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toujours plus

Extrait du livre de Denis DOUCET, « le principe du petit pingouin » :

Télé toujours plus grosse, voiture plus luxueuse, séduire une plus belle femme ou un plus bel homme, vouloir plus d’argent, une plus grande maison, se trouver plus haut dans la hiérarchie, plus connu, plus fort, plus puissant, plus violent, plus drôle, plus d’effets spéciaux, plus de performance, plus vite, plus rapide, plus haute technologie, plus adorable, plus polyvalent, plus esthétique, plus coloré, plus raffiné, plus bronzé, plus facile d’utilisation, plus captivant, plus volumineux, plus durable, plus de fonctions, plus de qualités, plus de légèreté, plus fiable, plus novateur, plus haut, plus loin, plus payant, plus incroyable, plus convaincant, plus effrayant, plus distrayant, plus confortable, plus moelleux, plus génial, plus excitant, plus cher, plus jeune, etc.

La course du toujours plus se traduit par une liste infinie de superlatifs qui définissent ce à quoi on devrait aspirer dans la vie aujourd’hui. Ne jamais se contenter de rien, vouloir toujours plus et mieux. Voilà une autre «vérité indiscutable » maintenant bien implantée dans nos crânes. Vous ne devinez pas par qui?

Le dernier modèle d’un appareil nous fait saliver, la dernière voiture sport nous fait rêver, le dernier film est à voir absolument, le dernier disque d’un artiste connu attirera des millions d’acheteurs, le dernier livre d’un auteur établi raflera la vedette, la dernière catastrophe naturelle fera vendre des journaux… On n’en a jamais assez.

Comme si nos minables petites vies manquaient de saveur, la course au toujours plus nous donne l’impression que cela fera une différence, que cela changera les choses de se procurer le plus cher, le plus enviable, le plus en vogue.

N’est-ce pas là le signe d’une société qui passe son temps à faire miroiter un semblant de progrès vers les dernières trouvailles jetables qui se font remplacer jour après jour par d’autres, plus au goût du jour, plus époustouflantes ?

Le plus désolant, c’est qu’on se met à nous évaluer entre nous avec ces mêmes critères : plus belles fesses, plus belle gueule, plus gros salaire, plus mince, plus gueulard, plus hystérique, plus brillant, etc. On se juge alors soi-même très sévèrement avec sa contrepartie, les « pas assez » : «Je ne suis pas assez discipliné ! », «Je ne surveille pas assez ce que je mange ! », «Je ne gère pas assez bien mon temps ! », «Je ne visite pas assez mes parents ! », «Je ne fais pas assez de sport!», «Je ne travaille pas encore assez fort!», «Je n’atteins pas assez les objectifs demandés», «Je ne gère pas assez bien mon budget», «Je ne m’améliore pas encore assez ! », etc.

Disparues les nuances. Disparue la compassion humaine. Vive les préjugés faciles, vite dits, vite lancés à la figure ! C’est qu’on n’a pas le temps de prendre le temps car on doit mener des vies plus stressantes, plus intenses, plus occupées, plus parfaites.

Incapables de nous accorder des vies centrées sur nos véritables besoins, nous passons d’une image publicitaire à l’autre, convaincus que nous allons un jour trouver le bonheur dans la loi du toujours plus. À qui cela profite-t-il, selon vous ? Est-ce qu’un tel mode de vie est susceptible de vous apporter la paix de l’esprit, le sentiment d’avoir accompli quelque chose de valable parce que significatif, ou ne devenez-vous pas plutôt captif d’ombres chinoises que vous passez votre vie à tenter d’attraper sans jamais y parvenir ?

Se terminent ici les quelques exemples des manœuvres de Big Mouth lui permettant de vous éloigner et d’oublier votre banquise, votre zone de joie de vivre. Cette liste n’est pas exhaustive, mais plus modestement illustrative, afin de vous donner un avant-goût de ce à quoi vous devez désormais prêter attention, pour éviter de vous faire détourner de ce qui compte le plus pour vous, de vos besoins vitaux, que vous seul, je vous le rappelle, êtes en mesure et en droit de déterminer.

La suite (de cet article étonnant où chacun de nous se retrouve au moins en partie) ………demain.

 

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