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Extrait de Toxic Food, le livre passionnant de William Reymond, qui fait suite à Toxic :

 » L’exercice, redoutable, est à la portée de tous. Il suffit, pour s’y adonner, de feuilleter un album de photographies de famille. Ou, si vous n’en avez aucun à disposition, d’arpenter les brocantes le dimanche et regarder les cartes postales anciennes proposées à la vente. De celles en noir et blanc ou sépia en passant par les images montrant les premiers pas de la couleur, le challenge est identique : essayer de trouver parmi les foules d’anonymes immortalisés par les objectifs de photographes ambulants… un obèse. Que l’on soit en France, au Québec, aux États-Unis, en Allemagne ou ailleurs, la conclusion est toujours la même : l’excès de poids n’est en rien un phénomène courant dans le passé.

En fait, comme l’écrit David A. Kessler, ancien commissaire de l’US Food and Drug Administration durant les présidences de George H. Bush et Bill Clinton : « Durant des milliers d’années, le poids de l’être humain est resté remarquablement stable. Et, à l’âge adulte, nos ancêtres ne consommaient pas plus de nourriture que ce que leur organisme devait brûler. Les individus en surpoids se détachaient donc du reste de la population. Des millions de calories sont donc passés dans les organismes humains sans que, à de rares exceptions, le poids moyen augmente ou s’effondre de manière significative. Un système biologique parfait semblait contrôler le tout. Mais, quelque part, au cœur des années 1980, quelque chose a bouleversé cette régularité immuable. »

Le constat de Kessler rejoint celui que j’ai moi- même effectué voilà quelques années dans Toxic. Il suffisait d’observer les chiffres de l’obésité pour constater que la courbe de prise de kilos avait sérieusement commencé à progresser au milieu des années 1970 puis s’était soudainement emballée une dizaine d’années plus tard.

J’avais, exemple parmi d’autres, raconté les déboires de la tribu des Indiens Pimas d’Arizona. Alors que ce peuple était réputé depuis des siècles pour son physique athlétique voire sa taille plutôt fine, brusquement, au milieu des années 1980, quelques cas d’obésité étaient apparus. Rapidement, le surpoids était même devenu la norme de cette réserve, avec une obésité atteignant 70 % de la population. Et, triste privilège, le pourcentage d’obésité enfantine le plus élevé du monde.

J’avais également montré, répondant d’une certaine manière par avance à la question de Kessler, que cet état sanitaire pitoyable s’accompagnait d’une consommation quasi exclusive de nourriture industrielle. La toxic food, ayant envahi les assiettes des Pimas, avait déréglé des organismes jusque-là sains et mis à mal des gènes incapables de s’adapter à un nouveau régime.

Le cas des Pimas est d’autant plus instructif qu’une partie de la tribu, partageant la même identité génétique et installée dans une région reculée du Mexique, ne connaît pas cette crise d’obésité. Son alimentation est, elle, essentiellement fondée sur la consommation de produits frais.

J’avais même prouvé que cette progression rapide correspondait au début de l’âge d’or de la nourriture industrielle, et plus particulièrement à l’introduction massive, sur le marché américain, du sirop de fructose-glucose. Ce « sucre », fabriqué à partir des excédents de maïs, envahissait peu à peu les boissons et la nourriture alors que diverses études prouvaient que, non assimilé par le cerveau, il poussait à surconsommer des produits sucrés.

Or, aujourd’hui, chaque Américain ingurgite près de quarante kilos de sirop de fructose- glucose par an.

Et, depuis quelque temps, ce produit redoutable « enrichit » de manière exponentielle la nourriture industrielle produite en Europe.

David Kessler a interrogé Katherine Flegal, chercheuse au Center for Disease Control and Prevention (CDC) et l’une des premières scientifiques à avoir noté l’explosion brutale du taux d’obésité américain.

Le terme d’explosion est on ne peut plus approprié puisqu’elle écrit qu« après avoir compilé les informations collectées de 1988 à 1991 », elle conclut qu’« un bon tiers de la population entre vingt-sept et soixante-quatorze ans pèse trop lourd ».

Surprise par ses calculs, Flegal a conduit une série de vérifications aux conclusions effrayantes : « En moins de douze ans, 8 % des Américains ont soudainement rejoint le camp du surpoids et de l’obésité. »

Laissez-moi reformuler son propos plus crûment : au milieu des années 1980, sans aucune raison apparente, près de 20 millions d’Américains sont, brusquement, devenus trop gros !

La pandémie d’obésité venait bien de débuter et la toxic food de faire, par millions, ses premières victimes.

La suite …………. demain.

 

 

 

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