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obesite

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Source : New England Journal of Medicine, 25 aout 2016. International Agency for research on cancer (Iarc), 25 aout 2016. Avec AFP

http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMsr1606602

http://www.iarc.fr/en/media-centre/pr/2016/pdfs/pr247_E.pdf

Un rapport de l’International Agency for research on cancer (Iarc) conclut que le surpoids augmenterait le risque de cancer de l’estomac, du foie, de la vésicule biliaire, du pancréas, des ovaires et de la thyroïde, ainsi que celui de méningiome et de myélome multiple.

En plus de son implication déjà connue dans des cancers comme celui du colon, du rein ou du sein, le surpoids pourrait aussi constituer un facteur de risque pour d’autres cancers digestifs mais aussi pour des cancers cérébraux ou endocriniens. C’est ce que conclu un rapport de International Agency for research on cancer (Iarc), qui vient d’être publié dans le New England Journal of médicine.

Réalisée par un groupe de travail de 21 experts indépendants, cette analyse est fondée sur une revue systématique de la littérature regroupant plus de 1000 études.

Les résultats confirment tout d’abord des données publiées dès 2002, montrant que l’absence de surpoids réduit le risque de cancer du colon, du rectum, de l’œsophage, du rein, du sein chez la femme ménopausée, et de l’endomètre. Mais les résultats qui viennent d’être rendus public par l’Iarc mettent en évidence, en plus, qu’une surcharge pondérale à l’âge adulte, mais aussi dans l’enfance, augmenterait le risque de 8 nouveaux cancers : de l’estomac, du foie, de la vésicule biliaire, du pancréas, des ovaires et de la thyroïde, ainsi que le méningiome et le myélome multiple.

« Le fardeau du cancer dû au surpoids ou à l’obésité est beaucoup plus important que ce que l’on pensait auparavant, a indiqué Graham Colditz, président du groupe de travail du CIRC, et membre de l’école de médecine de l’université Washington de St-Louis. De nombreux cancers récemment identifiés comme étant liés à un excès de poids ne figuraient même pas sur les radars comme ayant une composante poids », a-t-il relevé.

Environ 9% des cancers chez les femmes en Amérique du Nord, en Europe et au Proche-Orient seraient liés à l’obésité, selon l’étude.

Une des explications réside dans le fait que la surcharge pondérale entraine une inflammation et une surproduction d’oestrogènes, de testostérone et d’insuline.

Environ 640 millions d’adultes et 110 millions d’enfants dans le monde sont obèses. « Des éléments d’hygiène de vie comme un régime alimentaire équilibré, une stabilité pondérale et de l’exercice physique, en plus de ne pas fumer, peuvent avoir un effet important pour réduire le risque de cancer », a indiqué M. Colditz.

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Pour réduire le problème croissant de l’obésité dans les pays d’Amérique latine, un retour à une nourriture traditionnelle basée sur des produits locaux comme le quinoa ou le maïs devient un enjeu essentiel dans la lutte contre la malnutrition et le surpoids.

L’obésité est devenu un problème majeur au Mexique. Le pays est le deuxième plus « gros » pays du monde après les États-Unis.

L’obésité, un problème de poids

« Le problème le plus difficile à résoudre, c’est le poids », déclare Gabriela Aro, qui dirige un programme scolaire révolutionnaire de repas basés sur des ingrédients traditionnels locaux dans la capitale bolivienne, La Paz. Le programme cible les problèmes nutritionnels chez les 153 000 jeunes défavorisés dans les 411 écoles et jardins d’enfants publics, dans l’un des pays les plus pauvres de l’hémisphère sud.

Mais, à côté des problèmes de santé établis de longue date comme la malnutrition et l’anémie, une nouvelle menace émerge : l’obésité. Bien qu’il y ait un manque de données fiables, la plupart des experts s’accordent à dire que les Latino-Américains ont, en moyenne, pris rapidement du poids.

Avec un coût annuel de 148 millions de bolivianos (soit 21 millions de dollars), le « programme La Paz » a eu un impact majeur sur certains problèmes de santé touchant les plus jeunes depuis son lancement en 2000.

Fast-food vs. nourriture traditionnelle

La malnutrition est tombée de 10,2 % à 5,9 % à partir du moment où des repas gratuits étaient servis. Pendant ce temps, l’anémie a chuté de 37 % à seulement 2 %. Cependant, la proportion d’enfants en surpoids a bondi de 17 à 25 %. « Le programme a de bons résultats, mais l’obésité est l’obstacle premier », explique Gabriela Aro à GlobalPost. « Et elle ne cesse d’augmenter. La consommation de fast-food, alimentation pleine de calories, continue à croître, et les enfants adorent ça. C’est très difficile à combattre ».

Avec le programme, les plus jeunes obtiennent un repas gratuit par jour, incluant des barres de céréales, du muesli ou du pain fabriqués à partir de graines complètes en provenance des Andes, comme l’amarante, le quinoa ou le cañihua. Ceux-ci sont complétés avec du lait, du yaourt et un fruit. Chargés de protéines, de fibres et d’une longue liste de vitamines, ces céréales combattent un problème nutritionnel grave, et aident à rassasier les enfants, avant qu’ils n’aient la « chance » de se jeter sur les stands de junk food qui se pressent à la sortie des écoles.

Les familles boliviennes abandonnent les produits locaux pour des aliments plus « modernes »

Pourtant, bien que ces produits de base traditionnels provenant des Andes occupent les premiers rayons des magasins alimentaires dans le monde développé, en Bolivie, l’urbanisation et la croissance économique poussent de plus en plus de familles à laisser derrière elles ces produits, et à adopter des régimes alimentaires « modernes », pleins de graisses saturées, de sucre et de sel. Ainsi, un nombre croissant d’enfants deviennent simultanément en surpoids et mal nourris.

« Nous adoptons une approche holistique, prenant en compte les trois questions [la malnutrition, l’anémie et l’obésité] dans le cadre d’un même problème », ajoute Gabriela Aro. « Nous voulons nous assurer que les enfants ont assez à manger, mais aussi qu’ils apprennent à faire leurs propres choix alimentaires sains. »

Néanmoins, les Boliviens peuvent se réjouir du fait que l’épidémie d’obésité est en réalité beaucoup plus forte dans d’autres parties du continent. Et parmi les pays plus touchés : l’Argentine, le Chili, les pays d’Amérique centrale et le Mexique.

L’Amérique latine subit une « transition nutritionnelle », accentuée par les importations d’aliments gras

À côté des avantages du développement économique et du libre-échange, se sont développés quelques-uns des maux de l’Occident. Il s’agit notamment de modes de vie plus sédentaires, ainsi que ce que les experts appellent la « transition nutritionnelle » : de plus en plus de gens sont exposés à des produits alimentaires transformés, peu chers, pauvres en éléments nutritifs, et riches en calories.

Selon une étude récente, alors que les tarifs d’importations ont chuté entre 1990 et 2005 en Amérique centrale, les exportations américaines de fromage transformé dans la région ont augmenté de plus de 3 000 %, tandis que les frites ont fini par occuper près d’un quart de toutes les importations de fruits et légumes.

Et utilisant un classique euphémisme académique, les chercheurs concluent : « Bien qu’il existe des arguments pour et contre la libéralisation du commerce, il est essentiel de tenir compte de ses effets sur les pauvres ».

« Nous devons changer la culture de la nourriture, qui est vraiment influencée par les grosses multinationales, et revenir à la nourriture mexicaine traditionnelle ». (Guillermo Melendez)

Le Mexique, deuxième pays le plus « gros » après les États-Unis

La mondialisation peut aussi aider à expliquer pourquoi, près de deux décennies après que l’Accord de libre-échange nord-américain [ALENA] est entré en vigueur, le Mexique est passé du statut de pays où l’obésité était pratiquement inconnue au deuxième pays le plus « gros », après les États-Unis.

Il est stupéfiant de voir que 69 % des hommes et 73 % des femmes sont en surpoids au Mexique, selon Guillermo Melendez, un médecin expert de la nutrition à la Fondation pour la santé du Mexique, un groupe à but non lucratif dans la ville de Mexico. Et le problème touche de plus en plus de très jeunes Mexicains. En 1999, 27% des enfants Mexicains étaient en surpoids ou obèses. Ils sont maintenant 31%.

Comme leurs revenus ont augmenté, les Mexicains se sont de plus en plus éloignés d’une nourriture traditionnelle à base de maïs, de haricots, de tomates et de piments, accompagnés de quelques œufs et de fromage, pour manger des quantités malsaines de viande frite.

« Nous devons changer la culture de la nourriture, qui est vraiment influencée par les grosses multinationales, et revenir à la nourriture mexicaine traditionnelle », explique Guillermo Melendez à GlobalPost. Le gouvernement passe maintenant à l’action, après avoir dressé une stratégie de prévention de l’obésité en 2010, avec quelques-unes des plus grosses compagnies alimentaires. Le plan inclut la suppression des sodas ainsi que des encas gras et sucrés dans les écoles.

L’exercice physique est un deuxième point essentiel dans la lutte contre l’obésité

Pendant ce temps, selon Guillermo Melendez, 97% des enfants mexicains ne font aucun sport à l’école. « Les enfants ont arrêté de jouer au foot dans les rues », ajoute-t-il. « Maintenant, ils n’en ont que pour la télévision et les jeux vidéo. Cela aussi doit changer ».

Alors que d’autres pays d’Amérique latine suivent le Mexique dans sa courbe montante d’obésité, le gros point d’interrogation maintenant est de savoir si les gouvernements décideront aussi qu’une intervention dans le marché alimentaire est nécessaire pour freiner la crise de la santé publique qui ne cesse de grossir.

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Des chercheurs canadiens ont découvert que le gène responsable de l’obésité est associé à une réduction du risque de dépression.

Leur étude, publiée dans la revue Molecular Psychiatry, a été menée auprès de 17 200 personnes, dans 21 pays. Il en ressort que le gène FTO, identifié comme celui de l’obésité, permet une réduction de 8% du risque de dépression.

Les scientifiques soulignent que si le chiffre paraît modeste, il remet tout de même en question la perception du lien obligatoire entre dépression et obésité, selon lequel les personnes obèses seraient déprimées en raison des discriminations sociales qu’elles subissent ou que les personnes déprimées mèneraient une vie moins active, entraînant une prise de poids.

Selon les auteurs, cette étude apporte des données nouvelles sur le processus moléculaire de la dépression. Cette preuve qu’un gène de l’obésité est protecteur contre la dépression pourrait permettre une meilleure compréhension et une prise en charge plus efficace de la maladie

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Par Thierry Soucar

La baisse de la qualité du sperme pourrait s’expliquer par les hormones femelles apportées par les laitages.

Dans le film « Le Fils de l’Homme », les êtres humains perdent brutalement la capacité de faire des bébés. Les scénaristes n’offrent pas d’explication claire au phénomène même s’il est question d’une chute de la qualité du sperme. Bon, nous n’en sommes pas là, mais il y a des signes qui inquiètent les chercheurs.

Comme cette grande étude française qui a suscité un certain émoi : la qualité du sperme est en fort déclin en France. Conduite sur plus de 26 600 hommes, elle montre qu’entre 1989 et 2005, la concentration en spermatozoïdes a diminué en moyenne de 32,2%. Ainsi, chez un homme de 35 ans, le nombre de spermatozoïdes est passé de 73,6 millions/ml à 49,9 millions/ml en moyenne, un niveau préoccupant même s’il permet encore de faire des bébés. La proportion des spermatozoïdes de forme normale est elle aussi en baisse de 33,4% de sur cette même période.

L’étude arrive sur les pas d’autres, plus limitées.

Par exemple, une enquête conduite à Paris a trouvé une diminution de 2,1% par an de la concentration en spermatozoïdes des donneurs de sperme entre 1973 et 1992. Les chercheurs ont aussi rapporté que la concentration en spermatozoïdes d’un homme âgé de 30 ans, né en 1945 était de 102 millions/ml mais seulement de 51 millions/ml chez un homme trentenaire né en 1962.

Pour expliquer la baisse du nombre de spermatozoïdes totaux et celle du nombre de spermatozoïdes normaux, les facteurs classiques sont incriminés : plastifiants, pesticides, résidus de médicaments dans les eaux de boissons, l’obésité, les mêmes qui étaient pointés du doigt dans les années 1990 quand je suivais ces questions pour Sciences et Avenir et qu’il était devenu clair que quelque chose se passait au niveau du sperme des populations des pays développés. Ces toxiques environnementaux qu’on appelle « perturbateurs endocriniens » jouent certainement un rôle.

Mais ce n’est que très récemment qu’on a commencé de regarder du côté de l’alimentation. Et la surprise est au rendez-vous !

Myriam Afeiche, une chercheuse de l’Ecole de santé publique de Harvard a présenté le 23 octobre 2012 une étude qui a fait beaucoup parler à la 68ème Réunion de la Société américaine de médecine reproductive qui se tenait à San Diego (Californie). Elle a cherché une association entre le régime alimentaire et la qualité du sperme de 189 jeunes hommes âgés de 18 à 22 ans, issus d’une étude américaine, la Rochester Young Men’s Study. Résultats : les hommes qui consomment entre 1,3 et 7,5 portions de laitages entiers par jour ont moins de spermatozoïdes normaux que les hommes qui consomment peu de laitages (zéro à 1,2 portions par jour). Les chercheurs ont trouvé que par rapport aux autres, les hommes qui consommaient plus de 3 portions de laitages entiers avaient une baisse de 25% de la qualité du sperme. Une portion correspondait à 30 g de fromage, une cuillère de crème, un cornet de glace ou un verre de lait entier.

Le Dr Afeiche explique que la teneur du lait de vache en hormones femelles, pourrait expliquer ces changements. Le lait de vache entier a aussi plus de risque de contenir des pesticides et d’autres polluants qui ont une affinité pour les graisses. Cela peut surprendre de découvrir qu’il y a des hormones dans le lait de vache. Il y en a parce que les vaches sont aujourd’hui traites pendant une grande partie de leur grossesse, ce qui n’était pas le cas autrefois, comme le montrent les enquêtes dans les tribus d’éleveurs nomades. La production avant tout !

Lors de ma conférence de Reims en novembre 2012, j’ai donné quelques chiffres. Par exemple, on trouve entre 40 et 55 pg/ml de sulfate d’estrone libre, et 200 à 370 pg/ml de sulfate d’estrone conjugué dans le lait de vache. Cette hormone n’est pas détruite par la stérilisation et une partie est convertie par chacun de nous en estradiol. Il y a d’ailleurs aussi de l’estradiol dans le lait. Le total des estrogènes (libres et conjugués) peut dépasser 700 pg/mL dans le lait écrémé. Les graisses du lait renferment de leur côté des teneurs très élevées de progestérone.

Des chercheurs japonais, qui enquêtent sur la baisse de la fertilité dans leur pays, ont trouvé une association avec l’explosion récente de la consommation de laitages. Ils ont calculé qu’un garçon qui consomme l’équivalent de 50 cL de lait par jour, « reçoit » 160 ng de sulfate d’estrone, dont une partie sera convertie en estradiol. A rapprocher des 40 à 100 ng quotidiens que le corps fabrique naturellement.

Ce qui nous conduit à la situation française. Les Français consommaient environ 5 kg de fromage par personne par an en 1950. Ce chiffre était de 18 kg en 1980, 23,5 kg en 2000, un peu plus de 24 kg en 2009. Nous sommes les deuxièmes plus gros consommateurs de fromages en Europe (kg/personne), derrière les Grecs. Et nous occupons la première place pour la consommation de beurre (8 kg/personne/an).

Voici donc l’hypothèse : l’un des principaux changements hormonaux dans notre environnement ces 60 dernières années en France, serait que nous sommes exposés dès le plus jeune âge aux hormones femelles des laitages, du fait du changement du mode de production du lait et de notre appétit pour le fromage et le beurre. Cette exposition pourrait au moins en partie expliquer la baisse de la qualité du sperme qui est constatée aujourd’hui.

Pour vérifier cette hypothèse, ou l’infirmer, il faudrait lancer une étude sur la question. Je lance un appel à l’industrie laitière…

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Des chercheurs de l’Hôpital Saint Thomas de Londres ont récemment publié dans BMC Medicine une méta-analyse portant sur 19 études consacrées à la prise en charge des femmes enceintes obèses. Au Royaume-Uni où la prévalence de l’obésité a atteint 24% chez les femmes en âge de procréer le sujet revêt un intérêt majeur. En France, si nous sommes encore loin des chiffres de nos voisins britanniques, les dernières statistiques issues de l’étude ObEpi montrent que la proportion d’obèses parmi les femmes en âge de procréer ne cesse d’augmenter. L’occasion de faire le point sur les risques associés à la grossesse chez les futures mamans obèses et les recommandations actuelles.

L’obésité touche de plus en plus de femmes en France

Tous les trois ans depuis 1997, l’Inserm publie en collaboration avec les laboratoires Roche, l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris) et Kantar Health un rapport sur la prévalence du surpoids et de l’obésité en France. La sixième version de cette enquête épidémiologique, nommée ObEpi, a été publiée mi-octobre 2012. Les chiffres qu’elle présente ont été obtenus sur un échantillon de 25714 individus de plus de 18 ans, représentatifs de la population française. Ces personnes ont été réparties en cinq classes allant de la maigreur jusqu’à l’obésité dite morbide, selon la valeur de leur indice de masse corporelle (IMC), obtenu en divisant le poids (en kg) par le carré de la taille (en m). Un IMC supérieur à 30 kg/m2 indique une obésité, et au-delà de 40 kg/m2 il s’agit d’obésité morbide. Aujourd’hui 15% des Français sont obèses et en 2012, comme chaque année depuis 2003, la prévalence de l’obésité est plus importante chez les femmes (15,7%) que chez les hommes (14,3%). L’augmentation du nombre de femmes obèses depuis 1997 se retrouve dans toutes les classes d’âges, mais est particulièrement marquée chez les femmes jeunes. Chez les 18-25 ans, le pourcentage de femmes obèses est ainsi passé en 15 ans de 2% à 6%. Pour les 25-34 ans la prévalence est passée de 6% à 11% et pour les 35-44 ans de 8% à 16%. Ceci indique donc que de plus en plus de femmes en âge de procréer présente une obésité.

Les risques de complications sont augmentés chez la femme-enceinte obèse

Les auteurs de l’étude britannique rappellent que chez les femmes enceintes obèses tous les risques de complications (diabète gestationnel, pré-éclampsie, thrombo-embolie, césarienne, prématurité, macrosomie, etc.) sont statistiquement augmentés. Cela ne signifie absolument pas qu’il y aura à coup sûr des complications lors d’une grossesse chez une femme obèse, mais la future maman doit néanmoins être informée afin de bien comprendre les enjeux. Or les femmes obèses qui ont un projet d’enfant ne consultent pas ou très rarement leur gynécologue avant le début de leur grossesse. La crainte que leur projet soit mal accueilli par le praticien ou que celui-ci leur demande de perdre du poids avant la conception est un frein manifeste. Jacky Nizard, gynécologue-obstétricien à la maternité de la Pitié-Salpêtrière explique qu’effectivement il est conseillé à la future-maman d’essayer de perdre du poids avant de concevoir un enfant. Ceci d’une part pour minimiser les risques, proportionnels au poids pré-conceptionnel des mères, et également car la surcharge pondérale constitue un facteur d’infertilité clairement identifié. Le Dr Nizard insiste cependant sur le fait que les consultations sont totalement individualisées et que les objectifs de perte de poids sont toujours discutés avec la patiente. Cette consultation pré-conceptionnelle est aussi l’occasion de proposer à la future-maman un suivi nutritionnel qui en plus de l’aider à contrôler son poids permettra de détecter et de palier à d’éventuelles carences. Les femmes obèses ayant eu recours à une chirurgie de l’obésité (anneau, by-pass ou sleeve) sont particulièrement concernées. Ces dernières sont en effet souvent carencées et pour le bon développement du fœtus il est primordial qu’elles reçoivent une supplémentation en macro- et micronutriments adaptée.

Les femmes obèses non-opérées, si elles ont des apports nutritionnels suffisamment variés, n’ont pas besoin de supplémentation particulière. Comme à toutes les futures mamans, il leur est conseillé d’avoir des apports suffisants en acides gras oméga-3 (apportés par 2 portions de poissons gras par semaine) et en vitamine D. Il faut également rappeler que, pour toutes les femmes, une supplémentation en acide folique (ou vitamine B9) est conseillée, et devrait intervenir quelques mois avant et après la conception. Or en France la plupart des futures mamans ne prennent de l’acide folique que trop tardivement, d’où l’intérêt de consulter avant la conception.

Diabète, obésité et grossesse

La prévalence du diabète dans la population obèse est significativement plus importante que dans la population générale (13,5% contre 5,8% en France) et le risque de diabète gestationnel (qui survient lors de la grossesse et disparaît ensuite) est très nettement augmenté chez les femmes obèses. Or le diabète, gestationnel ou non, est connu pour augmenter les risques de malformation du fœtus, de macrosomie (bébés avec un poids de naissance supérieur à 4 kg), de prématurité, et de naissance par césarienne. Il est donc important que ces femmes puissent bénéficier d’un suivi adapté. C’est le cas à la maternité de la Pitié-Salpêtrière où des contrôles réguliers de la glycémie à jeun des futures mamans obèses sont effectués pour permettre de dépister au plus tôt la survenue d’un diabète. Des examens échographiques supplémentaires sont également réalisés afin de s’assurer du bon développement du fœtus tout au long de la gestation.

L’information est souvent la meilleure des mesures de prévention.

Planifier la grossesse

La méta-analyse britannique conclut qu’il est difficile de démontrer une plus-value significative des mesures pré-conceptionnelles, notamment car les études disponibles ne sont pas toujours de très bonne qualité. Cependant il semble se dégager une tendance montrant qu’agir en amont de la grossesse peut notamment permettre de diminuer le diabète gestationnel ainsi que la prise de poids au cours de la gestation. Pour les praticiens, une consultation pré-conceptionnelle constitue de toute évidence un plus, qui permettra à la future maman d’aborder sa grossesse dans de meilleures conditions.

Afin de permettre aux femmes obèses de vivre leur grossesse en toute sécurité et dans un environnement serein il est indispensable que celles-ci puissent être orientées le plus tôt possible vers des maternités où les équipes sont sensibilisées à cette problématique.

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Le quotidien New York Times a titré ce 10 décembre 2012 sur la baisse de l’obésité chez les jeunes, enregistrée dans plusieurs villes des Etats Unis, notamment à New York et à Los Angeles.

Même si les progrès sont en général très modestes, c’est la première fois depuis trente ans que la tendance est à la baisse, et ce pourrait être le début d’une décrue durable.

La plupart des experts notent que les villes où ont été enregistrés ces bons chiffres, ont mis en place des politiques de lutte contre l’obésité depuis quelques années.

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Le constat est accablant: selon l’OMS, l’obésité touche 1,4 milliard d’adultes et 43 millions d’enfants dans le monde. 2,8 millions de personnes en meurent chaque année. 3 millions de décès sont également dus au diabète, maladie liée à l’obésité dans 75% des cas, à tel point qu’il convient désormais de parler de « diabésité« .

Notre pays, que l’on a longtemps cru épargné par ce fléau, pourrait désormais rattraper le taux d’obésité des États-Unis d’ici 2020. Le nombre de Français en surpoids atteint aujourd’hui 25 millions, dont près de 7 millions d’obèses, soit cinquante fois plus qu’en 1960!

Dans ce contexte, la sixième édition de l’enquête nationale ObEpi (Enquête épidémiologique nationale sur le surpoids et l’obésité, menée par l’Inserm, Kantar Health et Roche) vient de publier des résultats ambivalents.

La progression du nombre d’obèses semble ralentir depuis 2009. Mais 15% de la population française adulte est aujourd’hui obèse, contre 8% en 1997, année de la première enquête ObEpi. Et l’épidémie continue d’augmenter fortement auprès des 18-24 ans, malgré des campagnes publiques de prévention destinées aux jeunes, dans le cadre du PNNS (Plan National Nutrition Santé).

La France, tant réputée pour la qualité de ses mœurs alimentaires et pour son système de santé, doit montrer l’exemple.

Nous ne pouvons pas nous résoudre à supporter sur le long terme les coûts sociaux et économiques colossaux qu’engendre cette « épidémie du siècle », qui touche avant tout les plus défavorisés.

Un obèse vit en moyenne neuf années de moins que la moyenne et passe les dix dernières années de sa vie en mauvaise santé: diabète, maladies cardiovasculaires, cancer, arthrose…

L’ampleur de l’épidémie, qui n’a pourtant rien d’inéluctable, est telle qu’elle est la cause du premier recul de l’espérance de vie de l’histoire moderne des Etats-Unis.

A l’heure où la pression s’accentue plus que jamais sur nos budgets, qui comprendrait qu’on ignore un fléau qui coûte chaque année 15% du budget de la sécurité sociale? Et ce coût pourrait doubler d’ici 15 ans!

Un homme a montré qu’il était possible de tracer une voie malgré les pressions phénoménales des industriels. Il s’agit du maire de New York, Mickaël Bloomberg, qui a décidé d’interdire, dans les cinémas, les snacks et les restaurants de la ville, la vente de sodas de plus d’un demi-litre. Même s’il s’agit d’un premier et modeste pas, c’est de décisions claires, de cette nature, dont nous avons besoin.

Retenons les mots de ce même M. Bloomberg: « J’ai toujours eu beaucoup de respect pour ceux qui ont tenté de changer le monde plutôt que de s’en plaindre ».

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(AFP) – On l’appellera Taro. La cinquantaine élégante. Il y a quelques semaines, il a reçu un email lui annonçant que son tour de taille était de 86 cm. Pour un petit centimètre, il est théoriquement « hors la loi ». Car au Japon, pays des sumos et de l’obésité déifiée, une loi fixe une limite pour les hommes et les femmes. L’obésité serait illégale… en gros.

Depuis 2008, toutes les entreprises et administrations sont théoriquement tenues de mesurer le tour de taille de leurs employés de 40 ans à 74 ans lors de la visite médicale annuelle: il ne doit pas dépasser 85 centimètres pour les messieurs, 90 pour ces dames.

L’objectif est de réduire le nombre croissant de diabètes, de maladies cardio-vasculaires, faire baisser le cholestérol et la pression artérielle, et au bout du compte dégonfler la facture du système de santé.

« Si on appliquait une telle loi aux Etats-Unis, il n’y aurait pas assez de prisons », éclate de rire un Américain de passage à Tokyo, lui-même plutôt bien en chair.

« Ici c’est plutôt le genre filiforme », s’amuse un Européen qui avoue, un peu complexé, que depuis son installation au Japon il aurait tendance à rentrer le ventre.

Car le Japon est bien le dernier pays auquel on penserait pour un programme anti-obésité : selon l’Organisation mondiale de la santé, les Japonais sont avec les Coréens l’un des peuples les plus sveltes au monde.

Pourtant, selon une étude récente du ministère de la Santé, le surpoids et l’obésité augmenteraient depuis une quinzaine d’années, en particulier chez les hommes jeunes. Si en 1997, 23,3% des Japonais de 20 ans et plus étaient en surpoids, en 2007 ils étaient 30,4%.

La tendance est toutefois stable chez les femmes, légèrement au-dessus de 20%.

Dans l’email, Taro a été gratifié de quelques recommandations sur l’utilité du sport, d’une alimentation saine et d’une bonne hygiène de vie. Et gare à lui s’il ne gagne pas un cran de ceinture avant la prochaine visite: à la clé, sanction ultime, il pourrait avoir à suivre des sessions de conseil.

Mais la pression pèse surtout sur les entreprises : l’objectif affiché en 2008 est qu’elles réduisent, sous peine d’amendes, le nombre d’employés en surpoids de 10% en quatre ans (2012) et de 25% en 2015.

Il semble toutefois depuis peu que « l’épreuve de la ceinture » ne soit plus le critère absolu. « Nous discutons de nouvelles normes, car un rapport a récemment démontré que le rapport entre tour de taille et maladies cardio-vasculaires n’était pas aussi évident », confie un responsable du ministère de la Santé.

Au Japon, on ne parle plus de « gros » mais de « métabo » (dérivé de métabolisme), et c’est devenu un mot de la langue courante.

Patron d’une clinique « anti-métabo » depuis 2005 dans le quartier Shibuya de Tokyo, le docteur Hiroyuki Hayashi se frotte les mains: sa clinique chic reçoit 600 clients par mois, surtout des femmes.

« Oui, le surpoids gagne du terrain », et selon lui ça a commencé juste après la guerre, avec l’arrivée des Américains et leurs « armes de digestion massive » : hamburgers, T-bone, une célèbre boisson gazeuse et sucrée. Et la notion du « king size », « oomori » dans sa version nippone.

Comme par hasard c’est à Okinawa, l’île du sud du Japon qui abrite une gigantesque base américaine, qu’il y a le plus de gros.

En tout cas le Dr Hayashi n’est pas convaincu par la loi « anti-metabo »: « C’est un échec. Selon le ministère de la Santé, seulement 43,3% des 52 millions de Japonais concernés ont fait l’examen annuel, et au bout du compte 12,3% des gens ont suivi jusqu’au bout la « feuille de route médicale ».

Mais comment expliquer que malgré les quantités de nourriture qu’ils absorbent, les soirées arrosées de bière, shoshu et autre saké, malgré aussi les distributeurs de sodas et boissons sucrées à tous les coins de rue, la plupart des Japonais restent encore en majorité minces ?

Réponse d’un diététicien : ils consomment énormément de poisson et de riz, peu riches en matières grasses, le thé vert aide à brûler les graisses et le fait même de manger de petites quantités avec des baguettes, au lieu d’enfourner de grosses fourchetées, ralentit la vitesse d’absorption et facilite la destruction des graisses.

L’obésité est en tout cas devenue un créneau commercial juteux. Sur les chaînes de téléachat, il ne passe pas une heure sans des publicités vantant des appareils qui font disparaître de disgracieux bourrelets, ou d’autres promettant aux messieurs de magnifiques « tablettes de chocolat » au lieu des « abdos Kronenbourg ».

Dans des spots, on voit des femmes exulter de joie en groupe dès que l’une d’elles montre qu’elle a perdu son ventre, la preuve par le pantalon qui baille à la taille. D’autres vont jusqu’à mesurer… leur tour de mollet!

Et puis il y a ces pubs qui proposent LE comprimé miracle, à base de plantes, de coquillages, ou tout simplement de tomates. Car en février une équipe de l’université de Kyoto a établi que les tomates contenaient des substances utiles contre les troubles métaboliques et les lipides. Depuis, c’est la ruée sur les jus de tomates dont les ventes ont carrément doublé début 2012.

Dans les innombrables taxis de Tokyo on trouve de petites brochures sur le mode « avant-après » pour vanter telle ou telle clinique, dont celle du bon Dr Hayashi.

C’est d’ailleurs comme ça que M. Kato, un cadre supérieur de 33 ans a atterri à la DS Clinic. 1,85 m, 103 kg.

« A la dernière visite médicale on m’a dit qu’il fallait que je m’occupe sérieusement de mon poids ».

Convaincu qu’il doit maigrir, M. Kato l’est moins par la « loi métabo »: « dans ma boîte, dit-il à l’AFP, il y a pas mal de gens assez gros. On nous le fait remarquer à la visite, et puis on n’y pense plus ».

Chez M. Hayashi, pour perdre 10 kilos en 3 mois, il faut compter 500.000 yens, environ 5.000 euros, soit 500 euros du kilo!

Dans sa clinique, ambiance aussi feutrée que la moquette, lustres à pampilles simili cristal, le docteur taira son chiffre d’affaire. La seule chose qu’il accepte de voir grossir.

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Deux Australiens sur trois présentent une surcharge pondérale ou sont obèses, révèle une étude de l’agence australienne des statistiques (ABS) montrant par ailleurs une meilleure hygiène de vie de la population adulte du pays.

L’étude nationale sur la santé des Australiens 2011/2012, réalisée auprès de 33.500 personnes, a établi que 63,4% des Australiens de plus de 18 ans souffraient d’un excès de poids. Une augmentation de 2% depuis 2010 et de 7% depuis 1995. « Cela signifie que près des deux tiers de la population sont maintenant classés parmi les personnes en surcharge pondérale ou obèses », constate le statisticien Paul Jelfs.

L’Australie est au 5e rang des pays développés pour la prévalence de l’obésité, derrière les Etats-Unis, le Mexique, la Nouvelle-Zélande et le Chili, selon l’OCDE.

L’enquête a paradoxalement révélé une meilleure hygiène de vie générale avec une baisse du nombre de fumeurs et de la consommation d’alcool.

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Les mauvaises habitudes alimentaires se répandent parmi les 15-25 ans, souligne une enquête Ipsos commandée par la société conseil dans le domaine social Doing Good Doing Well. Et le danger est réel : près d’un jeune sur cinq (19%) est en surpoids ou obèse, soit près de 2 millions de jeunes Français. En 1995, seuls 8% étaient concernés.

Pire, parmi ces 19%, trois sur dix n’en n’ont pas conscience puisqu’ils s’estiment minces ou de corpulence normale.

Voici une liste non exhaustive des mauvaises habitudes alimentaires incriminées dans l’obésité des jeunes :

Ils grignotent. Plus d’un jeune sur trois reconnaît qu’en cas de stress, il lui arrive de grignoter toute la journée. Et lorsqu’un jeune grignote, il est rare qu’il mange une pomme, préférant par exemple les barres chocolatées.

Ils ne respectent pas la règle des cinq fruits et légumes. Le slogan est connu mais peu pratiqué. 38% seulement déclarent consommer quotidiennement à la fois des fruits et des légumes.

Ils négligent la qualité. L’alimentation n’est pas un poste de dépenses prioritaire chez les jeunes : plus d’un sur quatre est prêt à sacrifier la qualité et la quantité de son alimentation au profit de son habillement (31%) ou de la téléphonie mobile (25%).

Ils désacralisent les repas. 54% des jeunes disent ne pas manger à heure fixe au moins un repas sur deux. Ils consacrent par ailleurs peu de temps à leurs repas : 9 minutes pour le petit-déjeuner, 24 minutes pour le déjeuner, 27 minutes pour le dîner. Or manger trop vite, c’est l’assurance d’une digestion compliquée et d’un retour de la faim plus précoce.

• …ou ne mangent tout simplement pas. 48% « zappent » carrément le petit-déjeuner au moins un matin sur deux. A chaque écart, l’organisme se dérègle et modifie les sensations de satiété. Par ailleurs, la vie professionnelle contraint fréquemment 59% des jeunes à déjeuner sur le pouce et, pour 32% d’entre eux, à sauter la pause déjeuner.

Ils évitent de trop bouger. La sédentarité aggrave les risques de surpoids et d’obésité: plus d’un jeune sur trois déclare ne pas faire de sport (38%). Cette tendance se renforce parmi les classes les plus défavorisées : 47% des jeunes issus de foyers modestes ne font pas du tout de sport, contre seulement 27% parmi les enfants de familles plus aisées.

Ils peuvent bouder l’eau. 23% boivent « souvent » des sodas pendant les repas contre seulement un sur six qui dit boire « très souvent » de l’eau. Problème : une canette de Coca-Cola contient par exemple l’équivalent de six à sept morceaux de sucre.

Ils mangent devant un écran. 61% des jeunes âgés de 15 à 25 ans mangent leur repas devant un écran, au moins une fois sur deux. Pas idéal pour faire attention à la qualité et à la quantité de ce qu’on ingère.

Cette étude confirme par ailleurs une donnée déjà identifiée en France et à l’étranger : plus on est pauvre, plus on risque d’être obèse ou de le devenir. Dans les familles aisées (revenu net mensuel supérieur à 3.000 euros), seul un enfant sur dix est en surpoids ou obèse. En revanche, ils sont un sur quatre dans les familles les plus modestes (revenu net mensuel inférieur à 1.250 euros).

Enquête Ipsos commandée par la société conseil dans le domaine social Doing Good Doing Well et réalisée 15 au 25 septembre 2012 auprès d’un échantillon représentatif de 1.000 jeunes âgés de 15 à 25 ans, interrogés via l’Access Panel Online d’Ipsos. Méthode des quotas.

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