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Extrait de Toxic, le livre de William Reymond, que je vous conseille de lire :

 » L’hôpital John Hopkins de Baltimore propose un service intelligent aux mamans. Des techniciens spécialisés se chargent d’installer leur nouveau-né pour la première fois dans un siège auto afin de montrer aux parents la meilleure manière de s’y prendre et d’assurer sa sécurité.

L’opération a rencontré un tel succès que désormais le service est proposé, gratuitement, à n’importe quelle famille de Baltimore. En quelques minutes, un expert vérifie la conformité du siège auto, son installation et montre comment y harnacher parfaitement un bambin.

Pourquoi évoquer cette démarche sensée ? Parce que Lara Trifiletti, chercheuse au centre des préventions des accidents du même centre hospitalier, n’a pas eu à regarder très loin afin de découvrir son nouveau sujet d’étude. En voyant les familles, elle a éprouvé un choc. « D’un côté, nous nous trouvions devant de plus en plus d’enfants obèses et de l’autre nos techniciens se plaignaient des difficultés à trouver des sièges auto appropriés à ces nouveaux gabarits. »

Curieuse de savoir s’il s’agissait d’une tendance nationale, Trifiletti se renseigna. Et ses conclusions, publiées en avril 2006 par le mensuel Pediatrics, sont affolantes. Désormais, plus de 250 000enfants âgés de un à six ans pèsent plus lourd que les proportions maximales préconisées par les marques de sièges auto. Et ce chiffre augmente avec l’âge.

Lara Trifiletti a ainsi découvert que 190 000 Américains de trois ans pesaient au moins vingt kilos. Et donc, à moins d’être exceptionnellement grands, entraient dans la catégorie des obèses.

5 % de la classe américaine des trois ans est obèse ! Un chiffre monstrueux. Pourtant il faudrait ne pas s’inquiéter car la société Britax a déjà la réponse. Pour la « modique » somme de 250 dollars, cette compagnie spécialisée dans le siège auto propose un nouveau produit : le Husky, Rolls-Royce du siège pour bébé. Pesant cinq kilos de plus que le modèle normal, avec onze centimètres de largeur supplémentaires, le Husky affirme protéger les enfants pesant jusqu’à quarante kilos.

Britax est le premier fabriquant à s’infiltrer dans cette nouvelle brèche, mais son exclusivité ne devrait pas durer longtemps. Ses concurrents ont déjà annoncé de nouveaux produits. Mieux, selon toute vraisemblance, les travaux de Lara Trifiletti vont conduire l’organisme de régulation américain à modifier les normes des sièges auto pour intégrer automatiquement cette nouvelle donne.

Les exemples de l’adaptation de la société américaine à la pandémie peuvent être multipliés à l’infini. Il y a bien entendu les clubs de vacances spécialisés, où l’obèse pourra se mettre en maillot sans avoir à affronter le regard désapprobateur de l’autre. Ou la solution chirurgie esthétique, avec notamment la liposuccion, une véritable folie qui est désormais la pratique cosmétique chirurgicale la plus pratiquée du pays avec une croissance de 118% entre 1997 et aujourd’hui. Ou encore l’élargissement des lunettes de toilettes, désormais adaptées et plus résistantes afin de répondre aux besoins du nouvel Américain.

Même le Fenway Park, le légendaire stade de base-ball de Boston, en a pris son parti, puisqu’en 1999 il a dû changer la totalité de ses sièges, une majorité des fans des Red Sox se plaignant qu’ils soient devenus trop étroits pour s’y asseoir confortablement.

Comment ne pas remarquer par ailleurs que la taille moyenne des cercueils a également évolué ? Désormais renforcées, les bières mesurent jusqu’à 71 centimètres de large contre seulement 60 voilà dix ans.

Mais revenons un instant au Husky et à sa capacité d’accueil des enfants de moins de cinq ans pesant jusqu’à quarante kilos. Si le siège est confortable, il apparaît toutefois comme un véritable casse-tête pour les parents. Son volume rend l’installation à l’arrière particulièrement pénible. À moins de posséder un véhicule encore plus spacieux et gourmand en essence. Ce qui augmente plus encore la dépendance américaine au pétrole, et la pollution de l’environnement.

Car voilà le hic, l’obésité n’est en rien un nouveau challenge pouvant se résoudre à coups d’éponges magiques, de vêtements amples et de publicités rassurant l’obèse sur ses qualités viriles.

Non, les États-Unis – et demain le monde – doivent affronter les véritables conséquences de la pandémie. Qui, au-delà du génie créatif de certains, relèvent ni plus ni moins de la crise à la fois économique et sanitaire.

la suite ……. demain

 

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Une réponse à Obésité infantile et siège auto

  • Céline dit :

    Au final ce qui est pernicieux, c’est cette forme de déculpabilisation des parents vis à vis du surpoids de leurs petits en proposant plus de confort (avec un plus grand modèle de siège)

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