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Mon rêve américain a d’abord eu l’attirance sucrée du Coca-Cola et le croustillant de tranches de bacon. Le caramélisé de la tarte aux noix de pécan et l’onctuosité de la glace à la vanille. La tendresse d’une côte de bœuf et le piquant d’ailes de poulet frites dans une sauce aigre- douce.

Mon rêve américain avait un avant-goût de paradis. Un éden démocratique où le ticket d’entrée ne coûtait pas grand-chose et où les portions étaient gargantuesques. Un confortable refuge où le concept de culpabilité n’existait pas.

Mieux encore, les États-Unis m’avaient décomplexé. Pour la première fois de mon existence, avec mes misérables kilos en trop, j’appartenais en fait au groupe des gens normaux. Les gros, ce n’était plus moi, mais les autres.

Cette nouvelle réalité m’avait sauté aux yeux dès l’aéroport. En fait, il faudrait effectuer une étude auprès des touristes européens débarquant sur le continent américain. Je suis persuadé que, comme moi, avant même de noter la taille des voitures ou le gigantisme architectural, ils remarquent surtout l’allure pachydermique de certains membres de la population locale.

Car ici, la norme est à l’excès. Le cliché est facile mais tellement juste. L’Américain est excessivement généreux. Ou compétitif. Ou insupportable. Quoi qu’il en soit, il ne fait jamais rien à moitié.

Il faut très peu de temps pour s’habituer, aux États- Unis, au paysage saturé de l’obésité. Après quelques jours sur place, l’œil ne remarque même plus les corps déformés par l’excès de graisse. La société américaine semble d’ailleurs avoir totalement intégré cette notion-là. Et, comme s’il s’agissait de vendre un produit politiquement correct, elle a réussi à créer un univers positif autour du surpoids. Ainsi, par moments, la bedaine prend des accents de virilité. Les boutiques spécialisées en taille septuple XL ne sont pas des ghettos honteux mais affichent fièrement leurs couleurs : ici, on habille l’homme, le vrai ! Celui qui ne fait rien à moitié. Qui travaille dur et mange pour de vrai.

Mieux encore, le gras atteint parfois le sommet de la cool attitude. Le phénomène, lancé par des rappeurs obèses et des entrepreneurs malins, est à l’origine de la transformation d’un mot de la langue anglaise. Ainsi, victime d’une mutation économico-culturelle afin de mieux le commercialiser, fat devient phat. Si le vocable signifie toujours gros ou gras, il est désormais devenu un slogan branché et presque revendicatif pour vendre de coûteux vêtements particulièrement amples.

Et puisque nous parlons d’habillement, il faut bien évoquer un autre miracle américain. Celui qui vous permet de vous glisser, malgré vos rondeurs superflues, dans un pantalon taillant plus étroit que sur le vieux continent. Un phénomène réjouissant se reproduisant du tee-shirt à la chemise. Aux États-Unis, victimes d’une folle valse vers le bas, les étiquettes convertissent un extra-large parisien en un surprenant médium américain.

Je me souviens parfaitement du jour où je me suis rendu compte pour la première fois de l’ampleur mondiale de cette épidémie d’obésité. Revenu en France, je marchais dans les rues de Paris quand mon regard a croisé celui d’une femme qui devait avoir une quarantaine d’années. J’ai immédiatement eu le sentiment de la connaître. En fait, c’était son allure qui m’était familière. Elle ressemblait à une des Américaines que je rencontre chaque jour au supermarché ou sur le parking d’un McDonald’s. À celle qui gare son véhicule le plus près possible de l’entrée afin de s’économiser l’effort de la marche.

Pendant quelques secondes, je me suis même interrogé pour savoir s’il ne s’agissait pas d’une touriste. Et, allez savoir pourquoi, cette question m’a obsédé. Alors, je suis retourné sur mes pas, bien décidé à l’aborder sous le prétexte fallacieux de demander mon chemin. Craintive mais aimable, ma promeneuse obèse, à bout de souffle, me renseigna. Aucun doute possible, son accent parisien me prouva instantanément qu’elle n’était en rien un produit exporté des États-Unis, mais bien une Française.

Inconsciemment, le livre TOXIC de William REYMOND est né de ce choc.

Je vous conseille de l’acheter et de le lire, car il permet d’argumenter par des observations et des études scientifiques une des thèses également défendue par le réseau ROSA : l’épidémie d’obésité est en partie due à un problème qualitatif de la nourriture qu’il dissèque parfaitement bien et ne se résume pas comme on l’entend souvent à une alimentation excessive associée à un manque d’exercice physique.

Ce livre est tellement dense et intéressant que j’ai décidé d’en publier un extrait tous les jours pendant plusieurs semaines ….

 

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