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Extrait du livre de Denis Doucet qui stimule la réflexion, « le principe du petit pingouin » :

« Voici une question fort pertinente, car elle s’applique à vous aussi. Eh bien, c’est en se faisant miroiter quelque chose que Big Mouth présente comme si c’était lui, Little Boy, qui le désirait. Ou en se faisant servir une pseudo-logique alambiquée mais séduisante, ou encore en se laissant convaincre qu’il ne serait pas normal qu’il s’oppose à ce qu’on lui offre. Autre astuce, la manipulation émotionnelle : c’est ce genre de tactiques qui seront le plus souvent employées. Bref, il se fait avoir par de la manipulation raffinée, et vous y êtes potentiellement vulnérable vous aussi. Alors, soyez averti !

D’abord, on va vous faire croire une chose qu’on va vous présenter comme une « évidence vraie »… Votre conjointe va vous affirmer qu’il est normal que vous accédiez à sa dernière demande si vous l’aimez vraiment. Donc, si vous refusez, selon elle, vous ne l’aimez pas. Joli piège !

Votre adolescent va vouloir négocier à la hausse son heure d’entrée en argumentant que ses amis, eux, ont le droit de rentrer une heure plus tard que lui. Votre voisin va vous convaincre que vous seriez vraiment gentil de lui prêter votre chaloupe pour le week-end, laissant habilement sous-entendre que de lui refuser serait méchant. Votre patron va vous affirmer le plus sérieusement du monde, en réunion d’équipe, qu’il y aura des licenciements dans l’entreprise d’ici deux ans, avec des allusions bien orchestrées laissant croire que l’excellence de la performance pourrait faire la différence entre ceux qui seront remerciés de leurs services et ceux qui conserveront leurs postes, mais en se gardant bien évidemment de ne faire aucune promesse claire. Votre vieille mère, qui ne vous appelle jamais, va vous lancer un « Tu n’appelles pas souvent ! » d’un ton mi-accusateur, mi-culpabilisant, au prochain coup de fil que vous lui ferez. Et vous vous sentirez un enfant ingrat, cela va de soi.

Le génie du travail de Big Mouth, c’est d’être parvenu à s’infiltrer dans l’esprit d’un peu tout le monde. Chacun ayant « introjecté », c’est-à-dire ayant avalé tout cru le discours de celui-ci sans le savoir, finissant même par croire que c’est son propre discours. Cela vous dit quelque chose quand quelqu’un répète comme un perroquet une phrase, un précepte, une idée, un point de vue d’une époque, d’une culture, bref, ce genre de phrases toutes mâchées, toutes faites d’avance, que n’importe qui d’autre aurait pu dire à sa place ? C’est exactement de cela que je parle ici : « Il faut bien te faire une raison ! », « Sois raisonnable ! », « Tu n’as pas d’autre choix, voyons ! », « Les choses sont ainsi ! », « Rends-toi à l’évidence ! », « Tu serais bien fou de faire ça ! », « Il y a des choses qui ne se font pas, voyons ! », etc.

J’entends ces phrases toutes faites de la bouche d’innombrables clients, convaincus pour la plupart que ce sont eux qui les pensent vraiment. Curieusement, lorsque je leur demande s’ils sont vraiment et profondément d’accord avec ce qui vient de sortir de leur bouche, un doute surgit. En prenant le temps d’exercer leur sens critique, de sonder à l’intérieur d’eux-mêmes, ils prennent souvent conscience que leur véritable opinion est tout autre ou, du moins, plus nuancée.

Je vous donne un exemple vécu. Dans ma carrière de psychologue, sans vraiment y aspirer, je me suis fait avoir par la flatterie, comme tant d’autres. Je me suis ainsi retrouvé un jour gestionnaire dans un centre hospitalier, puis dans un centre de protection de l’enfance par la suite.

J’y étais souvent malheureux, dans le premier cas principalement pour des raisons d’atmosphère de travail, et dans le second cas parce que j’étais sous l’autorité de personnes plutôt Big Mouth dans leurs attitudes.

Comme de raison, ces employeurs n’ont jamais admis ces problèmes et ont même agi comme si «j’avais un problème », si vous voyez ce que je veux dire. Après quelques congés de maladie pour raison émotionnelle (à l’instar d’une bonne quantité de collègues eux aussi désabusés), j’ai fini par donner ma démission, et j’ai eu la merveilleuse idée de devenir psychologue en cabinet privé, ce qui fut l’une des meilleures décisions de toute ma vie.

Sans étonnement, certaines personnes de mon entourage professionnel me faisaient sentir que mon choix était stupide ou, plus délicatement, irréfléchi et risqué, puisqu’il impliquait une baisse salariale et l’abandon d’un emploi assuré à vie, une assurance maladie généreuse et un très bon fonds de retraite. Bref, je quittais ce à quoi aspirent pas mal de gens. Quel idiot ferait ça ? Eh bien, moi je l’ai fait !

Curieusement, je n’ai jamais vécu de congé de maladie depuis, j’ai plus de vitalité, mon humeur se porte mieux et ma qualité de vie personnelle s’est indiscutablement améliorée à mes yeux. Je me suis mis à réapprendre à rigoler, à apprécier le vent et à avoir plein de projets, dont l’écriture de romans jeunesse aux Éditions Pierre Tisseyre, ce livre que vous tenez entre vos mains, et d’autres à venir.

J’ai donc tenu tête au discours dominant de ce que tout professionnel devrait vouloir et je me suis enfin mis à respecter ce que moi je voulais profondément : être libre, faire les choses à ma façon, agir en concordance avec mes valeurs, ne plus jouer la comédie comme l’exigeait mon poste de gestion, dans lequel je me retrouvais immanquablement entre l’arbre et l’écorce assez souvent, mais sans les vrais pouvoirs décisionnels.

Plusieurs autres comme moi parmi mes clients ont choisi de suivre leur voie, ce qu’ils croient vraiment, ce qu’ils veulent véritablement. Et je les trouve vraiment mieux dans leur peau.

Je ne me souviens plus où j’ai lu ça, mais quelqu’un a déjà dit que « le jour où tu cesses de croire en tes rêves, tu commences déjà à cesser de vivre». En fait, cela veut dire cesser de vivre pleinement. Évidemment, votre cœur continuera de battre, mais seulement la partie mécanique qui pompe le sang. Quant à la partie émotionnelle, celle-là qui vous fait vous sentir vraiment vivant et plein de vitalité; c’est elle qui meurt un peu plus chaque fois que vous vous trahissez vous-même, que vous vous laissez embobiner par d’autres, que vous vous éloignez de vos besoins profonds.

Je vous donne un exemple extrême afin de mieux vous faire comprendre. Imaginez un homme qui navigue comme passager sur un bateau de croisière. Tout se passe bien jusqu’au moment où il voit devant ses yeux sa petite fille de cinq ans tomber à l’eau. Il s’approche, s’affole, puis il saute alors qu’il ne sait pas bien nager. De l’extérieur, on dira que c’est suicidaire, soit. Ses chances de survie sont minimes. Toutefois, de son point de vue subjectif interne, l’importance que revêt cette petite fille n’a pas de prix. Il est prêt à tout pour elle. Risquer sa vie si témérairement lui est apparu une évidence, et tout son organisme était en pleine cohérence, en pleine harmonie : il n’a eu aucune hésitation avant de faire ce geste.

De fait, aux yeux de cet homme, assurer la pérennité de son lien avec sa petite fille est devenu son besoin numéro un, la chose la plus vitale qui soit. Son geste, dans ce cas-ci et de son point de vue, est absolument équilibré et sain. Personne ne parviendrait à le convaincre du contraire. Il est tellement bien connecté avec la totalité de son être qu’aucun Big Mouth ne réussirait en cet instant à le faire dévier de ce qu’il veut, lui, le plus au monde.

Voilà donc un exemple ultime, il est vrai, de préservation de son intégrité décisionnelle à méditer. N’y a-t-il pas des personnes, des rêves, des espoirs, des croyances, des projets, des parcours, des idéaux ou d’autres choses qui vous tiennent vraiment à cœur ? Les avez-vous honorés ou les avez-vous abandonnés au profit de futilités comme gagner toujours plus, avoir absolument raison sur les autres, amasser des biens matériels, bâtir une carrière qui n’en finit jamais, faire toujours juste ce que les autres vous disent de faire ou être la ménagère parfaite ?

Se faire avoir, c’est adhérer à quelque chose d’extérieur à soi que l’on finit à la longue par confondre avec sa personne, ses désirs, sa route.

C’est comme ça que Little Boy se perd de vue et s’éloigne des personnes et de la banquise qu’il chérissait avant. Qu’il oublie qu’il est un pingouin, qu’il s’écarte de sa nature profonde.

Les chemins et les moyens pour que Big Mouth parvienne à vous éloigner de vous-même sont multiples et sournois. Voici quelques exemples d’éléments auxquels vous cherchez à vous adapter de votre mieux, souvent plus ou moins consciemment, en jouant des rôles qui ne vous servent pas toujours :

• Les contraintes morales ;

• Les règles linguistiques ;

• Ce que vous devriez penser, selon les autres ;

• Les types de vêtements qui codifient bien des messages ;

Le genre de nourriture autorisée ou dont vous martèle la publicité ;

Le poids idéal selon des canons de beauté souvent inaccessibles ;

• Votre apparence générale que vous surveillez anxieusement ;

• Votre statut social qui prédéfinit plusieurs de vos comportements ;

• Ce que vous êtes supposé afficher (votre air) en telle ou telle circonstance ;

• L’identification à des modes, aux idées du jour ;

• Les attitudes dictées par la société ;

• Les façons de faire (comment éternuer, vous tenir à table, etc.) ;

• Les moeurs du temps, de votre époque, de votre pays ;

• Les codes culturels ;

• La définition de ce qui est vu comme acceptable ou non ;

• La nature du registre de vos sentiments, limités par votre sexe, votre culture, etc. ;

• Les lieux que vous fréquentez ;

Les attentes liées à votre âge ;

• Votre salaire qui dicte votre rang ;

• Les rôles que vous jouez (travailleur, parent, conjoint, citoyen, électeur, consommateur, etc.) ;

• Votre profession ;

• Votre religion ou système de croyances ;

L’exigence que tout doit avoir une apparence de rationalité ou de logique ;

• Le milieu dans lequel vous avez été éduqué ;

• Vos fréquentations ou compagnons du moment ;

• Les attentes explicites ou tacites que l’on vous soumet ;

• La performance que vous devinez qu’il faut livrer ;

• Les lois, les règlements et les interdictions de toutes sortes ;

Les obligations qui vous incombent ;

• De très nombreux messages subliminaux qui vous assaillent de toutes parts.

Et il en existe bien d’autres. Je tenais juste à vous rappeler combien vous êtes souvent dirigé de l’extérieur. Soyons clairs ! Il n’y a rien de mal là-dedans tant que vous respectez ce que vous êtes, celui que vous êtes : vos opinions, vos sentiments, vos idées, vos convictions, votre corps, votre intégrité, etc.

La résignation : « C’est comme ça ! On n’y peut rien », c’est votre pire ennemi. C’est pour cela qu’on vous l’enseigne si jeune et de façon insidieuse. Cela permet que vous acceptiez de vous adapter à n’importe quoi. On n’est pas loin de la suradaptation, ne croyez-vous pas ?

Voyons maintenant, si vous le voulez bien, quelques exemples courants de manœuvres déloyales de Big Mouth.

La suite ………….demain.

Dr BUENOS : Grand plaidoyer pour la liberté de penser et d’être.

 

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