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Une équipe INSERM/INRA suggère que des probiotiques de consommation courante puissent être utilisés à des fins thérapeutiques dans les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). Une fois modifiées afin de produire une protéine protectrice anti-inflammatoire appelée élafine, ces bactéries pourraient être administrées sous forme de gélules ou de produits laitiers. « Alors que l’élafine possède de multiples propriétés protectrices, anti-inflammatoires et anti-bactériennes, elle n’est plus exprimée par la muqueuse intestinale au cours dans la maladie de Crohn ou la recto-colite hémorragique », explique Nathalie Vergnolle, chercheur INSERM au centre de physiopathologie de Toulouse Purpan et auteur principal de l’étude en collaboration avec Philippe Langella de l’INRA.

Toute l’astuce des chercheurs a été de se servir de bactéries non pathogènes et présentes à l’état naturel dans l’intestin et dans les produits laitiers, type Lactococcus lactis et Lactobacillus casei. Comme « ces probiotiques séjournent quelques heures à quelques jours au niveau intestinal », une simple modification génétique destinée à leur faire produire de l’élafine permet que la précieuse protéine protectrice soit délivrée directement sur site.

Des essais cliniques prévus

Les chercheurs ont ainsi observé dans un modèle murin de MICI que l’administration de ces bactéries recombinantes protégeait l’intestin et diminuait la sévérité des lésions existantes. De plus, ils ont observé in vitro sur des monocouches de cellules épithéliales humaines que l’élafine exerçait un effet protecteur encore non décrit, celui de restaurer « l’effet barrière » très dégradé au cours des MICI.

Que manque-t-il pour passer à l’homme ? « Pas grand-chose, annonce la chercheuse. On sait que ces bactéries ne sont pas disséminantes chez l’homme. Reste à s’assurer que ces bactéries génétiquement modifiées ne polluent pas l’environnement, c’est-à-dire qu’elles ne sont plus viables une fois à l’extérieur de l’organisme. Pour cela, une piste qui consiste à cloner le gène à un endroit bien spécifique de l’ADN est bien avancée ». Un essai clinique est d’ores et déjà en préparation par la société américaine Vithera, qui vient de racheter la licence, avec un lancement prévu d’ici quelques mois. Les traitements actuels sont en échec dans 20 à 40 % des cas et l’incidence des MICI ne cesse de croître, avec 8 000 nouveaux cas/an.

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