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De nombreux obèses passent par le bloc opératoire : plus de 3 000 dans l’Oise en 5 ans. Un traitement qui nécessite un suivi à vie  face au risque de complications.

« Il m’est arrivé d’aller quatre, cinq fois aux toilettes dans la même soirée. D’avoir des diarrhées et de vomir en même temps. C’est dur, très dur !  » Mathilde, 36 ans, a connu de grands moments de solitude depuis qu’elle a été opérée d’un by pass (réduction de l’estomac et exclusion d’une partie de l’intestin grêle). On était alors en juin 2009 et cette Compiégnoise, passée de 147 à 87 kg, était alors laissée sans réponse face à sa fatigue chronique, ses chutes de tension et ses pertes d’équilibre.

Depuis cette date, 3 418 obèses sont ainsi passés sur le billard dans l’Oise. Plus de 40 000 chaque année, en France. Dès janvier 2009, la haute autorité de santé recommande une éducation thérapeutique du patient à mener en amont et en aval de l’opération.

« L’opération est un déclic, elle ne fait pas tout ».

Voici trois ans, la polyclinique Saint-Côme lance des groupes de paroles. Un parcours post-opératoire qui est renforcé en janvier 2013. «  Sur cinq mois, six réunions à thème – nutrition, estime de soi, intégration corporelle…- sont planifiées et des ateliers sont menés par des coaches pour donner goût au sport  », précise Martine Mornay, infirmière cadre qui pilote ce programme. «  L’opération est un déclic, elle ne fait pas tout. »

Le centre hospitalier s’appuie, lui, sur son pôle de prévention des maladies cardiovasculaires pour apporter un soutien aux patients, au cas par cas. «  Je me suis engagée à bouger plus et comme je me mets plus facilement en maillot, je vais deux fois par semaine à la piscine. D’autres patients qui ont besoin de se lancer suivent des séances avec un professeur d’activité physique adaptée  », témoigne, par exemple, Martine, 58 ans, qui a perdu 30 kg depuis février, à la suite une restriction de son estomac (sleeve).

Ce suivi permettra-t-il d’éviter les complications futures : perte de masse osseuse, carences nutritionnelles et reprise de poids ? Dans les deux à six ans, les patients opérés regagnent en moyenne 30 % du poids perdu, selon une étude suédoise. «  Les troubles alimentaires qui n’ont pas été pris en charge reviennent  », constate, dans son cabinet, la psychologue Sylvie Benkemoun. «  Le chirurgien d’un de mes patients lui a dit : Moi j’opère, le reste n’est pas de mon ressort. Cela avait le mérite d’être cash.  »

Cette reprise des kilos est alors vécue par les patients comme un échec personnel. Des ex-obèses qui finissent par sortir des radars. «  Ils n’osent plus consulter  », a expliqué le professeur Olivier Ziegler, lors des Entretiens de Bichat, en septembre. Ce diabétologue du CHU de Nancy n’en préconise pas moins «  un parcours de soins s’appuyant sur une coordination entre médecine de ville et centres médico-chirurgicaux  ».

Toujours contrainte de prendre des compléments alimentaires trois ans après son opération, Mathilde s’étonne d’avoir dû réclamer auprès de son médecin traitant un bilan de vitamines. Pour autant, lestée de 60 kilos, cette jeune maman ne regrette «  rien  ».

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