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obesite en bosnie herzegovine

Selon l’OMS, la Bosnie-Herzégovine est le 2e pays d’Europe où il y a le plus fort taux d’obésité et le 6e dans le monde. Aujourd’hui, près des deux tiers de la population est en surpoids. Des chiffres inquiétants liés à une mauvaise alimentation : trop de féculents, pas assez de céréales et de viande. D’autant que le phénomène ne cesse de s’aggraver et touche de plus en plus d’enfants.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, en Bosnie-Herzégovine près des deux tiers de la population souffre de surpoids (62,9 %). Des études ont montré que les bosniens mangent en moyenne cinq tranches de pain par jour tandis que 12 % de la population consomme chaque jour biscuits, gâteaux ou autres friandises. Les experts en nutrition ont en effet mis en garde sur le fait que les bosniens sont les Européens qui se nourrissent le plus d’aliments à base de féculent et de très peu de viande.

Les données du ministère de la Santé de Republika Srpska (RS) montrent notamment qu’un habitant sur cinq ne tient absolument pas compte de sa santé lors du choix des aliments qu’il consomme ; cela est encore plus marqué au sein de la population à faible niveau d’éducation et dans les zones rurales.

De plus en plus d’enfants obèses

Constatant que 5 % des enfants de moins de cinq ans sont obèses, les autorités de RS de cette entité ont pris une série de mesures afin de résoudre ce problème et de prévenir son aggravation. Dans le cadre d’un projet de l’Assurance maladie, un groupe d’enfants en surpoids a ainsi effectué un séjour de 10 jours sous la supervision d’une équipe de professionnels pour essayer de perdre du poids et de changer leurs habitudes de vie, ce qui a causé des difficultés.

Les enfants ont reconnu qu’ils n’aimaient pas ces nouveaux aliments et, lors d’ateliers psychologiques, ils ont montré combien leur manquait leur ancien régime alimentaire. Lors d’un de ces ateliers, les enfants devaient par exemple dessiner leurs rêves. Un petit garçon a écrit que son seul rêve était de manger des ćevapi et des hamburgers et de boire du Coca.

Il y a deux ans, le ministère de la Santé de RS avait déjà lancé une initiative afin de taxer la malbouffe, incluant les collations grasses, les boissons gazeuses et la restauration rapide. À l’origine de cette initiative, les résultats d’une étude menée par l’Institut pour la santé publique qui montrait que le poids des enfants de RS avait considérablement augmenté en dix ans.

Une étude sur les élèves des écoles de Banja Luka a montré que chez les 7-15 ans, trois enfants sur cinq sont sur-alimentés, parmi lesquels ont compte plus de 8% d’obèses, tandis qu’un enfant sur dix est sous-alimenté. Cette étude a également montré une forte corrélation entre la situation financière de la famille et le surpoids. Cela rappelle l’importance d’une éducation dans ce domaine et d’un soutien aux familles vulnérables qui, en raison d’une alimentation pauvre et inadéquate, sont plus exposées au risque d’obésité et de malnutrition », explique Ljiljana Stanivuk.

La plupart des études ont montré que les jeunes « ne consomment pas suffisamment de fruits, de légumes et de poissons, ont souvent recours à la consommation de produits transformés sucrés et salés et de boissons gazeuses sucrées, prennent leurs repas à des heures irrégulières et sautent souvent le petit-déjeuner ou le dîner. »

« Une alimentation très calorique »

Aucun âge n’est à l’abri de ce problème, explique le docteur Ljiljana Stanivuk, spécialiste en nutrition à l’Institut pour la santé publique. « Les conditions essentielles au maintien et à l’amélioration de la santé sont une activité physique régulière et une bonne alimentation. Les principes de base d’une alimentation appropriée impliquent une variété dans le choix des aliments, ainsi qu’une représentation adéquate de certains aliments, une manière particulière de préparer la nourriture et un bon rythme quotidien des repas. La mauvaise alimentation est l’un des facteurs de risque d’apparition de maladies, avec des preuves claires qu’un changement de régime alimentaire peut avoir un fort impact sur l’état de santé de la population », précise-t-elle.

Selon des recherches sur la santé des habitants de RS effectuées en 2010, « 42,4% de la population adulte consomme quotidiennement trois repas principaux et trois quarts de la population prend régulièrement un petit déjeuner ». Les céréales sont une catégorie très importante de l’alimentation rappelle Ljiljana Stanivuk. Or les études ont montré que plus des deux tiers de la population adulte de RS n’en consomment pas.

Pour Tarik Šešić, préparateur physique, les gens en Bosnie-Herzégovine aiment manger mais leur alimentation est très calorique. « Tous nos plats traditionnels sont très caloriques et l’on ne peut pas dire qu’ils soient particulièrement sains. Les gens dans notre pays ne sont pas vraiment adeptes d’une activité sportive régulière, peu sont ceux qui se soucient de leur santé et s’ils s’en soucient c’est seulement après l’apparition de problèmes de santé graves. Ils se rendent alors compte qu’il est temps de changer certaines choses. En outre, la situation financière difficile et le faible niveau de vie ont une influence sur la prise de poids. »

L’obésité, la maladie de « l’homme moderne »

« L’obésité se manifeste comme une maladie due à la modernisation des conditions dans lesquelles nous vivons et travaillons. Les repas sont irréguliers, la quantité de nourriture est plus importante que nécessaire, en raison d’un manque d’activité physique et un stress quotidien trop élevé. N’oublions pas non plus les habitudes alimentaires prises dès la petite enfance. En Bosnie-Herzégovine la croyance que ‘plus un enfant mange, meilleur sera son développement’ est toujours très ancrée parmi la population. » ajoute le docteur Mirjana Bojić, interne en endocrinologie dans une clinique de Banja Luka.

 

 

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