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sodas : facteur majeur d’obésité

Extrait de Toxic :

« La cause semblait entendue. Le problème pouvait être observé sous tous les angles, la conclusion était toujours la même : chaque avancée dans cette enquête me ramenait aux sodas. Et de multiples études, travaux et recherches étayaient cette conviction. À commencer par ceux de Doreen DiMeglio et de Richard Mattes. En 2000, les deux chercheurs de l’université de Perdue avaient découvert que l’homme réagissait différemment lorsqu’il ingérait ses calories de manière liquide ou solide. En ajoutant 450 calories par jour sous forme de bonbons à des volontaires, ces derniers ajustaient inconsciemment leur consommation et supprimaient un nombre équivalent de calories à leur alimentation quotidienne. En revanche, avalé sous forme de boisson, le surplus passait inaperçu. Notre système de régulation l’ignorait et ne compensait pas. La prise de poids devenait alors mécanique.

J’avais aussi pris connaissance des propos de Caroline Apovian, scientifique de la Boston University School of Medecine, qui franchit le pas en accusant directement les colas en 2004. De nombreuses études « offrent des preuves scientifiquement fortes que l’excès de calories apportées par les sodas contribue directement à l’épidémie d’obésité et celle de diabète de type 2, dit-elle. […] Réduire la consommation de ces boissons sucrées est peut-être la seule et meilleure chance de stopper l’épidémie d’obésité ».

Sans oublier une ultime et imposante enquête réalisée voilà quelques mois par la prestigieuse Harvard School of Public Health. Sous la direction du docteur Frank Hu, préférant « s’intéresser à la situation d’ensemble plutôt qu’à des cas particuliers », les scientifiques de ce programme avaient décortiqué quarante ans de recherches médicales et nutritionnelles. Pour aboutir à des conclusions implacables : selon eux, l’absorption quotidienne d’une canette de soda se traduisait, au bout d’un an, par une prise de poids de sept kilos. Lorsque l’on connaît la consommation totale des Américains, il n’était donc pas difficile de rejoindre Hu et de penser « qu’il s’agissait d’une raison principale » à la crise d’obésité.

J’aurais pu en rester là, l’accumulation de preuves étayées me paraissant largement suffisante. Mais, sans vraiment savoir précisément pourquoi, l’idée ne me satisfaisait pas complètement. Non que j’adhérasse aux propos des porte-parole de l’industrie tentant de dédouaner leurs produits, mais parce que le concept de surconsommation de ces derniers renvoyait trop à l’un des axes du Big Two. Or, comme Bray l’avait écrit, j’étais convaincu que « la rapidité avec laquelle l’actuelle épidémie d’obésité a contaminé les États-Unis et de nombreux autres pays, signifiait que des facteurs environnementaux en étaient la cause la plus probable. Donc, dans une perspective de santé publique, l’enjeu était de savoir s’il était possible de modifier les agents ayant déclenché l’épidémie1».

Après tout, le Coca-Cola existait depuis 1886. Et les autres sodas n’étaient guère plus jeunes. Le succès du genre était établi bien avant le début de l’épidémie. Aux États-Unis comme dans le reste du monde. Cela n’expliquait donc pas tout.

Peut-être, en revanche, les colas n’avaient-ils été qu’un médium ? Qu’un trait d’union ? Qu’un pont ? Le moyen de « transport » idéal pour cet agent toxique et contaminateur évoqué par Bray. Peut-être la réponse se trouvait- elle au cœur même de ces jus sucrés ?

La théorie me parut séduisante. Notamment parce qu’elle donnait enfin du sens à une remarque que l’on n’avait cessé de répéter durant mes recherches. »

La suite …….. (tout aussi passionnante et bien documentée) demain.

 

 

 

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