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Extrait de Toxic, de William REYMOND :

En 2006, 127 millions d’Américains étaient trop gros, 60 millions étaient obèses et 9 millions entraient dans la catégorie de l’obésité dite sévère ou morbide.

Le Mississippi occupait quant à lui la première place avec un taux de 29,5 % d’obèses. Neuf États du Sud figurent dans la liste des dix États les « plus gros » du pays.

À deux ou trois millions près, cela revient à imaginer que tous les Français soient obèses, et que la population de l’agglomération parisienne souffre d’obésité sévère… Pis encore, ces chiffres ont doublé en tout juste dix ans, et rien ne semble en mesure de stopper cette progression. En 2005, aucun des cinquante États n’a d’ailleurs réussi à faire retomber le taux d’obésité de sa population sous la barre des 15 %. Le Colorado, meilleur élève de la classe, atteignait 16,9 %.

Mais au-delà des statistiques et des études, la place croissante de l’obésité dans la société américaine se mesure d’une autre manière. Pour le meilleur et pour le pire, le « gros » est devenu une valeur sûre de l’économie intérieure. Un secteur en forte progression dont les retombées financières se mesurent en millions de dollars.

Bill Fabrey est un pionnier. En 1968, il a créé une structure, The National Association to Advance Fat Acceptance, afin de lutter contre la discrimination frappant les obèses dans leur quotidien. Chaque année, Fabrey rejoint la conférence « Big As Texas » où il est l’un des intervenants vedettes. La convention, existant depuis 1995, propose des ateliers destinés à aider ses membres – qui viennent de plus de vingt États – à affronter la vie de tous les jours. Il y est autant question de la meilleure position susceptible d’éviter de s’étouffer dans son sommeil que de conseils pour permettre à son enfant de surmonter l’ostracisme de ses camarades de classe. On parle aussi du 6 mai, déclarée Journée internationale sans régime, où chacun peut, sans complexe ni problème de conscience, manger ce qui lui plaît.

Généralement, la convention héberge aussi un défilé de mode, où des mannequins taille XXXL paradent sur les podiums vêtus des dernières tendances du prêt-à-porter pour très gros. Un secteur qui a explosé ces dix dernières années avec une progression de 22 %. Un marché qui, représentant désormais un quart de l’habillement féminin, brasse annuellement 23 milliards de dollars.

Comme le démontre l’exemple de la marque Phat, les vêtements amples ne sont plus aujourd’hui l’apanage des magasins spécialisés. Gap propose en effet des modèles pour femme allant jusqu’à la taille 46. Une extension de gamme que l’on retrouve dans l’ensemble des boutiques, y compris Limited Too, chaîne réservée aux adolescentes.

Avant beaucoup d’autres, Bill Fabrey a en fait anticipé l’émergence de ce marché. Mais lui ne s’est pas lancé dans le prêt-à-porter. En créant Ample Stuff, un catalogue d’achat par correspondance disponible sur Internet, il s’est focalisé sur les désagréments hygiéniques endurés par les obèses. Son coup de génie ? Une éponge de bain montée sur un long manche en plastique permettant d’atteindre toutes les parties du corps.

L’offre de Fabrey ne s’arrête pas là. Il propose des manuels, véritables guides techniques expliquant comment faire face aux mauvaises odeurs, incitant à refuser la « dictature des calories » ou aidant à mieux s’accepter. Et vend aussi un ingénieux système pour parvenir à enfiler ses chaussures, voire de la lotion et du talc pour faire face aux irritations causées par le frottement des plis cutanés.

Si Fabrey et son service de vente couvrent tout ou presque, il y a un secteur qu’il a néanmoins négligé. Un nouveau marché pourtant – tristement – promis à des lendemains qui chantent : celui du bébé obèse.

 

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