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etiquetage des produits alimentaires

Extrait du livre TOXIC, de William REYMOND :

« Le voyage touchait à sa fin. Pour être honnête, mes pas m’avaient conduit à prendre des chemins de traverse, dont j’ignorais jusqu’à l’existence en entamant mes recherches. Par moments, j’avais même craint de m’y perdre. En fait, mon sujet m’avait dépassé. Ou, plus exactement, il avait dépassé les limites de mes croyances. Je m’étais engagé sur cette route dans l’espoir de remonter aux racines de la pandémie d’obésité, et j’avais découvert que cette dernière relevait en fait du symptôme. Celui, de plus en plus visible, de l’industrialisation de la nourriture.

Une révolution s’était jouée, qu’au plus grand bénéfice de certaines compagnies nous avions complètement ignorée. Pis, à force de matraquage et de manipulations médiatiques, l’industrie agroalimentaire avait réussi à nous faire croire que nous étions les seuls responsables de nos dérives alimentaires.

Le plus cocasse dans tout cela, c’était de m’être engagé dans un cercle vicieux. Alors que je croyais m’éloigner de mon sujet, je m’en rapprochais en vérité. Comme si les portions géantes, les sodas, les lagons, les pesticides et les acides gras trans ne faisaient qu’un, je revenais sur la définition même de l’obésité. Et, une fois encore, les réponses demeuraient à Bâton Rouge.

La prochaine étape me paraît évidente. La France et l’Europe, refusant de suivre l’exemple danois, opteront pour le modèle américain. À savoir, celui de l’étiquetage. Les produits porteront un jour, c’est sûr, leur taux d’acides gras trans. Comme aux États-Unis où, depuis le 1er janvier 2006, cette « information » est obligatoire.

Mais cet étiquetage n’a pas grand effet. C’est d’ailleurs pour cela qu’il ne gêne pas tellement l’industrie agroalimentaire. La preuve ? On la décèle dans le communiqué triomphant de la FDA, qui se félicite justement de l’efficacité de l’étiquetage de trans fat : « La FDA estime que trois ans après le début effectif, en janvier 2006, de l’étiquetage des acides gras trans, il devrait prévenir annuellement entre 600 et 1 200 crises cardiaques et sauver entre 250 et 500 vies ».

Entre 250 et 500 vies ? Mieux que rien, certes, mais une goutte d’eau. Car si, dans trois ans, la mention de la présence d’acides gras trans sur les étiquettes devrait sauver entre 0,25 % et 0,5 % des futures victimes de l’huile partiellement hydrogénée, autant jouer au loto.

Face au risque mortel des acides gras trans, il n’existe qu’une position acceptable à mes yeux : l’interdiction.

Les exemples du Danemark et bientôt de New York montrent qu’une fois contraints, les industriels s’adaptent, sans même augmenter le prix de vente de leurs produits.

La réponse n’est ni individuelle ni industrielle, mais politique. Et, de fait, le vainqueur de l’élection présidentielle d’avril 2007 en France devra faire un choix moral. Sous peine de voir la jeunesse française continuer à être la première victime d’un empoisonnement alimentaire fatal, connu et, jusqu’à présent, toléré.

En traitant la pandémie pour ce qu’elle était, autrement dit une épidémie à l’échelle mondiale, George Bray avait élargi le cadre de ma réflexion. Il avait démontré, comme d’autres, que la crise avait été si soudaine que la surconsommation et la sédentarisation ne parvenaient pas à l’expliquer, et qu’une fois débarrassés du dogme du « Big Two », il convenait de comprendre l’obésité comme le résultat d’une interaction entre l’homme et son environnement. Mon enquête avait tenté d’établir combien celle-ci était toxique et, de fait, dangereuse pour le genre humain.

En suivant les traces du sirop de fructose-glucose et en apprenant ses dégâts sur le cerveau humain, je m’étais approché du modèle proposé par Bray. Celui où un agent contaminant propage l’épidémie dans l’organisme.

Lorsqu’en épidémiologiste, Bray avait tenté d’établir la liste des différents agents responsables, il avait évoqué deux autres pistes. Et il fallait les explorer.

« De nombreux médicaments peuvent causer une prise de poids. Qui incluent une variété d’hormones. » Le scientifique de Bâton Rouge n’avait pas été seul à évoquer le rôle de certains médicaments dans le processus d’obésité. À Birmingham, Scott Keith, lui aussi peu convaincu par la théorie du Big Two, les avait cités dans les possibles coupables. Mieux, il avait remarqué que l’utilisation de ceux entraînant des prises de poids avait augmenté ces trente dernières années.

Bray émettait toutefois une réserve. Il ne pensait pas, sauf pour les corticoïstéroïdes, que cette consommation justifiait l’ampleur de la pandémie. Keith, lui, ne s’embarrassait pas de cette prudence.

Les deux chercheurs dressaient en tout cas la liste des produits aux effets les plus évidents. En tête, les stéroïdes, les hormones et les corticoïdes. Autant de substances injectées aux animaux élevés industriellement dont les résidus se retrouvent dans notre alimentation. Les porcs, poulets et vaches étant dorénavant les premiers consommateurs de ce type de produits, avec, par exemple, une consommation d’antibiotiques huit fois supérieure à celle des citoyens américains, on a de quoi s’inquiéter. L’explosion notée par Keith est donc liée à la naissance de l’élevage industriel. Et de fait, la présence de ces substances dans les assiettes confirme, une nouvelle fois, le rôle d’agent de propagation des bêtes qui se retrouvent sur nos tables.

George Bray, sous le terme générique de « toxines », réunit l’ensemble des produits chimiques conservés par l’organisme. Or, et c’est particulièrement terrible, les cellules de graisse sont de formidables réserves d’éléments toxiques. Où, selon ce chercheur, on a trouvé des révélateurs de goût comme le glutamate monosodique (E621) « dont les recherches animales en laboratoire ont démontré qu’il produit de l’obésité », des résidus chimiques souvent issus des pesticides utilisés dans l’agriculture moderne, voire des édulcorants intenses comme l’aspartame et différents conservateurs d’aliments.

Le constat de Bray était on ne peut plus honnête : « Distribuer des conseils de régime est insuffisant et ne devrait pas être encouragé. […] Croire que cela peut être [un problème] réglé par l’individu, c’est passer à côté de l’argument démontrant combien ces facteurs environnementaux […] produisent l’actuelle épidémie d’obésité ».

La pandémie d’obésité, et les effets dramatiques l’accompagnant, n’est cependant en rien une fatalité. Son éradication ne passera assurément pas par un appel aux vertus individuelles. Même si « manger moins et bouger plus » relève du conseil plein de sens, ce dernier est éminemment insuffisant pour répondre à la crise.

La priorité, désormais, est de traiter le cœur du problème : comment vivre et que faire d’un monde devenu toxique ?

Cela tombait bien, mon étape suivante me conduisait à y répondre. »

Lasuite …..demain

 

 

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Extrait du livre Toxic, de William REYMOND :

 » La défaite des autorités sanitaires s’affichait en cinq points. Cinq points comme cinq vaines recommandations. Dont quatre étaient consacrées à la « fameuse » responsabilité individuelle. Quant à la dernière, plus pitoyable encore, elle confiait notre santé… au bon vouloir de l’industrie agroalimentaire.

Il faut débuter par l’un des points qui, presque au terme de mon enquête, me révolte le plus. Parce qu’il est, pour moi, la confirmation que ce que j’ai entrevu de pire aux États-Unis arrive en France.

L’AFSSA écrit : « Par souci de cohérence avec la baisse de consommation des viennoiseries, pâtisseries, produits de panification, barres chocolatées et biscuits, il faut encourager les industriels de la margarinerie et des matières grasses destinées au secteur de l’agroalimentaire à diminuer les teneurs en acides gras trans de leurs produits ».

« Encourager les industriels » ?

C’est ce qu’a essayé la ville de New York pendant un an. Les autorités sanitaires de Big Apple avaient en effet demandé aux restaurateurs et aux industries d’être volontairement raisonnables. Leurs réponses, devant les caméras, furent unanimes. La main sur le cœur, le sourire aux lèvres, tous promirent. Le sujet étant grave, les fast-foods allaient réduire l’usage d’huile partiellement hydrogénée. Et, bien évidemment, les vendeurs de beignets et les 24 000 restaurants les imiteraient. Bien sûr… Mais un an plus tard, constatant que personne n’avait respecté les engagements médiatiques, New York fut la première ville des États-Unis à légiférer et à interdire totalement, dès 2007, l’usage d’huile partiellement hydrogénée.

« Encourager les industriels »?

Comme les membres de la pâtisserie industrielle par exemple, cette branche qui, en juillet 2002, écrivait sur le site destiné à ses membres : « Malgré l’attention que les médias ont portée sur les « dangers » des acides gras trans dans l’alimentation, les consommateurs ne semblent pas être vraiment concernés. Pour l’instant, attendre et voir est l’attitude la plus juste. »

« Encourager les industriels » ?

C’est ce que les associations de consommateurs et les autorités sanitaires ont fait lorsque, en 2002, McDo¬nald’s a annoncé à grand renfort de publicité une décision historique : cesser l’emploi d’huile partiellement hydrogénée. Une promesse solennelle faite aux consommateurs. Une promesse non tenue. Quatre ans plus tard, rien n’a changé. Une portion de frites contient en moyenne 10,2 grammes d’acides gras trans, soit plus du triple que ce que l’on recommande de ne pas dépasser en France !

« Encourager les industriels » ?

Soit. Mais pourquoi cette mollesse alors, qu’une fois obligés, ceux-ci s’adaptent sans problème ? McDonald’s, Burger King, Taco Bell et compagnie ne fermeront aucun de leur établissement lorsque l’interdiction new-yorkaise deviendra une réalité. Au jour J, à l’heure H, ils utiliseront une huile sans trans. Comme ils l’ont fait au Danemark où désormais la même portion de frites en contient moins de 0,3 gramme !

« Encourager les industriels » ?

Y croire revient à se voiler la face. Pourquoi ? Parce que, et c’est vieux comme le monde, l’argent constitue le nerf de la guerre. Et que jamais aucun encouragement ne remplacera les économies réalisées grâce à l’huile partiellement hydrogénée. Car là réside le sale petit secret que l’industrie agroalimentaire ne veut surtout pas partager. L’huile partiellement hydrogénée est un vrai miracle. Non seulement sa conservation est plus longue ; non seulement elle résiste mieux aux hautes températures, celles nécessaires à la cuisson des frites par exemple ; non seulement ses capacités sont telles que l’on change une huile deux fois moins souvent qu’une huile sans acides gras trans ; mais surtout, surtout, son prix à l’achat est moindre. Une huile sans acides gras trans coûte 19 000 dollars de plus par an et par restaurant. En 2006, McDonald’s gérait plus de 31 000 restaurants dans le monde. 19 000 dollars par établissement, 31 000 restaurants… Pour McDo, le prix de l’encouragement s’élève donc à 589 millions de dollars annuels. Alors, les belles paroles…

Waterloo, morne plaine. La défaite était totale. Les quatre autres recommandations de l’AFSSA reposaient sur le même concept : la responsabilité individuelle. D’un côté, nous faisons face à un produit capable de tuer chaque année 100 000 personnes aux États-Unis, mais de l’autre, l’organisme en charge de notre protection nous recommande de « consommer des steaks hachés à 5 % de matières grasses de préférence à des steaks hachés à 15 % de matières grasses, ce qui permet de réduire les apports en acides gras trans totaux de 0,1 g/j ». Ou encore, de « réduire de 30 % au moins la consommation de certains aliments contributeurs d’acides gras trans (viennoiseries, pâtisseries, produits de panification industriels, barres chocolatées, biscuits) de faible intérêt nutritionnel ».

Je n’ai aucun grief personnel contre les auteurs du rapport de l’AFSSA. Ils sont tous, j’en suis convaincu, d’éminents scientifiques soucieux de la santé de leurs concitoyens. Mais, il faut l’avouer, cela me semble difficile d’être plus déconnecté de la réalité que dans ces quelques lignes.

Alors que, plus tôt, le rapport s’inquiète à juste titre de la trop grande consommation de trans provenant d’huile partiellement hydrogénée chez les enfants et les adolescents français, voilà maintenant que les recommandations tournent autour du « manger moins ». Or l’inefficacité d’un tel discours chez l’adolescent est évidente. Et c’est pour cela que l’obésité galope à une vitesse fulgurante. Les produits sont consommés par les jeunes d’après des critères qui n’ont rien à voir avec leur valeur nutritionnelle. N’est-ce pas, en outre, placer énormément de responsabilités sur la tête d’enfants et d’adolescents que de leur asséner qu’afin d’éviter une crise cardiaque fatale dans quelques années, ils doivent renoncer à leur barre chocolatée !

Enfin, comme Willett lui-même l’a énoncé, le concept du marché libre où chacun fait des choix citoyens n’a de sens que si ce marché ne contient pas de produits toxiques. Et l’acide gras trans en est un.

La prochaine étape me paraît évidente. La France et l’Europe, refusant de suivre l’exemple danois, opteront pour le modèle américain. À savoir, celui de l’étiquetage. Les produits porteront un jour, c’est sûr, leur taux d’acides gras trans. Comme aux États-Unis où, depuis le 1er janvier 2006, cette « information » est obligatoire.

Mais cet étiquetage n’a pas grand effet. C’est d’ailleurs pour cela qu’il ne gêne pas tellement l’industrie agro-alimentaire. La preuve ? On la décèle dans le communiqué triomphant de la FDA, qui se félicite justement de l’efficacité de l’étiquetage de trans fat : « La FDA estime que trois ans après le début effectif, en janvier 2006, de l’étiquetage des acides gras trans, il devrait prévenir annuellement entre 600 et 1 200 crises cardiaques et sauver entre 250 et 500 vies ».

Entre 250 et 500 vies ? Mieux que rien, certes, mais une goutte d’eau. Car si, dans trois ans, la mention de la présence d’acides gras trans sur les étiquettes devrait sauver entre 0,25 % et 0,5 % des futures victimes de l’huile partiellement hydrogénée, autant jouer au loto.

Face au risque mortel des acides gras trans, il n’existe qu’une position acceptable à mes yeux : l’interdiction.

Les exemples du Danemark et bientôt de New York montrent qu’une fois contraints, les industriels s’adaptent, sans même augmenter le prix de vente de leurs produits.

La réponse n’est ni individuelle ni industrielle, mais politique. Et, de fait, le vainqueur de l’élection présidentielle d’avril 2007 en France devra faire un choix moral. Sous peine de voir la jeunesse française continuer à être la première victime d’un empoisonnement alimentaire fatal, connu et, jusqu’à présent, toléré.

La suite ………….demain.

 

 

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Extrait de Toxic, le livre détonnant de William REYMOND :

« En 1994, l’étude de Walter Willett débutait par une présentation historique des acides trans gras. Où le chercheur remarquait que la « consommation d’huile partiellement hydrogénée avait énormément augmenté aux États-Unis » durant la deuxième moitié du XXe siècle. Il notait même – nous étions en 1994, rappelons-le – l’émergence d’une tendance inquiétante : « Les pays du tiers-monde connaissent actuellement une augmentation importante de l’utilisation d’huile partiellement hydrogénée […] En Inde, par exemple, une matière grasse d’origine végétale contenant 60% de trans est utilisée. […] Ces produits [sont même] devenus des ingrédients basiques de la nourriture ». Or que sait-on douze ans plus tard ? Que New Delhi connaît un taux record de crises cardiaques chez les moins de cinquante ans.

L’acide trans gras n’a pas seulement gagné le tiers- monde. Il s’est également imposé dans l’alimentation européenne.

Dans l’édition 2006 du guide Savoir manger, les docteurs Cohen et Serog notent à plusieurs reprises la présence accrue d’huile partiellement hydrogénée dans les biscuits, les pâtisseries et les pâtes à tartiner vendus en France. Ils dénoncent également le soi-disant recours bénéfique des fast-foods à l’huile de colza, en expliquant que « cette huile est hydrogénée et contient beaucoup de ces acides gras trans qui augmentent le taux de mauvais cholestérol et diminuent le taux de bon cholestérol sanguin ». À leur énumération inquiétante, il convient hélas d’ajouter d’autres produits comme les barres chocolatées, ainsi que la majorité des plats préparés, tous fortement soutenus commercialement par des campagnes publicitaires.

En fait, seuls le Danemark et le Canada paraissent avoir pris la mesure du risque. Ainsi, en 2003, le Danemark a été le premier pays à bannir l’usage de l’huile partiellement hydrogénée. Une restriction qui ne touche pas les acides gras trans issus des produits laitiers, même si le gouvernement local recommande plutôt la consommation de lait écrémé ou demi-écrémé. Hélas, malgré les tentatives de Copenhague d’obtenir l’adhésion des autres pays de l’Union à sa politique anti-trans, l’Europe ne suit pas.

En 2004, dix ans après Willett, l’Autorité européenne de sécurité des aliments émettait en effet un avis où, si elle confirmait le risque, on se contentait de recommander une baisse individuelle de la consommation.

Cette mollesse est particulièrement révoltante.

À quoi tient-elle ? Pour partie, aux pressions exercées sur les organismes de régulation, aussi bien par les politiques que les industriels. L’exemple de l’OMS est, à ce sujet, frappant. Depuis des années, l’Organisation tente de placer l’élimination des huiles partiellement hydrogénées dans le Codex. Le Codex, créé en 1963 par l’OMS et le FAO, « élabore des normes alimentaires, des lignes directrices et d’autres textes » utilisés par plus de cent cinquante pays dont les États-Unis. Mais, à cause de la Maison-Blanche, cette recommandation n’arrive pas à passer. En janvier 2004, le secrétaire à la Santé, Tommy Thompson, avait même fait le voyage à Genève, siège de l’OMS, en compagnie de représentants de l’industrie américaine, pour s’assurer que l’on ne restreigne pas les activités commerciales du secteur. À la place, le gouvernement américain préfère mettre en avant – quelle surprise ! – la nécessité d’une plus grande… responsabilité individuelle. Sensible aux « encouragements amicaux », l’OMS a donc cédé. Comme en 2003 quand l’industrie du sucre l’avait menacée de demander au Congrès américain de limiter son apport financier si elle « n’adoucissait » pas son texte sur la responsabilité du sucre dans la crise d’obésité.

Le pire, c’est que l’Europe s’aligne sur les réserves a minima et sur l’argument fallacieux des indispensables efforts de… chacun.

En effet, douze ans après Willett, la seule mesure appliquée concerne une disposition hypocrite sur l’étiquetage. Désormais le taux de trans fat est indiqué sur les produits, concession lâchée du bout de lèvres par les lobbies de la malbouffe.

Si la présence de trans fat est inférieure à 0,5 gramme, le produit peut porter la mention sans acides trans gras. Le problème – comme au Canada où la limitation s’entend pour 0,2 g – c’est que cette limitation s’entend par portion. Un paquet de biscuits contient plusieurs portions. Sans le savoir, un consommateur peut donc augmenter dangereusement sa consommation d’huile partiellement hydrogénée.

Les méthodes de l’industrie agroalimentaire made in USA ne m’étonnaient guère. Après tout, elles expliquaient l’immobilisme des autorités de ce pays, ce refus d’agir qui, d’après l’hypothèse la plus conservatrice de Willett, a, depuis 1994, entraîné la mort de 360 000 Américains, qui, si l’on calcule en partant du chiffre de 100 000 victimes par an, révèle que l’acide gras trans a tué plus d’un million de personnes entre 1994 et 2006. Bien plus que ce qu’Oussama Ben Laden ne fera jamais. Soit. Mais pour moi, le plus surprenant ne venait pas des États-Unis, mais de l’autre côté de l’Atlantique. De la France. »

La suite ………. demain.

 

 

 

 

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