Extrait de Toxic, le livre de William Reymond que je vous engage à lire :
» Impossible de la rater : la file d’attente était imposante. C’était même la plus longue de toute la State Fair.
Depuis 1886, chaque année, Dallas accueille une foire régionale inspirée par l’Exposition universelle. Là, pendant vingt-quatre jours, entre les concessionnaires de voitures, les manèges et les concours agricoles, des centaines de milliers de Texans se bousculent pour… manger. Or, avec un peu plus de deux cents stands, ce n’est pas le choix qui manque. L’attrait des Américains pour la nourriture est fascinant quand il ne vire pas au répulsif. Pour certains, manger – bâfrer pourrait-on écrire – est presque devenu une occupation à plein temps. Quel que soit le lieu – 19 % des repas sont consommés en voiture -, le moment – la presque totalité des chaînes de fast-food restent ouvertes 24 heures sur 24 -, l’Américain éprouve le besoin de satisfaire les exigences de son estomac. Et plus encore au Texas, là où on prétend que tout est plus grand qu’ailleurs.
Abel Gonzales a parfaitement saisi l’intérêt financier de l’obsession du remplissage de ses compatriotes. Ingénieur informaticien, il prend ses vacances pendant la State Fair. Non pour venir la visiter mais pour y tenir un stand de beignets.
Pas n’importe lesquels toutefois. Habile commerçant, il a compris qu’afin de sortir du lot, il fallait innover. Aussi, en 2005, il obtient son premier gros succès avec des sandwiches au beurre de cacahuète… assez spéciaux. Agrémentés de confiture et de morceaux de banane, l’ensemble était frit. Sa création, à faire pâlir d’envie le fantôme goulu d’Elvis Presley, fut si remarquée que le succès vint au rendez-vous.
Mais l’enthousiasme resta sans commune mesure avec celui de l’édition 2006. Après des mois d’élaboration, Gonzales est en effet parvenu à marier deux péchés mignons de l’Amérique : la friture et le Coca-Cola. En soi, la recette est simple, mais, comme toute invention à succès, il fallait être le premier à y penser.
Gonzales prépare d’abord une pâte à frire aromatisée au Coca-Cola et à la fraise. Il jette ensuite les petits beignets dans l’huile bouillante. Une fois cuites, les boulettes sont copieusement arrosées de sirop de Coca-Cola, celui-là même utilisé dans les bars et restaurants où on le mélange à de l’eau gazeuse. Un peu de cannelle en poudre, de la crème chantilly et une cerise confite concluent la préparation !
En bouche, l’ensemble est agréable pour qui aime les beignets. Le tout est sucré et il faut même être un vrai connaisseur pour y déceler le goût du soda. Mais peu importe, l’idée plaît et fait des ravages. À tel point que Gonzales a remporté le prix de l’invention la plus innovante. Une confirmation du rôle avant-gardiste de la State Fair de Dallas puisqu’en 1942, c’était déjà ici qu’avait été mise au point l’une des trouvailles culinaires les plus populaires de l’Amérique : le com-dog. Une saucisse enroulée dans une pâte au maïs, puis plantée sur un bâton avant d’être trempée dans de l’huile bouillante.
En vingt-quatre jours, Gonzales a vendu 35 000 portions de sa friture au Coca-Cola. À 4,50 dollars l’unité, il a empoché 157 500 dollars. Si on lui demande de confirmer le prix de revient, estimé à quelques cents, Gonzales, cet informaticien malin, se contente de sourire.
Au-delà des 6 500 dollars gagnés par jour, une autre question m’intéresse : celle du nombre de calories contenues dans son mélange dévoré en quelques minutes. Là encore, « l’inventeur » refuse de répondre. « Il est, dit-il, ici question de plaisir, d’enfance, de nostalgie, de rêve américain. Pas de nutrition. » Peut-être a-t-il raison…
Reste que le tour de taille moyen de son public suscite le malaise. Le Coca-Cola frit fait le bonheur d’un public déjà largement obèse, où les enfants sont nombreux. A mon sens, l’invention de Gonzales dépasse au bas mot les 600 calories. Quand on sait que l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) recommande une consommation moyenne quotidienne de 2 500 calories pour un homme actif moyen et de 2 000 pour une femme, on mesure l’ampleur du problème. « Mes » beignets de la State Fair représentent donc au minimum 25 % des apports caloriques journaliers d’un homme et un tiers de ceux d’une femme.
En 2004, Dallas, Houston, San Antonio, Arlington et Fort Worth, des agglomérations situées au Texas, occupaient la tête du classement des dix villes les plus « grosses » des États-Unis. Le palmarès, établi par le magazine sportif Men’s Fitness, compile différentes informations comme le nombre de crises cardiaques, de restaurants, de fast-foods, de voitures par habitant, de kilomètres de pistes cyclables, d’installation sportives publiques…
L’omniprésence du Texas ne constitue en rien une surprise. Dans l’État de George W. Bush, on estime que 25,8 % de la population est obèse. Et lorsque l’on ajoute les personnes en passe de le devenir, la statistique atteint la barrière phénoménale des deux tiers .
Le Coca-Cola frit d’Abel Gonzales ne pouvait que rencontrer une foule d’adeptes. Et son succès, se propageant au reste du pays comme un feu de forêt, était le point de départ idéal pour mon enquête.
la suite ….. demain.
A cette occasion, je commencerai à vous faire partager la passionnante enquête de William Reymond , et les déductions qu’il en tire au fur et à mesure …..
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Le Centre de traitement du stress et de l’anxiété (CTSA) de Lyon propose un traitement pour venir à bout de la « nomophobie », l’addiction au téléphone portable.
Dans ce centre, la peur de ne plus avoir son téléphone portable est considérée comme une pathologie dont les conséquences peuvent être dommageables.
« Au départ, les patients ne viennent pas forcément consulter pour cela, mais nous constatons ensuite leur addiction à leur mobile, explique Stéphanie Bertholon, psychologue clinicienne au CTSA. C’est un peu comme avec le tabac ou l’alcool, le besoin de consulter son smartphone devient irrépressible. Le téléphone se transforme alors en un prolongement de soi-même et le nomophobe éprouve une sensation de mal-être s’il ne peut pas consulter ses textos, ses mails ou ses autres notifications immédiatement. »
Le traitement proposé par cette psychologue dure 21 jours. « C’est le temps dont le cerveau a besoin pour modifier les habitudes comportementales », précise-t-elle.
Pour guérir, le patient devra admettre qu’il a un problème, puis se montrer motivé pour changer le rapport qu’il entretient avec son portable. « Le nomophobe est soumis à son smartphone. Nous l’aidons, par des exercices pratiques, à redevenir maître de l’objet », explique Stéphanie Bertholon.
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Extrait de Toxic, livre de William Reymond, que je conseille de lire :
» Imaginez un pays peuplé comme la France. 60 millions d’habitants donc, qui auraient une seule particularité : celle d’être trop gros.
Cette entité géographique fictive existe. 60 millions d’obèses ? Bienvenue dans l’ex-Empire du milieu. Depuis novembre 2006, la Chine détient ce triste record. Alors que la population chinoise a été longtemps considérée comme ayant le mode alimentaire le plus équilibré de la planète, elle est désormais au bord de l’implosion. L’obésité et la surcharge pondérale touchent même un Chinois sur cinq. Le calcul fait tourner la tête… Il s’agit bien de 215 millions de personnes ! Parmi elles, 160 millions souffrent d’hypertension et 20 millions sont atteintes du diabète. Et là-bas, particularisme local, la pandémie touche plus particulièrement les garçons.
Selon une étude publiée le 19 août 2006 par le British Medical Journal, plus de 10 millions d’enfants chinois entre sept et dix-huit ans sont aujourd’hui obèses. En 2000, ils étaient « seulement » 4 millions !
La Chine est donc passée à l’ère de l’obésité. Une information fâcheuse pour le gouvernement communiste qui, à la veille des Jeux olympiques de 2008, souhaite présenter ses citoyens comme les plus sportifs de la planète. Mais voilà, une promenade dans les rues de Pékin et de Shanghai dévoile une autre réalité. Celle où les cliniques pour enfants obèses se multiplient au rythme de l’élargissement du tour de taille de la population !
La Chine n’est en rien une exception. L’ensemble du bassin asiatique se voit frappé par l’épidémie. Ainsi, depuis 2002, le Viêtnam doit faire face à une situation particulière loin d’être unique. Si à Hanoi une partie de la population souffre d’obésité, dans certaines campagnes la malnutrition demeure un grave problème. À côté, en Thaïlande, le taux d’obésité des cinq-douze ans est passé de 12,2 % à 15,6 % en… à peine deux ans !
Le Japon est également atteint. Depuis 1982, le nombre d’obèses a augmenté de 100 %. Là aussi, comme en Chine, les enfants et les adolescents sont les premières victimes. Situation identique aux Philippines où 5 % de la population est considérée comme obèse. Si l’on ajoute les personnes en situation de surcharge pondérale, c’est même un tiers de l’archipel qui est touché. On retrouve des proportions similaires en Nouvelle-Zélande et en Australie. Dans les villes mais aussi dans des endroits bien plus reculés puisque, pour la première fois en 2004, on relevait une augmentation importante des cas d’obésité au sein des tribus aborigènes. Reste que l’exemple le plus frappant de la zone pacifique concerne les îles Tonga. Là, en Polynésie, c’est plus de 60 % de la population qui endure la pandémie.
Et l’Inde, l’autre État-continent ? Alors que le pays peine à lutter contre les effets de la malnutrition en milieu rural, les grandes villes comme New Delhi comptent désormais un taux d’obésité dépassant les 10 % parmi les quatorze-vingt-quatre ans. Et l’hypertension entraîne une inquiétante augmentation de la fréquence des crises cardiaques chez les moins de cinquante ans.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’Afrique n’est en rien épargnée par le mal. En Zambie, 20 % des enfants âgés de quatre ans sont obèses. Un pourcentage conséquent que l’on constate encore au Maroc et en Égypte, où il est même légèrement supérieur. D’une manière générale, au Moyen-Orient, de Beyrouth à Bagdad, c’est en fait un quart de la population qui se retrouve obèse ou en surpoids.
Mais le vrai drame se joue au sud, en Afrique noire, où ce fléau et son cortège de maladies font des ravages. Non, il ne s’agit pas d’une erreur. Je viens bien d’associer l’impossible : obésité et Afrique. Et il ne faut pas se méprendre, la pandémie sur le continent africain ne signifie en rien que les problèmes de malnutrition sont réglés. On continue à mourir de faim là-bas, mais, écœurante nouveauté, on y meurt également en mangeant trop ou mal ! L’information dérange notre mode de pensée mais certains pays du continent noir comptent trois fois plus d’obèses que d’individus souffrant de malnutrition. Et, comme ailleurs, la tendance n’est en rien prête à s’infléchir.
Car l’Afrique est maudite. Agonisant sous la faim, exsangue depuis la tragédie du sida, le continent est désormais victime d’une nouvelle « plaie ».
En 2004, l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, plus communément connue sous le terme générique FAO, publiait un rapport dramatique qui démontrait que les femmes enceintes souffrant de malnutrition accouchaient plus fréquemment d’enfants sûrs de devenir de futurs… obèses. Une incongruité ne provenant pas d’une étrangeté de la nature mais de notre héritage génétique. Parce que les bébés africains naissent avec un métabolisme programmé pour « stocker » le maximum de nourriture. Alors que la malnutrition recule, cette sorte d’assurance survie glissée dans l’ADN se retourne contre son porteur en le condamnant à l’extrême contraire.
Des mères souffrant de faim donnant la vie à une prochaine génération de gros. Toute l’absurdité de notre monde est là… Toute l’absurdité et la douleur de l’Afrique aussi !
Bien évidemment, de Paris à Bruxelles, de Londres à Prague, de Berlin à Amsterdam, de Rome à Lausanne, de Madrid à Sofia, la pandémie est aussi solidement installée en Europe. En France, la dernière enquête Obepi confirme qu’en 2006 l’obésité continue de progresser. Et que, désormais, au-delà des enfants et adolescents, c’est l’ensemble des générations qui sont atteintes. Une situation soulignée par Marie-Aline Charles : « C’est saisissant. Chaque génération a une prévalence supérieure à la précédente. Et ce, quelle que soit la génération. À chaque fois cela progresse : si on observe les générations nées en 1920, 1930, 1940, il y a déjà cette progression. Il faut absolument infléchir la trajectoire, car autrement on va arriver au taux de 30 % que connaissent les États- Unis3 ».
Désormais, donc, 5,9 millions de citoyens français sont obèses. Afin de saisir l’aspect foudroyant de la pandémie, il faut retenir une donnée cruciale : voilà à peine neuf ans, on en comptait 2,9 millions de moins. Oui, au rythme de plus de 320 000 par an, le nombre d’obèses dans l’Hexagone a quasiment doublé entre 1997 et 2006 !
En Italie, 8 % de la population est atteinte. En Allemagne, la proportion passe à 12 %. La Grande-Bretagne, quant à elle, se dispute la première place avec la Bulgarie. Le quart des habitants de ces deux États est désormais obèse. Si l’on ajoute les personnes en surpoids, on glisse vers une situation à l’américaine où celles proches de ce qu’on appelle leur « poids de forme » ne forment désormais plus qu’une minorité.
Asie, Pacifique, Afrique, Europe, il reste à jeter un œil sur l’Amérique. Pas celle où est née l’épidémie, mais le continent américain. Et ce en commençant par le sud. Où il n’y a pas de miracle. L’ensemble du territoire sud- américain est touché. Le Brésil, par exemple, a vu la proportion d’habitants obèses ou en surpoids augmenter de 31 % en dix ans. Une vague touchant aussi bien les beaux quartiers de Rio que les favelas de Sâo Paulo. Dans la même période, la Colombie a enregistré une progression de 43 %. Un quart des enfants péruviens, chiliens et mexicains sont eux aussi victimes du mal.
Nettement plus au nord, du côté du Canada, les statistiques se révèlent encore plus impressionnantes. D’après une enquête de 2004 sur la santé dans les collectivités canadiennes, 23 % de la population est obèse. Plus précisément encore, l’étude Différences régionales en matière d’obésité démontre que cette catégorie regroupe presque un tiers des Canadiens vivant en milieu rural, contre 20 % des résidents de grandes villes.
En Amérique du Nord, la pandémie n’épargne personne… n’oubliant pas, au passage, de « contaminer» jusqu’aux Eskimos d’Alaska.
De l’Australie au Danemark en passant par la France, ces experts disent tous la même chose : notre société est malade. Et si rien ne se fait, elle subira le sort vécu par les générations confrontées aux précédentes pandémies.
Il ne s’agit pas d’être alarmiste mais simplement réaliste. En 2006, l’Organisation mondiale pour la santé affirme que la planète compte plus d’habitants souffrant de surpoids que de malnutrition. Que si les victimes de la faim sont toujours plus de 800 millions, celles de la malbouffe dépassent le milliard. Et que dans ce chiffre record, 300 millions sont obèses.
Ce paradoxe en appelle un autre, bien plus effrayant s’il en est. Si choquant même qu’à lui seul il a justifié ce travail d’enquête et l’écriture de ce livre. En vingt ans, la pandémie d’obésité ne s’est pas satisfaite de son expansion statistique, plaçant la surnutrition au sommet des problèmes mondiaux. Ou, pour reprendre une expression du ministre français de la Santé Xavier Bertrand lors de ses vœux à la presse, ne s’est pas contentée de son statut de « défi majeur de la santé du XXIe siècle1 ». Elle a aussi – et c’est ce qui se produit aux États-Unis – remis en doute la marche en avant de l’évolution humaine.
De fait, si l’ensemble de ces données chiffrées, peut- être difficiles à digérer, n’a pas fini de vous convaincre de l’urgence des mesures liées à l’étendue du mal, l’information supplémentaire que voici devrait y parvenir. En effet, pour la première fois, malgré les progrès de la science et de la médecine, l’espérance de vie des enfants américains est plus courte que celle de leurs parents ! Et c’est bel et bien l’obésité qui s’avère responsable de cette régression unique dans l’histoire moderne.
Doit-on, en France, se dire que cette dérive ne nous concerne pas ? Évidemment non. Car on le sait, en 2020, l’Hexagone mais aussi l’Allemagne, la Belgique, les Pays- Bas, le Sénégal, l’Inde, la Chine, la Russie l’Australie… ressembleront aux États-Unis. Et seront des nations majoritairement obèses, dont les populations verront à leur tour leur espérance de vie cesser de croître avant de commencer à diminuer.
La crise mondiale d’obésité, venant rejoindre les tristes rangs formés par la peste noire, la grippe espagnole et le sida, est bel et bien une pandémie.
Mais avant de tenter de trouver les moyens de l’enrayer, il semblait essentiel de remonter aux origines de ce foyer épidémique pour découvrir les raisons du mal. Cela tombait bien, voilà quelques années que je vivais en son cœur.
(la suite …… demain).
Les impatients peuvent se procurer le livre et le « dévorer » avant.
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La petite compagnie Air Samoa établit le prix du billet en fonction du poids du passager.
Cette compagnie affirme que sa formule destinée à lutter contre l’obésité et la hausse des cours du carburant rencontre un franc succès.
Samoa va étendre cette offre aux vols reliant les petites îles du Pacifique à leurs nations insulaires voisines. Des liaisons vers Tonga et les îles Cook doivent être lancées cette année.
« Les personnes obèses reconnaissent que le système pay-by-weight (payez selon votre poids) est le plus juste en dépit du fait qu’ils payent plus qu’une personne plus légère », assure le patron de Samoa Air, Chris Langton
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Extrait de Toxic, le livre écrit par William REYMOND et que je vous conseille de lire :
« Il n’y a aucun État au monde où l’obésité n’est pas en augmentation. Jusqu’aux pays en voie de développe-ment comme le Zimbabwe ou la Gambie que nous pen-sions pourtant immunisés. L’épidémie se propage à toute allure. Et, le plus effrayant, c’est que, jusqu’à présent, personne n’a réussi à la stopper. »
Le docteur Stephan Roessner n’est pas une Cassandre soucieuse de vendre quelques exemplaires de plus d’un livre de régime. Ce médecin suédois est le président de l’Association internationale pour l’étude de l’obésité. Et en dix ans, avec ses collègues, il a observé une tendance… lourde : l’accroissement de l’obésité et des pathologies liées à une mauvaise nutrition. Tous les experts sont d’accord ou presque : nous sommes désormais face à un véritable fléau.
Depuis 1998, sans que l’on saisisse totalement la portée de l’information, l’obésité est considérée officiellement comme une épidémie1.
Il ne s’agit donc plus de kilos en trop, de plis disgracieux, de difficultés à s’habiller et à se mouvoir mais bel et bien de risques mettant en péril l’existence d’une partie croissante de la population.
Berit Heitmann n’est pas une adepte de la langue de bois. Conseillère du gouvernement du Danemark sur les questions de médecine et de nutrition, elle vient de passer deux ans à étudier les effets de l’obésité sur les femmes. Et ses conclusions, preuves à l’appui, se révèlent implacables : « Être une femme et obèse est la pire chose qui soit. La discrimination commence dès l’enfance. Les études sur la petite enfance démontrent ainsi que les filles obèses sont rejetées par leurs camarades de jeux dès l’âge de trois ans ».
En présentant ses constatations, elle a démontré que le phénomène se reproduit dans le cadre familial et médical, et même enseignant. Une nouvelle forme d’inégalité sexuelle, où la fillette obèse est plus ostracisée que son équivalent mâle, est apparue. Mettant en avant le cas danois, Berit Heitmann débusque ainsi cette disparité jusque dans la distribution des bourses scolaires : les étudiantes obèses sont moins aidées que les autres.
Bien évidemment, cette forme de rejet prend toute son ampleur à l’âge adulte : « L’apparence et la taille semblent liées à la possibilité de conserver ou pas emploi et salaire. Le bilan est donc terrifiant : les femmes obèses sont privées d’amis, de relations intimes, de liens sociaux, d’éducation, de salaires et de respect ».
Impossible, en découvrant ces propos, de ne pas repenser à « ma » promeneuse parisienne. À son regard, mélange de peur, de honte et d’agressivité, lorsque je m’étais décidé à lui parler. Impossible d’oublier sa surprise. Et le fait que l’obésité féminine est devenue une nouvelle tendance en France. Ainsi, d’après Marie-Aline Charles, épidémiologiste en charge de l’enquête Obepi 2006*, alors que « l’on constatait une égalité presque parfaite » entre les deux sexes dans leur précédent rapport, « pour la première fois, la prévalence est plus importante chez les femmes. Cela est encore plus sensible chez les jeunes femmes de moins de quarante-cinq ans. […] Aujourd’hui, les filles de vingt-cinq ans ont le même tour de taille que leurs mères ».
Berit Heitmann ajoutait en effet : « À masse corporelle égale, la femme est bien plus exposée à la maladie que l’homme. À titre d’exemple, le risque pour un homme de développer un diabète de type 2 est moitié moindre que pour une femme obèse ». Une règle angoissante que l’on peut également appliquer aux cas d’hypertension et de maladies cardio-vasculaires.
Autre effet secondaire et dramatique souligné durant la conférence de Sydney, les difficultés à tomber enceinte et les multiples risques encourus en tentant de mener une grossesse à terme.
Comme pour illustrer les propos de la conseillère danoise, le 30 août 2005, The British Fertility Society (BFS), association britannique regroupant les professionnels de la fertilité, publiait une série de recommandations alarmantes à ses membres : « Les femmes rentrant dans la catégorie « obésité sévère » ne devraient pas être autorisées à accéder à un programme de traitement de l’infertilité, professait l’organisme. Celles souffrant de malnutrition et celles classées seulement comme obèses devraient être forcées de traiter leur problème de poids avant d’envisager un tel traitement ».
Il ne faudrait pas croire que ces propos constituent de simples vœux pieux dictés par la volonté de réveiller les consciences ou d’alerter les spécialistes. Non, on n’en est plus là. Richard Kennedy, l’un des dirigeants de la BFS, l’a confirmé à la BBC : les recommandations de son association sont déjà en vigueur. Et d’assener : « Les femmes obèses ont moins de chances d’être enceintes et plus d’être exposées à des problèmes de santé. Il nous apparaît plus sensé de traiter d’abord l’obésité avant de chercher un traitement à l’infertilité. Nous ne souhaitons pas une interdiction totale, mais il faut admettre le problème.
En tout cas le NHS, équivalent de la Sécurité sociale française, refuse en effet depuis 2005, et cela sans aucune publicité, de prendre financièrement en charge une partie du traitement contre l’infertilité lorsque la demande est effectuée par une femme atteinte de grave surpoids.
Or, on le comprend, même si les arguments de la BFS sont justifiés – les risques de développer de l’hypertension et du diabète gestationnel sont importants -, une telle décision pose tout une série d’interrogations morales. Est-il légitime, normal, de sanctionner ainsi des personnes déjà fragilisées ? Pourquoi le droit à une aide médicale pour avoir un enfant se voit-il interdit à une femme obèse alors que, d’après le même document, il est offert aux familles reconstituées n’ayant pas d’enfant ensemble, aux couples homosexuels et aux femmes jusqu’à quarante ans ? Plus troublant encore si l’on néglige les facteurs sociaux pour se cantonner aux risques médicaux encourus par l’enfant et la future mère, est-il logique d’exclure les obèses alors que les « fumeuses », y compris celles considérées comme utilisatrices très importantes, bénéficient de cette assistance ? Dans ce cas précis, l’excuse de la responsabilité médicale ne peut même plus être mise en avant, démontrant que la « grosse » est devenue une citoyenne mise à l’écart.
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Une chercheuse à l’université SMU de Dallas Andrea Meltzer vient de publier une étude dans le journal scientifique Health Psychology aux conclusions surprenantes. Lorsqu’elles sont heureuses en mariage, les femmes auraient tendance à prendre du poids.
Pour arriver à cette conclusion, Andrea Meltzer a interrogé, pendant quatre ans, 169 couples nouvellement mariés et dont c’était le premier mariage. Deux fois par an, les époux ont dû répondre à un questionnaire sur leur satisfaction maritale et la possibilité d’un divorce. En parallèle, leurs poids et taille étaient pris en compte pour calculer leur Indice de masse corporelle (IMC). Au final, la moyenne sur 4 ans indique une prise de poids proportionnelle à l’indice de satisfaction.
Andrea Meltzer a une explication : « les épouses les plus satisfaites de leur mariage avaient moins tendance à envisager la séparation, et avec le temps elles gagnaient du poids. En revanche, les moins satisfaites étaient plus enclines à faire attention à leur ligne pour continuer à plaire à d’autres hommes. »
A noter qu’une précédente étude avait déjà établi que le mariage est souvent associé à la prise de poids et le divorce à l’amincissement.
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Mon rêve américain a d’abord eu l’attirance sucrée du Coca-Cola et le croustillant de tranches de bacon. Le caramélisé de la tarte aux noix de pécan et l’onctuosité de la glace à la vanille. La tendresse d’une côte de bœuf et le piquant d’ailes de poulet frites dans une sauce aigre- douce.
Mon rêve américain avait un avant-goût de paradis. Un éden démocratique où le ticket d’entrée ne coûtait pas grand-chose et où les portions étaient gargantuesques. Un confortable refuge où le concept de culpabilité n’existait pas.
Mieux encore, les États-Unis m’avaient décomplexé. Pour la première fois de mon existence, avec mes misérables kilos en trop, j’appartenais en fait au groupe des gens normaux. Les gros, ce n’était plus moi, mais les autres.
Cette nouvelle réalité m’avait sauté aux yeux dès l’aéroport. En fait, il faudrait effectuer une étude auprès des touristes européens débarquant sur le continent américain. Je suis persuadé que, comme moi, avant même de noter la taille des voitures ou le gigantisme architectural, ils remarquent surtout l’allure pachydermique de certains membres de la population locale.
Car ici, la norme est à l’excès. Le cliché est facile mais tellement juste. L’Américain est excessivement généreux. Ou compétitif. Ou insupportable. Quoi qu’il en soit, il ne fait jamais rien à moitié.
Il faut très peu de temps pour s’habituer, aux États- Unis, au paysage saturé de l’obésité. Après quelques jours sur place, l’œil ne remarque même plus les corps déformés par l’excès de graisse. La société américaine semble d’ailleurs avoir totalement intégré cette notion-là. Et, comme s’il s’agissait de vendre un produit politiquement correct, elle a réussi à créer un univers positif autour du surpoids. Ainsi, par moments, la bedaine prend des accents de virilité. Les boutiques spécialisées en taille septuple XL ne sont pas des ghettos honteux mais affichent fièrement leurs couleurs : ici, on habille l’homme, le vrai ! Celui qui ne fait rien à moitié. Qui travaille dur et mange pour de vrai.
Mieux encore, le gras atteint parfois le sommet de la cool attitude. Le phénomène, lancé par des rappeurs obèses et des entrepreneurs malins, est à l’origine de la transformation d’un mot de la langue anglaise. Ainsi, victime d’une mutation économico-culturelle afin de mieux le commercialiser, fat devient phat. Si le vocable signifie toujours gros ou gras, il est désormais devenu un slogan branché et presque revendicatif pour vendre de coûteux vêtements particulièrement amples.
Et puisque nous parlons d’habillement, il faut bien évoquer un autre miracle américain. Celui qui vous permet de vous glisser, malgré vos rondeurs superflues, dans un pantalon taillant plus étroit que sur le vieux continent. Un phénomène réjouissant se reproduisant du tee-shirt à la chemise. Aux États-Unis, victimes d’une folle valse vers le bas, les étiquettes convertissent un extra-large parisien en un surprenant médium américain.
Je me souviens parfaitement du jour où je me suis rendu compte pour la première fois de l’ampleur mondiale de cette épidémie d’obésité. Revenu en France, je marchais dans les rues de Paris quand mon regard a croisé celui d’une femme qui devait avoir une quarantaine d’années. J’ai immédiatement eu le sentiment de la connaître. En fait, c’était son allure qui m’était familière. Elle ressemblait à une des Américaines que je rencontre chaque jour au supermarché ou sur le parking d’un McDonald’s. À celle qui gare son véhicule le plus près possible de l’entrée afin de s’économiser l’effort de la marche.
Pendant quelques secondes, je me suis même interrogé pour savoir s’il ne s’agissait pas d’une touriste. Et, allez savoir pourquoi, cette question m’a obsédé. Alors, je suis retourné sur mes pas, bien décidé à l’aborder sous le prétexte fallacieux de demander mon chemin. Craintive mais aimable, ma promeneuse obèse, à bout de souffle, me renseigna. Aucun doute possible, son accent parisien me prouva instantanément qu’elle n’était en rien un produit exporté des États-Unis, mais bien une Française.
Inconsciemment, le livre TOXIC de William REYMOND est né de ce choc.
Je vous conseille de l’acheter et de le lire, car il permet d’argumenter par des observations et des études scientifiques une des thèses également défendue par le réseau ROSA : l’épidémie d’obésité est en partie due à un problème qualitatif de la nourriture qu’il dissèque parfaitement bien et ne se résume pas comme on l’entend souvent à une alimentation excessive associée à un manque d’exercice physique.
Ce livre est tellement dense et intéressant que j’ai décidé d’en publier un extrait tous les jours pendant plusieurs semaines ….
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Les antennes relais étaient depuis longtemps soupçonnées d’avoir une incidence sur le fonctionnement du corps humain. Elles ont en tout cas un effet sur celui des rats, comme l’avance une étude menée par des chercheurs de l’université d’Amiens et publiée dans la revue Environnemental science and pollution research international.
Les scientifiques ont exposé treize jeunes rats à des ondes correspondant au niveau mesuré à proximité d’antennes-relais pour téléphone portable, et ce durant six semaines, puis ont comparé les résultats obtenus avec onze rats non exposés. Résultats : les rats soumis aux ondes semblent induire une «sensation de froid» en contractant certains vaisseaux sanguins. «L’adaptation à la température est modifiée», note René de Seze, directeur de recherche à l’Ineris. En outre, ces rats mangent davantage que les autres et ceci aurait pu conduire à une prise de poids. Ces deux premières réactions semblent témoigner d’un besoin accru en énergie de la part des rats, comme si les ondes étaient physiquement éprouvantes. Enfin, le sommeil paradoxal des animaux s’est trouvé perturbé, et ceci pourrait se traduire chez l’homme par «des difficultés de mémorisation ou des troubles d’humeur».
«Les effets sont réels sur le métabolisme à de très faibles niveaux d’exposition», affirme René de Seze.
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Les viticulteurs qui ont été exposés pendant des années aux insecticides organo-phosphorés utilisés pour la protection des vignes présentent plus de troubles neuro-comportementaux que les ouvriers agricoles non exposés : le risque triple pour le mevinphos fort heureusement interdit d’utilisation par l’Union européenne depuis 2003.
C’est la dernière conclusion de l’étude PHYTONER dont les résultats sont publiés dans l’American Journal of Epidemiology daté du 27 mars 2013.
En tonnes, la France est le premier consommateur de pesticides au sein de l’Europe, et le 4e dans le monde.
Dans cette dernière analyse, l’équipe Inserm Santé Travail Environnement de Bordeaux a utilisé deux nouveaux outils, PESTIMAT et PESTEXPO, qui ont permis de beaucoup affiner l’exposition à ces substances toxiques, pour chaque personne interrogée. « On a essayé de définir au mieux l’exposition aux pesticides, en différenciant les tâches et les périodes, explique Isabelle Baldi, cosignataire de ce travail. Certaines tâches exposent plus que d’autres, comme le nettoyage du matériel à la fin du traitement ou les interventions directes en cas d’incident technique lors de l’épandage. »
La cohorte date de 1995, et concerne des sujets âgés de 40 à 55 qui ont travaillé dans les vignes au moins 1 000 heures par an, pendant 20 ans ou plus sans autre activité professionnelle. Cette dernière publication concerne 443 d’entre eux âgés de 54 ans en moyenne, à la 4e année de suivi (2002-2003) soumis à des questionnaires détaillés sur leurs activités professionnelles, et à 9 tests psycho-neurologiques comparés à 171 ouvriers agricoles non exposés aux pesticides.
La durée moyenne d’exposition aux pesticides était de 33,5 ans : 13,3 % rapportent un épisode d’intoxication.
Pour l’analyse, 11 composés organophosphorés ont été retenus (dont seuls 2 sont toujours commercialisés). L’exposition moyenne cumulée varie de 27 mg à 271 mg (les valeurs maximales allant de 75 mg à 865 mg). L’exposition versus la non-exposition est associée avec une moindre performance aux tests. Aucune relation dose effet n’est apparue mais une augmentation du risque est mise en évidence pour chaque palier de 50 mg de dose cumulée en particulier pour le mevinphos (RR : 3,26).
Les auteurs observent un lien entre l’exposition cumulée aux organophosphates et la performance aux tests (OR : 2,43 pour le MMSE avec le mevinphos), plus prononcé lors des tests de mémoire visuelle et la rapidité aux tests en particulier avec l’un des composés, le mevinphos (OR : 2,43 pour le MMSE).
L’exposition à cet anticholinestérasique interdit depuis 10 ans en France, et plus tôt dans d’autres pays, aurait été comprise entre 1 et 10 mg/jour soit un taux très supérieur à la valeur acceptée de 0,06 mg/j. Ses effets toxiques ne seraient pas seulement liés à l’inhibition de l’acétylcholinestérase mais au stress oxydatif et aux altérations de la neurotransmission.
Cognitive Disorder and Occupational Exposure to Organosphosphates : Results From the PHYTONER Study . 27 mars 2013
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Faut-il accuser l’abondance de fast-foods et autres distributeurs de junk food, aliments sans intérêt nutritionnel bourrés de graisse ou de sucre, d’être la source de l’épidémie d’obésité qui sévit aujourd’hui? C’est vrai en partie, mais un peu court.
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