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Préface d u livre de Jan Chozen Bays par le Dr Gérard APFELDORFER, psychiatre, spécialiste des questions de comportement alimentaire, président d’honneur du GROS (Groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids) :

« Combien sont-elles,aujourd’hui,les personnes en souffrance avec leur comportement alimentaire et leur poids ?

Combien sont taraudées par l’angoisse, la culpabilité,la honte, le désespoir?

De nombreux facteurs se conjuguent dont les plus importants sont la pression sociale en faveur d’une minceur, et même d’une ultra-minceur, impossible à atteindre pour la majorité de la population. Et la méfiance grandissante vis- à-vis des aliments qui nous sont proposés : l’industrialisation de la production agroalimentaire nous conduit à manger des aliments de provenance et de composition inconnues, des objets comestibles non identifiés, des OCNI, ainsi que les nomme plaisamment le sociologue Claude Fischler.

Le perfectionnisme diététique en vue de préserver sa santé, ce qu’on appelle l’orthorexie, ne fait en pratique qu’alimenter nos angoisses : comment nous assurer de la qualité, de l’innocuité, de la pureté de ses aliments, de leur adéquation? A quel saint nous vouer lorsque la nutrition officielle ne sait offrir qu’un savoir fluctuant, lorsque charlatans et sectes de tout poil nous abreuvent de conseils contradictoires?

Lorsqu’on mange avec sa tête, c’est avec méfiance, la peur au ventre.

Quant au contrôle mental de son alimentation en vue de maigrir ou de ne pas grossir, ce que l’on appelle la restriction cognitive, ou plus communément un régime amaigrissant, on en connaît aujourd’hui les résultats : si le volontarisme fonctionne à court terme, il échoue à moyen terme, et, au-delà de deux à trois ans, on regrossit dans 90 à 95 % des cas, non sans avoir fréquemment développé au passage des troubles du comportement alimentaire, aggravé ses problèmes pondéraux et perdu sa propre estime.

Devenir un «mangeur réflexif», qui mange en fonction de ses croyances, ou des connaissances scientifiques du moment, comme on nous y incite, aggrave finalement nos difficultés : la rationalité entre vite en conflit avec nos appétits, qui enflent au fur et à mesure que nous les négligeons. J’ai envie de ceci, mais je dois manger cela ; j’ai faim, mais ce n’est pas l’heure; je n’ai pas faim, mais c’est l’heure; si je ne mange pas maintenant, je n’en aurai plus ensuite; si je faute, autant aller jusqu’au bout…

Quelle erreur de croire que manger puisse se résumer à faire le plein de carburant à la pompe, à absorber les bons nutriments ! Nous nous remplissons à défaut de nous nourrir, ce qui nous laisse sur notre faim, privés d’un plaisir somato-psychique, d’un temps de communion durant lequel corps et esprit se réunifient, d’un temps de partage, d’ouverture au monde, d’un acte de culture.

Dans cette affaire, nous cessons aussi d’avoir accès à la fonction apaisante, bienfaisante, des bonnes nourritures, pleines de sens, presque toujours grasses et/ou sucrées. Échouant à nous réconforter, nous persistons et mangeons sans faim, sans fin. Mais voilà : de telles conduites nous culpabilisent, nous dégoûtent de nous-mêmes.Voulant éviter les sombres pensées, les émotions pénibles, nous ne faisons qu’en créer de nouvelles. Que faire alors, si ce n’est tenter de nous anesthésier plus encore ?

Enfin, nous souffrons aussi d’une césure, d’un rejet de notre corps. Trop gros, trop mou, trop laid, ne se manifestant à nous que sous la forme de besoins pressants, il devient un objet de haine. Comment ne pas en arriver là, dans ce monde qui, d’une part, assimile beauté et minceur et, d’autre part, ne cesse d’affirmer que nous sommes ce que nous semblons être?

Ce corps haï, nous nous mettons alors à vouloir l’oublier afin d’exister en dehors de lui. Nous nous fantasmons alors en purs esprits, sans plus de sensations corporelles. Malheureusement, le corps, si j’ose dire, ne l’entend pas de cette oreille, et nous adresse alors d’intenses et douloureux messages qui débordent notre volonté : ça se met à manger, ça se met à souffrir.

Jan Chozen Bays est médecin. Elle propose sa thérapie, point par point : il s’agit tout d’abord de redécouvrir le vrai goût des aliments, de réapprendre comment ils se mangent : avec toute l’attention, tout le respect dont nous sommes capables. Nous redécouvrons alors la faim, le rassasiement, la satiété, nos différentes appétences, sensations et émotions, qui traduisent nos besoins, dont la fonction est de nous permettre de consommer les justes quantités des justes aliments, dans le juste moment. Manger en pleine conscience, c’est cela : faire confiance à son corps, à ses mécanismes de régulation. Intuitivement, nous savons ce qui est bon pour nous, si nous savons nous mettre à l’écoute.

En ce qui concerne nos difficultés à vivre nos émotions, à défusionner d’avec nos pensées pénibles, Jan Chozen Bays nous parle de choses simples : le vide et le plein, ce besoin que nous ressentons de colmater les failles, de nous remplir la panse pour nous vider la tête. Notre monde nous propose des désirs manufacturés, clés en main, qui nous entraînent dans une course à l’échalote. La frénésie qui s’empare de nous, nous la voyons comme salutaire puisqu’elle étouffe temporairement cette machine à penser, à résoudre la multitude de problèmes qui nous occupent tant. Jan Chozen Bays nous insuffle son calme, et, tout à coup, nous cessons la lutte avec nous-mêmes.

La démarche de pleine conscience permet encore, grâce à des exercices répétés, de renouer avec son corps, de témoigner sa gratitude à chacune de ses parties. Nos membres, notre ventre, notre poitrine, notre dos, notre cœur, nos poumons, nos viscères, notre tête nous constituent ; nous sommes là, vivants, pensants, ressentants, conscients de tout cela. Comment ne pas être reconnaissants ? Comment aussi ne pas montrer de la compassion vis-à-vis de soi-même?

On reconnaîtra là bien des éléments du bouddhisme. Rien d’étonnant, puisque Jan Chozen Bays est professeur de bouddhisme zen, et désormais abbé d’un monastère zen dans l’Oregon. En ce qui me concerne, je me définis comme laïc de stricte obédience. Mais il me faut bien admettre que je n’ai rien trouvé de plus puissant, à ce jour, que les outils de la méditation en pleine conscience pour aborder les difficultés psychologiques et émotionnelles. Du coup, je me sens débordant de gratitude, de bienveillance, pour ceux qui, au long des millénaires, ont développé ces pratiques, et pour ceux qui, plus récemment, tel le Dr Jon Kabat Zinn, les ont converties en outils psychothérapeutiques remarquablement efficaces.

Ces approches fondent désormais ce qu’il est convenu d’appeler la troisième vague des thérapies cognitivo-comportementales. La première consistait en une attention portée sur les facteurs de maintien des comportements, la deuxième sur les mécanismes de pensée et les croyances conscientes et inconscientes, et la troisième vague fait de l’acceptation émotionnelle l’élément moteur sur lequel il convient d’axer le travail thérapeutique. La méditation en pleine conscience en constitue l’ossature.

Je suis heureux, désormais. Heureux de constater que ce chemin ardu, qui est le mien, qui est celui de Jan Chozen Bays, séduit de plus en plus de thérapeutes et de mangeurs. Ils redécouvrent ce que manger veut dire, deviennent capables de vivre leurs émotions, leurs sensations, leurs pensées, quelles qu’elles soient, sans les fuir ou les combattre, sans développer d’addiction. On appelle cela l’intuitive eating, un mouvement désormais mondial, et vous y serez en bonne compagnie.

Qu’est-ce que la vie, dès lors? Les plaisirs, les douleurs, les joies et les peines se succèdent ; moment après moment, attentivement, nous les vivons, du mieux que nous pouvons. »

Dr BUENOS :

Si cette préface est arrivée à susciter votre intérêt, suivez nous dans la découverte des prochains chapitres du livre de Jan Chozen Bays, « Manger en pleine conscience » que l’on vous conseille d’acheter et de vous approprier.

Nous vous en livrerons quotidiennement des extraits.

La suite ……………demain.

 

 

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