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neophilie

Extrait du livre Toxic, de William REYMOND :

« Et si, pour comprendre les maux actuels, il fallait retourner cent mille ans en arrière ? Le voyage nous mènerait dans une vallée de la Rhénanie, en Allemagne. Là, nous pourrions observer l’homme de Neandertal. Depuis l’apparition des grands singes, 45 millions d’années se sont écoulées. L’évolution a été phénoménale. Notre ancêtre est capable de tailler le silex et de l’utiliser comme outil. Il est aussi le premier membre de notre espèce qui, au terme d’un rituel, enterre ses morts. Le Neandertal appartient à la famille des Homo Sapiens, littéralement l’homme qui pense. Et, il y a cent mille ans de cela, ce chasseur ne pense qu’à une chose : se nourrir afin de survivre.

Sa journée est une succession de choix. Il doit déterminer quelle pièce de viande est bonne à la consommation. De la même manière, confronté à nombre de baies et champignons, il doit ne pas se tromper. Son quotidien se résume à une exigence simple : bien choisir pour ne pas mourir.

Le dilemme de notre ancêtre est caractéristique de notre espèce. L’omnivore balance en permanence entre son attrait pour la nouveauté et sa crainte de s’empoisonner. Ce combat entre néophilie et néophobie a bien souvent un arbitre : notre goût inné pour le sucré. Un concept au cœur du « dilemme de l’omnivore » et de la crise d’obésité.

L’homme est prédisposé au goût sucré. Tout simplement parce que celui-ci a été fréquemment synonyme de survie. Les aliments suaves sont non seulement riches en glucides pourvoyeurs d’énergie mais également, la plupart du temps, ceux dont la consommation n’est en rien dangereuse. Au contraire, la nourriture amère est principalement associée aux substances toxiques, donc mortelles. Bien sûr, certains aliments comme le café, le thé ou le chocolat, très appréciés malgré leur amertume, paraissent s’opposer à cette théorie. En réalité, ils mettent en jeu notre néophilie. L’être humain, par nature, est curieux et guidé en permanence par l’attrait de la nouveauté. Certains scientifiques pensent d’ailleurs que la consommation d’aliments amers est une victoire de l’homme sur son environnement. Une manière de démontrer sa supériorité. La nôtre.

Quoi qu’il en soit, préférant le doux et évitant le reste, l’homme a traversé le temps.

L’homme a évidemment depuis fort longtemps cessé de cueillir des baies au hasard. Il chasse encore occasionnellement mais rarement afin de survivre. Les calories qu’il accumule ne servent plus à le protéger contre les intempéries et les périodes de famine. Pourtant, d’une certaine manière, sa situation n’a guère changé. Il continue toujours à naviguer entre différents aliments. Certes l’environnement n’est plus le même. Les supermarchés, les restaurants et les chaînes de fast-foods sont les nouveaux territoires où, désormais, il déniche sa nourriture. Où, guidé par un instinct remontant à la nuit des temps, préférant le goût sucré, il choisit. Et c’est ainsi que, sans vraiment le savoir, hanté par son dilemme et trahi par son passé, il joue à nouveau sa survie. »

la suite …….. demain.

 

 

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