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Extrait de TOXIC, un livre de William Reymond :

« George Bray est un scientifique souriant. Cet ancien diplômé d’Harvard maintenant installé dans les laboratoires ultramodernes du Pennington Biochemichal Research Center à Bâton Rouge en Louisiane, travaille depuis de nombreuses années sur l’obésité et le diabète. Lui non plus ne se satisfait pas de la théorie du « Big Two » : « Je ne crois plus au concept résumant l’obésité à une affaire de responsabilité personnelle, dit-il. Cela implique que nous devrions blâmer nos enfants. Et cela me semble assez injuste. Si l’obésité était facilement contrôlée par la limitation de l’apport calorique et une activité physique régulière, l’armée américaine ne renverrait pas chaque année 5 000 de ses soldats pour avoir dépassé les normes en terme de poids ».

Comme Steinbeck et Ravussin, Bray est persuadé que la clé du mystère se trouve au cœur d’une autre équation. Celle qui tenterait d’établir comment notre organisme réagit à son environnement. Alors, et parce que nous sommes face à une pandémie, Bray a décidé de ne plus raisonner en biologiste, mais de se métamorphoser en épidémiologiste. De devenir un chercheur tentant de « comprendre et maîtriser les mécanismes de propagation des maladies contagieuses et les facteurs qui influencent leur fréquence, leur distribution dans une population donnée et leur évolution à l’état d’épidémie ».

Avant d’entamer son étude, il a mis au point un modèle épidémiologique : « Comme dans tout autre cas d’épidémie, le corps humain est considéré comme l’hôte de la maladie. Ici, donc, l’obésité. Il y a ensuite, formant un environnement toxique, un certain nombre d’agents propageant la maladie. Des facteurs dont les recherches prouvent ou quelquefois suggèrent qu’ils agissent sur l’hôte et facilitent le développement de la maladie ».

Ces agents propagateurs, le chercheur de Bâton Rouge en a répertorié cinq. Les deux composants du « Big two », bien sûr (la nourriture et le manque d’activité), mais aussi les virus, les médicaments et les toxines. « Ensuite, il faut étudier l’action de ces agents sur l’hôte et évaluer lequel est responsable du développement de la maladie. » La sédentarité et l’apport calorique exagéré, pour les multiples raisons évoquées plus haut, apportent en fait une explication plus que partielle. Bray a donc focalisé son attention sur les autres agents.

En commençant par les adénovirus chers au docteur Nikhil Dhurandhar et à ses poulets obèses. Au-delà des réserves exprimées par les autres spécialistes, le chercheur a remarqué que l’injection des fameux virus à des primates déclenche de l’obésité certes, mais dans des proportions modérées. Bien loin en tout cas de l’ampleur qu’elle prend chez l’être humain. De plus, cette obésité de laboratoire s’accompagne d’un taux de cholestérol normal, alors que, nous l’avons vu, les problèmes cardiovasculaires liés à la présence de « gras » dans le sang sont l’un des corollaires de la situation actuelle. Bref, même si l’hypothèse d’un virus n’est pas à ses yeux à négliger, il estime cette thèse loin d’être avérée.

Restent donc les deux derniers agents : les médicaments et les toxines. Pour les premiers, Bray a dressé une liste de ceux entraînant des prises de poids attestées. Dont une variété d’hormones, des antihistaminiques, anti¬inflammatoires et corticoïdes. S’il remarque en outre que certains « augmentent les risques futurs de diabète de type 2 », il précise aussi que, globalement, « le degré de prise de poids n’est généralement pas suffisant pour entraîner une obésité substantielle ». Par définition, les toxines sont des « poisons toxiques sécrétés par des organismes vivants ». Sous cette appellation générique, le professeur George Bray a rassemblé des éléments « largement diffusés dans notre nourriture et qui peuvent être cause d’obésité ». Parmi lesquels les pesticides, herbicides, fongicides ou les additifs alimentaires, autrement dit les conservateurs, édulcorants, colorants et autres révélateurs de goût. Comme nous le verrons, Bray est d’ailleurs fasciné par l’interaction de ces produits dans le cerveau humain, cet organe qui constitue le « véritable récepteur, capteur et transmetteur des informations concernant la faim et la satiété », donc qui joue un rôle capital dans la relation à la nourriture. En fait, Bray est parvenu à prouver que certaines « toxines » dérèglent notre activité cérébrale et causent directement de l’obésité. Au final, l’épidémiologiste est formel : « L’obésité est une maladie chronique et neurochimique née de l’interaction entre l’hôte et son environnement toxique ».

En clair, cela signifie que nous nous rendrions malades non à cause de la quantité des aliments que nous ingurgitons, mais à cause de leur qualité. Ou, plus précisément, à cause des éléments toxiques qui accompagnent notre nourriture quotidienne.

Bray avait remarqué que, « durant la première partie du XXe siècle, la prévalence de l’obésité avait progressé lentement, mais que, autour de 1980, elle avait commencé à augmenter très rapidement ». Du reste, toutes les statistiques convergeaient : la crise d’obésité avait bien explosé à la fin des années 1970. Quand, brusquement, les hôpitaux se retrouvèrent assaillis par une vague de crises cardiaques, un afflux de patients atteints de cholestérol et l’arrivée de jeunes adultes présentant les symptômes d’une maladie ordinairement cantonnée aux retraités. Soudain, aux États- Unis, on décédait massivement par excès de graisse.

J’en étais de plus en plus certain : trouver les raisons de cette brusque contamination donnait la clé de la pandémie. Si Steinbeck, Ravussin et Bray étaient dans le vrai, il me fallait découvrir pourquoi, de manière presque foudroyante, l’environnement du citoyen américain était devenu toxique.

Une réponse d’autant plus urgente à apporter que le mal, quittant son foyer d’origine, avait déjà traversé l’océan et menaçait de tout détruire. »

La suite …. demain

William Reymond va nous entrainer dans sa passionnante enquête pour comprendre et retrouver l’origine toxique de l’alimentation de ces 20 dernières années.

 

 

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