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En France, plus d’une personne sur dix est obèse, et 40 % de la population est en surpoids. Face à cette situation, une donnée interpelle : 70 % des sucres simples que les Français consomment sont des sucres « cachés », c’est-à-dire ingérés à travers la consommation de produits industriels. Une forme de tromperie ! La responsabilité des industries agroalimentaires dans l’épidémie d’obésité est d’ailleurs pointée du doigt, et les multinationales de l’agroalimentaire commencent à être traînées devant les tribunaux, à l’image des industriels du tabac avant elles.

En effet, au cours de l’été 2012 en Californie, vingt-cinq plaintes ont été déposées à l’encontre d’entreprises comme PepsiCo, Heinz, ConAgra Foods, General Mills, par le groupe de juristes qui avait fait plier la puissante industrie du tabac.

Les juristes accusent les industries agroalimentaires de « tromper le consommateur » sur l’étiquetage des ingrédients, dissimulant ainsi des sucres et des graisses ajoutés aux produits. Et les multinationales commencent à perdre les procès, comme Ferrero USA, accusé de publicité mensongère, qui a été condamné à rembourser les pots de Nutella vendus entre 2009 et 2012 à tout consommateur qui en ferait la demande. Il est donc urgent de travailler sur le contenu nutritionnel des produits car notre pyramide alimentaire est déréglée.

De bons produits sains et naturels, c’est possible.

Les industriels du secteur sont les mieux placés pour inverser la tendance en élaborant des produits bons, appétissants, mais qui soient aussi en adéquation avec les besoins nutritionnels.

Cependant, attention à ne pas tomber dans l’excès inverse ! Être attentif au caractère nutritionnel d’un aliment ne veut pas dire généraliser la vente d’alicaments, comme c’est le cas dans certains pays d’Europe, où il devient compliqué d’acheter du lait qui ne soit pas enrichi en minéraux, vitamines ou oméga 3.

En plus de la nutrition, un autre domaine sur lequel l’industrie agroalimentaire peut progresser est celui de toutes les substances controversées (comme par exemple l’huile de palme, les OGM, les parabènes, l’aspartame…), dont la présence dans les aliments préoccupe de plus en plus les consommateurs.

Et si, jusqu’à présent, les consommateurs étaient peu attentifs à la composition des produits qu’ils achetaient, leur comportement change, car régulièrement, de nouvelles études scientifiques, de nouvelles campagnes d’ONG alertent quant à la possible toxicité de substances utilisées en agroalimentaire.

Afficher fièrement « sans parabène » ne suffit pas

Face à cette nouvelle donne, certains industriels adoptent la « stratégie du sans » qui fait vendre (sans parabène, sans aspartame,…). Mais très souvent, seule une substance controversée est retirée (par exemple l’huile de palme) sans qu’aucune démarche structurée et globale ne soit adoptée pour retirer l’ensemble de ces substances.

Plusieurs acteurs ont initié une démarche de retrait de ces substances controversées ; c’est le cas par exemple de Wal-Mart (distributeur aux USA), Système U ou encore de Findus. Si le sujet du contenu (nutrition et présence des substances controversées) doit être la priorité pour les industriels, une réflexion doit être menée en parallèle sur les emballages.

En agroalimentaire, l’emballage est un déterminant-clé pour la vente du produit, et ces dernières années ; il est devenu « surfonctionnel » (contrôle du taux d’oxygène présent dans l’emballage, produit que l’on peut directement chauffer au micro-ondes, emballage antiadhésif…). Quels sont les impacts pour la santé et l’environnement de ces emballages concentrés en technologies et pour quels bénéfices ?

Là encore, des initiatives existent, à l’exemple de Marks & Spencer (distributeur anglais), qui a supprimé le PVC (matériau qui contient des phtalates, substances suspectées toxiques pour la santé) de tous ses emballages depuis 2002.

Le produit agroalimentaire idéal n’existe pas encore, à la Recherche de le concevoir. En plus de l’enjeu sanitaire que cela représente, proposer des aliments réellement bons et sains peut devenir un enjeu économique important pour une entreprise agroalimentaire qui, en cas d’inaction, pourrait bien être la cible de prochaines campagnes d’ONG ou de poursuites judiciaires.

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