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Extrait de Toxic Food, le fabuleux tome 2 de William Reymond sur les causes de la pandémie d’obésité :

 » Stratégies de communication, tactiques de défense, création de confusion dans l’esprit du public, déformation de la vérité, collusion avec le monde scientifique… Autant de méthodes habiles et efficaces pour brouiller les pistes et détourner les assauts.

Reste qu’une fois informé, un consommateur averti est en mesure de déceler les pièges tendus par les experts du marketing et les professionnels de la toxic food. Et ce parce que – cela ne fait aucun doute dans mon esprit – la connaissance constitue l’arme majeure de reconquête de nos assiettes.

Dès lors, il importe de répondre à une question essentielle concernant l’acrylamide : la consommation, via les chips, frites ou viennoiseries, de cette substance toxique est-elle dangereuse pour la santé ?

Cette interrogation hante Margareta Tômqvist depuis ses travaux sur les ouvriers du tunnel de Bjare. Ainsi, en 2003, résumant les connaissances relatives aux effets de l’acrylamide chez l’homme, elle notait qu’une nouvelle étude prouvait que la substance « a la capacité de créer des dommages génétiques sur les cellules de mammifères ».

Une caractéristique, nous l’avons vu, qui correspond à la première phase du cancer, celle de l’initiation. Ou, pour reprendre l’image du « gazon » chère au professeur Campbell, celle de l’ensemencement.

La communauté scientifique est d’accord sur ce premier point. En revanche, elle continue à se diviser sur l’ampleur du phénomène. Ainsi, certains considèrent peu élevées ses capacités à entraîner une mutation génétique endommageant l’ADN et déclenchant la maladie.

Sur ce point, Tômqvist répond que nous sommes face à une situation particulière dépassant le cadre d’expériences en laboratoire. Ainsi, la scientifique souligne un aspect du problème selon elle complètement sous-estimé. Et de rappeler que la « consommation fréquente d’une nourriture où la concentration d’acrylamide est élevée crée un important fardeau toxique pour la population ». Traduction : pour l’instant, personne ne s’intéresse à l’accumulation de la substance toxique dans l’organisme. Or si elle est faiblement toxique au cours d’un repas, qu’en est-il après une décennie ou plus de consommation régulière d’aliments riches en acrylamide ?

Les travaux de la scientifique suédoise ont débuté voilà plus de neuf ans. En 2002, elle a établi avec certitude, et sans que personne ne puisse le remettre en cause, que non seulement l’acrylamide se formait dans les aliments riches en glucides chauffés au-delà de 120 °C mais que la substance était aussi en mesure de susciter des cancers chez le rat… avec lequel nous partageons l’essentiel de notre ADN.

Mais il a fallu encore attendre trois ans avant que l’OMS affirme le caractère cancérigène de la substance et mette en garde contre ses éventuels risques pour la santé. Un an plus tard, en 2006, la CIAA obtenait de la Commission européenne le droit de mettre en place des mesures volontaires destinées à contenir le taux dans les produits issus de l’industrie alimentaire.

Et, trois ans plus tard, comme je viens de le démontrer, l’EFSA n’est toujours pas en mesure d’affirmer que cette politique obtient des résultats tangibles. Pire, l’organisme européen remarque – à mots couverts – que, concernant le taux d’acrylamide dans les frites, l’industrie n’a pas respecté le cadre de son engagement. Et continue à ne pas appliquer les règles de prévention permettant de limiter le risque toxique.

L’affaire de l’acrylamide rappelle par certains points celle des acides gras-trans. Rappelons-le : les problèmes suscités par l’huile partiellement hydrogénée ont été mis au jour pour la première fois en… 1956.

Confirmés en 1994, ils ont ouvert une période de recherches complémentaires puis été suivis d’opérations de recensement de sa présence dans l’alimentation avant – enfin – de voir décidées des mesures. Mesures laissées à l’appréciation de l’industrie elle-même.

Résultat ? En 2009, plus de cinquante ans après la première mise en garde, plus de quinze années après sa confirmation formelle, les acides gras-trans – dont la responsabilité dans l’« épidémie » d’accidents cardio-vasculaires et de cancers du sein est avérée – sont toujours au cœur de notre alimentation.

Mais là, osant bousculer le statu quo, certains organismes publics, pays ou municipalités, ont osé passer outre et décider l’interdiction.

Bien sûr, j’entends d’avance l’argument selon lequel faire de tels rapprochements néglige les hésitations des scientifiques. Soit. Mais, selon moi, l’incertitude ne doit jamais empêcher l’action.

Car avec l’acrylamide contenue dans certains aliments, le risque existe. Certes, il est aujourd’hui impossible de quantifier son taux, mais faudra-t-il patienter cinquante ans avant d’agir, au risque qu’il ne soit trop tard ?

Avant de connaître les conclusions de l’OMS évoquant un lien entre la substance et notre santé, Margareta Tômqvist estimait que, dans la plus basse des hypothèses, « considérant la très large fraction de cancers liés à notre alimentation », l’acrylamide pouvait contribuer à 1 % des risques de cancer.

Et si, poursuivait-elle, il n’était pas nécessaire de prendre des mesures particulières, c’est parce qu’elles existaient déjà ! Le tout étant de les appliquer, notamment à cette substance. Et d’insister sur la nécessité de mesurer attentivement ce que la consommation d’acrylamide implique chez « les groupes à risque tels que les femmes enceintes et les enfants ».

À la fin des années 1970, sous la pression de l’opinion – dont il faut saluer la précocité sur ce point -, les pouvoirs publics allemands ont adopté le Vorsorgeprinzip. Un principe de précaution les autorisant « à prendre toutes les “mesures nécessaires et raisonnables” afin de faire face à des risques éventuels, même sans disposer des connaissances scientifiques nécessaires pour en établir l’existence ».

En France, ce même principe est affirmé dans l’article L. 110-1 du Code de l’environnement, qui prévoit que les politiques de l’environnement s’inspirent du principe de précaution, « selon lequel l’absence de certitude, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l’adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l’environnement à un coût économique acceptable ».

Depuis, la jurisprudence a étendu le principe de précaution à un autre « domaine que l’environnement, celui de santé ».

Il a ainsi été utilisé pour suspendre une autorisation de mise en culture de maïs OGM ou a justifié que le ministre en charge de l’Agriculture se voit enjoint de réexaminer son refus de retirer du marché l’insecticide « Gaucho” pour avoir insuffisamment analysé les risques qu’il présentait pour les abeilles ».

Si, aujourd’hui, il n’existe pas de définition unique du principe de précaution, celle adoptée en janvier 1998 durant la conférence de Wingspread par un panel de scientifiques et de juristes internationaux fait référence. Le texte proclame que « lorsqu’une activité crée une menace sur la santé humaine ou sur l’environnement, des mesures de précaution doivent être prises même si certaines causes et effets ne sont pas entièrement prouvés de manière scientifique ».

La présence établie et la toxicité prouvée de l’acrylamide alimentaire correspondent à la définition de ce principe de précaution.

À ce titre, nos pouvoirs publics nationaux ou européens doivent contraindre l’industrie agroalimentaire à recourir aux méthodes existantes pour baisser le taux d’acrylamide de certains aliments.

Une fois encore, il est intolérable de penser que, presque dix ans après les travaux de Margareta Tômqvist et deux ans après la publication « d’instructions simples à suivre », le taux d’acrylamide des frites continue à augmenter.

Nous l’avons vu sur la question des acides gras-trans à New York : lorsque les mesures volontaires échouent, seul le poids de la loi fonctionne.

Dans un même temps, toujours selon le principe de précaution et plus particulièrement pour protéger les populations à risque comme les femmes enceintes et les enfants, nos pouvoirs publics doivent, efficacement, mettre en garde l’opinion contre les risques liés à une consommation importante de produits riches en acrylamide. Une mesure qui allierait campagne d’informations et mise en garde visible sur les étiquettes des produits.

Enfin, et puisque le processus de formation d’acrylamide est naturel, nos gouvernements doivent communiquer et informer des risques courus dans les cuisines en plus de ceux rencontrés à cause de la consommation de certains produits industriels.

Que dira-t-on si dans cinq, dix ou vingt ans, la science livre la preuve irréfutable que l’acrylamide alimentaire est une source de cancer chez l’homme et que rien n’ait été fait ?

La suite ………….demain.

Dr BUENOS : le problème soulevé est celui du principe de précaution. Concernant l’Acrylamide, il semble qu’appliquer le principe de précaution ne serait pas excessif.

C’est pourquoi dans le réseau ROSA Béziers, on demande aux patients:

  • de diminuer leur consommation de chips et de frites surgelées
  • de faire les frites à partir de pommes de terres pas trop « sucrées », en évitant les frites surgelées et en évitant une température de friture supérieure à 120°.

 

 

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