quelle surprise ! – la nécessité d’une plus grande… responsabilité individuelle. Sensible aux « encouragements amicaux », l’OMS a donc cédé. Comme en 2003 quand l’industrie du sucre l’avait menacée de demander au Congrès américain de limiter son apport financier si elle « n’adoucissait » pas son texte sur la responsabilité du sucre dans la crise d’obésité.

Le pire, c’est que l’Europe s’aligne sur les réserves a minima et sur l’argument fallacieux des indispensables efforts de… chacun.

En effet, douze ans après Willett, la seule mesure appliquée concerne une disposition hypocrite sur l’étiquetage. Désormais le taux de trans fat est indiqué sur les produits, concession lâchée du bout de lèvres par les lobbies de la malbouffe.

Si la présence de trans fat est inférieure à 0,5 gramme, le produit peut porter la mention sans acides trans gras. Le problème – comme au Canada où la limitation s’entend pour 0,2 g – c’est que cette limitation s’entend par portion. Un paquet de biscuits contient plusieurs portions. Sans le savoir, un consommateur peut donc augmenter dangereusement sa consommation d’huile partiellement hydrogénée.

Les méthodes de l’industrie agroalimentaire made in USA ne m’étonnaient guère. Après tout, elles expliquaient l’immobilisme des autorités de ce pays, ce refus d’agir qui, d’après l’hypothèse la plus conservatrice de Willett, a, depuis 1994, entraîné la mort de 360 000 Américains, qui, si l’on calcule en partant du chiffre de 100 000 victimes par an, révèle que l’acide gras trans a tué plus d’un million de personnes entre 1994 et 2006. Bien plus que ce qu’Oussama Ben Laden ne fera jamais. Soit. Mais pour moi, le plus surprenant ne venait pas des États-Unis, mais de l’autre côté de l’Atlantique. De la France. »

La suite ………. demain.

 

 

 

 

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Une analyse des données sur les hospitalisations en Angleterre enfonce le clou à propos du problème de l’obésité. En dix ans, le nombre d’admissions liées à cette pathologie a plus que quadruplé chez les enfants.

Autrefois considérée comme un problème spécifique aux pays riches, l’obésité est une épidémie qui ne cesse de croître et frappe maintenant toutes les régions du monde.

Les enfants ne sont pas épargnés par ce mal de la vie moderne qui touche environ 3,5 % des jeunes de 3 à 17 ans en France, selon la Haute autorité de santé. L’Angleterre figure parmi les pays européens les plus atteints et compte entre 14 et 20 % d’enfants de 2 à 15 ans qui souffrent d’obésité, d’après le National Health Service (NHS).

Cette pathologie est d’autant plus inquiétante qu’elle peut provoquer de nombreuses complications médicales comme le diabète de type 2, l’asthme, l’apnée du sommeil et l’hypertension. Les femmes obèses présentent également un risque plus élevé de difficultés lors de la grossesse et de l’accouchement. Afin de tirer une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur ce problème émergent, des chercheurs anglais de l’Imperial College of London ont fait l’inventaire du nombre d’hospitalisations d’enfants obèses en Angleterre pendant dix ans. Leur étude est publiée dans la revue Plos One.

Les chercheurs  ont répertorié tous les séjours à l’hôpital liés à l’obésité de jeunes âgés de 5 à 19 ans entre 2000 et 2009. Parmi ces patients, on trouve ceux qui ont été hospitalisés pour des problèmes de santé et ceux qui viennent de subir des opérations chirurgicales pour remédier à leur surpoids.

Les résultats sont loin d’être rassurants. Près des trois quarts des admissions de jeunes obèses ne sont pas dues à la maladie elle-même, mais à d’autres problèmes comme de l’asthme ou des difficultés respiratoires. D’autre part, le nombre de visites a très nettement augmenté en 10 ans. En 2009, 3.806 enfants obèses ont été reçus à l’hôpital, contre 872 en 2000, soit plus de quatre fois plus sur une dizaine d’années !

Les adolescentes plus touchées

Les admissions sont plus fréquentes chez les filles que chez les garçons. D’autre part, le nombre d’opérations chirurgicales bariatriques destinées à restreindre l’absorption d’aliments pour limiter la surcharge pondérale est passé de 1 en 2000 à 31 en 2009.

 

 

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Samoa Air, une petite compagnie aérienne des Samoa, a annoncé la création d’une classe « XL » pour les passagers obèses qui se verront proposer des sièges plus confortables et des rampes d’accès réservées. Samoa Air était déjà à l’origine fin 2012 d’une initiative originale mais critiquée en établissant une grille tarifaire en fonction du poids du passager, destinée à s’adapter à l’obésité et à la hausse des cours du carburant. « Souvent, l’accès est difficile et une fois installés dans votre siège, vous n’avez plus de place pour les jambes », a expliqué Chris Langton, le patron de la compagnie, à la radio-télévision australienne ABC.

« Nous n’avons pas une grande flotte, mais nous voulions montrer que nous nous préoccupons de cette question », a-t-il ajouté. Les rangées en classe « XL » seront plus larges d’environ 30 centimètres. « On fait bien des tailles XL pour les chemises, les vêtements, et d’autres choses encore. (…) Le transport aérien devra s’adapter », selon lui.

 

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Les jeunes obèses auraient deux fois plus de problèmes d’audition que les adolescents du même âge. Même légers, ces troubles auditifs peuvent mener à des problèmes d’attention.

Problèmes cardiovasculaires et respiratoires, diabète, troubles musculaires… les conséquences de l’obésité sur la santé des adolescents sont nombreuses et bien connues. Mais des scientifiques américains viennent de compléter cette liste en alertant sur les risques de surdité.

Les chercheurs de l’université de Columbia, à New York aux États-Unis, ont mené une étude sur près de 1500 jeunes Américains entre 12 et 19 ans, qu’ils ont soumis à des tests auditifs. Leurs résultats, publiés dans The Laryngoscope , montrent que les adolescents les plus obèses ont davantage de problèmes d’audition que ceux de poids normal ou en surpoids. Chez l’adulte, le lien entre poids excessif et surdité a déjà été étudié, mais «c’est la première publication à montrer que l’obésité est associée à une perte d’audition chez les adolescents», déclare Anil Lalwani, professeur au département d’otolaryngologie à l’université de Columbia et auteur de l’étude.

Les chercheurs ont constaté que les adolescents obèses étaient plus touchés par les problèmes d’audition, sur toutes les fréquences audibles par l’homme, comprises entre 20 et 20.000 Hertz (Hz). Mais ils ont remarqué qu’ils étaient particulièrement concernés par les troubles d’audition des basses fréquences, inférieures à 2000 Hz. 15% des jeunes obèses présentaient une surdité unilatérale, c’est-à-dire qu’une de leurs deux oreilles n’entendait pas les sons les plus graves, contre seulement 8% des adolescents de poids normal.

80% des jeunes atteints de surdité n’en ont pas conscience.

Bien que la cause de ces troubles soit encore incertaine, les auteurs de l’étude ont observé que la perte auditive est neurosensorielle, c’est-à-dire qu’elle est due à des dommages au niveau des cellules ciliées de l’oreille interne. Ils pensent que ces lésions seraient directement causées par l’excès de tissu adipeux, qui libère des molécules inflammatoires. «Il est possible que la surdité unilatérale identifiée chez les adolescents obèses soit due à des dommages à un stade précoce, expliquent les auteurs. Avec le temps, la surdité pourrait progresser et atteindre les deux oreilles.»

Même si la plupart du temps, ces adolescents n’ont pas de problèmes pour suivre une conversation normale, ils peuvent éprouver des difficultés d’écoute lorsque plusieurs personnes parlent en même temps ou dans des endroits bruyants. Une étude danoise sur 22.000 adolescents a montré qu’une perte légère d’audition (entre 20 et 40 décibels) a des conséquences cognitives et comportementales sur les jeunes, qui ont trois points de moins aux tests de QI.

Alors que les tests auditifs sont peu pratiqués chez les jeunes, les implications pour la santé publique sont importantes, car «80% des adolescents ayant des problèmes d’audition n’en ont pas conscience, signale Anil Lalwani. Les adolescents obèses devraient donc faire des dépistages réguliers de surdité afin d’être traités de manière appropriée et éviter les problèmes cognitifs et comportementaux qui peuvent en résulter».

 

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Le magnésium protège contre le risque de maladies cardiovasculaires et de cardiopathie ischémique.

Un taux élevé de magnésium réduit la fréquence de maladies cardiovasculaires et cardiaques, en particulier les cardiopathies ischémiques. C’est la principale conclusion d’une revue de littérature réalisée par des chercheurs de Harvard et publiée en ligne dans l’American Journal of Clinical Nutrition.

La cardiopathie ischémique est une maladie causée par le rétrécissement des artères coronariennes. Elle se manifeste notamment par l’angine de poitrine ou l’infarctus du myocarde.

En France, les maladies cardiovasculaires représentent la deuxième cause de décès après les cancers.

Les chercheurs américains ont sélectionné 16 études analysant l’association entre magnésium et maladies cardiovasculaires et/ou cardiaques (cardiopathie ischémique et cardiopathie ischémique fatale). Ces travaux incluaient plus de 310000 personnes, parmi lesquelles environ 12000 souffraient d’une maladie cardiovasculaire et 7500 d’une cardiopathie ischémique. Plus de 2600 événements de cardiopathie ischémique fatale ont été répertoriés dans ces études.

Résultats : une augmentation de 0,2 mmol/L de magnésium dans le sang est associée à une réduction du risque cardiovasculaire de 30%. De même, chaque augmentation de 200 mg/jour dans l’apport de magnésium réduit de 22 % le risque de cardiopathie ischémique.

Le magnésium est un minéral surtout présent dans les os et les cellules. Essentiel à l’organisme, il intervient dans la fixation du calcium, ainsi que dans de nombreuses réactions enzymatiques. Un régime enrichi en magnésium limite les risques d’hypertension artérielle.

Les apports recommandés en magnésium s’élèvent à 300 mg/jour, un taux que la majorité des français n’atteindraient pas. Les principaux aliments riches en magnésium sont les légumes verts, les céréales complètes, les fruits frais et secs, le chocolat, les légumes secs.

Ces travaux ouvrent la voie à une possible supplémentation en magnésium en prévention des maladies cardio-vasculaires et des cardiopathies ischémiques. Un autre complément alimentaire semble intéressant pour la santé du cœur : le coenzyme Q10.

Source

Del Gobbo LC, Imamura F, Wu JH, de Oliveira Otto MC, Chiuve SE, Mozaffarian D. Circulating and dietary magnesium and risk of cardiovascular disease: a systematic review and meta-analysis of prospective studies.Am J Clin Nutr. 2013 May 29.

 

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