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Dr Patrick BUENOS

L’évaluation psychologique des enfants en surpoids reste nécessaire.

La part de vulnérabilité génétique est souvent au premier plan de la prise de poids précoce chez l’enfant. Mais par ses achats, ses habitudes alimentaires, la structuration des repas pris en famille ou non, la relation des parents à la nourriture contribue aussi fortement à modeler celle de l’enfant, surtout chez les plus jeunes. De plus, «certaines attitudes familiales, très permissives ou très rigides, ­peuvent aussi favoriser l’obésité de l’enfant».

« Certains troubles de l’humeur, une dépression, peuvent faire émerger un surpoids ou une obésité. À l’inverse, le surpoids et l’obésité peuvent aussi favoriser l’émergence de symptômes dépressifs chez l’enfant ou l’adolescent, explique le Dr Pascale Isnard, psychiatre (Hôpital Robert Debré, Paris). Il existe également des obésités réactionnelles, consécutives à un événement de vie comme une séparation des parents ou un deuil.» La maltraitance, les carences de soins, les sévices favorisent aussi la prise de poids et l’obésité.

Si tous les enfants n’ont pas besoin d’une évaluation et d’un soutien psychologique, ceux-ci peuvent s’avérer nécessaires quand le surpoids de l’enfant évolue mal, en cas de difficultés scolaires, de troubles attentionnels ou d’environnement familial défavorable. Il est indispensable quand l’enfant doit être pris en charge en internat diététique.

Source de moqueries, l’obésité peut conduire l’enfant à s’isoler et à renforcer un comportement alimentaire qui l’entretient. Sur un terrain favorable préexistant, quand l’enfant est timide, une véritable phobie sociale peut se développer. «Il est important que le pédiatre repère ces difficultés pour orienter l’enfant vers une évaluation psychologique, afin de mettre en place une thérapie, par exemple une prise en charge de groupe dans la phobie sociale, ou une thérapie d’affirmation de soi».

Valoriser l’estime de soi

En ville, l’évaluation psychologique des enfants en surpoids ou obèse n’est pas systématique, d’autant que la consultation du psychologue n’est pas toujours remboursée.  L’accompagnement psychologique vise surtout à soutenir la motivation de l’enfant dans l’adoption de nouvelles règles hygiéno-diététiques, à valoriser son estime de soi et l’image de son corps. Le fait de perdre du poids va souvent aider l’enfant à aller mieux, à prendre confiance en lui.

Si l’obésité peut induire un syndrome dépressif, avec le temps s’installe parfois une certaine adaptation de l’enfant à sa situation, une tolérance à la moquerie, et une acceptation de son propre corps, qui peuvent faire obstacle au succès de la prise en charge, surtout si les parents sont eux aussi en surpoids.

L’adolescence peut aussi constituer une période critique, parce que le regard de l’autre devient plus important, mais aussi parce que la fin de la croissance rend la perte de poids plus difficile. Mais elle est aussi parfois un moment privilégié d’évolution de l’enfant.

 

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Extrait du livre de Denis DOUCET, « le principe du petit pingouin »:

Quelqu’un a déjà dit : «Je pense, donc je suis. » À notre époque, les gens adhèrent plutôt à : « Ce dont j’ai l’air, c’est cela que je suis. » Pas marrant !

Si vous surinvestissez dans la gestion de votre image comme les modes de pensée actuels l’encouragent, vous ne connaîtrez que 10 % de la personne que vous êtes. Pensez-y bien : 10 %, ce n’est pas beaucoup !

Vous êtes quand même plus que votre nouvelle dentition, votre nouvelle coiffure, votre salaire, votre nouvelle chemise, votre nouvelle montre, votre nouvelle voiture, votre diplôme, votre maison. Je n’ai rien contre le fait que vous en jouissiez ou que vous en soyez fier, mais de grâce, accordez-vous plus de considération !

J’entends fréquemment : « Qu’est-ce qu’ils vont dire ? » Phrase qui traduit une importance excessive accordée à l’opinion d’autrui, au détriment de ce que l’on veut vraiment.

Si vous espérez être plus aimé en misant exclusivement sur l’image que vous projetez, votre entourage risque d’être attiré par cette image… pas par vous. Une vedette, on ne l’aime pas, elle, cette personne, mais seulement l’image que son producteur ou son gérant ont fabriquée pour la télévision et la scène. Pensez-y !

D’autant plus que vous risquez assez vite de confondre votre identité avec votre image du moment, celle à la mode du jour – donc changeante -, proposée et créée par d’autres. Ce n’est pas ce que j’appelle une vraie identité, en tout cas. Il s’agirait plutôt d’une pseudo-identité empruntée.

La suite …………..Demain

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L’obésité et le surpoids sont importants en Polynésie.

Le canada, invité à la conférence sur l’obésité, nous expose la piste importante et intéressante des changements environnementaux nécessaires à la lutte contre la progression de l’obésité, à savoir, par exemple, éloigner les fast-food de la sortie des établissements scolaires …etc

Cliquez ci-dessous pour voir la vidéo extraite du journal télévisé polynésien :

obesite en polynesie

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Extrait du livre de Denis DOUCET, « le principe du petit pingouin »:

 » Si vous souffrez de perfectionnisme – pas extrême, on s’entend, mais juste la bonne dose -, vous êtes un employé recherché. Avec vous, on est certain que le travail sera très bien fait.

Si vous êtes hyperconformiste de surcroît, alors là, bravo ! vous êtes la perle aux yeux de plusieurs patrons. Vous ne serez pas un employé à problème qui se plaint de ses conditions, vous allez tout faire pour atteindre leurs objectifs, et même plus.

Votre santé est votre dernier souci, vous surpasser est votre raison de vivre, votre valorisation, votre leitmotiv.

Pas étonnant que Big Mouth véhicule ce genre de discours comme modèle du travailleur idéal. Faire toujours plus avec moins de personnel et moins de ressources, réduire les coûts de production. N’est-ce pas ce dont on vous a rebattu les oreilles depuis des années ? Au point où c’est désormais devenu banal et imbriqué dans la plupart des cultures de travail de vivre des compressions budgétaires d’année en année.

Je remarque même que cette tendance contamine de plus en plus les relations de couple et les rapports parent-enfant. Nous devenons de plus en plus exigeants les uns envers les autres sur des détails, perdant de vue l’essence de nos relations.

L’obsession d’un monde parfait gagne de plus en plus les esprits comme un réflexe conditionné : décoration parfaite, symétrie parfaite, tenue parfaite, nettoyage parfait, pelouse parfaite, voiture neuve parfaite, dents parfaites, chevelure parfaite, exécution parfaite, etc.

Cette course à la perfection absurde, parce qu’elle est motivée seulement par la recherche du « sans fautes » et de l’impeccabilité, peut devenir assez aliénante en vous faisant vous préoccuper exagérément de détails secondaires. Encore une manœuvre qui aboutit à une perte de sens parce que vous allez manquer de vision globale des choses. Tout vouloir fignoler et passer au peigne fin pompe en plus une somme d’énergie impressionnante. Une autre occasion de perdre de l’entrain.

La suite ….. Demain

Dr BUENOS : Une dissection méticuleuse, chirurgicale du principe de la suradaptation. Les « vérités » énoncées par Denis DOUCET sont troublantes ……………

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L’obésité dépendrait de la présence des fast food.

Plus il y a de fast food et plus il y a d’obèses. Voici le résultat logique mais édifiant d’une étude réalisée par une équipe en Seine-Saint-Denis.

Plus on compte de McDonald’s dans un même lieu, plus le nombre de personnes obèses est important. C’est le résultat d’une étude publiée dans le très sérieux : Journal of Internal Medicine.

Les chercheurs ont regardé le taux de personnes obèses dans les 44 pays les plus peuplés de chaque continent. Ils ont ensuite comparé ce taux à l’implantation géographique de 95% des restaurants de la chaîne américaine dans le monde. Le résultat est distinct : les lieux possédant des McDonald’s ont un taux d’obésité qui grimpe de 20 à 55% de plus que celui des régions qui en sont moins dotées.

De nouveaux McDonald’s s’installent dès qu’un pays se tourne vers une consommation occidentale. Attention, si on constate un lien, l’étude ne prouve pas que la chaîne soit la cause du surpoids.

 

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Extrait du livre de Denis DOUCET, « le principe du petit pingouin » :

Vous vous souvenez sans doute de cette société des loisirs qu’on nous avait annoncée il y a plusieurs années ? Les statistiques démontrent à l’inverse que le nombre moyen d’heures travaillées a augmenté petit à petit. Et j’ajouterais que non seulement le temps officiel de travail a augmenté, mais que le temps « mental » consacré au travail s’est lui aussi accru. Plus de gens apportent les problèmes de bureau à la maison, de peur de ne pas parvenir à respecter les échéanciers prévus. Cela les rend plus distraits en présence de leurs proches, augmente le risque d’accidents routiers et leur vole du temps personnel. Ils voient leur niveau général d’énergie en souffrir par une usure accélérée du corps et de l’esprit.

La sédentarité, cet éloge de l’immobilisme, s’installe alors comme un mode de vie permanent. Sédentaires, entre autres, parce qu’épuisés, n’ayant pas la force de faire plus que de zapper passivement sur une télécommande en regardant distraitement des images défiler devant leurs yeux, corps immobile, cerveau au ralenti.

Tout au plus, pour bon nombre, leur reste-t-il la force d’acheter un billet pour en voir d’autres qu’eux se démener sur une scène. Encore un point pour la théorie de notre ami Scott Adams : un problème a été créé, puis une solution monnayable a été proposée. Les contestataires de la vieille école appelaient ça « se faire récupérer par le système ».

Le système social crée une insatisfaction, puis invente tout de suite une réponse compensatoire afin que personne ne s’en plaigne trop. Brillant !

C’est sans doute à cela que fait référence Monique Soucy dans son livre J’ai mal à mon travail : jusqu’où tolérer l’insatisfaction ? lorsqu’elle écrit : « Tant de produits nous sont proposés et imposés si subtilement que nous en venons à les considérer comme des besoins. Des techniques psychologiques très efficaces programment en quelque sorte notre inconscient dans ce sens. Faute d’analyse convenable et de recul suffisant, nous ne nous rendons pas toujours compte que nos choix et notre style de vie nous sont dictés par un désir de fuite et de compensation. »

La suite (de cet exposé troublant de nos vies réelles) ………………….Demain

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Obésité, alimentation, mode de vie… Les différences liées au milieu social interviennent dès l’école primaire. Et elles se maintiennent par la suite.

C’est une étude très fouillée et complète qu’ont livré le 05 octobre 2013 les services de la DRESS (direction de la recherche, des études et de l’évaluation statistique) pour le gouvernement. Plus de 7 700 élèves de CM2 ont été interrogés en 2008 dans 985 établissements de France métropolitaine et des DOM. Et si les indicateurs de santé sont globalement positifs, notamment en matière d’obésité, avec une relative stagnation entre 2002 et 2008, les résultats montrent aussi de fortes inégalités liées au milieu social. Revue de détail :

7 fois plus d’enfants obèses dans les familles d’ouvriers

En 2008, près d’1 élève sur 5 (19%) est atteint de surcharge pondérale et, parmi eux, 4% sont obèses. Si la situation a relativement peu évolué depuis 2002, elle recouvre de fortes disparités. Ainsi, 10% des enfants dont l’un des parents est cadre est en surcharge, contre 25% des enfants d’ouvriers. De même, on dénombre moins de 1% d’enfants de cadres obèses, mais 7% d’enfants d’ouvriers. Parfois même, ces inégalités apparaissent dès 5 ans.

Autre enseignement ; on trouve davantage d’enfants en surcharge pondérale dans les zones d’éducation prioritaire (ZEP) qu’ailleurs (26% contre 18%) et aussi plus d’enfants obèses (7% contre 4%)

2 fois moins de consommateurs de légumes

Outre les facteurs génétiques, le mode de vie et, en particulier, le mode d’alimentation jouent un rôle important dans la survenue de l’obésité. Or, près d’1 enfant de cadre sur 2 (45%) déclare consommer  » tous les jours » des fruits et légumes contre 23% des enfants d’ouvriers. De même, la quasi-totalité d’entre eux (92%) prennent un petit déjeuner quotidien contre 76% des enfants d’ouvriers. Enfin, en matière d’exercice physique, 69% passent moins d’une heure devant un écran (télévision, ordinateur, jeux vidéo…) contre 45% des enfants d’ouvriers. Or, trop d’enfants mangent en regardant la télévision.

2 fois plus de caries

Au CM2, 1 enfant de cadre sur 4 a au moins une carie, mais ce pourcentage grimpe à 53% chez les enfants d’ouvriers. Plus inquiétant encore, l’écart a grandi entre 2002 et 2008 : la proportion d’enfants de cadres sans dents cariées a augmenté de 65% à 74%, alors que dans le même temps elle ne passait « que » de 42% à 47% chez les enfants d’ouvriers.

Or, le niveau de revenus intervient de façon importante, au vu du faible taux de remboursement des appareils dentaires et des soins d’orthodontie. Conséquence, les enfants d’ouvriers sont 2 fois moins nombreux à avoir un appareil que les enfants de cadres (8% contre 15%).

Lecture, natation… Des inégalités fortes

L’examen consistait à lire un texte en fonction d’une norme fixée à 92 mots par minute. Résultat: globalement, près de 9 élèves sur 10 l’ont passé avec succès. Mais l’origine sociale induit de fortes disparités. En effet, les enfants en difficulté avec la lecture sont 4 fois plus nombreux chez les ouvriers que les chez les cadres (26% contre 6%).

Même l’épreuve de natation fait apparaitre des différences, alors que, en principe tout au moins, tous les élèves ont accès aux mêmes équipements! Ainsi, plus de 3 enfants de cadres sur 4 (77%) déclarent savoir très bien nager contre 46% des enfants d’ouvriers.

En définitive, un seul domaine montre une tendance inverse : le taux de vaccination global. Concernant la vaccination contre l’hépatite B, les élèves en ZEP sont plus nombreux que les autres à avoir reçu les 3 doses d’injection (55% contre 45%). Pourquoi? Du côté de la DRESS, on avance deux arguments : un recours plus fréquent des familles modestes aux services de PMI (protection maternelle et infantile), ainsi qu’une « moindre défiance à l’égard de la vaccination ».

 

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Extrait du livre de Denis DOUCET, « Le principe du petit pingouin » :

Le fait de devoir vous adapter à de si nombreuses choses, dont bon nombre ne sont pas considérées comme sensées, n’est pas sans conséquences. L’un des premiers effets qu’on observe souvent est la baisse de concentration, la distractivité et l’inefficacité de votre mémoire à court terme. À un tel point que plusieurs clients qui vivent des malaises émotionnels me demandent souvent : « À partir de quel âge peut-on être atteint d’Alzheimer ? » tellement ils entretiennent des doutes sur leurs capacités cognitives des derniers mois.

Quand quelqu’un présente de moins bonnes capacités de concentration par un excès de fatigue, par le stress ou par une perturbation émotionnelle, il devient encore plus vulnérable aux manipulations car il se met à douter de lui- même.

Une autre preuve que la concentration des gens aujourd’hui est en chute libre, c’est le nombre effarant d’erreurs qu’ils commettent au travail, dans le paiement de leurs factures, dans le fait qu’ils oublient souvent ce qu’on vient juste de leur dire ou ce qu’ils viennent juste de lire. Les employeurs réagissent par des mesures de contrôle toujours plus sophistiquées et coercitives, ce qui augmente le stress à l’idée de se faire prendre en défaut. Un véritable cercle vicieux dont la résultante est un accroissement de méfiance malsaine. Pas besoin de vous dire que les climats en souffrent grandement en bout de piste.

En fait, quand vous êtes perturbé, même modérément, votre système limbique (une structure située au centre du cerveau) s’affole, et ses projections neuronales, se dirigeant vers les lobes frontaux, viennent déranger votre concentration. Certains jeux hormonaux additionnels, sous l’effet du stress, n’aident en rien la situation.

Trop de moments où vous vous mettez à subir une moins bonne concentration-attention peuvent à la longue vous faire douter de vous-même, comme je l’ai mentionné précédemment, diminuant votre confiance dans votre jugement et dans la fiabilité de vos actes. Ce qui en entraîne plusieurs à chercher à s’appuyer sur d’autres pour compenser. Ou encore, cela enseigne à bon nombre d’entre nous, comme réflexe psychologique de survie, à camoufler ses erreurs ou à chercher à les faire passer sur le dos de quelqu’un d’autre.

Je l’ai entre autres remarqué petit à petit dans les restaurants qui offrent des commandes pour emporter. Le pourcentage d’erreurs n’a fait qu’augmenter. Pensez également à la qualité de service des institutions gouvernementales, des compagnies de téléphone, des fournisseurs Internet, des services bancaires, des commerces au détail, de l’hôtellerie, etc.

Lorsque je leur signale des erreurs, leur premier réflexe est de nier les faits. Si j’insiste, on me répond que je me suis peut-être trompé – protection de l’image de l’entreprise qu’on veut faire passer pour infaillible -, et si j’insiste encore, on me répond généralement qu’on va vérifier et me rappeler, auquel cas on ne me rappelle jamais, espérant que je laisserai tomber. Si je reviens à la charge, ils essaient habituellement de minimiser l’inconvénient découlant de leur présumée erreur – car ils ne l’admettront jamais – et tentent de s’en sortir avec une vague excuse, sans offrir de dédommagement. Finalement, si j’insiste encore plus, ils essaient de me faire porter une partie de l’ambiguïté de la situation en me proposant une solution inférieure à un dédommagement juste. Assez curieux, non ? Surtout qu’on nous inonde de publicités affirmant que le client est au cœur de leurs préoccupations… Cela porte à réfléchir.

Je ne suis personnellement pas enclin à traiter d’incompétents tous ces gens, car une bonne part de ce taux d’erreurs à la hausse repose sur des environnements de travail malsains, dans lesquels ils essaient de survivre du mieux qu’ils le peuvent.

La suite ……….Demain.

 

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Extrait du livre de Denis DOUCET, « le principe du petit pingouin » :

«Pour créer un marché, il faut inventer un problème, puis trouver la solution», disait Scott Adams, auteur des bandes dessinées Dilbert. C’est la clé de bien des mises en marché de nouveaux produits.

Vous ne saviez pas que votre cellulaire ne permet pas la navigation Internet à haute vitesse? Heureusement, votre fournisseur vous l’a dit et vous a proposé un nouveau modèle de remplacement que vous vous empresserez d’acheter pour être de votre temps. Et ainsi, vous pourrez naviguer sur Internet au moins… dix-neuf minutes dans les dix-huit prochains mois, sur un minuscule et médiocre petit écran de trois centimètres carrés. Cela justifie largement le prix élevé de votre nouvel appareil, c’est évident !

Vous ne saviez pas que vos meubles sentaient vraiment mauvais ? En tout cas, votre nez ne vous en a jamais parlé, mais telle compagnie spécialisée dans les aérosols parfumés va vous convaincre en un tour de main que vous en aviez vraiment besoin.

Vous avez mal au dos ? Ne vous en faites pas, il existe trente-six produits non scientifiquement éprouvés en clinique sur les tablettes à la pharmacie du coin. Vous vous sentez le moindrement inquiet ? Achetez un de ces systèmes d’alarme complets, installation gratuite, pour un modique paiement mensuel… à vie.

Vous vous sentez coupable de ne pas prendre le temps de faire suffisamment d’exercice physique ? Qu’à cela ne tienne ! Procurez-vous le tout nouveau Wonder Exerciser pour seulement quatre paiements faciles sur votre carte de crédit… que vous abandonnerez sans doute dans les prochains vingt jours.

Vous êtes fatigué, las, irritable ou démotivé? Ne vous inquiétez pas, votre agent de voyages va se faire un plaisir de vous préparer un séjour formule tout inclus à Cancun, au Mexique. Quelle aubaine ! Surtout qu’il vous reste tout juste la somme requise disponible sur votre carte de crédit.

Vous saisissez l’idée, maintenant ?

Plus on vous vend, plus vous vous endettez. Plus vous vous endettez, plus vous devez travailler dur. Plus vous devez vous taire et tout accepter… L’insécurité vous ronge par en dedans et vous mène par le bout du nez.

Vincent de Gaulejac l’explique remarquablement bien dans son ouvrage « La société malade de la gestion » : «[…] une incitation à l’investissement illimité de soi dans le travail pour tenter de satisfaire ses penchants narcissiques et ses besoins de reconnaissance. Il s’agit d’instiller dans les esprits une représentation du monde et de la personne humaine, en sorte que la seule voie de réalisation de soi consiste à se jeter à corps perdu dans la lutte des places et la course à la productivité. Or, comme pour mieux assurer son emprise, cette logique déborde hors du champ de l’entreprise et colonise toute la société. […] Le moi de chaque individu est devenu un capital qu’il doit faire fructifier. […] La société n’est plus qu’un marché, un champ de bataille insensé où le remède proposé aux méfaits de la guerre économique consiste toujours à durcir la lutte. »

«Je vaux mon salaire, je suis devenu une valeur marchande. » Voilà une définition de soi internalisée dès nos premiers pas dans la vie moderne.

La suite ………………Demain.

 

 

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Extrait du livre de Denis DOUCET, « le principe du petit pingouin » :

«Il est naturel d’admirer ce qui est nouveau plutôt que ce qui est grand», nous disait Sénèque dans des temps fort lointains d’ailleurs. La chose semble persister encore aujourd’hui si on en croit cette folie collective qui bénit toute forme de changement, comme si cela était automatiquement synonyme de bienfait.

Suis-je le seul à avoir compris qu’en vous faisant croire que votre logiciel acheté il y a à peine deux ans est déjà désuet, le marchand parvient sans peine à vous en vendre un autre? Ce même raisonnement s’applique pour votre voiture, votre écran de télé, votre matelas, votre lave- vaisselle, votre cellulaire, votre portable, etc.

Les entreprises et toutes les organisations sont tellement devenues obsédées par le mot «changement», de peur de se faire déclasser par la compétition et s’imaginant que changement = meilleures chances de succès à tout coup, qu’elles en oublient les conséquences : les humains n’arrivent plus à suivre la cadence.

L’emprise du mot « changement » sur notre façon de penser est telle que si vous vous y opposez ou même si vous le remettez simplement en question, vous êtes affublé de l’étiquette de « résistant au changement » sans droit de réplique. Ce qui est assez mal vu de nos jours.

Quelqu’un qui demande pourquoi on doit changer de formulaire tous les six mois se fait regarder bizarrement. Quelqu’un qui demande pourquoi ce qui était vrai il y a une semaine ne l’est plus tout à coup reçoit un soupir d’agacement. Quelqu’un qui demande à son conjoint pourquoi il a deux maîtresses ne reçoit aucune réponse… si ce n’est que c’est pour changer.

J’ai obéi moi aussi aveuglément à ce diktat en changeant de nombreuses fois d’agenda électronique. Je dois avouer honteusement que, à part faire de moi un expert en gadgets électroniques, cela ne m’a rien apporté du tout. Ce qu’un appareil a de plus ne me sert souvent à rien de bien utile, en fait.

J’imagine que vous changez d’auto assez souvent comme la plupart de vos amis, parents et collègues ? Pourquoi au juste, puisque la qualité des véhicules permet de les garder plus longtemps de nos jours ? Quel intérêt ce comportement appris sert-il au fond ? Je vous laisse deviner.

La suite …………..demain.

 

 

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