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Extrait du livre TOXIC, de William Reymond :

« Le cheminement était différent mais il débouchait sur les mêmes conclusions.

À Sydney, au terme de la dixième conférence mondiale sur l’obésité qu’elle présidait, Kate Steinbeck a dressé un bilan issu de son expérience personnelle. Responsable du service du traitement de l’obésité au Royal Prince Alfred Hospital, elle s’est dite convaincue que la pandémie n’était pas un problème de gloutonnerie. Voyant arriver dans son service de plus en plus d’enfants, elle s’est avouée, comme d’autres, effrayée à l’idée de penser que leur génération vivrait moins que la précédente. Aussi a-t-elle affirmé que d’autres explications restaient à trouver pour expliquer l’explosion de l’obésité ».

De mon côté, c’est l’incroyable mutation des Indiens Pima qui finit par emporter mes dernières réticences. Cette tribu a émigré du Mexique pour s’installer de l’autre côté de la frontière, en Arizona, à quelques kilomètres de Phoenix. Où, de panneaux publicitaires pour l’artisanat local à la consonance des noms de lieux, il est impossible de ne pas comprendre que l’on pénètre dans les anciennes limites de la réserve indienne. Et où, désormais, l’obésité est la norme.

J’écris en connaissance de cause le mot « obésité », ne le confondant pas avec une « simple » surcharge pondérale. Non, les Pima sont réellement obèses. Car ici, le taux d’individus dont l’IMC (indice de masse corporelle) est supérieur à 30 avoisine les 70 %, soit le double de la population blanche américaine. Les enfants pimas détiennent même un triste record : celui du plus important pourcentage d’obésité au monde. En toute logique, la tribu compte aussi, proportionnellement, le plus grand nombre de malades de diabète de type 2.

Les Pimas ne sont pourtant pas des ogres, vautrés nuit et jour dans la nourriture. Eric Ravussin, qui a passé seize ans à étudier ce qu’il nomme le « paradoxe Pima », ne dit pas autre chose. Ses conclusions sont en tout cas proches de celles de Kate Steinbeck : l’héritage génétique des Indiens ne s’est pas adapté à notre environnement. Deux preuves à ce constat.

D’abord, le fait qu’une partie des ancêtres pimas qui continuent à vivre dans une région reculée de la Sierra Madré, au Mexique, travaillent la terre et se nourrissent essentiellement des fruits de leur labeur, ne connaissent pas l’obésité. Chiffre sidérant : en moyenne, une Pima mexicaine pèse 20 kg de moins que sa cousine vivant plus au Nord !

Ensuite, le fait que les différentes archives consultées par Ravussin attestent que les Pimas d’Arizona n’étaient pas obèses jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Au contraire même, la tribu se caractérisait alors par sa taille plutôt fine. Mais, après une progression lente dans les années 1950 et 1960, leur taux d’obésité a explosé voilà trente ans.

Exactement comme si, brutalement, l’environnement de ces Indiens du Sud des États-Unis était devenu toxique. »

La suite …… demain

 

 

 

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