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diététique

Depuis la taxe que Nutella a failli payer, une campagne de communication a été faite pour montrer que la composition de Nutella était saine.

C’est faux.

La preuve en image :

l’huile de palme dans le Nutella

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Beaucoup connaissent la réaction étonnante entre le coca light et les bonbons Mentos.

Un petit rappel à ceux qui ne la connaissent pas :

reaction entre coca light et bonbons Mentos

Cette expérience pour rappeler la nocivité directe du Coca light, mais surtout sa nocivité indirecte quand il est en association avec d’autres susbstances ….

Imaginez l’effet au niveau du tube digestif……………

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Manger des fruits frais comme des myrtilles, du raisin et des pommes permettrait de réduire le risque de développer un diabète de type 2  alors que les remplacer par des jus de fruits industriels pourrait au contraire augmenter ce risque, selon une étude publiée vendredi dans le British Medical Journal.

Des chercheurs américains, britanniques et singapouriens ont compilé les données fournies par trois études américaines portant au total sur 187 383 personnes (151 209 femmes et 16 173 hommes). Après avoir éliminé toutes les personnes atteintes de diabète, de maladies cardiovasculaires et de cancers au début de ces études, ils ont étudié la consommation de fruits et de jus de fruits à partir des questionnaires remplis par les participants tous les quatre ans pendant une durée totale allant de 19 à 24 ans.

Plus de 12 000 personnes (6,5% de l’ensemble des participants) ont développé un diabète de type 2 pendant les différentes études. En pondérant avec de nombreux autres critères (âge, activité physique, ration énergétique totale, etc.) les chercheurs ont trouvé une association significative entre la consommation de certains fruits et une diminution du risque de développer le diabète. Les myrtilles arrivent en tête, suivies dans l’ordre par le raisin, les pommes, les poires, les bananes et le pamplemousse. Une consommation de ces fruits au moins deux fois par semaine réduirait le risque de diabète de 23% par rapport à ceux en consommant moins d’une fois par mois. Un bémol toutefois pour le melon et les fraises dont la consommation pourrait légèrement accroître le risque de diabète.

Celui-ci est également augmenté de 21% chez les gros buveurs de jus de fruit industriels (plus d’un grand verre par jour) par comparaison à ceux qui en boivent moins d’un verre par semaine. Les jus de fruit, relèvent les chercheurs, ont généralement un index glycémique élevé  et moins de nutriments bénéfiques que les fruits frais.

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Des chercheurs américains ont comparé les pratiques alimentaires des supporters de football d’une douzaine de villes américaines. Selon leur étude publiée par la revue Psychological Science, « la défaite augmente la consommation de gras et de sucre chez les supporters déçus ».

Les chercheurs ont comparé, chaque lundi, les résultats des matchs de la ligue de football américain (NFL) avec la consommation alimentaire de la population dans une douzaine de grandes villes.

Au final, les gens vivant dans une ville dont l’équipe a perdu pendant le week-end mangeraient environ 16 % d’aliments saturés en graisse de plus qu’à leur habitude.

Une tendance qui, selon ses auteurs, aurait tendance à s’accentuer « si elles ont perdu de façon inattendue, par une marge étroite, ou face à une équipe de force égale ». Selon les scientifiques, les personnes dont l’équipe favorite perd pourraient sentir leur identité menacée, ce qui les pousserait à manger mécaniquement. Voir son équipe gagner, pousserait en revanche les gens à la maîtrise de soi.

Les supporters des équipes gagnantes, eux, mangeraient 9 % en moins de gras saturés, comparé à leur consommation habituelle.

 

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Etrait de Toxic Food, le livre de William Reymond :

 » Le temps était venu de remonter vers la surface.

Là, où l’air est respirable.

Mais cela ne signifiait pas pour autant que j’en avais terminé.

Tout au long de l’enquête, trois questions n’avaient jamais cessé de hanter mon esprit.

En retrouvant la lumière, j’allais enfin être en mesure d’y répondre.

La première nous concerne tous puisqu’elle touche à un échec collectif.

Il ne s’agit pas de savoir comment nous avons laissé la toxic food prendre le contrôle de nos estomacs ; entre cet ouvrage et son prédécesseur, j’ai en effet suffisamment évoqué les facteurs de notre défaite. Certes, nous avons une part de responsabilité – celle d’avoir baissé la garde -, mais la meilleure volonté du monde ne peut lutter contre l’armada se dressant face à nous. En effet, comment dire non alors que les géants de la nouvelle malbouffe sont parvenus à court-circuiter notre volonté pour s’adresser directement à nos gènes et notre inconscient plutôt qu’à la raison.

Non, mon premier étonnement ne touche pas aux explications de cette Berezina mais à la mollesse de notre résistance et à notre absence d’esprit de reconquête.

Car, à bien y réfléchir, force est de constater que les informations prouvant la toxicité de la nourriture industrielle sur nos organismes ne relèvent pas des secrets impossibles à élucider. De recherches scientifiques en rapports médicaux, les preuves sont à la disposition de chacun.

Bien sûr, je sais combien, comme je l’ai raconté en détail ici, les responsables de nos maux disposent d’énormes moyens pour cacher leur responsabilité. De la confusion à la collusion, leur travail de sape a été couronné de succès. Mais à nous aussi de reconnaître notre part de responsabilité dans ce choix du laisser-faire.

Notre société semble en fait avoir plus facilement tendance à se laisser fasciner pour la mort d’un artiste ou les déboires d’un autre qu’à s’intéresser aux thèmes touchant à sa propre survie. Un constat qui renvoie au passé et à des méthodes vieilles comme le monde : n’était-ce pas pour détourner l’attention de la plèbe que les dirigeants romains avaient inventé les jeux du cirque ?

La société de distraction dans laquelle nous sombrons fait le jeu des géants de la toxic food et soulage nos hommes politiques, trop heureux de ne devoir ni trancher ni rendre des comptes.

À nous donc – c’est urgent – de retrouver l’esprit de Spartacus.

Ma deuxième interrogation trouvera, chez la plupart d’entre vous, des échos familiers. Elle touche directement à notre capacité, une fois informés des périls, à ne plus avaler – gober, serais-je tenté d’écrire – les produits de la nouvelle malbouffe.

À plusieurs reprises dans ce livre, j’ai établi le parallèle entre les industriels du tabac et ceux de la toxic food. Je vais donc y recourir une fois encore.

Au cours des années 1980, lorsque, enfin, les cigarettiers ont dû rendre des comptes à la justice, nous avons découvert ce que de nombreux scientifiques avançaient depuis longtemps sans recevoir d’écho. Parmi les substances mélangées au tabac, certaines étaient choisies pour leurs capacités à susciter un état de manque. En clair, comme n’importe quelle drogue, la cigarette était source d’accoutumance et en décrocher se révélait difficile.

Alors, disons les choses clairement : la nourriture industrielle est la cigarette du XXIe siècle.

Si nous mangeons trop et mal, si, malgré la culpabilité et nos connaissances, nous éprouvons tant de difficultés à nous nourrir autrement, c’est parce que certains ingrédients contenus dans la malbouffe jouent le même rôle que ceux autrefois mixés au tabac : nous rendre accro.

Ce genre de dépendance a été prouvé, en théorie, en… 1976. Soit trois ans avant que les époux de Rosnay donnent un premier sens au néologisme qu’ils venaient de créer. Cette année-là, Anthony Sclafani, jeune chercheur de l’université de Chicago, publiait Dietary Obesity in Adult Rats : Similarities to Hypothalamic and Human Obesity Syndromes!. Un titre guère accrocheur mais une étude fascinante. Qui débutait par un… accident.

Par inadvertance, le scientifique avait en effet laissé tomber une poignée de Fruit Loops dans la cage d’un rongeur qu’il observait. Le rat s’était précipité sur la céréale colorée fortement sucrée et l’avait dévorée immédiatement.

La rapidité du mammifère ayant étonné Sclafani – les rats sont des animaux prudents et c’était la première fois qu’il en voyait un s’avancer vers la lumière sans prendre le temps de vérifier si les lieux étaient sûrs -, celui-ci décida de reproduire l’expérience de manière plus scientifique et à plus grande échelle. Et, cette fois, sur des rats nourris régulièrement de Fruit Loops pour simuler un comportement de dépendance.

Les résultats l’étonnèrent : alors que les rats vivaient à l’abri, il suffisait qu’il dispose quelques céréales en pleine lumière pour que les rongeurs se précipitent vers elles !

Le plus étrange, c’est que cette expérience ne fonctionnait pas avec la nourriture habituellement donnée aux rongeurs. Comme si quelque chose dans les céréales déclenchait cet appétit subit. Quelque chose de suffisamment puissant pour déprogrammer le code de survie inscrit depuis toujours dans l’ADN de l’animal !

Restait une ultime étape : nourrir les rats avec d’autres aliments appartenant à ce que Sclafani nommait alors le « régime supermarché », c’est- à-dire des produits de l’industrie agroalimentaire.

De la charcuterie industrielle aux biscuits, le résultat fut le même. Ignorant les risques et leur instinct, les rats se précipitaient sans hésiter vers cette nourriture. Notre nourriture.

Mieux – enfin pire : alors que le poids du rongeur s’autorégule à hauteur de ses besoins et de sa dépense en calories, la toxic food détruisait ce garde-fou. Non seulement les rats de Sclafani devenaient obèses mais, de plus, ne pouvant s’arrêter de consommer, ils mangeaient à en crever !

Il est des analogies tellement évidentes qu’il n’est pas la peine de les écrire !

Les expériences d’Anthony Sclafani peuvent être qualifiées de preuves de laboratoires, mais certaines données instructives, elles, sont bien palpables.

En 1978, aux États-Unis, l’industrie de ce que l’on peut appeler « l’additif alimentaire » pesait 1,3 milliard de dollars. Trente ans plus tard, alors que la toxic food a terminé de coloniser nos assiettes, cette activité, en dollars constants, dépasse les six milliards de dollars.

Une explosion – comme celle de l’obésité, des cancers, des maladies cardio-vasculaires et neurologiques – spectaculaire. Unique aussi. Aucun secteur industriel existant à la fin des années 1970 et toujours présent aujourd’hui n’a connu un tel bond. Une croissance continuelle qui ne montre pas le moindre signe de ralentissement.

Additionner des ingrédients à la nourriture remonte à la nuit des temps. Le sel, d’abord, joua le rôle de conservateur pour être ensuite rejoint, durant la seconde moitié du XIXe siècle, par des produits chimiques. Cette tendance s’est accélérée à la fin de la Seconde Guerre mondiale, période marquée par d’importants progrès en chimie, puis est devenue incontournable au milieu des années 1970.

Si, dans un premier temps, l’additif servait seulement à conserver, son rôle a évolué au fil des progrès technologiques. Rapidement, l’additif est devenu un moyen de faire baisser le coût d’un produit, par remplacement d’une matière première plus chère. Par exemple, l’extrait naturel de vanille a cédé la place à un arôme de synthèse.

L’additif de couleur, parfois naturel, le plus souvent synthétique, a évolué aussi. Alors que le colorant servait plutôt à masquer la détérioration d’un produit à cause de son conditionnement, les experts du marketing de la nouvelle malbouffe ont rapidement remarqué que la couleur tenait une part importante dans la décision d’achat. Dès lors, les colorants ont envahi les boissons, les desserts, les plats préparés puis les fruits, légu-mes et même la viande. Dans Toxic, je racontais comme on obtenait un rouge uniforme pour les tomates, mais j’aurais pu tout aussi bien décrire le même processus pour la couleur des oranges et celle, oscillant entre le rose et le jaune, du poulet préemballé. Dans tous les cas, l’idée maîtresse était la même : rendre un produit appétissant en usant de tous les artifices pour qu’il corresponde aux normes créées de toutes pièces par la publicité.

Enfin, au milieu des années 1980, le secteur de l’additif alimentaire a entamé sa dernière révolution : celle du goût.

Cette branche est aujourd’hui la plus lucrative du marché de l’additif. À elle seule, elle représente un tiers des revenus générés par l’activité, soit deux milliards de dollars.

Une tendance qui ne risque pas de s’inverser, tant les chimistes du goût sont les incontournables sorciers de la toxic food.

Car, répondant de manière définitive à ma deuxième question, ils exercent une mission essentielle : créer chimiquement l’addiction.

( Lire à ce sujet, The End of Overeating où des responsables de chaînes de restaurants et des dirigeants de sociétés de conception de goût synthétique confessent la nature volontairement addictive de leurs produits.)

Comme, cinquante ans plus tôt, les fabricants de cigarettes.

Ma dernière problématique relève de l’explication. Au terme de cette enquête, j’ai démontré – je crois – que la nouvelle malbouffe nous rend mortellement malades. Certes, elle n’est pas le seul facteur de contamination mais, comme des centaines de travaux l’ont prouvé, elle en constitue la source principale.

Intellectuellement, l’analogie avec l’empoisonnement est excitante. Si la toxic food représente le venin, les maladies qu’elle crée jouent le rôle de la réaction à son intrusion dans l’organisme. Or cette réaction se trouve au cœur de ma réflexion. En effet, pourquoi notre corps réagit- il si violemment au poison ?

À mieux y songer, la réponse est évidente.

Et capitale.

En mai 2008, le département américain de l’Agriculture publia une étude comparative consacrée aux habitudes alimentaires du pays entre 1970 et 2005!.

Sans surprise, on y découvrait que la consommation des Américains avait largement augmenté au fil des années.

Mais, dans le détail, ces statistiques révélaient que la catégorie d’aliments ayant le plus progressé ces trente dernières années était celle « des graisses et de l’huile ». Soit les composants préférés de l’industrie alimentaire, puisqu’ils coûtent peu et satisfont nos papilles.

La consommation de sucres avait, elle, « seulement » augmenté de 19 %, la majorité étant désormais représentée par le sirop de fructose- glucose.

Le maïs, justement, on le retrouvait avec d’autres céréales en deuxième place sur ce podium. En trente ans, l’appétit pour ce produit avait crû de 43 %. Un chiffre qui cachait une autre vérité : ce n’était pas la consommation de produits céréaliers complets et riches en fibres et nutriments qui était responsable de ce bond mais l’explosion de l’utilisation des farines blanches, du pain raffiné aux pâtes blanchies.

Les graisses, les sucres, les farines blanches.

Soit les trois piliers de la toxic food.

Qui, lorsqu’on leur ajoute les produits laitiers, représentent plus de 72 % de nos apports caloriques quotidiens.

Le cœur du problème est là.

Dans une course éperdue en avant, nous nous alimentons principalement d’ingrédients qui n’existaient pas au paléolithique, époque où les gènes qui nous définissent encore aujourd’hui se sont formés.

L’évolution de la nourriture a en fait dépassé le rythme de notre propre évolution.

Laquelle, plus encore que ses surcharges en graisse, sel, sucre et produits chimiques, ne correspond plus à nos besoins vitaux.

Mais voilà, continuant à engouffrer des aliments qui s’opposent à la genèse même de son identité humaine, l’homo alimentus modernus s’empoisonne bouchée après bouchée.

La suite ……….. demain.

Dr BUENOS : Cet article nous montre comme le sevrage pour cette « alimentation industrielle » va être difficile ….

 

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Extrait de Toxic Food, le livre de William Reymond :

 » La nouvelle malbouffe s’est imposée sur nos tables.

Avec un prix à payer indécent.

Depuis le milieu des années 1980, la marche en avant de la toxic food a été irrésistible. Si bien qu’aujourd’hui 80 % de notre alimentation est d’origine industrielle. Des produits qui, peu à peu, transforment nos nations en armées d’obèses.

Mais les effets de la nouvelle malbouffe ne s’arrêtent pas là.

Le diabète entraîne la cécité et des risques d’amputations.

Certains cancers augmentent dans des proportions épidémiques et, avec eux, véhiculent leur lot de drames humains.

Quant aux maladies cardio-vasculaires, en plus de leur prédominance dans les causes de décès, elles testent la solidité de nos systèmes d’assurances santé.

Est-ce tout ?

Même pas.

Car, désormais, nous le savons, la toxic food détruit aussi nos cerveaux.

En août 2009, une équipe de chercheurs des universités de Pittsburgh et de Californie publia les résultats dune étude consacrée aux effets de l’obésité sur le cerveau.

Les recherches, menées sous l’autorité de Cyrus Raji et April Ho, recoururent pour la première fois à l’imagerie médicale haute définition, nouvelle technologie permettant aux scientifiques d’obtenir des images en 3-D des cerveaux du panel.

La clarté et les détails de ces images sont capitaux.

Les clichés établissent en effet de manière certaine le rapport entre l’obésité et « une dégénérescence sévère du cerveau ». Le rapport précise que « les cerveaux des sujets obèses avaient un aspect plus vieux de seize années que ceux des patients en poids de forme. Et les cerveaux de ceux en surpoids avaient une apparence plus vieille de huit années en comparaison des sujets en forme. »

Ces chiffres donnent le tournis.

Les scientifiques américains venaient ni plus ni moins de prouver que nos choix alimentaires altéraient nos cerveaux. Où, comme le notait Cyrus Raji, qu’« en plus de l’augmentation des risques de santé comme les diabètes de type 2 et les maladies cardiaques, l’obésité est mauvaise pour le cerveau ».

Si cette découverte est de taille, c’est parce qu’elle offre aussi un début d’explication à l’augmentation du nombre de personnes atteintes par la maladie d’Alzheimer.

Pourquoi ? Parce que les pertes de tissus cérébraux chez les patients obèses se produisent dans les régions touchées par la maladie, et notamment celles responsables des tâches cognitives comme la mémoire et l’organisation.

Pour Cyrus Raji, il ne s’agit en rien d’une coïncidence : « L’obésité est liée à un rapetissement des zones du cerveau qui sont également visées par Alzheimer. Cette importante perte de tissus assèche les réserves cognitives augmentant les risques d’Alzheimer et d’autres maladies attaquant le cerveau. »

D’autres maladies attaquant le cerveau…

Le chercheur avait raison: Alzheimer n’était pas le seul péril à viser nos neurones.

Et, à nouveau, la toxic food avait sa part de responsabilité.

Une fois encore, la recherche scientifique détenait les réponses à nos interrogations. Si l’étude menée par Raji et Ho était capitale parce qu elle établissait de manière formelle le lien entre obésité et dégénérescence du cerveau, celle réalisée en 2004 par Collin Pritchard permettait de mesurer l’étendue des dégâts. À la tête d’un groupe de chercheurs des universités de Bournemouth et Southampon, Pritchard a étudié l’évolution du taux de décès lié aux maladies cérébrales entre la fin des années 1970 et 1990.

Ses résultats, dans une proportion rappelant l’évolution des cancers et autres maladies liés à la nouvelle malbouffe, révèlent une forte augmentation durant les dernières décennies.

En Angleterre, le nombre de victimes de la maladie d’Alzheimer et de Parkinson a plus que triplé en vingt ans. De près de 3 000 décès annuels à la fin des années 1970, le total a franchi la barre des 10 000 à l’aube de l’an 2000.

Une hausse qui ne laisse pas l’universitaire insensible : « Cette progression est effrayante, dit-il. Il s’agit de maladies vraiment graves. Non seulement de plus en plus de personnes en sont victimes, mais elles le sont de plus en plus tôt. »

La comparaison prouve que, désormais, comme le diabète de type-2, Alzheimer et Parkinson ne sont donc plus des maladies cantonnées à la vieillesse.

Un autre point de l’étude est intéressant. Le scientifique ne s’est pas satisfait d’une comparaison des taux de décès en Grande-Bretagne. Afin de confirmer l’évolution britannique, il a effectué les mêmes calculs pour l’Australie, les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Espagne, l’Italie, le Canada et la France.

Autant de pays et autant de résultats semblables : dans la période étudiée et dans nos sociétés occidentales, les cas d’Alzheimer ont triplé et augmenté de 90% chez les femmes.

Bien entendu, un tel phénomène mérite des explications. Ce dont Pritchard ne se prive pas. Pour lui, la source environnementale du problème ne fait aucun doute. « Les causes génétiques sont à écarter car de tels changements d’ADN prendraient des centaines d’années pour reproduire cette augmentation des cas », dit-il. Dès lors, le scientifique évoque la responsabilité… de la nourriture industrielle, de ses pesticides et composants chimiques.

Afin de prouver ses dires, Pritchard cite l’exemple du Japon. Non seulement l’augmentation des cas a été plus tardive dans l’Archipel – un effet lié à la résistance importante de son mode alimentaire traditionnel – mais, comme pour les cancers, le scientifique a remarqué que, sain chez lui, le Japonais développe Alzheimer et Parkinson une fois qu’il a émigré vers l’Occident.

Dans le cas de Parkinson, un des responsables de la maladie a été identifié récemment. Il s’agit du MPTP, une substance chimique synthétique neurotoxique qui provoque les symptômes permanents de cette maladie. Or on retrouve le MPTP dans la formule du Paraquat, l’un des herbicides les plus utilisés au monde, qu’il s’agisse de la culture des céréales en passant par de nombreux arbres fruitiers comme les pommiers et les bananiers, sans oublier « les plantes destinées à la fabrication de boissons (café, thé, cacao) ». Un produit dont on connaît les risques potentiels puisque sa commercialisation vient d’être interdite en Europe à l’issue d’une longue procédure, mais dont on continue à retrouver trace dans la terre, l’eau et l’organisme.

( L’Union européenne avait (à la demande notamment de la France qui l’utilisait dans les bananeraies et sur la luzerne, et du Royaume-Uni où il est fabriqué) autorisé le Paraquat en 2003 en l’inscrivant à l’annexe I de la directive 91/414/CEE par la directive 2003/112/CE. Cette autorisation de mise sur le marché a été décidé en dépit de la toxicité de la substance pour l’homme et l’environnement. La Suède, soutenue par le Danemark, l’Autriche, et la Finlande, a alors saisi la Commission européenne. Après trois ans d’investigations complémentaires, le verdict devait être annoncé au printemps 2007. Ce n’est que le 11 juillet 2007 que le Tribunal de première instance des Communautés européennes, par l’arrêt T-229/04, a finalement annulé la directive 2003/112/CE autorisant l’usage du Paraquat dans les États membres, considérant qu’il n’avait pas suffisamment été tenu compte du lien entre le Paraquat et la maladie de Parkinson, ainsi que d’autres effets de la substance sur la santé des travailleurs et des animaux sauvages. En France, l’avis paru au Journal officiel du 4 août 2007 interdit la vente et l’utilisation du seul produit concerné : le R BIX (AMM n° 8700169), sans délais à la distribution, ni à l’utilisation des stocks existants. »

Il faut noter que la compagnie suisse Syngeta, qui fabrique le Paraquat pour la marque Gramoxone, continue sur son site Internet à mettre en avant les qualités de ce produit.

Dans le même esprit, les visiteurs attentifs du www.paraquat.com – un site référencé en tête de recherche sur Google et s’affichant comme le Paraquat Information center – remarqueront qu’il appartient à Syngenta.

Sur Internet, plus qu’ailleurs, il reste capital de vérifier la source d’une information. )

Si cette décision européenne va dans le sens des intérêts sanitaires et environnementaux, il ne faut pas oublier que le Paraquat est encore autorisé dans une centaine de pays dont le continent nord-américain -, et que, du riz aux oranges, il est utilisé pour traiter plus de deux cents types de cultures. Dont nous importons les produits consommés tout au long de l’année.

Les recherches entreprises par Collin Pritchard et ses collègues sont sans doute l’explication qui manquait au docteur Elizabeth Guillette voilà quelques années.

À la fin des années 1990, cette anthropologue avait entamé l’étude de cas d’enfants exposés aux pesticides dans la région Yaqui du Mexique.

Pensant observer les symptômes classiques liés aux phénomènes d’empoisonnement, la chercheuse américaine fut surprise de constater les dégâts occasionnés sur le développement intellectuel des enfants.

Ainsi, écrit-elle, entre quatre et cinq ans, ils sont « moins habiles à attraper une balle, signe d’une mauvaise coordination œil-main. […] Lorsqu’on leur demande de se souvenir d’un ballon offert en cadeau, plusieurs n’étaient pas en mesure de le faire et encore moins se souvenaient de sa couleur […]. Deux ans plus tard, à l’âge de six et sept ans, les enfants exposés aux pesticides continuent leur retard. Leurs dessins sont l’équivalent de ceux réalisés par des enfants de quatre ans non exposés. Leur résistance physique est faible et leur coordination pauvre. Résoudre de simples problèmes, facile pour les enfants non exposés, était très compliqué pour eux. »

Si le constat d’Elizabeth Guillette est révoltant, il résonne aussi comme un signal d’alarme vu ce qu’il signifie pour nos propres enfants.

Consciente de la portée de ses découvertes, la chercheuse conclut d’ailleurs : « Le phénomène de contamination est global. À un degré différent, chaque enfant de la planète est exposé à de nombreux pesticides. Certes, les enfants que j’ai étudiés sont très exposés à quelques toxines. Probablement plus que l’enfant américain moyen. Mais les enfants américains moyens sont, eux, exposés à de nombreuses toxines. Qui peuvent s’additionner et interagir, créant des effets que nous sommes incapables de reconnaître pour l’instant. »

Troubles de la mémoire, difficultés physiques, intelligence déficiente, maladies d’Alzheimer et Parkinson, le nombre de dangers encourus par nos cerveaux à cause des ingrédients de la nouvelle malbouffe est effrayant.

Si on y ajoute l’augmentation constante – depuis le milieu des années 1980 – des maladies du trouble du comportement chez les enfants, le « bilan cérébral » négatif de la toxic food s’avère donc à la hauteur de notre défaite : colossal.

Si certains cas sont liés à des facteurs génétiques, le rôle joué par les additifs alimentaires se précise grandement. Ainsi le site consacré au « régime » du docteur Feingold, l’un des pionniers de la théorie de la relation entre le trouble du comportement enfantin et les additifs alimentaires, liste soixante-quinze études récentes prouvant l’existence de ce lien… Et ce, malgré l’insistance de l’industrie pharmaceutique à marteler le fait qu’il s’agit d’une condition qui ne peut se traiter que par voie médicamenteuse.

La suite ……………. demain.

 

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Extrait de Toxic Food, le livre de William Reymond :

 » Nous étions en fait loin de la surface.

Aussi, pour découvrir la véritable nature du péril, fallait-il aller au-delà de la seule pandémie d’obésité, les kilos en trop devenant en somme seulement le symptôme visible d’un empoisonnement collectif.

Car, dans les profondeurs de l’océan de notre ignorance, là où l’opacité ne laisse plus passer la lumière, se terre le vrai visage de la toxic food.

Particulièrement hideux.

La nourriture industrielle crée donc des maladies. Une cohorte morbide dans laquelle défilent le diabète et ses amputations, les cancers et leurs drames, mais aussi la première cause de décès de nos sociétés modernes : les accidents cardiovasculaires.

Le lien établi entre une alimentation trop grasse, sucrée et salée et les affections de l’appareil circulatoire n’est pas nouveau. Mais, année après année, la réalité des chiffres effraie.

Au Québec, « les maladies cardiovasculaires ont été la cause de 15 948 décès en 2003, soit 29,1 % de tous les décès ». Quant à la prévalence de ces affections, elle touche 6,4 % de l’ensemble de la population de cette province âgée de vingt- cinq ans et plus.

En France, le pourcentage est légèrement plus élevé. Avec 182 000 victimes annuelles, les maladies cardio-vasculaires y représentent 32 % des causes de décès.

Un bilan humain terrible, source de multiples souffrances personnelles et familiales. Une hécatombe qui coûte aussi fort cher.

Ainsi, en France, « les coûts directs des maladies cardiovasculaires ont été estimés à 6,5 milliards d’euros par an ». Un chiffre en hausse constante et au fardeau de plus en plus difficile à assumer par la collectivité. Il faut savoir, par exemple, que les affections cardiaques représentent « 10 % environ des séjours hospitaliers et […] constituent environ 30 % des affections de longue durée prises en charge par la Caisse nationale d’assurance-maladie des travailleurs salariés ».

La tendance est similaire au Québec. Un rapport estime ainsi que les maladies cardio-vasculaires sont « l’une des raisons principales d’engorgement des urgences. Elles demeurent la catégorie de maladie la plus coûteuse sur le système de santé. » Ce genre d’affection représente même quasiment un quart des hospitalisations d’une durée moyenne de séjour supérieure à neuf jours.

Bien entendu, je n’oublie pas que, derrière ce constat économique, se trouvent surtout des drames humains. Mais cet aspect de la maladie renvoie directement aux premières pages de ce livre et aux difficultés rencontrées par Barack Obama pour créer un système de remboursement des frais médicaux destiné à l’ensemble des Américains.

La France fait donc mieux que la plupart des pays industrialisés, dont les États-Unis. Mais, de Montréal à Paris en passant par New York, la moralité de l’histoire reste la même : la conquête de nos assiettes par la nouvelle malbouffe entraîne un coût financier faramineux que nous payons tous.

Malades ou pas.

Je ne vais pas établir ici la liste des études prouvant la responsabilité – largement confirmée – de la nourriture industrielle dans les maladies cardio-vasculaires qui, même si elle n’est pas l’unique facteur de risque, est largement démontrée.

Toutefois, une étude récente prouvant que le spectre de risques balaie l’ensemble de la toxic food nécessite qu’on s’y arrête.

En février 2009, Karen Teff, chercheuse en biologie et génétique au Monell Chemical Senses Center de Philadelphie, publia les conclusions de ses nouveaux travaux sur la consommation de sirop de fructose.

Si, durant ses expériences, elle avait utilisé le produit pur, l’idée lui vint de déterminer les effets du sirop de fructose-glucose.

Le High Fructose Com Syrup (HFCS), fabriqué industriellement à partir du maïs, est, comme je l’ai très précisément expliqué dans Toxic, l’un des facteurs de la récente explosion des cas d’obésité. Or ce produit, après avoir colonisé les estomacs nord-américains, s’impose progressivement mais sûrement à l’Europe.

Karen Teff ne souhaitait pas mesurer l’impact du sirop de fructose dans la prise de poids mais son effet sur les triglycérides. Depuis 2000, et une série de recherches effectuées par John Bantle à l’université du Minnesota, nous savons en effet que le HFCS augmente le taux de lipides dans le sang et, de fait, contribue aux facteurs de risques cardio-vasculaires. Poursuivant justement dans cette voie, Teff a prouvé que la consommation, durant un repas, d’un soda sucré au sirop de fructose augmentait considérablement le taux de triglycérides dans le sang. Jusqu’à trois fois plus que la consommation de la même boisson sucrée mais sans fructose.

Ce pic ne signifie qu’une chose.

En plus de leur rôle dans l’ostéoporose en empêchant le calcium de se fixer sur les os, en plus de leur rôle dans la crise d’obésité par contournement du réflexe naturel de satiété, les boissons sucrées au sirop de fructose sont bien, désormais, un facteur de risque de maladies cardiaques.

À votre santé !

La suite …..demain.

Dr BUENOS : la malbouffe, dénominateur commun de l’obésité, du développement de certains cancers et des maladies cardio-vasculaires ?

 

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Extrait de Toxic Food, le livre de William Reymond :

 » Les pesticides, les acides gras-trans, l’acrylamide et de nombreuses autres substances chimiques présentes dans les colorants, les additifs et les conservateurs contenus dans la nouvelle mal-bouffe jouent donc un rôle essentiel dans la phase d’« insémination » du cancer.

Rappelons-le : ce n’est pas l’hérédité génétique qui constitue la première source de la maladie mais notre mode de vie. Où la toxic food tient une place essentielle.

Cette phase d’initiation n’est pourtant pas la plus importante. Notamment parce qu’elle est celle sur laquelle nous avons le moins de maîtrise. Bien sûr, reprendre le contrôle de nos assiettes ne peut qu’être bénéfique pour éviter de courir certains risques mais, comme l’écrit le professeur Campbell : « Toute la phase d’initiation peut s’effectuer en un laps de temps très court, même en quelques minutes. C’est le temps qu’il faut pour que la substance carcinogène soit ingérée, absorbée dans le sang, transportée vers les cellules, changée en substance active, mêlée à l’ADN et transmise aux cellules filles. Lorsque de nouvelles cellules filles se forment, le processus est complet : les cellules filles et leurs descendantes seront à jamais génétiquement endommagées et susceptibles de permettre au cancer de se développer. »

Et c’est précisément parce que ce processus est quasi irréversible que, nous, consommateurs, et, eux, gouvernements, devons contenir les risques d’exposition.

Avant d’évoquer la seconde période d’évolution du cancer et d’en saisir l’importance, il convient de dire quelques mots de la, troisième et dernière étape, phase la plus visible de la maladie. Et, souvent aussi, la plus dramatique.

Une fois encore, le résumé proposé par le professeur Campbell vaut mieux qu’un long discours : « La progression s’enclenche lorsqu’un groupe de cellules cancéreuses avancées augmente jusqu’au point où elles causent un dommage irréparable. Si on reprend l’analogie avec le gazon, c’est quand le gazon a tout envahi. »

Dans ce cas, selon sa nature, le cancer sera malin et envahira les tissus voisins ou, pire, métastasé lorsqu’il se répandra ailleurs dans l’organisme. Quant à « la phase terminale, elle se traduit par la mort ».

Pourquoi ce détour?

Parce qu’il correspond à l’une des motivations m’ayant poussé à écrire ce livre.

Je l’ai dit, mon but est de démontrer que les effets de la toxic food dépassent la pandémie d’obésité. Or cruellement, tragiquement même, les cancers sont l’illustration de cette vérité. De fait, évoquer le processus final de la maladie permet d’insister sur l’importance d’une alimentation saine afin d’éviter cette dernière phase.

Comprendre qu’au terme d’une vie sous le signe de la nouvelle malbouffe nous attend une mort prématurée vécue dans des conditions difficiles, sera peut-être en mesure de convaincre les moins motivés.

Enfin, la description si définitive d’un cancer en phase terminale éclaire d’une lumière crue et nouvelle l’importance des choix nutritionnels adoptés en phase de promotion. Et pour mieux s’en convaincre, il faut revenir à l’analogie avec le gazon.

Si la première étape correspond au moment où la « mauvaise » graine est plantée en terre, la phase de « promotion » est celle de la germination et de la pousse. En poursuivant cette logique, pour percer et s’étendre la semence a besoin d’une série d’événements favorables. Une combinaison d’eau, de soleil et de nutriments puisés dans la terre. Les cellules prédisposées au cancer vont agir de la même manière. Si les conditions sont rassemblées, elles vont « se multiplier jusqu’à ce qu’elles deviennent un cancer détectable à l’œil ». Bien entendu, contrairement à la phase d’initiation parfois assez soudaine, cette étape-là peut durer des années.

Une graine de gazon a besoin d’eau, de soleil et nutriments ; quels sont donc les éléments jouant le même rôle dans la phase de promotion des cancers ?

Dans une minorité des cas, comme on l’a vu, il s’agit d’un processus d’ordre génétique, Pour les autres, la responsabilité revient à notre mode de vie. Et donc, prioritairement, à la qualité de l’alimentation.

Et là, après avoir fait office de « contaminant » durant la première phase, la toxic food joue un rôle essentiel dans le développement des cancers.

Une fois encore, comment ne pas se laisser gagner par un sentiment d’impuissance teinté de profond agacement ?

De multiples études attestent que certains des ingrédients de l’alimentation industrielle sont l’engrais dont les cellules prédisposées au cancer ont besoin pour croître. Or on sait aussi que 80 % de notre alimentation provient de ce qui est la source du mal…

Depuis le début des années 1980, alors que la nouvelle malbouffe étendait son emprise sur nos tables, de nombreux scientifiques se sont mis à étudier le rôle du régime alimentaire dans le développement des cancers.

Le professeur Campbell et son équipe notamment. Travaillant sur des rats de laboratoire contaminés par la cancérigène Aflatoxine B-l1, ce groupe de chercheurs a pu démontrer que les cancers du foie de ces rongeurs évoluaient différemment selon la nourriture qu’ils recevaient. Et que plus l’alimentation de ces cobayes était riche en protéines de source animale, plus la maladie évoluait rapidement vers la troisième phase.

En 1985, toujours sous le contrôle de Campbell, les chercheurs O’Connor et Roebuck ont prouvé aussi que les lésions cancéreuses étaient plus importantes dans l’organisme des rats nourris avec une alimentation contenant 20 % d’huile de maïs.

Les protéines animales, l’huile, le gras semblaient donc un moteur essentiel de développement du cancer.

Ceci dit, comme le remarquait Campbell lui- même, ces découvertes pouvaient être discutées parce qu’elles se limitaient à l’expérimentation animale. Même si la structure ADN du rat est très proche de la nôtre, voilà qui laissait une place au doute. Une brèche qui, Campbell le savait, servirait aux géants de la toxic food pour entamer un travail de sape.

Et puis, une aide vint d’où le professeur ne l’attendait pas.

En 1980, le département de biochimie nutritionnelle que Campbell dirige à l’université Cornell d’Ithaca accueillit, dans le cadre d’un échange international, le professeur Junshi Chen, un Chinois.

Ce scientifique, alors que les travaux de Campbell se limitaient aux rats de laboratoire, proposa, via l’Académie chinoise de médecine préventive, à l’université Cornell et à celle d’Oxford de participer à la plus gigantesque étude d’épidémiologie jamais entreprise. Objectif : étudier sur une vingtaine d’années le taux de mortalité de douze types de cancer sur les populations de 65 comtés ruraux de Chine puis les comparer aux données américaines. Une première tranche de résultats, publiée en 1991, mérite, selon le New York Times, un « Grand Prix de l’épidémiologie ». L’équipe sino-américaine a prouvé combien l’apparition et le développement de certains cancers dépendaient principalement de nos choix alimentaires.

Ainsi, nos cancers modernes – prostate, sein, testicules ou côlon – apparaissaient très rarement comme causes de décès en Chine rurale, zones où la nourriture industrielle n’était pas apparue et dont la nourriture de base se composait de céréales complètes – et non raffinées comme chez nous -, de légumes, de fruits, voire, parfois, de viande maigre et de poisson. En revanche, dans les régions où le modèle occidental commençait à s’imposer, les chercheurs avaient trouvé trace de nos maux.

Une évolution confirmée par la deuxième partie du China Project, aux conclusions rendues publiques le 28 juin 2001 *. Sinistre corollaire de son émancipation capitaliste, la Chine constata qu’elle avait adopté aussi nos cancers. Désormais, dans les grandes villes, les cancers modernes avaient remplacé ceux constatés en Chine rurale. L’étude démontrait que cette évolution était liée à un changement nutritionnel majeur. Abandonnant son alimentation traditionnelle, le Chinois optait en effet pour la toxic food, ses produits trop gras, salés, sucrés et chimiques !

Un autre aspect des travaux entrepris sur les répercussions de l’alimentation ne peut être occulté.

La nouvelle malbouffe, nous venons de le voir, prépare le terrain au développement des cellules cancéreuses. Or ce phénomène – évitable avec une alimentation saine – ne concerne pas seulement les nouveaux cancers.

Les études menées par Campbell et son équipe ont en effet démontré que « le corps se souvient : si l’exposition à un carcinogène a initié un cancer demeuré latent, ce cancer peut encore revenir plus tard si on ne se nourrit pas bien ».

Je tiens à citer ces propos parce que maintes personnes rencontrées et interrogées m’ont raconté la même chose. D’abord, des réapparitions de lésions crues éradiquées. Puis, le regret – la colère aussi – de n’avoir quasiment jamais vu les traitements accompagnés de conseils nutritionnels et d’une remise en question de leur mode alimentaire. Dès lors, sans le savoir, en persistant à se nourrir essentiellement de produits industriels, ces anciens malades avaient avalé les « graines » à l’origine de leur mal.

Bien que n’ayant aucunement la prétention d’être médecin ou nutritionniste, j’espère que la lecture de ces lignes incitera d’anciens cancéreux à entamer une véritable réflexion sur le contenu de leur assiette.

Avant d’achever cette plongée dans l’univers de la toxic food et de tenter de comprendre la raison intrinsèque des effets dévastateurs de cette nouvelle malbouffe sur l’organisme, il fallait aussi évoquer un autre fléau.

La suite …..demain.

Dr BUENOS : le point de vue exprimé dans cet article est très intéressant .

 

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Extrait de Toxic Food, le fabuleux tome 2 de William Reymond sur les causes de la pandémie d’obésité :

 » Stratégies de communication, tactiques de défense, création de confusion dans l’esprit du public, déformation de la vérité, collusion avec le monde scientifique… Autant de méthodes habiles et efficaces pour brouiller les pistes et détourner les assauts.

Reste qu’une fois informé, un consommateur averti est en mesure de déceler les pièges tendus par les experts du marketing et les professionnels de la toxic food. Et ce parce que – cela ne fait aucun doute dans mon esprit – la connaissance constitue l’arme majeure de reconquête de nos assiettes.

Dès lors, il importe de répondre à une question essentielle concernant l’acrylamide : la consommation, via les chips, frites ou viennoiseries, de cette substance toxique est-elle dangereuse pour la santé ?

Cette interrogation hante Margareta Tômqvist depuis ses travaux sur les ouvriers du tunnel de Bjare. Ainsi, en 2003, résumant les connaissances relatives aux effets de l’acrylamide chez l’homme, elle notait qu’une nouvelle étude prouvait que la substance « a la capacité de créer des dommages génétiques sur les cellules de mammifères ».

Une caractéristique, nous l’avons vu, qui correspond à la première phase du cancer, celle de l’initiation. Ou, pour reprendre l’image du « gazon » chère au professeur Campbell, celle de l’ensemencement.

La communauté scientifique est d’accord sur ce premier point. En revanche, elle continue à se diviser sur l’ampleur du phénomène. Ainsi, certains considèrent peu élevées ses capacités à entraîner une mutation génétique endommageant l’ADN et déclenchant la maladie.

Sur ce point, Tômqvist répond que nous sommes face à une situation particulière dépassant le cadre d’expériences en laboratoire. Ainsi, la scientifique souligne un aspect du problème selon elle complètement sous-estimé. Et de rappeler que la « consommation fréquente d’une nourriture où la concentration d’acrylamide est élevée crée un important fardeau toxique pour la population ». Traduction : pour l’instant, personne ne s’intéresse à l’accumulation de la substance toxique dans l’organisme. Or si elle est faiblement toxique au cours d’un repas, qu’en est-il après une décennie ou plus de consommation régulière d’aliments riches en acrylamide ?

Les travaux de la scientifique suédoise ont débuté voilà plus de neuf ans. En 2002, elle a établi avec certitude, et sans que personne ne puisse le remettre en cause, que non seulement l’acrylamide se formait dans les aliments riches en glucides chauffés au-delà de 120 °C mais que la substance était aussi en mesure de susciter des cancers chez le rat… avec lequel nous partageons l’essentiel de notre ADN.

Mais il a fallu encore attendre trois ans avant que l’OMS affirme le caractère cancérigène de la substance et mette en garde contre ses éventuels risques pour la santé. Un an plus tard, en 2006, la CIAA obtenait de la Commission européenne le droit de mettre en place des mesures volontaires destinées à contenir le taux dans les produits issus de l’industrie alimentaire.

Et, trois ans plus tard, comme je viens de le démontrer, l’EFSA n’est toujours pas en mesure d’affirmer que cette politique obtient des résultats tangibles. Pire, l’organisme européen remarque – à mots couverts – que, concernant le taux d’acrylamide dans les frites, l’industrie n’a pas respecté le cadre de son engagement. Et continue à ne pas appliquer les règles de prévention permettant de limiter le risque toxique.

L’affaire de l’acrylamide rappelle par certains points celle des acides gras-trans. Rappelons-le : les problèmes suscités par l’huile partiellement hydrogénée ont été mis au jour pour la première fois en… 1956.

Confirmés en 1994, ils ont ouvert une période de recherches complémentaires puis été suivis d’opérations de recensement de sa présence dans l’alimentation avant – enfin – de voir décidées des mesures. Mesures laissées à l’appréciation de l’industrie elle-même.

Résultat ? En 2009, plus de cinquante ans après la première mise en garde, plus de quinze années après sa confirmation formelle, les acides gras-trans – dont la responsabilité dans l’« épidémie » d’accidents cardio-vasculaires et de cancers du sein est avérée – sont toujours au cœur de notre alimentation.

Mais là, osant bousculer le statu quo, certains organismes publics, pays ou municipalités, ont osé passer outre et décider l’interdiction.

Bien sûr, j’entends d’avance l’argument selon lequel faire de tels rapprochements néglige les hésitations des scientifiques. Soit. Mais, selon moi, l’incertitude ne doit jamais empêcher l’action.

Car avec l’acrylamide contenue dans certains aliments, le risque existe. Certes, il est aujourd’hui impossible de quantifier son taux, mais faudra-t-il patienter cinquante ans avant d’agir, au risque qu’il ne soit trop tard ?

Avant de connaître les conclusions de l’OMS évoquant un lien entre la substance et notre santé, Margareta Tômqvist estimait que, dans la plus basse des hypothèses, « considérant la très large fraction de cancers liés à notre alimentation », l’acrylamide pouvait contribuer à 1 % des risques de cancer.

Et si, poursuivait-elle, il n’était pas nécessaire de prendre des mesures particulières, c’est parce qu’elles existaient déjà ! Le tout étant de les appliquer, notamment à cette substance. Et d’insister sur la nécessité de mesurer attentivement ce que la consommation d’acrylamide implique chez « les groupes à risque tels que les femmes enceintes et les enfants ».

À la fin des années 1970, sous la pression de l’opinion – dont il faut saluer la précocité sur ce point -, les pouvoirs publics allemands ont adopté le Vorsorgeprinzip. Un principe de précaution les autorisant « à prendre toutes les “mesures nécessaires et raisonnables” afin de faire face à des risques éventuels, même sans disposer des connaissances scientifiques nécessaires pour en établir l’existence ».

En France, ce même principe est affirmé dans l’article L. 110-1 du Code de l’environnement, qui prévoit que les politiques de l’environnement s’inspirent du principe de précaution, « selon lequel l’absence de certitude, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l’adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l’environnement à un coût économique acceptable ».

Depuis, la jurisprudence a étendu le principe de précaution à un autre « domaine que l’environnement, celui de santé ».

Il a ainsi été utilisé pour suspendre une autorisation de mise en culture de maïs OGM ou a justifié que le ministre en charge de l’Agriculture se voit enjoint de réexaminer son refus de retirer du marché l’insecticide « Gaucho” pour avoir insuffisamment analysé les risques qu’il présentait pour les abeilles ».

Si, aujourd’hui, il n’existe pas de définition unique du principe de précaution, celle adoptée en janvier 1998 durant la conférence de Wingspread par un panel de scientifiques et de juristes internationaux fait référence. Le texte proclame que « lorsqu’une activité crée une menace sur la santé humaine ou sur l’environnement, des mesures de précaution doivent être prises même si certaines causes et effets ne sont pas entièrement prouvés de manière scientifique ».

La présence établie et la toxicité prouvée de l’acrylamide alimentaire correspondent à la définition de ce principe de précaution.

À ce titre, nos pouvoirs publics nationaux ou européens doivent contraindre l’industrie agroalimentaire à recourir aux méthodes existantes pour baisser le taux d’acrylamide de certains aliments.

Une fois encore, il est intolérable de penser que, presque dix ans après les travaux de Margareta Tômqvist et deux ans après la publication « d’instructions simples à suivre », le taux d’acrylamide des frites continue à augmenter.

Nous l’avons vu sur la question des acides gras-trans à New York : lorsque les mesures volontaires échouent, seul le poids de la loi fonctionne.

Dans un même temps, toujours selon le principe de précaution et plus particulièrement pour protéger les populations à risque comme les femmes enceintes et les enfants, nos pouvoirs publics doivent, efficacement, mettre en garde l’opinion contre les risques liés à une consommation importante de produits riches en acrylamide. Une mesure qui allierait campagne d’informations et mise en garde visible sur les étiquettes des produits.

Enfin, et puisque le processus de formation d’acrylamide est naturel, nos gouvernements doivent communiquer et informer des risques courus dans les cuisines en plus de ceux rencontrés à cause de la consommation de certains produits industriels.

Que dira-t-on si dans cinq, dix ou vingt ans, la science livre la preuve irréfutable que l’acrylamide alimentaire est une source de cancer chez l’homme et que rien n’ait été fait ?

La suite ………….demain.

Dr BUENOS : le problème soulevé est celui du principe de précaution. Concernant l’Acrylamide, il semble qu’appliquer le principe de précaution ne serait pas excessif.

C’est pourquoi dans le réseau ROSA Béziers, on demande aux patients:

  • de diminuer leur consommation de chips et de frites surgelées
  • de faire les frites à partir de pommes de terres pas trop « sucrées », en évitant les frites surgelées et en évitant une température de friture supérieure à 120°.

 

 

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Extrait de Toxic Food, le livre de William REYMOND :

 » Le dernier élément du trio des cancers modernes est celui qui bénéficie de la médiatisation la plus importante : il s’agit évidemment du cancer du sein.

Dont, là encore, la progression est phénoménale. Aux États-Unis, alors qu’une femme sur vingt était atteinte en 1960, la proportion est passée aujourd’hui à une sur trois ! Une tendance qui frappe l’Europe occidentale et l’ensemble des pays riches. En France, sa croissance annuelle depuis 1980 s’élève à 2,4 %. Un pourcentage qui s’accélère malgré « une légère pause depuis deux ans due à un moindre recours aux hormones de la ménopause », révision du protocole médical décidée après découverte que les traitements à base d’hormones de substitution pouvaient entraîner des effets secondaires, dont le cancer du sein. Malgré cette stagnation, chaque année presque cinquante mille femmes découvrent néanmoins qu’elles sont touchées par ce mal.

Il convient de s’interroger sur la portée de ces chiffres. Et de se demander si les campagnes sanitaires sont efficaces. Loin de moi l’idée de condamner la recherche, les traitements et les campagnes de dépistage précoce, mais force est d’admettre qu’aucune des politiques engagées n’est parvenue à stopper l’extension de la maladie dans l’Hexagone, au Québec, aux États-Unis comme dans l’ensemble des pays développés. Cela ne signifie-t-il pas, à nouveau, qu’il est nécessaire de mettre l’accent sur la prévention ? Car même si les cancers sont des maladies complexes dépendant de multiples facteurs, il est scientifiquement établi que la plupart tiennent à notre mode de vie. Donc qu’ils sont évitables. Voici, selon moi, l’un des défis majeurs du siècle, un défi que les pouvoirs publics ne peuvent se permettre d’ignorer. Comme je l’ai souvent entendu de la bouche de chercheurs et de malades découvrant d’où venaient les cancers, la solution réside dans la prévention !

Je viens de l’écrire : le cancer du sein est une maladie complexe. Aussi, pendant de nombreuses années, le monde scientifique a rencontré des difficultés pour en expliquer les raisons. Durant des décennies – les questions de vos médecins sont encore teintées de cette croyance-là -, on a pensé qu’il relevait d’une sorte de fatalité génétique transmise de mère en fille, génération après génération. En réalité, on s’est aperçu que la transmission génétique comptait pour très peu. Ainsi en 1993, les professeurs Graham A. Colditz et Walter Willet – celui des acides gras-trans et des vitamines – ont établi que seulement 2,3 % d’entre eux pouvaient être attribués à des antécédents familiaux !

Même si, depuis, d’autres études ont affiné ce chiffre en le relevant légèrement, la vérité est là : l’héritage génétique n’est pas – et de loin – la cause principale de ce fléau.

Alors, quelle est-elle ?

L’un des éléments de réponse, souligné par David Servan-Schreiber, tient à la nature même du sein. Le chercheur en neurosciences écrit ainsi : « C’est dans la graisse que s’accumulent de nombreux cancérigènes, y compris ceux émis par la fumée de cigarette – comme le hautement toxique benzo-[a] – pyrène, un des cancérigènes les plus agressifs que l’on connaisse. Parmi les cancers qui ont le plus augmenté en Occident depuis cinquante ans, on retrouve surtout les cancers des tissus qui contiennent ou qui sont entourés de graisse : le sein, les ovaires, la prostate, le côlon, le système lymphatique… »

La graisse agit donc comme une sorte d’aimant à substances cancérigènes, les attirant dans l’organisme, les y emprisonnant avant qu’elles n’entreprennent leur travail morbide et commencent à le détruire. Voilà qui s’avère effrayant si l’on songe à la double malédiction qu’endurent les victimes de la pandémie d’obésité. Non seulement elles souffrent mentalement et physiquement de leurs kilos en trop mais, en plus, accumulant du poids, elles offrent, en quelque sorte, aux cancérigènes le… gîte et le couvert.

Si la piste évoquée par David Servan-Screiber explique pourquoi certains cancers se développent et pas d’autres, elle ne remonte malheureusement pas aux racines mêmes du mal.

À cette énigme, la communauté scientifique répond fréquemment par un terme fourre-tout : « les facteurs environnementaux ».

Qui signifie, notamment, que la pollution ou des produits utilisés au quotidien par l’industrie chimique sont à l’origine de la maladie. Reste que, comme le rappelle sans cesse le professeur Campbell, après quarante années de recherches la première source de pollution des organismes est bel et bien l’alimentation moderne. Le scientifique fait notamment référence à la présence de pesticides dans les fruits, légumes et l’eau que nous buvons. Des engrais chimiques aux herbicides, les pesticides contiennent en effet des ingrédients reconnus comme cancérigènes.

La pollution, qu’elle soit environnementale ou contenue dans les aliments, constitue donc l’un des facteurs d’explication envisagés. Mais, une fois encore, voilà qui est bien insuffisant pour expliquer la brusque prolifération des cancers du sein.

Le premier élément d’appréciation réside dans la répartition géographique du mal. Or on constate que ce sont les pays dits riches qui sont en priorité atteints par cette maladie. Des nations où l’essentiel de la nourriture est constitué de toxic food.

Accuser la nourriture industrielle d’être coupable d’une partie des cas répertoriés est confirmé à travers une vaste étude entreprise en 2004 au Japon. En comparant des données remontant à 1959, les scientifiques japonais ont pu constater la récente augmentation des cancers du sein mais aussi, et c’est le plus important, déterminer quand, précisément, cette tendance a débuté.

La réponse est – tristement – sans surprise. Comme s’il existait un mimétisme parfait avec la pandémie d’obésité, ils ont vu que le nombre de cancers du sein avait explosé au Japon à partir du milieu des années 1980, âge d’or de la colonisation de nos assiettes par la nouvelle malbouffe !

Une autre étude, plus importante encore, est à même d’emporter la conviction des plus sceptiques et de ceux qui ne sentent pas concernés. Une étude effectuée en France.

En avril 2008, L’American Journal of Epidemiology publie les conclusions du suivi médical et scientifique réalisé pendant treize ans sur 19 934 femmes françaises. Ce travail, entrepris par des chercheurs de l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif et de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), est une première. En effet, désireux de comprendre les raisons présidant à l’explosion du nombre de cancers du sein, les scientifiques ont mesuré le rôle joué par différents ingrédients alimentaires.

Leurs conclusions dénoncent la toxic food. Et plus particulièrement l’un de ses ingrédients phares : l’acide gras-trans !

En 2007, plusieurs pages de Toxic étaient consacrées aux dangers de l’huile partiellement hydrogénée. En partant de l’exemple américain, où elle est mise souvent à l’insu du consommateur dans plus de 40 % des produits constituant la nouvelle malbouffe, j’avais démontré que l’Europe en général et la France en particulier subissaient à leur tour l’invasion. N’en voyait-on pas la trace dans les plats préparés, les biscuits, les barres chocolatées, les céréales, les pâtes à pizza, les viennoiseries, les soupes déshydratées… ? Une extension d’autant plus déplorable que, depuis 1994, le rôle mortel des acides gras-trans a été établi de manière formelle en Amérique du Nord où ils tuent chaque année près de 100 000 personnes.

Cependant, la nouveauté de l’étude française ne réside pas dans le fait de se pencher sur le rôle de l’huile partiellement hydrogénée dans les accidents cardio-vasculaires, mais d’y voir un facteur de risque du cancer du sein. Or les résultats obtenus sont implacables. Primo, la probabilité de contracter un cancer du sein augmente en cas de consommation d’huile partiellement hydrogénée. Et ce, secundo, dans des proportions considérables. Ainsi, les femmes adeptes de la nourriture industrielle, principale source d’acides gras-trans, courent-elles deux fois plus de risques d’être atteintes de ce mal.

Une découverte qui incite l’équipe française à conclure : « Nous ne pouvons que recommander une diminution de la consommation des produits contenant des acides gras-trans d’origine industrielle. Les acides trans devraient être clairement indiqués sur l’étiquetage des produits qui en contiennent. »

Si, une fois encore, je peux comprendre la prudence de langage affichée par le corps scientifique – surtout, comme c’est le cas ici, dans la mesure où il est rattaché à un établissement public de recherche -, je ne suis pour ma part tenu à aucun devoir de réserve.

Or que constate-t-on : qu’un produit dont la toxicité est établie de manière officielle depuis maintenant quinze ans continue d’être commercialisé.

Qu’on s’en souvienne, cette année-là, suivant les conclusions du professeur Willett, la très prestigieuse National Academy of Sciences devait recommander aux Américains de ne pas consommer d’huile partiellement hydrogénée. Mieux, dorénavant, nous savons qu’en plus d’une responsabilité majeure dans les accidents cardio-vasculaires ce produit augmente considérablement les risques de cancer du sein. Un rôle qui ne paraît pas se cantonner à cette seule forme de maladie puisque, depuis la parution du rapport français, d’autres scientifiques étudient les effets des acides gras-trans dans des cancers différents, certaines conclusions préliminaires tendant à prouver que le produit phare de la nourriture industrielle fait vraiment office de multiplicateur de risques.

Et bien, malgré ces accusations, malgré sa responsabilité attestée dans la pandémie d’obésité, les maladies cardio-vasculaires et maintenant les cancers, rien ou presque n’a été entrepris pour limiter sérieusement le recours aux huiles partiellement hydrogénées.

Que dire de l’étiquetage alors ?

La suggestion de l’équipe de chercheurs français va dans le sens des conclusions d’un rapport de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) dont je fustigeais déjà la mollesse dans les pages de Toxic. Car l’étiquetage, solution appréciée par l’industrie agroalimentaire puisque moins contraignante, n’a quasi aucun effet sur les consommateurs !

Il s’agit d’un coup d’épée dans l’eau en vérité, tant les géants de la nouvelle malbouffe ont trouvé le moyen de contourner ce mince obstacle. D’abord, ils peuvent se cacher derrière les « erreurs de calcul » et les « marges d’erreurs », officiellement tolérées et qui permettent à un produit d’afficher qu’il ne contient pas d’acides gras-trans dès lors… qu’il en contient moins de 3 %. Et puis, il y a le fameux astérisque qui signifie qu’un aliment en contient peu – ou pas – par portion. Or, comme chaque fabricant est libre de déterminer la taille de ses portions, il arrive qu’un repas préparé pour une personne soit présenté comme l’équivalent d’un tiers de portion réelle. Le consommateur, rassuré par l’étiquette, avalera donc le contenu de son assiette sans inquiétude alors qu’elle recèle trois fois 3 % d’huile partiellement hydrogénée.

Résultat ? Aux États-Unis, ce système a été mis en place depuis plus de quatre ans mais la Federal Drug & Administration (FDA) estime que la mention indiquée sur un produit sauve seulement « entre 250 et 500 vies par an ». Une goutte d’eau lorsqu’on sait que le nombre global de victimes de l’huile partiellement hydrogénée s’élève – hors cancer ! – à 100 000 personnes chaque année.

Le Canada a été le premier pays au monde à adopter l’étiquetage obligatoire des gras-trans.

Reste la solution généralement préconisée par les pouvoirs publics : « Encourager les industriels à diminuer les teneurs en acides gras dans leurs produits. »

Au lieu de poursuivre dans cette voie, l’Europe et la France – où, selon les chiffres de l’AFSSA, les adolescents consomment autant d’acides gras- trans que le teenager américain – feraient bien de prendre note du récent échec d’une telle méthode au Canada.

En juin 2007, Tony Clement, ministre de la Santé du Canada, lançait un plan fédéral contre les gras-trans d’origine industrielle présents dans la chaîne alimentaire du pays. Et, à ce titre, invitait l’industrie agroalimentaire à bannir l’huile partiellement hydrogénée d’ici 2009.

Cet appel au volontariat fut une surprise puisque le rapport de recherches sur lequel le ministre fondait son plan « l’avait rejeté catégoriquement […] » citant l’exemple du Danemark où les gras- trans n’avaient, en pratique, été éliminés de l’alimentation qu’à partir du moment où une réglementation contraignante avait été adoptée, après des « années de vœux pieux ».

Mais voilà, le ministre canadien avait été sensible aux sirènes de différents lobbies, dont les pressions du gouvernement des États-Unis parce que son industrie alimentaire risquait de connaître des problèmes si le « remplacement des gras- trans était rendu obligatoire ».

Deux ans plus tard, il est temps de dresser un bilan.

Celui de Georges Honos est on ne peut plus clair. Le cardiologue et porte-parole de la Fondation des maladies du cœur réclame « devant le peu de progrès réalisé […] l’adoption d’une réglementation par le gouvernement fédéral ». Et, selon la presse, il demande que la présence de « gras-trans soit clairement identifiée sur les emballages et que le niveau acceptable pour chaque aliment soit déterminé. Il désire également que des pénalités soient prévues pour punir les compagnies qui contreviendraient à la réglementation. »

« Devant le peu de progrès réalisé… », l’expression a le mérite de la franchise.

De Montréal à New York en passant par Copenhague, le refrain est donc toujours le même. S’ils ne sont pas contraints, par un cadre de loi restrictif, à changer, les géants de la toxic food continuent à nous empoisonner.

Dès lors, l’huile partiellement hydrogénée, que nous consommons tous les jours sans même nous en rendre compte et dont le rôle comme facteur de risques de l’obésité, des maladies cardio-vasculaires et du cancer du sein est prouvé, ne doit pas attendre de notre part la moindre mansuétude. Il faut l’interdire. »

La suite ……….. demain.

Dr BUENOS :  Je suis d’accord pour demander l’interdiction d’utiliser des huiles partiellement hydrogénées au moins pour certaines catégories d’aliments. Cette interdiction peut elle voir le jour, si les consom-acteurs que nous sommes ne se mobilisent pas ? C’est peu probable compte-tenu des intérêts qui sont en jeu.

 

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